Le rapport du GIEC et la situation en Alaska ! // The IPCC report and the situation in Alaska !

Dans son dernier rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) met l’accent sur les effets de l’agriculture et de la sylviculture sur la dégradation des sols et leur forte influence sur le  réchauffement climatique. On remarquera que ce même rapport se garde bien de parler de la pollution des industries, des transports, ou du secteur pétrolier. Il est plus facile de demander à la population qu’aux lobbies de faire des efforts ! S’agissant de la déforestation, la France n’est pas vraiment concernée car nos forêts sont relativement bien gérées. La déforestation affecte surtout des régions du monde comme l’Amazonie ou l’Indonésie, premier producteur d’huile de palme de la planète qui émet plus de gaz à effet de serre que les États-Unis!

Les écologistes français se sont bien sûr engouffrés dans la brèche offerte par le GIEC en proposant des solutions qui n’ont pas grand-chose à voir avec les causes du réchauffement climatique. Inciter la population à manger moins de viande pour contrer le réchauffement climatique est à mes yeux une vaste rigolade. La cause du problème se trouve ailleurs ! Alors que les médias commentaient le rapport du GIEC – des commentaires qui ne mèneront nulle part, car nos dirigeants ne prendront jamais les mesures nécessaires – une autre situation était au moins aussi préoccupante.

Au cours des dernières semaines, l’Alaska a enregistré les niveaux de glace de mer les plus bas jamais observés, avec des températures record et des incendies de forêt qui ont dévasté plusieurs parties de cet Etat. Certaines zones de mer sont totalement libres de glace. Cela n’a jamais eu lieu aussi tôt dans l’année et aura des conséquences sur le climat arctique et sur la Terre dans son ensemble.
D’après le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), centre national de données sur la neige et la glace, le mois d’août 2019 connaît les niveaux de glace de mer arctique les plus bas de tous les temps. La meilleure preuve de cette situation catastrophique se trouve probablement à Point Barrow, le point le plus septentrional de l’Alaska. À Point Barrow, il faut aller à 480 ou 560 kilomètres des côtes pour trouver de la glace de mer en ce moment Historiquement, à cette période de l’année, il devrait y avoir de la glace près ou le long de la côte de l’Alaska, et non à des centaines de kilomètres de distance.
Selon le NSIDC, la glace de mer est un indicateur d’autres problèmes climatiques. L’atmosphère se réchauffe. Les océans se réchauffent. La glace de mer est victime de ces deux phénomènes à la fois.
Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, la fonte de la glace de mer dans les mers arctiques ne joue aucun rôle dans la montée des océans. La glace qui est à l’origine de l’élévation du niveau de la mer -la glace continentale – est largement présente au Groenland. En revanche, la glace de mer de l’Alaska exerce une influence sur la température de la planète avec l’albédo qui, en renvoyant une partie de l’énergie solaire dans l’espace, contribue à abaisser la température. Sans albédo, la température s’élève car la mer absorbe l’énergie solaire

Le changement climatique que l’on observe actuellement rend l’Arctique particulièrement vulnérable. La région se réchauffe de plus en plus vite. Au cours des deux dernières décennies, elle s’est réchauffée environ deux fois plus vite que le reste de la planète dans son ensemble.
Les Alaskiens, en particulier les populations autochtones, ont leur mode de vie profondément modifié par la fonte de la glace de mer, surtout les communautés qui en dépendent pour la chasse. La chasse au morse a été problématique en 2019 ; il y a eu très peu de jours où la glace était suffisamment robuste pour que les communautés autochtones puissent s’y installer pendant les mois d’hiver et de printemps.

Alors que les Alaskiens sont les plus touchés par la fonte de la glace, le reste du monde en ressentira également les effets. Avec l’absence de glace qui entraîne une hausse des températures, le pergélisol des régions arctiques est en train de fondre, ce qui ajoute du dioxyde de carbone dans l’atmosphérique et contribue au réchauffement climatique.
Les scientifiques pensent que nous avons atteint un point de non retour dans la région, sauf si nous réussissons à inverser les émissions de gaz à effet de serre. La partie est loin d’être gagnée !
Source: Time.

