Nouveaux records de température en Alaska // New record-high temperatures in Alaska

Les services météorologiques de l’Alaska indiquent qu’un système de hautes pressions établi dans le sud-est de l’Alaska a permis d’enregistrer de nouveaux records de température le samedi 5 août 2017.
Ainsi, à Skagway le mercure a atteint 33,8°C, la plus haute température jamais enregistrée dans cette ville qui se trouve juste à l’ouest de la frontière canadienne. Le minimum ce même jour a été de 12,7 ° C. La température moyenne en août à Skagway est de 23,3°C. Le record précédent était de 33,3°C. Le record précédent pour un 5 août était de 26,6°C.
Des records de 31,1°C, 30,5°C et 30°C ont également été établis le 5 août à Haines, Hyder et Annette Island.
L’aéroport de Juneau et la vallée de Mendenhall ont enregistré une température record de 27,2°C. De telles températures vont sans aucun doute accélérer la fonte du glacier Mendenhall.

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La ville de Skagway a joué un rôle stratégique majeur dans les années 1880 au moment de la Ruée vers l’Or, surtout après la découverte d’importants dépôts le long de la rivière Klondike. Les articles de journaux relatant la découverte de l’or engendrèrent une hystérie collective et beaucoup quittèrent leurs emplois pour partir vers le Klondike en tant que prospecteurs.

La plupart rejoignirent les champs aurifères par les ports de Dyea et de Skagway, avant de franchir la chaîne côtière par le White Pass et le Chilkoot Pass et de descendre les cours d’eau jusqu’au Klondike.

Le gouvernement canadien imposa à chaque prospecteur d’emporter de quoi manger pendant un an et la plupart transportaient seuls leur équipement dont le total atteignait fréquemment la tonne. Le terrain montagneux et le climat glacial firent que ceux qui n’abandonnèrent pas ou ne périrent pas durant le voyage n’arrivèrent qu’à l’été 1898. Une fois sur place, les meilleures concessions avaient été prises et beaucoup quittèrent la région.

Les dépôts d’or étaient riches mais inégalement répartis et leur extraction était rendue difficile par le pergélisol qui ne fondait pas à cette époque. Des villes champignons poussèrent le long des pistes menant à Dawson City fondée au confluent de la rivière Klondike avec le fleuve Yukon à proximité du lieu de la première découverte. La population de la ville passa de 500 habitants en 1896 à 30 000 à l’été 1898. Aujourd’hui, elle ne compte que 1300 âmes. On en recense environ 800 à Skagway, mais beaucoup plus lorsque les bateaux de croisière y font escale. Il est très intéressant de visiter la région où l’on trouve de nombreuses traces de la Ruée vers l’Or. Le trajet en train le long du White Pass est extraordinaire et la visite des cimetières met en évidence la rudesse de la vie au cours des années 1890.

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The National Weather Service indicates that a high-pressure system in Southeast Alaska broke or tied many high temperature records on Saturday, August 5th, 2017.

Skagway set an all-time record high temperature of 33.8°C. The town, which lies just west of the Canadian border, saw a low of 12.7°C on the same day; its average temperature in August is 23.3°C. Skagway’s previous record was 33.3°C. The previous daily high record for August 5th was 26.6°C.

Daily records of 31.1°C, 30.5°C and 30°C were set in Haines, Hyder and Annette Island, respectively.

The Juneau International Airport and the Mendenhall Valley recorded a daily record of 27.2°C. Such high temperatures will no doubt accelerate the melting of the Mendenhall Glacier.

