La NASA montre le CO2 dans l’atmosphère ! // NASA shows CO2 in the atmosphere !

Le dioxyde de carbone (CO2) est le principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique que nous connaissons à l’heure actuelle. Cependant, son augmentation dans l’atmosphère serait encore plus rapide sans les puits de carbone terrestres et océaniques qui absorbent ensemble environ la moitié des émissions anthropiques chaque année. Les techniques de modélisation informatique du Global Modeling and Assimilation Office de la NASA ont permis aux scientifiques de faire apparaître les sources et les puits de CO2 et de mieux comprendre d’où vient le carbone et où il va.
Les vidéos réalisées par la NASA ont été mises en ligne en juin 2023. Elles ont été créées à partir des données relatives aux émissions de dioxyde de carbone en 2021. Elles ont l’aspect de tourbillons sur toute la planète et montrent l’évolution de ces émissions entre le début et la fin de l’année 2021.

https://svs.gsfc.nasa.gov/5110

On s’attardera sur les 3 animations proposées par la NASA.

La première animation montre le CO2 entré dans l’atmosphère terrestre au cours de l’année 2021. Il est réparti entre les quatre principaux contributeurs : les combustibles fossiles en orange, la biomasse en rouge, les écosystèmes terrestres en vert et l’océan en bleu. Les points à la surface montrent comment le dioxyde de carbone atmosphérique est absorbé par les écosystèmes terrestres (en vert) et les océans (en bleu). Bien que les terres et les océans soient des puits de carbone, certains endroits peuvent être des sources à différents moments.
L’animation met en évidence l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. Les plantes absorbent du CO2 par photosynthèse pendant leur saison de croissance, mais libèrent une grande partie de ce carbone pendant les mois d’hiver. Parmi les caractéristiques intéressantes, on notera les émissions de combustibles fossiles provenant du corridor urbain nord-est qui s’étend de Washington D.C. à Boston aux États-Unis. L’oscillation rapide au-dessus de la forêt amazonienne montre l’absorption du carbone par les plantes pendant la journée, lorsque le soleil brille, et sa libération pendant la nuit.

La deuxième animation met en évidence les sources et les puits de CO2 en Asie et en Australie. On remarquera en particulier les émissions de combustibles fossiles de la Chine, qui ont contribué à l’augmentation de la charge atmosphérique de CO2 au cours de l’année 2021. En revanche, l’absorption par la biosphère terrestre est visible en Australie pendant la majeure partie de l’année car les émissions et la densité de population y sont beaucoup plus faibles. À la fin de l’animation, les émissions de combustibles fossiles, qui sont libérées, principalement dans l’hémisphère nord, se mélangent vers le sud et obscurcissent l’Australie.

La troisième animation met en évidence l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. Les émissions de combustibles fossiles en Europe sont visibles, de même que le rouge qui représente les émissions provenant des incendies en Afrique centrale. Les feux représentent une source de CO2 dans l’atmosphère bien moins importante que les émissions de combustibles fossiles, mais ils sont significatifs car ils peuvent altérer la capacité d’un écosystème à séquestrer le carbone par la suite. Les scientifiques surveillent attentivement la manière dont les émissions de CO2 dues aux incendies sont modifiées par le réchauffement climatique qui allonge la saison des incendies et les rend plus sévères dans de nombreuses régions.

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Carbon dioxide (CO2) is the most prevalent greenhouse gas driving global climate change. However, its increase in the atmosphere would be even more rapid without land and ocean carbon sinks, which collectively absorb about half of human emissions every year. Advanced computer modeling techniques in NASA’s Global Modeling and Assimilation Office allow scientists to disentangle the influences of sources and sinks and to better understand where carbon is coming from and going to.

The videos of the swirling emissions were released in June 2023. They are recreated from 2021 carbon dioxide emissions data. They’re shown as swirls all over the planet and how those emissions progressed from the beginning of 2021 to the end of that calendar year.

https://svs.gsfc.nasa.gov/5110

Let’s have a look at the 3 visualizations suggested by NANA.

The first visualization shows the CO2 being added to Earth’s atmosphere over the course of the year 2021, split into four major contributors: fossil fuels in orange, burning biomass in red, land ecosystems in green, and the ocean in blue. The dots on the surface also show how atmospheric carbon dioxide is also being absorbed by land ecosystems in green and the ocean in blue. Though the land and oceans are each carbon sinks in a global sense, individual locations can be sources at different times.

