Les Portes de l’Enfer sont-elles en train de se refermer ? // Are the Gates of Hell closing ?

On pourrait penser qu’il s’agit d’un cratère volcanique, mais ce n’en est pas un. Le site, baptisé « Portes de l’Enfer », se trouve près de Darvaza, au Turkménistan, à environ 260 kilomètres au nord de la capitale, Achgabat. Ce gisement de gaz naturel brûle sans interruption depuis des décennies grâce à l’infiltration constante de méthane. De ce fait,il est devenu l’une des attractions touristiques les plus populaires du pays, malgré sa situation au cœur du désert du Karakoum.

Dans une note publiée le 9 janvier 2022, j’expliquais que le président du Turkménistan avait demandé de mettre terme au feu dans le cratère. Il avait ordonné à son gouvernement de chercher des moyens de l’éteindre car le site cause des dégâts à l’environnement et affecte la santé des personnes qui vivent dans la région.
Aujourd’hui, un nouveau rapport nous apprend que la situation pourrait évoluer dans ce sens. Le 6 juin 2025, des responsables turkmènes ont déclaré que les émissions de gaz étaient trois fois moins importantes, bien que l’Agence France-Presse (AFP) précise qu’aucun détail n’a été fourni pour justifier cette diminution. Cette information concorde avec des rapports publiés en 2024, selon lesquels les observations satellites des Portes de l’Enfer montraient une baisse de 50 % des émissions.
Personne ne sait vraiment comment s’est formé le cratère en feu. L’histoire populaire raconte que des prospecteurs soviétiques auraient accidentellement fait s’effondrer une mine dans les années 1960, puis auraient mis le feu au gaz. Toutefois, la presse locale affirme que l’incendie a en réalité été déclenché dans les années 1980 pour empêcher le gaz nocif de s’échapper. Selon un article du National Geographic en 2013, il n’existe aucune trace ni aucun rapport sur la formation initiale du gisement de gaz.
Bien que le puits en feu soit une attraction touristique, l’arrêt de son activité serait probablement la meilleure solution pour de nombreuses raisons. Le gaz émis est du méthane ; il a un impact sur la population locale et contribue au réchauffement climatique, c’est un gaz à effet de serre extrêmement puissant, encore plus destructeur que le dioxyde de carbone.
Comme indiqué plus haut, la fermeture du cratère est un sujet d’actualité depuis au moins 15 ans. Son comblement avait été envisagé, mais la plupart des experts estimaient que le gaz s’échapperait probablement ailleurs. Cependant, ces dernières années, il semble que le gouvernement ait évolué dans son approche du problème. En 2024, des puits d’exploration ont été forés près du cratère. L’objectif était, semble-t-il, d’extraire le méthane du puits et de l’exploiter à d’autres fins, mais ces informations ne sont que des rumeurs.
Alors que les flammes à l’intérieur du cratère de gaz de Darvaza s’éteignent lentement, certains habitants s’inquiètent des pertes financières, liées au tourisme, qu’occasionnerait la disparition des Portes de l’Enfer..
Source : Popular Machanics.

Crédit photo: Wikipedia

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It might look like a volcanic crater but it is not. The site named « Gates of Hell » lies near Darvaza, Turkmenistan. It is located about 260 kilometers north of the capital, Ashgabat. This natural gas field has been burning continuously for decades thanks to its steady infiltration of methane, and as such, this burning pit has become one of the country’s most popular tourist attractions despite its location in the middle of the Karakum desert.

In a post published on 9 January 2022, I explained that the president of Turkmenistan had called for an end to the blazing crater. He had ordered his government to look for ways to put the fire out because it was causing ecological damage and affecting the health of people living in the area.

Today, a new report suggests those efforts may be bearing fruit. On June 6th, 2025, officials in Turkmenistan said that gas being emitted from the pit had diminished three-fold, though the Agence France-Presse (AFP) reports that no timeframe for this gaseous decrease was provided. This news is in line with previous reports released in 2024 that satellite observations of the Gates of Hell showed a 50 percent decline in emissions.

There is some debate about how the gas crater initially formed. The popular story goes that Soviet prospectors accidentally collapsed a mine in the 1960s and then lit the gas on fire, but local reporting says that the fire was actually started in the 1980s to prevent the harmful gas from escaping. As National Geographic article indicated in 2013, there were no records or reports of the gas field’s initial formation.