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 Skagway played a major strategic role in the 1880s at the time of the Gold Rush, especially after the discovery of important deposits along the Klondike River. Newspaper articles about the discovery of gold led to a collective hysteria and many left their jobs to go to the Klondike as prospectors.
Most joined the gold fields through the ports of Dyea and Skagway before crossing the coastal mountain range through the White Pass and Chilkoot Pass and down the streams to the Klondike.
The Government of Canada compelled each prospector to carry food for one year, and most prospectors carried their own equipment which frequently weighed a tonne. Because of thehe mountainous terrain and the very cold climate, those who did not abandon or perish during the journey arrived in the summer of 1898. The best claims were oalradu occupied and many left the region.
The gold deposits were rich but unevenly distributed and their extraction was made difficult by the permafrost which was not melting at that time. Mushroom towns grew along the trails leading to Dawson City founded at the confluence of the Klondike River with the Yukon River near the site of the first discovery. The population of the city rose from 500 inhabitants in 1896 to 30 000 in the summer of 1898. Today it has a population of 1300. There are about 800 inhabitants in Skagway, but many more when cruise ships stop there. It is very interesting to visit the region where there are many traces of the Gold Rush. The train ride along the White Pass is extraordinary and the visit to the cemeteries highlights the harshness of life in the 1890s.

Le site de Dyea a été abandonné par les prospecteurs….

L’ascension du White Pass et du Chilkoot Pass était très difficile et périlleuse….

Tous ne sont pas arrivés à destination, victimes du froid, d’avalanches …ou d’autres prospecteurs…

Aujourd’hui, Skagway attire surtout les touristes…

Le train fait escalader le White Pass plus facilement qu’autrefois….

Dawson City accueille toujours des prospecteurs espérant faire fortune…

L’or est omniprésent dans la région….

Les récits de Jack London occupent tous les esprits…

Photos: C. Grandpey

Le réchauffement climatique change le cours d’une rivière! // Climate change reroutes a river!

Quand on roule sur l’Alaska Highway entre Fairbanks en Alaska et Whitehorse au Canada, on longe pendant longtemps le lac Kluane dans la partie sud-ouest du Territoire du Yukon. C’est le plus grand lac du Yukon avec une superficie de 408 km2 et une longueur de 81 km. Quand j’ai longé le lac en septembre 2016, j’ai remarqué que son niveau avait fortement baissé, en particulier dans sa partie sud-est. Là où j’avais pris de belles photos des eaux turquoise lors de mes précédents voyages en 2009 et 2013, il n’y avait qu’une zone de terre asséchée. Je me suis demandé quelle pouvait être la cause de ce manque d’eau. J’ai pensé que ce pouvait être une conséquence du réchauffement climatique qui affecte en ce moment l’Alaska et le Yukon. Je viens de trouver la réponse à ma question en lisant un article du Washington Post.
Une équipe de scientifiques de six universités canadiennes et américaines a constaté que vers le milieu de l’année 2016, la fonte et le recul du très grand glacier de Kaskawulsh, dans le Parc National de Kluane sur le Territoire du Yukon, a entraîné le transfert de la Slims River, née de l’eau de fonte qui s’en échappe, vers un autre bassin fluvial, celui de la Kaskawulsh River. Cette profonde modification a coupé l’alimentation en eau du Lac Kluane en aval et envoyé l’eau du glacier vers l’Océan Pacifique au sud de l’Alaska, et non plus vers la Mer de Béring comme cela se faisait auparavant. L’étude a été publiée dans ta revue Nature Geoscience. Les chercheurs ont qualifié ce détournement de « piratage » d’une rivière par une autre. Ils ont fait remarquer que de tels événements se sont déjà produits à plusieurs reprises dans le passé géologique de la Terre, mais jamais avec une telle rapidité.
L’étude a révélé que la rivière Slims, alimentée par le glacier de Kaskawulsh, avait connu une forte chute de son débit à cause du recul de ce dernier. Le « piratage » prive désormais le Lac Kluane de son alimentation en eau. Le lac était à son niveau le plus bas en août 2016, et deux petites localités – Burwash Landing et Destruction Bay – qui vivent sur les berges du lac devront s’adapter à la baisse de son niveau qui devrait continuer. Cela aura inévitablement des conséquences sur la chimie de l’eau, la structure du lac, la biologie. Il existe une colonie de mouflons de Dall sur le flanc sud-est du lac. Il est fort probable que les animaux migreront s’ils ne trouvent plus l’eau nécessaire à leur survie. Ils risqueront alors de se trouver hors du Parc National, dans des secteurs où la chasse est autorisée.

