Une photo comme je les aime // A photo as I like them

En 2024, la gagnante du prestigieux concours Wildlife Photographer of the Year organisé par le Musée d’Histoire Naturelle est Nima Sarikhani avec une superbe photo intitulée « Ice Bed ». Elle montre un ours polaire en train de s’endormir sur le lit de glace qui lui est fourni par un iceberg. Le but de cette photo est d’attirer l’attention sur le sort des ours polaires dont le biotope arctique se réduit comme peau de chagrin à cause du réchauffement climatique.

 

Crédit photo : Nima Sarikhani

La photo a été prise au large de l’archipel du Svalbard. Dans un article publié le 14 septembre 2021, j’expliquais que « sur l’archipel norvégien du Svalbard, les populations d’ours polaires ont perdu 10 % de leur diversité génétique entre 1995 et 2016. »
Nima Sarikhani a passé trois jours en bateau à la recherche des ours polaires. Elle a fini par rencontrer un couple d’ours. Le jeune mâle s’est creusé un lieu de repos sur l’iceberg qui a ensuite dérivé, créant le décor parfait pour le cliché qui est aussi censé inspirer de l’espoir : « Il est encore temps de réparer les fautes que nous avons commises. »
L’ours que l’on peut voir sur la photo fait partie des quelque 3 000 plantigrades vivant dans la mer de Barents, et qui migrent entre le Svalbard et les îles arctiques russes.
Comme je l’ai indiqué dans ma note du 14 septembre 2021, le Svalbard s’est réchauffé de 3 à 5 degrés Celsius au cours des 50 dernières années, avec une réduction de la glace qui est essentielle à la survie des ours polaires. Cela signifie que les ours sont obligés de nager sur de plus longues distances et ont moins de contacts avec leurs congénères.
La fonte continue des glaces pèse lourdement sur certaines populations. Ainsi, dans le sud de la mer de Beaufort, les ours vont mal en raison de la perte de glace sur la plate-forme continentale.
Historiquement, ces ours passaient la majeure partie de leur temps sur la banquise. Jusqu’à 30 % de la population a été contrainte de mettre le pied sur terre pendant l’été et l’automne pour trouver de la nourriture. Cependant, comme la nourriture se fait plus rare sur terre, les ours polaires qui ont été obligés d’y venir sont souvent dans un état physiologique de stress nutritionnel. Une autre conséquence est que les ourses peuvent également avoir du mal à mettre bas en toute sécurité si elles ne peuvent pas se nourrir suffisamment pour conserver une masse corporelle acceptable.
Une étude publiée en septembre 2023 a révélé l’ampleur de l’impact dévastateur du réchauffement climatique sur les populations d’ours polaires. Pour la première fois, des chercheurs ont directement lié les émissions de gaz à effet de serre à la survie des oursons polaires. Ils pensent que leur étude pourrait inciter le gouvernement fédéral américain à prendre en compte les impacts que les projets de combustibles fossiles auraient sur les ours polaires.
Une autre étude publiée en 2020 a montré que les ours polaires risquent de disparaître d’ici la fin du siècle si des mesures ne sont pas prises pour freiner le réchauffement climatique. Les ours polaires ont été la première espèce à être classée comme menacée en vertu de la loi sur les espèces en voie de disparition en raison du réchauffement climatique.
Source : USA Today via Yahoo Actualités.

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In 2024, the winner of the Natural History Museum’s prestigious Wildlife Photographer of the Year competition was Nima Sarikhani with a great photo named « Ice Bed. » It shows a polar bear drifting off to sleep on a bed of ice. The aim of the snapshot was to draw attention to the plight of polar bears whose homelands in the Arctic have been eroded by global warming at an alarming pace.

The photo was taken off the Svalbard archipelago. In a post published on September 14rh, 2021, I explained that « on the Norwegian archipelago of Svalbard, polar bear populations have seen a 10% loss in their genetic diversity from 1995 to 2016. »

Nima Sarikhani spent three days looking for polar bears on a ship circling the Norwegian Islands until he came across a pair of bears. The younger bear carved out a resting place and drifted off, setting the perfect scene for Sarikhani’s photo who says it also inspires hope : « There is still time to fix the mess we have caused. »

The bear captured in the picture is one of an estimated 3,000 bears living in the Barents Sea, which migrate between Svalbard and the Russian Arctic Islands.