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In its latest report, the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) focuses on the effects of agriculture and forestry on soil degradation and their strong influence on global warming. It should be noted that this same report is careful not to talk about the pollution of factories, transport, or the oil industry. It is easier to ask people than lobbies to make efforts! Regarding deforestation, France is not really concerned because our forests are relatively well managed. Deforestation mainly affects parts of the world such as the Amazon or Indonesia, the world’s largest producer of palm oil that emits more greenhouse gases than the United States!

French ecologists have of course engulfed in the gap offered by the IPCC by proposing solutions that have little to do with the causes of global warming. Encouraging the population to eat less meat to counter global warming is, to my mind, a huge joke. The cause of the problem lies elsewhere! While the media were commenting the GIEC report – comments that will lead to nowhere as our political leaders will never take the necessary measures – another situation was at least as preoccupying.

Alaska has seen the lowest levels of sea ice ever this summer as record temperatures and wildfires hit the region with some areas completely ice free, an event which has never occurred so early in the year and has ramifications for the arctic climate and the Earth as a whole.

Compared to all other recorded years of research, August 2019 has the lowest levels of arctic sea ice ever, according to the National Snow and Ice Data Center (NSIDC). The best evidence of this situation lies probably at Point Barrow, Alaska’s northernmost point. At Point Barrow, there is no sea ice within 480 to 560 kilometres at the moment. Historically, at this time of year there should still be some ice close to or along the coast of Alaska, not hundreds of kilometres away.

According to NSIDC, sea ice is an indicator of other climate issues. The atmosphere is warming. The oceans are warming. The sea ice is getting hit by both sides of climate change.

While most people think of melting ice in the context of sea levels, the loss of sea ice actually plays no role in the rising water. The ice that causes rising sea levels – frozen freshwater land ice – is largely present in Greenland. Instead, Alaska’s sea ice affects the Earth’s temperature. It is crucial for the ‘albedo’ by reflecting some of the solar energy back to space, thus lowering the temperature. With no albedo, the sea absorbs the solar energy and temperatures increase.

The climate change we are currently observing is making the Arctic especially vulnerable. The Arctic is warming up very strongly, a phenomenon called Arctic amplification. Over the past couple of decades, the Arctic has been warming up at roughly twice the rate as the globe as a whole.

Alaskans, especially the indigenous populations, have been impacted by the melting ice and have seen their way of life altered by the changing environment, particularly communities who rely on the sea ice for hunting. Walrus has been a big problem in 2019 and there have been very few days when the ice was sturdy enough for indigenous communities to even get onto it during the winter and spring.

While Alaskans are the most dramatically affected by the melting ice, the rest of the world will also feel some impacts. As melting ice leads to increased temperatures, there is a potential for the permafrost in Arctic regions to melt, adding to atmospheric carbon dioxide..

Glaciologists think we have reached a point of no return in the region unless we can reverse greenhouse gas emissions.

Source: Time.

La glace de mer s’éloigne de plus en plus des côtes de l’Alaska (Photo: C. Grandpey)

La fonte du Groenland (suite) // The melting of Greenland (continued)