For example, in this view highlighting North America and South America, during the growing season plants absorb CO2 through photosynthesis, but release much of this carbon through respiration during winter months. Some interesting features include fossil fuel emissions from the northeastern urban corridor that extends from Washington D.C. to Boston in the United States. The fast oscillation over the Amazon rainforest shows the impact of plants absorbing carbon while the sun is shining and then releasing it during nighttime hours.

The second visualization highlights CO2 sources and sinks over Asia and Australia. The most notable feature is fossil fuel emissions from China, which contribute to the increasing atmospheric burden of CO2 over the course of 2021. In contrast, drawdown from the land biosphere is visible over Australia for much of the year because emissions and population density are much lower. By the end of the animation, fossil fuel emissions which are released predominantly in the Northern Hemisphere are mixing southward obscuring Australia.

The third visualization highlights Europe, the Middle East, and Africa. European fossil fuel emissions are visible as is red representing emissions from fires over central Africa. Fires represent a much smaller source of CO2 to the atmosphere than fossil fuel emissions, but are significant because they can alter the ability of an ecosystem to sequester carbon in the future. Scientists are carefully monitoring how CO2 emissions from fires are altered by climate change, which is bringing longer and more severe fire seasons to many areas.

Islande : nouvelles de l’éruption // Iceland : news of the eruption

6 heures (heure française) : L’éruption continue à Litli-Hrútur (‘Petit Bélier’ en islandais) sur la péninsule de Reykjanes, à une trentaine de kilomètres de Reykjavik. Comme lors des événements précédents de 2021 et 2022, les webcams offrent de superbes vues de cette éruption. Elles sont très utiles car le site a été bouclé par la police en raison du danger que représentent les gaz toxiques qui s’échappent des fissures éruptives.
Selon le Met Office islandais, l’éruption, qui a commencé à 16h40 GMT le 10 juillet 2023, est beaucoup plus importante que les précédentes. Les volcanologues locaux affirment qu’elle émet au moins trois fois plus de lave que l’éruption de 2021 et un volume de gaz beaucoup plus important. Il s’agit d’une éruption fissurale classique, typique du volcanisme islandais.
Hier, la Protection civile avait déjà demandé au public de se tenir à l’écart du site de l’éruption en raison de son imprévisibilité et de sa nature évolutive. Les réseaux sociaux montrent malgré tout qu’il y a déjà beaucoup de monde sur le site de l’éruption!
Source : Iceland Monitor.

L’éruption vue par la webcam à 6 heures ce matin.

De mon côté, je n’ai pas prévu d’aller en Islande. Une fois la situation stabilisée, il y aura une foule de touristes sur le site éruptif. Pas trop mon truc. En fonction de la météo, cap sur les glaciers alpins.

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11 heures : Ce n’est peut-être qu’une impression, mais au vu des images des webcams, l’éruption a l’air de marquer le pas. Il n’y a guère qu ‘une fontaine de lave active le long de la fissure éruptive. De plus, le tremor éruptif est moins vigoureux lui aussi. L’éruption est peut-être juste en train de reprendre son souffle…

L’éruption vue par la webcam à 11 heures

Source: IMO

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18 heures : L’éruption se poursuit sur la péninsule de Reykjanes, mais son intensité a diminué. C’est normal pour ce type d’éruption fissurale. Ces éruptions ont tendance à être plus intenses lorsqu’elles commencent, en raison du gaz qui s’accumule dans la partie supérieure de l’intrusion magmatique. Après le début de l’éruption, la pression dans le système d’alimentation magmatique commence à baisser et, avec elle, l’intensité de l’éruption. Personne ne sait combien de temps durera l’éruption actuelle ; ce pourrait être une question de jours, voire de mois.
Les habitants de la péninsule de Reykjanes et de Reykjavík sont invités à garder leurs fenêtres fermées en raison de la pollution par les gaz. Pour l’instant, l’éruption ne menace ni les routes, ni les infrastructures, ni les zones habitées. Toutefois, le risque de gaz nocifs sur le site et ailleurs dans la région est important. C’est la raison pour laquelle il a été demandé aux curieux de se tenir à l’écart du site de l’éruption, une recommandation qui ne semblait pas vraiment respectée dans la matinée !
Source : Médias islandais.