As I put it in the 14 September 2021 post, Svalbard has warmed between 3 and 5 degrees Celsius in the last half century, thinning out the ice that is crucial to polar bear survival. That means bears are forced to swim longer distances and don’t have as much contact with others.

The continuous melting of ice is taking a toll on some populations. In the southern Beaufort Sea, bears are doing relatively poorly because of the loss of sea ice over their continental shelf.

« Historically, these bears would spend basically most of their year on the sea ice. Up to 30% of the population has learned to come ashore during that summer and autumn to find some food. However, since food is more scarce on land, polar bears forced to travel ashore are often in a physiological state of nutritional stress. Another consequence is that female bears also can have trouble delivering their cubs safely if they can’t feed enough to retain sufficient body mass.

A study released in September 2023 revealed the scope of the devastating impact of global warming on polar bear populations. For the first time, researchers directly linked greenhouse gas emissions to their effect on the survival of polar bear cubs. The researchers believe their study could help the U.S. federal government consider the impacts that fossil fuel projects would have on polar bears.

Another study released in 2020 showed that polar bears are at risk of extinction by the end of the century if measures are not taken to curb global warming. Polar bears were the first species to be listed as threatened under the Endangered Species Act because of global warming.

Source : USA Today via Yahoo News.

Les ours polaires et le réchauffement climatique (suite) // Polar bears and global warming (continued)

J’ai écrit plusieurs notes sur les difficultés rencontrées par les ours polaires à cause du réchauffement climatique et la réduction de la glace de mer dans l’Arctique. Certains d’entre eux risquent la famine avec la fonte de la banquise, car ils sont incapables d’adapter leur régime alimentaire à la vie sur terre. Les ours polaires se nourrissent normalement de phoques annelés qu’ils capturent sur la banquise au large. À mesure que la glace disparaît dans un monde qui se réchauffe, de nombreux ours passent de plus en plus de temps sur le rivage où ils mangent des œufs d’oiseaux (d’oies polaires, par exemple), des baies et de l’herbe. Avec moins de nourriture, les plantigrades perdent rapidement du poids, avec au final le risque de mort.

L’ours polaire est devenu un emblème de la menace que fait de plus en plus peser le réchauffement climatique dans l’Arctique, mais l’impact de la hausse des températures sur cette espèce est complexe.
Le nombre d’ours a chuté jusque dans les années 1980, principalement à cause d’une mauvaise gestion de la chasse. Par la suite, grâce à une meilleure protection juridique, le nombre d’ours polaires a augmenté. Il reste environ 26 000 plantigrades dans le monde, dont la majorité au Canada. Des populations se trouvent également aux États-Unis, en Russie, au Groenland et en Norvège. Les ours polaires font partie des animaux menacés d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

La hausse des températures est aujourd’hui considérée comme la plus grande menace pour les ours polaires. Les animaux utilisent la glace de mer comme plate-forme pour chasser le phoque annelé, qui offre de fortes concentrations de graisse, principalement à la fin du printemps et au début de l’été. Le problème, c’est que pendant les mois les plus chauds, de nombreuses régions de l’Arctique sont désormais libres de glace, dont sans plates-formes pour les ours. .
Une étude a été réalisée dans l’ouest du Manitoba, au Canada. Dans cette région, la période sans glace a augmenté de trois semaines entre 1979 et 2015. Pour comprendre comment les ours polaires font face à la disparition de la glace, les chercheurs ont suivi les activités de 20 animaux pendant les mois d’été sur une période de trois ans. En plus des échantillons de sang et de la prise de poids des ours, les chercheurs ont équipé les plantigrades de colliers avec caméra vidéo et un GPS. Cela a permis d’enregistrer les déplacements des animaux, leurs activités et leur alimentation.
Pendant les mois d’été sans glace, les ours adoptent différentes stratégies pour survivre. Ainsi, certains passent leur temps à se reposer tout en conservant leur énergie. La majorité essaye de chercher de la végétation ou des baies ou nage pour voir s’ils pourront trouver de la nourriture. Ces animaux sont de bons nageurs et ont été repérés jusqu’à 100 km au large ; ils peuvent nager à des vitesses d’environ 10 km par heure..Les deux stratégies utilisées par les ours pendant l’été se sont soldées par des échecs, 19 des 20 plantigrades qui ont participé à l’étude ont perdu de la masse corporelle, jusqu’à 11 % dans certains cas. En moyenne, ils ont perdu un kilo par jour.