Comme je j’ai écrit précédemment, la vague de chaleur qui a battu tous les records dans cinq pays européens à la fin du mois de juillet a maintenant atteint le Groenland. Comme prévu, elle accélère la fonte de la calotte glaciaire sur l’île et entraîne une importante perte de glace dans l’Arctique.
82% de la surface du Groenland est recouverte de glace. La partie de la calotte glaciaire qui montre des signes de fonte augmente chaque jour et a atteint un record de 56,5% le 31 juillet 2019. La situation devait s’amplifier et atteindre son maximum le 1er août avant que des températures moins élevées ralentissent la fonte de la glace.
Pendant la seule journée du 31 juillet, plus de 10 milliards de tonnes de glace se sont transformés en eau qui s’est déversée dans l’océan. Globalement, cela correspond à une perte de masse d’environ 197 milliards de tonnes au Groenland pour l’ensemble du mois de juillet.
Depuis le 1er juin 2019 – ce qui correspond au début de la saison de fonte – la calotte glaciaire du Groenland a perdu 240 gigatonnes (240 milliards de tonnes) cette année. Il est intéressant de comparer ce chiffre aux 290 gigatonnes perdues lors de la période de fonte en 2012, en sachant que la période de fonte dure généralement jusqu’à la fin du mois d’août.
Selon une étude réalisée en juin 2019 par des scientifiques américains et danois, la fonte de la glace au Groenland ajoutera entre 5 et 33 centimètres à l’élévation du niveau de la mer d’ici 2100. Si toutes les glaces du Groenland fondaient, les océans du monde s’élèveraient de 7,20 mètres.
Au Groenland, la surface affectée par la fonte de la glace cette année est la deuxième en termes de superficie, derrière plus de 90% en 2012 ; on notera que les archives remontent à 1981. Une grande partie de l’eau de fonte peut ensuite se recongeler sur la couche de glace, mais, selon les scientifiques, la quantité de glace perdue définitivement cette année pourrait être identique à celle de 2012 ou même être supérieure.
Les vagues de chaleur ont toujours eu lieu, mais elles se produisent maintenant au moins 10 fois plus fréquemment qu’il y a un siècle. Ce sont des phénomènes météorologiques qui peuvent se produire naturellement, mais les études montrent que la fréquence et l’intensité de ces vagues de chaleur ont augmenté avec le réchauffement de la planète.
Comme je le souligne souvent dans ma conférence « Glaciers en péril », lorsqu’on dit que la température moyenne de la planète augmente d’un peu plus de 1 degré Celsius, cela n’a guère d’importance si l’on se trouve à Paris ou à Londres, mais la température moyenne revêt une autre importance dans les régions polaires où la calotte glaciaire sait faire la différence entre 15 et 16 degrés Celsius.
Source: Associated Press.

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As I put it before, the heat wave that smashed high temperature records in five European countries in late July is now over Greenland, accelerating the melting of the island’s ice sheet and causing massive ice loss in the Arctic.

Greenland has 82% of its surface covered in ice. The area of the ice sheet that is showing indications of melt has been growing daily, and hit a record 56.5% for this year on July 31st, 2019. The situation was expected to expand and peak on August 1st before cooler temperatures slow the pace of the melt.

More than 10 billion tons of ice was lost to the oceans by surface melt on July 31st alone, creating a net mass ice loss of some 197 billion tons from Greenland for the month of July.

Since June 1st, 2019 – roughly the start of the ice-loss season – the Greenland ice sheet has lost 240 gigatons (240 billion metric tons) this year. That compares with 290 gigatons lost overall in the 2012 melt season, which usually goes through the end of August.

A June 2019 study by scientists in the U.S. and Denmark said melting ice in Greenland alone will add between 5 and 33 centimetres to rising global sea levels by the year 2100. If all the ice in Greenland melted the world’s oceans would rise by 7.2 metres.

In Greenland, the melt area this year is the second-biggest in terms of ice area affected, behind more than 90% in 2012. Records go back to 1981.A lot of what melts can later refreeze onto the ice sheet, but because of the conditions ahead of this summer’s heat wave, the amount of ice lost for good this year might be the same as in 2012 or more, according to scientists.

Heat waves have always occurred, but they are now occurring at least 10 times more frequently than a century ago. They are weather events and can occur naturally but studies have shown that both the frequency and intensity of these heat waves have increased due to global warming..

As I often point out in my conference about glaciers at risk, when people talk about the average global temperature increasing by a little more than 1 degree Celsius, this is not a huge amount to notice if you are sitting in Paris or London, but this is a global average and it is much greater in the polar regionswhere the ice sheet makes the difference between 15 and 16 degrees Celsius.

Source: Associated Press.

Photo: C. Grandpey

 

L’Arctique se réchauffe et les rennes meurent // The Arctic is getting warmer and the reindeer are dying

Quand on parle des effets du réchauffement climatique sur la faune arctique, ce sont le plus souvent les ours polaires qui occupent le devant de la scène, mais les rennes sont, eux  aussi, victimes des hivers plus chauds dans les hautes latitudes. C’est ce que des chercheurs de l’Institut polaire norvégien, qui réalise une cartographie annuelle de la population de rennes sauvages, viennent de constater au Svalbard où ils ont retrouvé quelque 200 cadavres de ces animaux.