Beaucoup de gaz ce soir sur le site de l’éruption

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20 heures : L’accès au site de l’éruption a été ouvert à partir de la route côtière sud, connue sous le nom de route Meradalir. Aucune autre route ou accès routier n’a été ouvert.
Il faut marcher une vingtaine de kilomètres aller-retour pour atteindre la zone d’éruption.
Les autorités locales indiquent qu’il est important de garder à l’esprit que le site de l’éruption est une zone dangereuse où les conditions peuvent changer soudainement. La pollution par les gaz est un risque majeur qui augmente lorsque le vent faiblit. Des gaz potentiellement mortels peuvent alors s’accumuler dans les zones basses. De plus, de nouvelles fissures peuvent s’ouvrir rapidement.
Il est conseillé de s’habiller en fonction des conditions météorologiques, à emporter de la nourriture et à recharger les téléphones portables. La police rappelle que la conduite hors piste est formellement interdite.

Plan d’accès au site éruptif

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06:00 am (French time) : The eruption is going on at Litli-Hrútur (‘Little Ram’ in Icelandic) on the Reykjanes Peninsula, about 30 km from Reykjavik. Like during the previous events of 2021 and 2022, the webcams provide great views of the current eruption. They are very useful because the site has been cordoned off by the National Police due to the hazard caused by toxic volcanic gases escaping from the eruptive fissures.

The eruption, which commenced at 4.40pm GMT on July 10th, 2023, is significantly larger than previous ones in the area ;. Local volcanologists say it is emitting at least three times more lava than the 2021 eruption and a much larger volume of gases. It is a conventional fissure eruption, typical of Icelandic volcanism.

The Civil Protection had earlier asked the public to steer clear of the eruption site due to its unpredictability and evolving nature. However, the social networks show there are already quite a lot of folks on the eruption site!

Source : Iceland Monitor.

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11am: It may just be an impression, but from the webcam images, the eruption seems to be slowing down. There isjust a single active lava fountain along the eruptive fissure. What’s more, the eruptive tremor is also less vigorous. Perhaps the eruption is just catching its breath…

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06:00 pm : The eruption continues on the Reykjanes Peninsula, but it has decreased in intensity. This is normal for this type of fissure eruption. Such eruptions tend to be most powerful when they start, due to gas that accumulates high up in the magma intrusion. After the eruption begins, the pressure in the magma feeding system begins to drop and with it the intensity of the eruption. Nobody knows how long the eruption might last ; it could be a matter of days, or a matter of months.

Residents of the Reykjanes peninsula and the Reykjavík capital area are encouraged to keep their windows closed due to gas pollution. At the moment, the eruption does not threaten roads, infrastructure, or inhabited areas. However, the risk of gas pollution both at the site and elsewhere in the region is significant. This is the reason why civilians have been asked to stay away from the eruption site, a recommendation that didn’t really seem to be respected in the morning! .

Source : Icelandic news media.

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08:00:pm : The area of the eruption sites has been opened from the southern coastal road, a route known as Meradalir route. No other roads or road access have been opened.

The walk towards the eruption zone is about 20 km back and forth.

Local authorities say that it is important to bear in mind that the eruption site is a dangerous area where conditions may change suddenly. Gas pollution is a major risk which increases when the wind gets lower. Then potentially lethal gases can accumulate in depressions. Moreover, new fissures can open up quickly.

People are also encouraged to dress for the weather, take food and charge mobile phones. The police also repeatedly say that off-road driving is forbidden.

La fonte des glaciers menace les invertébrés // The melting of glaciers threatens invertebrates