Although the pit is a tourist attraction, closing it off is likely for the best for many reasons. The harmful gas impacts the local population and contributes to global warming as the emitted gas is methane, an extremely potent greenhouse gas, even more destructive than carbon dioxide.

The closure of the gas crater for has been a topic for at least 15 years. Filling the pit had been considered an option, but most experts said that the gas would likely just escape somewhere else. However, in the last few years, it appears that the government has made some progress. In 2024, exploratory wells were drilled near the crater. It was said that the aim was both to draw away the pit’s methane and to leverage the natural resource for other purposes, but these reports are only rumors.

As the flames of the Darvaza gas crater slowly flicker out, some locals are concerned about the loss of money from tourism.

Source : Popular Machanics.

https://www.popularmechanics.com/

Avis de chaleur en Alaska ! // Heat advisories in Alaska !

Pour la première fois, certaines régions de l’Alaska seront soumises à un « avis de chaleur », une expression qui remplace les anciens « bulletins météorologiques spéciaux ». Les services météorologiques de l’Alaska affirment que ce changement n’a rien à voir avec le réchauffement climatique, mais c’est pourtant le cas. Comme dans tout l’Arctique, les vagues de chaleur sont de plus en plus fréquentes dans l’État et la population doit être alertée de plus en plus souvent. Les services météorologiques de l’Alaska craignent clairement de subir les restrictions budgétaires imposées par le président Trump et sont donc très modérés dans leurs écrits, évitant de parler du réchauffement climatique.
L’utilisation du terme « avis de chaleur » permettra à la population à mieux comprendre la gravité des conditions météorologiques et les dangers potentiels, ce que l’habituel « bulletin météo spécial » ne reflétait pas. Selon un météorologue de Fairbanks, « c’est un changement important ; le public doit savoir que les températures augmenteront et qu’elles pourraient devenir dangereuses, car l’Alaska n’est pas habitué à de telles températures élevées ».

Le premier ‘avis de chaleur’ est prévu pour le 15 juin 2025 à Fairbanks, où les températures devraient dépasser les 29 °C. Fairbanks a connu des températures plus chaudes par le passé – elles ont atteint 32 °C en 2024 – mais les services météorologiques indiquent que c’est inhabituel pour un mois de juin.
Si les températures prévues pour l’Alaska ne sont pas considérées comme extrêmes dans d’autres États américains, la situation dans le 49ème État de l’Union est différente, car la plupart des bâtiments ne sont pas climatisés. Au contraire, la plupart des bâtiments en Alaska sont conçus pour conserver la chaleur pendant la majeure partie de l’année. On peut, bien sûr, ouvrir les fenêtres pour laisser entrer l’air frais tôt le matin, mais à condition qu’il n’y ait pas d’incendies de forêt dans cet État où ils sont fréquents. En présence de fumée et si les fenêtres doivent rester fermées, les bâtiments peuvent surchauffer très rapidement. 2024 a été la troisième année consécutive à Fairbanks avec plus de cent heures de fumée réduisant la visibilité ; c’est la première fois que cela s’est produit pendant trois années consécutives. Il a été démontré que les incendies de forêt sont liés au réchauffement climatique qui assèche la végétation. Au 21ème siècle, Fairbanks n’a connu que deux étés sans aucune heure de fumée.

Source : Médias d’information de l’Alaska.

Températures moyennes à Fairbanks (Source: Services météo)

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For the first time ever, parts of Alaska will be under a ‘heat advisory’, an expression that will replace the previous ‘special weather advisories. ‘ Alaska’s weather services that the change has nothing to do with climate change, but it has. Like in the Arctic as a whole, heat waves are getting more and more frequent in the State and the population needs to be warned more frequently. There is an obvious fear of Alaska’s weather services of president’s Trump budget restrictions.

Using the ‘heat advisory’ label could help people better understand the weather’s severity and potential danger, something a nondescript “special weather advisory” did not convey. According to a Fairbanks-based meteorologist, “this is an important statement, and the public needs to know that there will be increasing temperatures, and they could be dangerous because Alaska is not used to high temperatures like these”.The first advisory is forJune 15th, 2025 in Fairbanks, where temperatures are expected to top 29 degrees Celsius. Fairbanks has has been warmer in the past – temperatures reached 32°C in 2024 – but the Weather Service says this is unusual for June.