Contrairement à ce que pensent certains, les ours polaires ne sont pas des grizzlis avec un pelage blanc. Ils sont très différents de leurs homologues. Deux des trois ours qui se sont mis à l’eau et ont nagé ont trouvé des carcasses d’animaux morts mais ils n’ont passé que peu de temps à manger, car ils étaient trop fatigués par leurs efforts dans l’eau. Cela montre que ces ours ne peuvent pas manger et nager en même temps.
Alors que des recherches antérieures ont souligné les défis que posera le climat aux ours polaires au cours des décennies à venir, la nouvelle étude soulève d’importantes questions sur la capacité d’adaptation de l’espèce.
Certains chercheurs affirment que les impacts du réchauffement climatique sur les ours polaires diffèrent selon les endroits [NDLR : C’est ce que m’avait confirmé Rémi Marion, spécialiste français de l’ours polaire, il y a quelques années]. Il est probable que les ours polaires seront absents des zones où la glace de mer disparaîtra dans les prochaines années, mais il est difficile de dire exactement quand et où. D’autres régions bénéficieront également de conditions favorables pour les ours dans plusieurs décennies. En revanche, l’ouest du Manitoba, où l’étude a été réalisée, est un endroit où les conditions seront probablement très difficiles pour les ours à court terme, si la glace de mer continue de disparaître comme prévu.
Source  : Nature Communications via Yahoo Actualités.

Ours polaires dans le Manitoba pendant l’été (Photos: C. Grandpey)

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I have written several posts about the difficulties caused by global warming and the reduction of sea ice in the Arctic for polar bears. Some of them face starvation as the Arctic sea ice melts because they are unable to adapt their diets to living on land. Polar bears normally feed on ringed seals that they catch on ice floes offshore. But as the ice disappears in a warming world, many bears are spending greater amounts of time on shore, eating bird’s eggs (polar geese’ eggs, for instance), berries and grass. With less fodd, the animals rapidly lose weight on land, increasing the risk of death.

The polar bear has become the poster child for the growing threat of global warming in the Arctic, but the reality of the impact on this species is complicated.

The number of bears plummeted up to the 1980s. This was mainly due to unsustainable hunting.

With greater legal protection, polar bear numbers have risen. There are about 26,000 polar bears left in the world, with the majority in Canada. Populations are also found in the US, Russia, Greenland and Norway. Polar bears are listed as vulnerable to extinction by the International Union for Conservation of Nature (IUCN).

Increasing global temperatures are now seen as the biggest threat to polar bears. The animals use the sea ice as a platform to hunt ringed seals, which have high concentrations of fat, mostly in late spring and early summer. However, during the warmer months many parts of the Arctic are now increasingly ice-free.

A study was carried out in western Manitoba. In that region, the ice-free period has increased by three weeks between 1979 and 2015. To understand how the animals survive as the ice disappears, researchers followed the activities of 20 polar bears during the summer months over a three-year period. As well as taking blood samples, and weighing the bears, the animals were fitted with GPS-equipped video camera collars. This allowed the scientists to record the animals movements, their activities and what they ate.

In the ice-free summer months, the bears adopted different strategies to survive, with some essentially resting and conserving their energy. The majority tried to forage for vegetation or berries or swam to see if they could find food. These animals are strong swimmers and have been spotted up to 100 km offshore, they can swim at speeds of around 10 km per hour. Both approaches failed, with 19 of the 20 bears in the study losing body mass, by up to 11% in some cases. On average they lost one kilogramme per day.

Contrary to what some people think, polar bears are not grizzly bears wearing white coats. They are very different. Two of the three bears that took to the water found carcasses of dead animals but spent only a short time eating, as they were too tired from their exertions. It shows that these bears can’t eat and swim at the same time.

While previous research has outlined the challenges that climate poses over the decades to come, the new study raises important questions about the species’ ability to adapt.

Other researchers say the impacts of global warming on polar bears differ, depending on location. It is likely polar bears will disappear from areas where sea ice will be lost in future, but it is difficult to say just when and where. Some areas will have good conditions for bears also many decades from now. Western Manitoba where the study was performed is one where conditions may be very difficult for bears within a short time, if sea ice continues to disappear as predicted.

Source : Nature Communications via Yahoo News.

Yukon Quest (Canada) : le réchauffement climatique a raccourci la course ! // Yukon Quest (Canada): global warming shortened the race !