Cet événement s’est produit dans une région sauvage relativement peu peuplée, et il n’y aura donc pas, pour l’instant, de conséquences majeures pour la population locale qui vit du passage sur l’Alaska Highway et des activités nautiques sur le lac. Dans d’autres régions du monde comme la Cordillère des Andes, les conséquences d’un tel phénomène peuvent être dramatiques. Comme je l’indique au cours de mes conférences, la fonte des glaciers péruviens privera les villages d’eau pour la vie de tous les jours, pour l’irrigation des cultures et pour la production d’électricité. Au final, les populations de ces montagnes devront se déplacer vers d’autres lieux, peut-être vers Lima, la capitale qui, elle aussi, dépend des glaciers pour son alimentation en eau.
Le glacier de Kaskawulsh, à 60 degrés de latitude nord, se trouve dans une région relativement tempérée bien au-dessous du cercle polaire arctique, ce qui le rend particulièrement sensible aux changements climatiques. Les chercheurs ont effectué des mesures qui montrent qu’avant le changement du cours de la rivière, le glacier connaissait des températures élevées au printemps, ce qui semble avoir provoqué un excès d’eau de fonte et son recul.
Les chercheurs pensent que le glacier et son système fluvial ne connaîtront pas un retour en arrière. Le changement géographique est définitif.

Source: The Washington Post.

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Driving along the Alaska Highway from Fairbanks in Alaska to Whitehorse on Canada, you pass along Kluane Lake in the southwest area of the Yukon Territory. It is the largest lake contained entirely within Yukon at approximately 408 km2, and 81 km long. When I drove along the lake in September 2016, I noticed that its level had dropped, especially in its south-eastern part, a place where I took nice photos of the turquoise waters during my previous trips in 2009 and 2013. I wondered what the cause of this lack of water could be. I thought it might be a consequence of global warming which affects both Alaska and the Yukon. I have just found the cause of the phenomenon while reading an article in the Washington Post.

A team of scientists from six Canadian and U.S. universities found that in mid-2016, the retreat of the very large Kaskawulsh Glacier in Kluane National Park in Canada’s Yukon Territory led to the rerouting of its vast stream of meltwater from one river system to another, cutting down flow to the Yukon’s Kluane lake, and channelling freshwater to the Pacific Ocean south of Alaska, rather than to the Bering Sea. The study was published in Nature Geoscience. The researchers dubbed the reorganization an act of “rapid river piracy,” saying that such events had often occurred in the Earth’s geologic past, but never before, to their knowledge, as a sudden present-day event.

The study found that the Slims River lost much of its flow because of the retreat of the Kaskawulsh Glacier. In turn, it deprived Kluane Lake. The lake level was at a record low in August 2016, and two small communities – Burwash Landing and Destruction Bay – that live on the lake may now have to adjust to the lower water levels. The Kluane lake level dropped last year and is likely to continue dropping. That will have changes to the chemistry, the structure of the lake, the biology.

These events have occurred in a relatively sparsely populated wilderness area, and so will not have ramifications for large human populations, but they give a sense of just how dramatic and sudden climate-linked changes can be. Similarly, recently mountain glacier changes in the Bolivian Andes have created the risk of dangerous outburst floods that could imperil communities below them. As I indicate in my conferences, the melting of Peruvian glaciers will deprive the villages of water to drink and to irrigate and electricity, so that people will have to move to other places.

 The Kaskawulsh glacier, at only 60 degrees north latitude, is in a relatively temperate region well below the Arctic Circle, helping to make it particularly susceptible to climate change. The researchers provided measurements suggesting that just before the river reorganization, the glacier was experiencing quite warm temperatures for the springtime, which seems to have triggered a large burst of meltwater.