While the temperatures in the forecast for Alaska would not be considered extreme in other U.S. states, the sitution in the 49t State is different as most Alaska buildings don’t have air conditioning. On the contrary, most buildings in Alaska are designed to retain heat for most of the year. People can open their windows to allow cooler air in during early morning hours, provided wildfires are not burning in the blaze-prone state. If there is smoke around and the windows have to remain shut, buildings can heat up very rapidly. 2024 was the third year in a row in Fairbanks with more than a hundred hours of visibility-reducing smoke, the first time this occurred three consecutive years over a hundred hours. The wildfires are definitely linked to global warming and the drier vegetation. There have only been two summers in Fairbanks in the 21st century with no hours of smoke that reduced visibility.

Source : Alaska’s news media.

Mai 2025 toujours trop chaud ! // May 2025 still too hot !

Le printemps 2025 a été exceptionnellement sec dans le nord-ouest de l’Europe et le mois de mai a été le deuxième plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale, selon le service Copernicus sur le réchauffement climatique (C3S).
Des pays européens, dont le Royaume-Uni, ont été touchés par la sécheresse ces derniers mois. Des pénuries d’eau sont redoutées s’il ne pleut pas abondamment cet été, et des mauvaises récoltes commencent à être signalées par les agriculteurs.
Les nouvelles données Copernicus montrent que mai 2025 a été le deuxième mois de mai le plus chaud au monde, avec une température moyenne de l’air en surface de 15,79 °C, soit 0,53 °C de plus que la moyenne de mai de 1991 à 2020. La température de mai 2025 a été supérieure de 1,4 °C à la moyenne 1850-1900, utilisée pour définir le niveau préindustriel.
En mai 2025, les régions du sud de la Russie, de l’Ukraine et de la Turquie ont également été plus sèches que la moyenne. Certaines régions du nord-ouest de l’Europe ont enregistré les précipitations et l’humidité des sols les plus faibles depuis au moins 1979.
En mai 2025, le temps a également été plus sec que la moyenne dans une grande partie de l’Amérique du Nord, dans la Corne de l’Afrique et en Asie centrale, ainsi que dans le sud de l’Australie et dans une grande partie de l’Afrique australe et de l’Amérique du Sud.
Le mois de mai 2025 a également été marqué par des températures de surface de la mer anormalement élevées dans l’Atlantique Nord-Est, avec des sommets encore jamais enregistrés. Le réchauffement climatique a fait grimper les températures en Islande et au Groenland de plusieurs degrés lors d’une vague de chaleur record. Elle a suscité des inquiétudes quant aux conséquences de la fonte des glaces arctiques sur le climat mondial. La calotte glaciaire du Groenland a fondu beaucoup plus vite que la normale pendant la vague de chaleur, et au moins deux localités ont enregistré des températures record pour un mois de mai. Certaines régions d’Islande ont enregistré des températures supérieures de plus de 10 °C à la moyenne, et le pays a établi un record de température pour un mois de mai, lorsque l’aéroport d’Egilsstadir a enregistré26,6 °C le 15 mai.
Source : Copernicus, médias d’information islandais.

Source: Copernicus

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It has been an exceptionally dry 2025 spring in north-western Europe and the second warmest May ever globally, according to the Copernicus Climate Change Service (C3S).

Countries across Europe, including the UK, have been hit by drought conditions in recent months, with water shortages feared unless significant rain comes this summer, and crop failures beginning to be reported by farmers.

The new Copernicus data shows that May 2025 was the second-warmest May globally, with an average surface air temperature of 15.79°C, 0.53°C above the 1991-2020 average for May. The month was 1.4°C above the estimated 1850-1900 average used to define the pre-industrial level.

In May 2025, southern regions of Russia, Ukraine, and Türkiye were drier than average too. Parts of north-western Europe experienced the lowest precipitation and soil moisture levels since at least 1979.

In May 2025, it was also drier than average in much of north America, in the Horn of Africa and across central Asia, as well as in southern Australia, and much of both southern Africa and South America.