  Voici une autre conséquence de la fonte des glaciers, souvent passée sous silence par les médias, mais qui a un impact profond sur l’environnement.
Selon une étude publiée début 2023, les invertébrés qui vivent dans les rivières d’eau de fonte de nos Alpes pourraient perdre la majeure partie de leur habitat et disparaître, car les glaciers fondent à un rythme sans précédent en raison du réchauffement climatique.
Bien qu’ils soient souvent oubliés, ces animaux sont essentiels pour les écosystèmes alpins. Les chercheurs ont concentré leur étude sur la chaîne alpine et ont rassemblé des données issues de 30 années d’études sur la vitesse de fonte des glaciers et sur l’impact de cette fonte sur le débit des cours d’eau de la région au fil du temps. Ils ont analysé l’impact des changements passés sur les populations de 15 espèces d’invertébrés, tels que les moucherons et les phlébotomes qui vivent dans ces eaux.
Certaines espèces d’éphémères sont parfois appelées « olive à ailes bleues » par les pêcheurs à la mouche. Les moucherons ont tendance à être confondus avec les moustiques. Les rivières alimentées par les glaciers sont généralement pauvres en espèces, car peu d’entre elles peuvent s’adapter à cet environnement ; ces créatures sont donc très adaptatives et spécialisées dans les environnements hostiles.
À l’aide de ces données, les chercheurs ont pu prédire la situation de ces espèces d’ici à 2100. Le réchauffement climatique entraînant une forte diminution de la couverture glaciaire des Alpes, les rivières deviendront plus sèches et couleront plus lentement, voire disparaîtront. L’eau se réchauffera car elle ne sera plus refroidie par la fonte des glaces ; elle deviendra donc inhospitalière pour les invertébrés qui ont évolué pour se développer dans des conditions froides, instables et pauvres en nutriments.
La plupart des espèces verront leur population diminuer, et le phlébotome Rhabdiopteryx ainsi que trois espèces de moucherons seront menacés d’extinction dans les Alpes. Ces petits animaux représentent une biodiversité et une diversité génétique uniques. Ils sont souvent oubliés parce qu’ils sont petits et peu charismatiques. Pourtant, ils font partie des réseaux alimentaires et sont à la tête de processus vitaux de l’écosystème tels que la décomposition et la transformation de la matière organique. Ils servent également de nourriture aux poissons, aux oiseaux et aux mammifères dans l’eau et sur terre. On peut donner l’exemple du cincle plongeur qui est une espèce surtout insectivore. Cet oiseau capture des insectes aquatiques sur les berges (larves de phryganes et d’éphémères, par exemple), ou plonge pour chercher des larves, des petits crustacés et mollusques, crevettes et petits poissons.
Les conséquences écologiques à grande échelle sont difficiles à prévoir si ces espèces disparaissent ou sont remplacées par d’autres. Les modèles montrent que certaines espèces pourraient trouver refuge dans des zones où le climat leur est moins hostile. Il se pourrait que de petites poches de glace subsistent dans certaines parties très élevées des Alpes, où les espèces pourraient essayer de survivre. Cependant, bon nombre de ces refuges potentiels pourraient disparaître avant même que ces espèces les atteignent.
En outre, on ne sait pas si ces invertébrés ont la capacité de migrer vers ces nouveaux environnements. Des recherches antérieures ont montré qu’ils ne sont pas très doués pour se déplacer d’une rivière à l’autre ou pour voler sur de longues distances.
Les scientifiques évoquent d’éventuelles opérations de collecte de certains de ces invertébrés et de leur transfert vers des endroits où ils pourraient établir des populations.
Source : Adapté de The Guardian.

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Here is another consequence of glacier melting, often overlooked by the media, but which has a deep mpact on the environment.

According to a studyreleased in early 2023, invertebrates living in the meltwater rivers of the European Alps could lose most of their habitat and disappear, as the glaciers melt at an unprecedented rate due to climate change.

Although they are often overlooked, these animals are crucial for alpine ecosystems. Researchers focused their study on the mountain range of the Alps and collated data from 30 years of studies on the rate at which glaciers are melting, and how that affects the area’s river flows over time. They analysed how past changes affected the populations of 15 species of invertebrates such as midges and stoneflies that are living in those waters.

Some species of mayflies are sometimes known as blue-winged olive flies by people who do fly-fishing. Midges tend to be mistaken for mosquitoes. Glacier-fed rivers are generally species-poor, as few species can cope with this environment, so these creatures are quite adaptive and specialised to hostile environments.

Using the data, the researchers were able to make a prediction of how these species will fare between now and 2100. As global warming causes a big decrease in the glacier cover of the Alps, rivers will become drier and flow slower, sometimes disappearing. Water will become warmer as it will no longer be chilled by the melting ice, becoming inhospitable to invertebrates that have evolved to thrive in cold, unstable and nutrient-poor conditions.