The researchers do not expect the glacier and the river system that depends on it to flip back; rather, it has entered a new state.

Source: The Washington Post.

 

Vue du Kaskawulsh Glacier et de la nouvelle trajectoire empruntée par l’eau de fonte (Source : Yukon Government – Energy, Mines and Resources)

Vue du Lac Kluane depuis Destruction Bay. (Photo: C. Grandpey)

Vues de la partie sud-est du Lac Kluane en 2013 et en 2016. En 2016, elle était complètement asséchée.

Mouflons de Dall sur les pentes au-dessus du lac Kluane.

(Photos: C. Grandpey)

La Ruée vers l’Or en Alaska et dans le Yukon

Mon amour de l’Alaska et de l’Arctique en général n’est un secret pour personne. Chaque fois que je visite ces contrées, je ressens un bien-être profond, au moins aussi grand que sur les volcans qui restent  toutefois mon terrain de chasse favori. Que ce soit en Alaska ou dans le Yukon, j’apprécie le contact avec la Nature vierge, sa richesse et sa diversité. J’aime côtoyer les glaciers, la faune, la population éparse riche en anecdotes, sans oublier les volcans qui se manifestent souvent dans ces terres qui subissent souvent les frémissements de notre planète.

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J’aime aussi ces terres jeunes parce qu’elles possèdent une histoire déjà riche, avec comme point d’orgue la Ruée vers l’Or. Cette époque de folie attira en Alaska et dans le Yukon quelque 100 000 prospecteurs, surtout dans la région du Klondike, entre 1896 et 1899. L’or y fut découvert pour la première fois le 16 août 1896 et lorsque la nouvelle parvint à San Francisco l’année suivante, elle provoqua la ruée que l’on sait.

Atteindre les terres aurifères n’était pas une mince affaire. Il fallait traverser des contrées parfois difficiles d’accès et un relief souvent hostile. Le climat froid n’arrangeait rien et, conjugué aux lourdes charges à transporter, il ruina souvent les espoirs de nombreux hommes qui perdirent la vie en chemin. La visite des cimetières donne énormément de renseignements sur la rudesse de la vie à cette époque.

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Environ 4 000 prospecteurs trouvèrent de l’or. La ruée se termina en 1899 lorsque le précieux métal fut découvert à Nome en Alaska et beaucoup quittèrent alors le Klondike. La ruée a été immortalisée par des livres comme L’Appel de la forêt de Jack London et des films tels que La Ruée vers l’or de Charlie Chaplin.

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Des noms comme Skagway, Dyea, Chilkoot Pass, White Pass ou Dawson City ont toujours été associés à la Ruée vers l’Or dans mon esprit et j’avais hâte de visiter ces sites, même si leur aspect au 21ème siècle n’a plus rien à voir avec leur apparence à la fin du 19ème siècle. Il n’empêche que l’on imagine très vite l’ambiance qui prévalait dans ces lieux et les récits de Jack London ou Jules Verne refont très rapidement surface. Emprunter le train qui escalade le White Pass est un moment de pure magie.

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Les dépôts d’or étaient riches mais inégalement répartis et leur extraction était rendue difficile par le pergélisol. Certains mineurs amassèrent des fortunes en achetant et en vendant des concessions minières et en laissant les autres travailler pour eux. Des villes champignons poussèrent le long des pistes menant à Dawson City, fondée au confluent de la rivière Klondike avec le fleuve Yukon à proximité du lieu de la première découverte.

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La population de Dawson passa de 500 habitants en 1896 à 30 000 à l’été 1898. La ville ne compte plus que 1320 habitants aujourd’hui.