May also saw abnormally high sea surface temperatures in the north-eastern Atlantic, reaching the highest ever recorded. Global warming boosted Iceland and Greenland ’s temperatures by several degrees during a record-setting May heat wave, raising concerns about the far-reaching implications melting Arctic ice has for weather around the world. The Greenland ice sheet melted many times faster than normal during the heat wave, with at least two communities seeing record temperatures for May. Parts of Iceland saw temperatures more than 10°C above average, and the country set a record for its warmest temperature in May when Egilsstadir Airport hit 26.6°C on May 15..

Source : Copernicus, Icelandic news media.

L’épaisseur de la calotte glaciaire du Mont Blanc

Aussi étrange que cela puisse paraître, l’épaisseur de la calotte de glace qui encapuchonne le sommet du Mont Blanc est mal connue. C’est pour cela qu’une équipe scientifique franco-italienne s’est rendue sur le toit de l’Europe le 31 mai 2025 pour y effectuer des mesures. L’opération était annoncée depuis le début 2025 comme l’un des points clefs de l’Année internationale des Glaciers décrétée par les Nations Unies, et dont j’ai fait état sur ce blog.

Le toit de l’Europe est en fait constitué de deux sommets : l’un rocheux, culmine à 4 792 mètres. L’autre est composé d’un amas de couches de neige et de glace. Il est situé plus à l’est et résulte d’une accumulation de neige par le soufflement du vent d’ouest ; c’est lui qui fait figure de référence lorsque le grand public parle d’une altitude variant entre 4 807 et 4 810 mètres.

Ludovic Ravanel, chercheur au laboratoire Edytem, explique que depuis la dernière campagne de mesure au début des années 2000, on a réussi à évaluer qu’une calotte d’une quinzaine de mètres de neige et de glace recouvre le sommet rocheux du Mont Blanc, contre une quarantaine de mètres pour celui en neige.

Il est d’autant plus intéressant de procéder à une nouvelle campagne de mesures qu’en 25 ans, les outils technologiques à disposition des scientifiques ont largement progressé. La précision des GPS différentiels et autres drones Lidar actuels n’a plus rien à voir avec celle des décennies précédentes

Au final,, chaque équipe scientifique a apporté au sommet du Mont Blanc ses connaissances sur ses thèmes de recherche et ses outils de mesure les plus performants. Les Italiens sont venus avec des drones tandis que les Français ont manipulé les GPS.

Le but ultime de la mission était de fixer précisément la topographie de la calotte glaciaire sommitale. Cela permettra, par la suite, d’en savoir davantage sur les conséquences du réchauffement climatique global à cette altitude élevée.

Lors de l’été 2022, les scientifiques ont mesuré des températures de +10 °C au sommet du Mont Blanc, ce qui n’est pas sans effet sur les glaciers. Ludovic Ravanel explique que certains glaciers qui, auparavant, restaient toujours froids et collés à la roche, peuvent passer à 0 °C et commencer à glisser. Ce n’est pas encore le cas pour le sommet du Mont Blanc, mais il est probable que sa calotte se réchauffe tout de même.

Des sismographes et autres géoradars faisaient aussi partie de la panoplie de l’équipée scientifique franco-italienne. L’objectif était de recueillir le maximum de données afin de réaliser, en laboratoire, un modèle en trois dimensions de la coiffe de glace et de neige du Mont Blanc. D’ici la fin de l’été, une fois la modélisation achevée, on en saura beaucoup plus sur la superficie, l’épaisseur, la masse externe et interne de l’immense tête blanche du toit de l’Europe. Mais il n’aura pas encore, pour autant, livré tous ses secrets.

Après la phase de mesures et la modélisation, une troisième étape devrait permettre d’effectuer des carottages dans la croûte de neige et de glace au sommet du Mont Blanc. Cela permettra peut-être de dater et de découvrir toutes les marques qui restent inscrites dans la neige et la glace, comme les traces de pollution. Selon Ludovic Ravanel, « si l’on peut prélever sur le sommet un échantillon de la couche qui s’est formée il y a des millénaires, lors du réenglacement des Alpes, on aura probablement un échantillon de la glace la plus vieille des Alpes, et avec elle, un océan de découvertes à faire pour mieux comprendre l’évolution du climat alpin. »

Source : France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.

Photos: C. Grandpey