Most of the species will face population drops, and the stonefly Rhabdiopteryx and three species of midges will face the risk of extinction in the Alps. These small animals represent unique biodiversity and genetic diversity. They are often overlooked because they are small and not particularly charismatic. However, they form part of food webs and conduct vital ecosystem processes like organic matter breakdown and transformation. They are also food for fish, birds, and mammals in water and on land.

The broader ecological consequences are difficult to foresee if the species are lost or replaced by other species. The models suggest that some species may be able to find refuge in areas where the climate is less hostile for them. There might be little pockets of ice that remain in some of the really high parts of the Alps where the species can hang on. Yet many of these plausible havens a could disappear before these species get there.

Besides, it is unclear whether these invertebrates have the ability to migrate to these new environments. Previous research has shown that they are not very good at moving from one river to another or flying long distances.

There is now discussion about possible operations to collect some of these invertebrates and transfer them to places where they can establish populations.

Source : Adapted from The Guardian.

Si les insectes et invertébrés disparaissent des torrents de montagne, d’autres espèces, comme le cincle plongeur, feront de même (Photo: C. Grandpey)

 

Ça va chauffer ! // It’s going to be hot !

Dans un message délivré le 4 juillet 2023, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) a déclaré que le phénomène de réchauffement climatique El Niño avait débuté, et a averti les gouvernements qu’ils devaient se préparer à des événements météorologiques extrêmes et à des températures record dans les mois à venir.
Comme je l’ai expliqué précédemment, El Niño est un phénomène climatique naturel qui se produit dans la partie orientale de l’Océan Pacifique tropical, et qui se traduit par des températures de surface de la mer supérieures à la moyenne.
Le secrétaire général de l’OMM a déclaré que « l’apparition d’El Niño va augmenter considérablement la probabilité de battre des records de température et déclencher des vagues de chaleur dans de nombreuses régions du monde et dans l’océan. Les gouvernements du monde entier doivent prendres des mesures pour limiter les effets de ce phénomène sur notre santé, nos écosystèmes et nos économies. Pour sauver des vies et des moyens de subsistance, les gouvernements doivent mettre en place des systèmes d’alerte précoce et se préparer à de nouveaux événements météorologiques perturbateurs en 2023.
Les trois dernières années ont été parmi les plus chaudes jamais enregistrées, même avec La Niña, l’équivalent froid d’El Niño, qui est censé apporter des températures océaniques plus bassess que la moyenne. Malgré La Niña, le monde a continué à enregistrer des températures supérieures à la normale.
L’OMM explique que la combinaison d’un très fort épisode El Niño et d’un réchauffement d’origine anthropique dû à l’utilisation de combustibles fossiles a fait de 2016 l’année la plus chaude jamais enregistrée. Le prochain épisode El Niño pourrait voir les années 2023 ou 2024 battre le record de chaleur de 2016. Il existe une probabilité de 90 % qu’El Niño présente une intensité modérée au cours du second semestre 2023, et qu’il s’intensifie au cours des mois suivants.
Outre la hausse de température des océans, El Niño génère le plus souvent une augmentation des précipitations dans certaines régions du sud de l’Amérique du Sud, du sud des États-Unis, de la Corne de l’Afrique et de l’Asie centrale.
El Niño peut aussi amplifier les sécheresses, les vagues de chaleur et les incendies de forêt en Australie, en Indonésie, dans certaines parties du sud de l’Asie, en Amérique centrale et dans le nord de l’Amérique du Sud. Parmi les autres conséquences, on peut citer les puissants cyclones tropicaux dans le Pacifique et le blanchissement à grande échelle des récifs coralliens.
La hausse des températures dans le monde pourrait dépasser 1,5 degré Celsius de réchauffement par rapport aux niveaux préindustriels. Il s’agit d’un point de basculement clé au-delà duquel les risques d’inondations extrêmes, de sécheresse, d’incendies de forêt et de pénuries alimentaires pourraient augmenter de façon spectaculaire.
Dans l’Accord de Paris sur le climat (COP 21), les pays se sont engagés à limiter le réchauffement climatique à bien moins de 2 degrés – et de préférence à 1,5 degré Celsius – par rapport aux températures de l’ère préindustrielle. Malgré cette promesse, le monde connaît déjà un réchauffement d’environ 1,2 °C, car l’homme continue de brûler des combustibles fossiles et de produire une pollution qui réchauffe la planète.