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En parcourant le lit de la Bonanza River, on découvre les traces des anciennes concessions. La recherche de l’or continue de nos jours mais avec des moyens beaucoup plus puissants, même si de petits prospecteurs individuels grattent encore le lit et les abords de la rivière dans l’espoir de trouver LA pépite synonyme de fortune… .

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Lors du passage de la Yukon Quest, la célèbre course de chiens de traîneaux, la ville retrouve son ambiance d’antan. Lorsque j’ai quitté Dawson City un jour de septembre 2013, il commençait à neiger. Le Yukon n’allait pas tarder à être pris par les glaces, mais la vie continuerait…

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Photos: C. Grandpey

 

Courses de traîneaux en Alaska et dans le Yukon

Février-mars en Alaska et dans le Yukon, c’est l’époque des courses de traîneaux. Pourtant, cette année, les conditions météo viennent perturber leur déroulement. L’Iditarod qui, normalement, établit un lien entre Willow (à côté d’Anchorage) et Nome (sur la côte ouest de l’Alaska) vient de voir son départ du 7 mars transféré à Fairbanks pour cause de manque de neige. C’est la deuxième fois en 43 ans qu’un tel événement se produit.

Dans le même temps, la Yukon Quest qui conduit en ce moment les mushers de Whitehorse à Fairbanks sur un parcours de 1600 kilomètres est soumise à des températures extrêmes, avec le thermomètre qui flirte en permanence avec les -40°C. On déplore plusieurs abandons – même parmi les concurrents les plus aguerris – et plusieurs attelages n’ont plus les 14 chiens du départ. La France est représentée par Nicolas Vanier qui a été contraint de laisser au repos cinq de ses chiens à l’occasion de l’étape à Pelly Crossing, un endroit superbe sur la Klondike Highway. Il va bientôt (dans quelque 280 km!) arriver à Dawson City, point milieu de la course. Dawson a connu une gloire incroyable au moment de la ruée vers l’or. C’est en souvenir de cette époque que le premier concurrent qui arrive à Dawson reçoit 4 onces (environ 120 grammes) de ce métal précieux.

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Attelage et parcours de la Yukon Quest (Source: Wikipedia).

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Dawson City, un village au milieu de nulle part  (Photo:  C. Grandpey)

La mort au coin du bois (Yukon / Canada)

Pour clôturer mon périple en Alaska et au Yukon, j’aimerais vous raconter une histoire vraie assez extraordinaire. Elle se passe à l’automne 1968, époque des amours chez les cervidés, les élans en particulier. Comme toujours dans ce cas, les mâles s’affrontent pour obtenir les faveurs des femelles. Les combats sont parfois extrêmement violents.
Au cours de l’automne 1968, un pilote d’hélicoptère survolait en compagnie d’un ami Lake Creek, petite rivière du Yukon, au sud de Stewart Crossing, sur la route du Klondike. Après quelques dizaines de minutes de vol, les deux hommes aperçurent deux élans en train de se battre. C’est du moins la première impression qu’ils eurent en contemplant la scène en dessous de l’appareil. En y regardant mieux, ils s’aperçurent que les deux élans ne bougeaient pas! Très étrange pour des animaux censés se battre! En fait, l’affrontement avait été si sévère que leurs bois s’étaient entremêlés et bloqués et qu’il leur avait été impossible de se séparer. Paralysés dans cette position, ils étaient voués à une mort certaine car ils ne pouvaient plus toucher le sol avec leurs museaux. Il ne pouvaient donc ni manger, ni boire. De plus, ils n’avaient plus aucun moyen de se défendre mis à part leurs sabots. Les loups et les ours étant nombreux dans la région, leur sort était scellé d’avance.
Le jour de la découverte de la scène, le pilote d’hélicoptère et son ami n’eurent pas le temps de se poser pour accéder au lieu du drame. Ils repérèrent l’endroit avec précision, se promettant de revenir prochainement. Malheureusement, l’hiver, la neige et le froid arrivèrent trop vite et ils durent attendre le printemps de l’année suivante pour effectuer leur visite. Là où les deux élans étaient immobilisés dans la position de combat, ils ne découvrirent que quelques os et les bois des deux cervidés, toujours entremêlés. Ils les  transportèrent soigneusement jusqu’à Whitehorse, la capitale du Yukon, où ils sont aujourd’hui exposés dans le hall du Riverside Hotel. Leur poids est estimé à une trentaine de kilos chacun, en sachant qu’ils étaient plus lourds du vivant des élans car ils se sont desséchés par la suite. Leur envergure est d’environ 1,60 mètre.