Les mushers de la Yukon Quest n’ont pas célébré leur arrivée à Dawson City cette année. La distance de la course de chiens de traineaux a été réduite de 720 à 400 km, avec le terminus à Pelly Crossing. Le redoux a eu raison du fleuve Yukon qui n’était pas suffisamment gelé pour autoriser le passage des compétiteurs. Les organisateurs de la course ont annulé la majeure partie de la seconde moitié du trajet. La modification du parcours ne donnait plus suffisamment de temps pour mettre en place les arrêts indispensables à la suite de la course.
La décision d’écourter la Yukon Quest cette année a déçu de nombreuses personnes, tant au niveau des organisateurs que des mushers, mais elle n’était pas totalement inattendue. Les attelages avaient été informés de cette possibilité lors de la réunion avant le début de la course.

La hausse des températures affecte actuellement l’ensemble de la planète. Dans l’hémisphère nord, le manque de neige se fait cruellement sentir dans les stations de ski qui tardent, pour beaucoup, à diversifier leurs activités. La seule blancheur dans le paysage est celle des quelques pistes rendues praticables par les enneigeurs. Cette solution trouvera rapidement ses limites avec la hausse des températures. Le déni du réchauffement climatique reste bien présent dans les Alpes.

En Catalogne, la pluie brille par son absence. Des restrictions d’eau ont été imposées à la population. La situation risque d’être très compliquée cet été s ‘il ne pleut pas en abondance d’ici là. La sécheresse persistante a entraîné une réduction drastique du niveau des réservoirs, tombés à 16 % de leur capacité. Ce seuil critique a déclenché l’activation de mesures restrictives en matière de consommation d’eau. Ces restrictions incluent la limitation de la consommation quotidienne à 180 litres par habitant en phase 2, et à 160 litres en phase 3, avec la fermeture des piscines et des douches dans les centres sportifs si les réserves tombent à 5%. La pression de l’eau du robinet a été réduite dans la région, notamment à Barcelone. Cette mesure vise à diminuer la consommation d’eau d’environ 7%.

Dans l’hémisphère sud, la température dépasse parfois les 40°C, en particulier dans le centre du Chili où de gigantesques incendies ont causé la mort d’au moins 122 personnes. Des quartiers d’habitations entiers ont été dévastés, des voitures calcinées et près de 26 000 hectares ont été réduits en cendre.

Photo: C. Grandpey

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Yukon Quest mushers did not celebrate their arrival in Dawson City this year. The distance of the sled dog race has been reduced from 720 to 400 km, with the terminus at Pelly Crossing. The warm weather got the better of the Yukon River, which was not sufficiently frozen to allow the passage of competitors. Race organizers canceled most of the second half of the route. The modification of the route no longer gave enough time to set up the essential dog stops in the second part of the race.
The decision to shorten the Yukon Quest this year disappointed many people, both organizers and mushers, but it was not entirely unexpected. The teams had been informed of this possibility during the meeting before the start of the race.

Rising temperatures are currently affecting the entire planet. In the northern hemisphere, the lack of snow is cruelly felt in ski resorts, many of which are slow to diversify their activities. The only whiteness in the landscape is that of the few ski runs made passable by snowmakers. This solution will quickly find its limits with rising temperatures. Denial of global warming remains very present in the Alps.
In Catalonia;they have not seen rain for a long time. Water restrictions have been imposed on the population. The situation is likely to be very complicated this summer if it does not rain abundantly by then. The persistent drought has led to a drastic reduction in reservoir levels, falling to 16% of their capacity. This critical threshold triggered the activation of restrictive measures regarding water consumption. These restrictions include limiting daily consumption to 180 liters per capita in phase 2, and to 160 liters in phase 3, with the closure of swimming pools and showers in sports centers if reserves fall to 5%. Tap water pressure has been reduced in the region, notably in Barcelona. This measure aims to reduce water consumption by around 7%.
In the southern hemisphere, temperatures sometimes exceed 40°C, particularly in central Chile where huge wildfires have caused the death of at least 122 people. Entire residential areas were devastated, cars burned and nearly 26,000 hectares were reduced to ashes.