Selon l’OMM, il existe une probabilité de 66 % que la température moyenne annuelle de surface du globe entre 2023 et 2027 soit supérieure à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels pendant au moins une année. On peut lire dans le rapport de l’Organisation : « Cela ne veut pas dire qu’au cours des cinq prochaines années, nous dépasserons le niveau de 1,5°C spécifié dans l’Accord de Paris, car cet accord fait référence à un réchauffement sur le long terme, sur de nombreuses années. Cependant, il s’agit d’une nouvelle sonnette d’alarme indiquant que nous n’allons pas dans la bonne direction pour limiter le réchauffement dans le cadre des objectifs fixés à Paris en 2015, pour réduire de manière substantielle les impacts du changement climatique. »
De nombreux records climatiques ont déjà été battus en 2023, avec une hausse impressionnante des températures, des océans exceptionnellement chauds et des niveaux records de pollution au carbone dans l’atmosphère, ainsi que des niveaux records de réduction de la glace de mer en Antarctique.
En Asie, en Europe et en Amérique, des vagues de chaleur précoces et prolongées ont tué des personnes, des animaux et des récoltes, suscité des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire et à la pénurie d’eau, et préparé le terrain pour des incendies de forêt sans précédent.
Source : OMM.

 Anomalies thermiques sur Terre en  juin 2023 (Source: NOAA)

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In a message delivered on July 4th, 2023, the World Meteorological Organization (WMO) declared the onset of the warming phenomenon El Niño and. warned governments that they should prepare for more extreme weather events and record temperatures in the coming months.

As I explained before, El Niño is a natural climate pattern in the eastern tropical Pacific Ocean that brings warmer-than-average sea-surface temperatures and has a major influence on weather across the globe, affecting billions of people.

The WMO Secretary-General said that “the onset of El Niño will greatly increase the likelihood of breaking temperature records and triggering more extreme heat in many parts of the world and in the ocean. Governments around the world should mobilize preparations to limit the impacts on our health, our ecosystems and our economies.” To save lives and livelihoods, governments must establish early warning systems and prepare for further disruptive weather events in 2023.

The last three years have been some of the warmest on record, even with La Niña, El Niño’s cool equivalent, which is supposed to bring cooler-than-average ocean temperatures. Despite La Niña, the world continued to record warmer than average temperatures.

The WMO explains that the ombination of a very strong El Niño and human-caused warming from the burning of fossil fuels led to 2016 becoming the hottest year on record. The upcoming El Niño could push 2023 or 2024 to break 2016’s heat record. There is a 90% probability of El Niño continuing during the second half of 2023 at moderate strength and increasing in the following months.

Along with increased ocean warming, El Niño events are usually associated with increased rainfall in parts of southern South America, the southern United States, the Horn of Africa and central Asia.

But it can also amplify severe droughts, heatwaves and wildfires over Australia, Indonesia, parts of southern Asia, Central America and northern South America. Other impacts include dangerous tropical cyclones in the Pacific and the mass bleaching of fragile coral reefs.

Because of the higher temperatures, the world could be temporarily pushed past 1.5 degrees Celsius of warming above pre-industrial levels, a key tipping point beyond which the chances of extreme flooding, drought, wildfires and food shortages could increase dramatically.

Countries pledged in the Paris Climate Agreement (COP 21) to limit global warming to well below 2 degrees – and preferably to 1.5 degrees Celsius – compared to pre-industrial temperatures. But the world has already seen around 1.2°C of warming, as humans continue to burn fossil fuels and produce planet-heating pollution.

According to the WMO there is a 66% likelihood that the annual average near-surface global temperature between 2023 and 2027 will temporarily be more than 1.5°C above pre-industrial levels for at least one year. “This is not to say that in the next five years we would exceed the 1.5°C level specified in the Paris Agreement because that agreement refers to long-term warming over many years. However, it is yet another wake up call that we are not yet going in the right direction to limit the warming to within the targets set in Paris in 2015 designed to substantially reduce the impacts of climate change.”

A multitude of climate records have already been broken in 2023, with soaring temperatures, unusually hot oceans and record high levels of carbon pollution in the atmosphere and record low levels of Antarctic ice.

Across Asia, Europe and the Americas, early and prolonged heat waves in 2023 have killed people, animals and crops, sparked concerns about food security and water scarcity, and set the stage for unprecedented wildfires.

Source : WMO.