Le Svalbard est un archipel norvégien situé dans l’Océan Arctique, entre le Groenland à l’ouest, l’archipel François-Joseph à l’est et l’Europe continentale au sud. Ses 2 321 habitants se trouvent sur Spitzberg, la plus grande île de l’archipel. La principale ville est Longyearbyen.

Les habitants du Svalbard connaissent déjà les conséquences du réchauffement climatique dans leur quotidien, puisque plus d’une centaine de maisons construites à flanc de montagne à Longyearbyen ont été déclarées à risque, car elles pourraient s’effondrer.

Les 200 rennes sont morts de faim au cours de l’hiver dernier. Le nombre inhabituellement élevé de cadavres s’explique par le changement climatique. L’archipel du Svalbard a connu une augmentation de 4 degrés de température au cours des 50 dernières années. Cela signifie que la neige qui tombe habituellement sur l’archipel a été remplacée par la pluie. Or, cette pluie gèle quand le froid arrive en hiver et forme une couche de glace à la surface du sol. Plusieurs couches peuvent s’empiler successivement au fil des épisodes pluvieux. La conséquence, c’est que cette glace empêche les rennes d’atteindre le lichen et autres pousses végétales dont ils se nourrissent. La famine arrive vite et les animaux périssent. Les conditions de pâture pour les rennes sont devenues très mauvaises. Ce n’est que la seconde fois qu’autant d’animaux sont retrouvés morts depuis que la population de rennes fait l’objet d’un suivi, débuté il y a 40 ans.

Il faut aussi mettre cette augmentation en parallèle avec l’augmentation du nombre de rennes dans cette région, qui est également une conséquence du réchauffement climatique. Selon l’Institut polaire norvégien, leur nombre aurait doublé depuis les années 1980 pour atteindre aujourd’hui une population estimée à 22 000 têtes.

Source : Presse internationale.

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When we talk about the effects of global warming on Arctic wildlife, it is most often polar bears that take center stage. Reindeer are also victims of warmer winters in high latitudes. This is what researchers at the Norwegian Polar Institute, which carries out an annual mapping of the wild reindeer population, have just found in Svalbard where they discovered some 200 dead animals.
Svalbard is a Norwegian archipelago located in the Arctic Ocean, between Greenland to the west, the Franz Josef Archipelago to the east and continental Europe to the south. Its 2,321 inhabitants live on Spitsbergen, the largest island in the archipelago. The main city is Longyearbyen.
The inhabitants of Svalbard already endure the consequences of global warming in their daily lives. More than a hundred houses built on the mountainside in Longyearbyen have been declared at risk and could collapse.
Reindeer died of hunger last winter. The unusually high number of corpses is due to climate change. The Svalbard Archipelago has experienced a 4-degree increase in temperature over the last 50 years. This means that the snow that usually falls on the archipelago has been replaced by rain. However, this rain freezes when the cold arrives in winter and forms a layer of ice on the surface of the ground. Several layers can pile up sequentially over the rainy episodes. The consequence is that this ice prevents reindeer from getting to the lichen and other plant shoots they feed on. Famine arrives quickly and the animals starve to death. Pasture conditions for reindeer have become very poor. This is only the second time that so many animals have been found dead since the reindeer population was first monitored 40 years ago.
This increase should also be compared with the increase in the number of reindeer in this region, which is also a consequence of global warming. According to the Norwegian Polar Institute, their number has doubled since the 1980s to reach today an estimated population of 22,000.
Source: International Press.