Incendies zombies dans l’Arctique // Zombie wildfires in the Arctic

Dans une note publiée le 21 mai 2020, j’expliquais que les incendies observés dans l’Arctique pendant l’été 2019 avaient survécu à l’hiver sous la forme de « feux zombies ». Ces incendies ont repris en mai, alors que la neige était encore en train de fondre. Les incendies dans l’Arctique contribuent à la fonte du permafrost et envoient d’importantes quantités de carbone dans l’atmosphère, aggravant ainsi le réchauffement climatique, lui-même responsable de ces incendies.
Pour la plupart des gens, les incendies de forêt se résument à des flammes gigantesques qui dévorent les arbres et la végétation qui les entoure. Les incendies zombies, en revanche, ne s’enflamment pas mais brûlent plus lentement ; ils ont tendance à pénétrer profondément dans le sol et à se propager latéralement.Au final, ces incendies quasiment invisibles sont moins accessibles et nécessitent d’être déterrés et arrosés à grande eau. Les feux zombies produisent aussi plus de fumée en raison de leur température de combustion plus basse. Les particules ultrafines contenues dans la fumée sont particulièrement nocives pour les systèmes respiratoire et cardiovasculaire et peuvent être transportées très loin par le vent.

Les incendies qui couvent dans le sous-sol peuvent durer des mois, voire des années. On a constaté qu’ils « hivernent » pendant la saison froide pour réapparaître pendant la saison chaude et sèche. Au cours de la saison des incendies 2019-2020 en Sibérie, les incendies zombies ont été accusés d’avoir repris l’année suivante.
Certains incendies zombies peuvent devenir si vastes qu’ils libèrent des panaches de fumée affectant de vastes régions géographiques. En 1997, des incendies de tourbe en Indonésie ont généré des panaches de fumée qui sont devenus une menace pour toute l’Asie du Sud-Est et certaines parties de l’Australie, avec à la clé une augmentation des émissions de carbone. Ils ont été déclenchés par les activités de culture sur brûlis et amplifiés par les conditions de sécheresse lors d’un puissant épisode El Niño.
Comme indiqué plus haut, les incendies zombies sont plus difficiles à maîtriser et à éteindre pour les pompiers, ils demandent donc plus de ressources pendant de plus longues périodes. Les pompiers de l’Alberta, au Canada, où les tourbières riches en carbone sont courantes, ont été confrontés à des incendies zombies de plusieurs mètres de profondeur en 2023. Les incendies de tourbe peuvent rendre le sol instable et l’utilisation d’équipement lourd pour parcourir les zones d’incendie peut être dangereuse.

Sur tous les incendies de tourbe arctique recensés au cours des 40 dernières années, 70% se sont produits pendant les huit dernières années. 30 % de cette superficie a brûlé pendant la seule année 2020, ce qui montre l’accélération du phénomène.
Source : Yaloo Actualités.

 

Image satellite montrant le réveil d’un incendie qui avait couvé dans le sous-sol arctique pendant tout l’hiver (Source : Copernicus)

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In a post published on May 21st, 2020, I explained that Arctic fires observed in the summer of 2019 survived the winter in the form of « zombie fires ». These fires started again in May, while the snow was still melting. Arctic fires are contributing to the melting of permafrost and sending large amounts of carbon into the atmosphere, thereby exacerbating global warming, which is itself responsible for these fires.

Most people picture wildfires as catastrophic flames consuming trees and grasses. Ground fires, on the other hand, do not flame but burn more slowly and have the tendency to spread deep into the ground and spread laterally. The result is that ground-smoldering fires are not only less visible, but they are also less accessible and require digging up and dousing with lots of water. These smoldering fires also produce more smoke because of their lower temperature of combustion. Ultra-fine particles in smoke are particularly harmful to the respiratory and cardiovascular systems and can be carried far and wide by winds. Smoldering ground fires can burn for months and sometimes years. They have been shown to “overwinter,” persisting through the cold season to reemerge in the warm, dry season. During the 2019-2020 fire season in Siberia, zombie fires were blamed for rekindling fires the following year.

Some of these ground fires can become so massive that they release smoke plumes that cover vast geographical regions. In 1997, peat fires in Indonesia sent dangerous levels of smoke across Southeast Asia and parts of Australia and increased carbon emissions. They were ignited by slash-and-burn activities and amplified by drought conditions during a severe El Niño event.

Soil fires that spread underground are harder for firefighters to tame and extinguish, thus demanding more resources for longer periods of time. Firefighters in Alberta, Canada, where carbon-rich peatlands are common, have been dealing with fires smoldering to depths of several meters underground in 2023. Because peat fires can make the ground unstable, using heavy equipment to excavate the fire areas also becomes risky.

About 70% of recorded area of Arctic peat affected by burning over the past 40 years occurred in the last eight years, and 30% of it was in 2020 alone, showing the acceleration.

Source : Yaloo News.