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Les bois emmêlés des deux élans au Riverside Hotel de Whitehorse

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Il n’est pas rare d’observer des élans femelles en Alaska et dans le Yukon. Les mâles sont beaucoup plus difficiles à approcher. Par crainte des chasseurs, ils se cachent dans des lieux reculés.

(Photos:  C.  Grandpey)

Bons baisers d’Alaska (7) // From Alaska with love (7)

Dawson City (Dawson pour les intimes) n’est que l’ombre de ce que la ville était au moment de la Ruée vers l’Or. En la parcourant aujourd’hui au mois de septembre, il est difficile d’imaginer l’heure de gloire de cette bourgade perdue au confluent du Klondike et du Yukon! Comme à Skagway, les habitations ont été restaurées ou construites ‘à l’ancienne’ pour le bonheur des touristes.
Pourtant, aujourd’hui encore, plusieurs prospecteurs détiennent des concessions sur les rivières de la région. L’exploitation a bien sûr évolué et est fortement mécanisée. Le « gold panning » fait partie du folklore local, même si, avec un peu de chance, on arrive à récolter quelques poussières ou paillettes. Comme à Skagway et tout le long du parcours entre Dyea et Dawson, il faut avoir en tête les récits qui racontent la vie et les épreuves rencontrées par les chercheurs d’or. En y regardant bien, on peut encore voir le long de la route entre Whitehorse et Dawson des « log cabins » datant de la fin du 19ème siècle. Le buste de Jack London trône dans une rue de Whitehorse et son « Appel de la Forêt » (« The Call of the Wild » en V.O.) constitue un témoignage précieux de cette époque héroïque. L’angliciste que je suis éprouve au moins autant d’admiration pour la Ruée vers l’Or que pour la Conquête de l’Ouest et l’avancée de la « Frontière ». Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’Alaska a été surnommée « la Dernière Frontière »!

TVB

Yukon

Le Yukon, épine dorsale de la Ruée vers l’Or

Cabanes

Log cabins à Carmacks

Dawson City

Dawson City aujourd’hui

(Photos:  C.  Grandpey)

Bons baisers d’Alaska (6) // From Alaska with love (6)

Après l’Alaska, me voici dans le Yukon, sur les traces des chercheurs d’or. Après une traversée en bateau entre Haines et Skagway, je me suis rendu à Dyea, haut lieu de rassemblement des courageux qui entreprenaient la ruée vers l’or et s’apprêtaient à affronter le redoutable Chilkoot Pass. A la fin du 19ème siècle, Dyea comptait plusieurs milliers d’habitants. Aujourd’hui, les seules traces de la vie ici sont les pilotis qui supportaient le quai où arrivaient marchandises et équipements. Beaucoup d’hommes sont arrivées à Dyea mais ne sont pas allés plus loin, comme on peut s’en rendre compte en visitant les cimetières. Le plus émouvant est le « Slide Cemetery » près de Dyea où plusieurs dizaines d’hommes ont été emportés par une avalanche le 3 avril 1898.

Ma route va se poursuivre vers le nord, en empruntant le train pour franchir le White Pass, puis la voiture,  avec terminus à Dawson City, là où tous espéraient s’enrichir rapidement….

TVB.

Dyea

Dyea aujourd’hui…

Slide

Le Slide Cemetery

(Photos: C.  Grandpey)