Photo: C. Grandpey

L’Arctique est en feu // The Arctic is on fire

Dans une note publiée le 21 juillet 2019, j’écrivais: « L’Arctique est en feu. Rien qu’en juin, les incendies de forêt en Alaska et en Sibérie ont émis 50 mégatonnes de CO2 dans l’atmosphère, soit l’équivalent des émissions annuelles totales de la Suède. C’est plus que ce qui a été libéré par les incendies dans l’Arctique pendant tous les mois de juin réunis de 2010 à 2018. »

De nouvelles images proposées par l’Earth Observatory de la NASA montrent des feux de forêt en train de ravager de vastes étendues en Russie. Ils produisent tellement de fumée qu’ils sont visibles depuis l’espace. Depuis le mois de juin, plus de 100 feux de forêt brûlent dans l’Arctique où il fait particulièrement sec et chaud cet été. Rien qu’en Russie, les incendies de forêt ont affecté 11 des 49 régions du pays, ce qui signifie que même dans les zones sans incendie, les gens subissent les effets de la fumée qui a envahi le pays.
Les plus importants incendies – probablement allumées par la foudre – se trouvent dans les régions d’Irkoutsk, de Krasnoïarsk et de Bouriatie. Le 22 juillet, ils avaient déjà brûlé 829 kilomètres carrés, 388 kilomètres carrés et 106 kilomètres carrés dans chacune de ces régions.
L’image satellite ci-dessous, prise le 21 juillet, montre les panaches générés par un incendie sur la partie droite de la photo. Le vent emporte la fumée vers le sud-ouest, où elle se mélange à une perturbation orageuse.

Des incendies de forêt brûlent également au Groenland et dans certaines parties de l’Alaska, à la suite du mois de juin le plus chaud de l’histoire. Des incendies se déclarent souvent pendant les mois d’été dans l’Arctique, mais la NASA explique que leur nombre et leur étendue cette année sont du jamais vu.
Ces incendies polluent l’atmosphère. Ils ont émis quelque 100 mégatonnes de dioxyde de carbone du 1er juin au 21 juillet, ce qui correspond à peu près à la quantité de dioxyde de carbone générée par un pays comme la Belgique en 2017.
De nombreux incendies brûlent sur des sols tourbeux plutôt que dans les forêts. Il s’agit d’une situation dangereuse car, alors que les forêts brûlent généralement pendant quelques heures, les sols tourbeux peuvent brûler pendant des jours, voire des mois. De plus, les sols tourbeux sont des réservoirs de carbone bien connus. Il s’agit d’un cercle vicieux: lorsqu’ils brûlent, ils libèrent du carbone, ce qui aggrave le réchauffement par effet de serre et provoque ensuite de nouveaux incendies.
Source: NASA.

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In a post released on July 21st, 2019, I wrote: “The Arctic is on fire. In June 2019, the wildfires in Alaska and Siberia have released 50 megatons of CO2 in the atmosphere, which is the equivalent of the total annual emissions of Sweden. It is more than what has been emitted by all the wildfires in the Arctic during all the months of June between 2010 and 2018.”

New images from NASA’s Earth Observatory show wildfires burning large swaths of Russia and generating so much smoke that they are visible from space. Since June, more than 100 wildfires have raged across the Arctic, which is especially dry and hot this summer. In Russia alone, wildfires are burning in 11 of the country’s 49 regions, meaning that even in fire-free areas, people are choking on smoke that is blowing across the country.

The largest fires — blazes likely ignited by lightning — are located in the regions of Irkutsk, Krasnoyarsk and Buryatia. They had already burnt 829 square kilometres, 388 square kilometres and 106 square kilometres in these regions, respectively, on July 22nd.

The satellite image below, taken on July 21st, shows plumes rising from fires on the right side of the photo. Winds carry the smoke toward the southwest, where it mixes with a storm system.

Wildfires are also burning in Greenland and parts of Alaska, following what was the hottest June in recorded history. It is common for fires to burn during the Arctic’s summer months, but NASA says the number and extent this year are unusual and unprecedented.

These fires are polluting the atmosphere. They have released about 100 megatons of carbon dioxide from June 1st to July 21st, which is roughly equivalent to the amount of carbon dioxide a country like Belgium released in 2017.

Many of the fires are burning in peat soils, rather than in forests. This is a dangerous situation, because whereas forests might typically burn for a few hours, peat soils can blaze for days or even months. Moreover, peat soils are known carbon reservoirs. It is a vicious circle: As they burn, they release carbon, which will further exacerbate greenhouse warming, leading to more fires.

Source: NASA.

Source: NASA