Volcans en éruption // Erupting volcanoes

Aujourd’hui, avec Internet, les nouvelles se propagent à la vitesse de la lumière. Les gens sont informés dès qu’un volcan entre en éruption. Cela peut donner l’impression que plus d’éruptions se produisent sur Terre que par le passé. Cependant, ce n’est pas le cas.
En règle générale, au cours d’une année donnée, 40 à 50 volcans entrent en éruption, soit un peu moins de 10% des volcans actifs de la planète.
Le 17 mars 2022, le Global Volcanism Report (GVP) de la Smithsonian Institution faisait état de 48 volcans en éruption.
De nombreux volcans de cette liste sont en éruption récurrente depuis des années, des décennies, voire des siècles. Ainsi, le Yasur (Vanuatu), est en éruption intermittente depuis au moins l’année 1774.
On pense que le Stromboli (Italie) est en éruption quasiment continue depuis dix fois plus longtemps, si l’on se réfère aux archives romaines.
Le dernier volcan à avoir rejoint la liste est le Wolf dans les îles Galapagos (Equateur). Il est entré en éruption le 6 janvier 2022, avec une fracture de 8 km de long qui a émis des coulées de lave sur environ 18,5 km sur ses flancs. Selon l’Instituto Geofísico, l’éruption a cessé le 5 mai 2022. Le Wolf quittera peut-être la liste des volcans en éruption, à moins que l’activité reprenne ou qu’une autre éruption commence dans les deux prochains mois.
La répartition des volcans en éruption par continent montre à quel point ils sont disséminés sur Terre : 1 en Antarctique, 2 en Europe, 4 en Afrique, 4 en Amérique du Nord, 6 en Asie (dont 3 au Kamtchatka, Russie), 7 en Amérique centrale, 7 en Amérique du Sud et 17 en Océanie.
Il n’est pas surprenant que l’Océanie domine la liste des endroits sur Terre avec des volcans en éruption ; en effet, une grande partie de la région se trouve sur la « Ceinture de Feu » du Pacifique.
Parmi les volcans en éruption les mieux connus sur la liste, on notera l’Erebus (Antarctique) et l’Erta Ale (Éthiopie). L’Erebus, l’Erta Ale et le Kilauea (Hawwai) hébergent des lacs de lave permanents.
Les volcans moins connus de la liste comprennent le Dukono (Indonésie), le Telica (Nicaragua) et le Suwanosejima (Japon). Le Dukono se dresse sur l’île de Halmahera et est en éruption sporadique depuis 1933. Le Telica est en éruption intermittente depuis avril 2021 tandis que le Suwanosejima se manifeste depuis octobre 2004.
Quatre volcans aux États-Unis figurent sur la liste de la Smithsonian Institution. Ce sont le Kilauea (Hawaï) et trois volcans en Alaska : le Pavlof, sur la péninsule de l’Alaska, est sur la liste depuis août 2021 ; le Great Sitkin, dans les îles Aléoutiennes, depuis mai 2021, et le Semisopochnoi, également dans les îles Aléoutiennes, depuis février 2021.
Tous les volcans mentionnés ci-dessus sont sur la terre ferme, mais dautres volcans se cachent dans les profondeurs de l’océan où ils entrent en éruption sans être détectés. Bien qu’ils représentent 75% de la production de magma sur Terre, les volcans de la dorsale médio-océanique sont encore mal compris et ils entrent généralement en éruption de manière invisible.
L’Islande, située sur la dorsale médio-atlantique, offre une fenêtre sur ce monde sous-marin. La récente éruption du Fagradalsfjall, de mars à septembre 2021, est un exemple spectaculaire de volcanisme de dorsale médio-océanique. C’est l’une des rares fois où un volcan de dorsale médio-océanique a figuré sur la liste de la Smithsonian Institution.

Cette note est inspirée d’un article Volcano Watch publié par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO).

NDLR : S’agissant des volcans sous-marins, on se doit de rappeler l’éruption du Hunga-Tonga-Hunga-Ha’apai (Tonga), l’une des plus puissantes des dernières décennies.

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Today, with the Internet, news spreads at the speed of light. People are informed as soon as a volcano starts erupting. This may give the impression that more eruptions are occuring on Earth than in the past. However, this is not the case.

Typically, in a given year, 40–50 volcanoes erupt, or a bit less than 10% of the world’s active volcanoes.

As of March 17th, 2022, the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Report (GVP) reported 48 volcanoes in an erupting status.

Many of the volcanoes in this list have been erupting recurrently for years to decades to even centuries. Yasur (Vanuatu), has been erupting intermittently since at least the year 1774.

Stromboli (Italy) is thought to have been erupting semi-continuously for ten times as long according to Roman records!

The volcano to join the list most recently is Wolf in the Galapagos Islands (Ecuador). It began erupting on January 6th, 2022, with an 8-km-long fissure sending lava flows about 18.5 km down its flanks. THe Instituto Geofísico has reported that the eruption ceased on May 5th, 2022. Wolf may not be long on the list of erupting volcanoes, unless the eruption resumes or another eruption begins within the next two months.

Breaking the list of erupting volcanoes down by continent demonstrates how variable in location they are on Earth: 1 in Antarctica, 2 in Europe, 4 in Africa, 4 in North America, 6 in Asia (including 3 in Kamchatka, Russia), 7 in Central America, 7 in South America, and 17 in Oceania.

It is no surprise that Oceania should dominate the list of locations on Earth with erupting volcanoes; indeed, much of the region lies within the Pacific “Ring of Fire

Well-known volcanoes on the list of erupting volcanoes include Erebus (Antarctica) and Erta Ale (Ethiopia). Erebus, Erta Ale, and Kilauea (Hawwai) are known to host persistent lava lakes.

Lesser-known volcanoes on the list include Dukono (Indonesia), Telica (Nicaragua), and Suwanosejima (Japan). Dukono occupies the remote island of Halmahera and has been erupting sporadically since 1933. Telica has been erupting intermittently since April 2021 whereas Suwanosejima has been doing so since October 2004.

Four volcanoes in the United States make the GVP list of volcanoes in an erupting status, including Kilauea (Hawaii) and three volcanoes in Alaska: Pavlof, on the Alaska Peninsula, has been on the list since August 2021; Great Sitkin, in the Aleutian Islands, since May 2021, and Semisopochnoi, in the Aleutian Islands too, since February 2021.

All the volcanoes mentioned so far are on land, but hidden deep beneath the ocean surface are volcanoes that erupt undetected. Though they account for 75% of Earth’s magma production, mid-ocean ridge volcanoes are poorly understood and usually erupt unseen.

Iceland, where the Mid-Atlantic Ridge comes to the surface, offers us a window into this submarine world. The recent eruption of Fagradalsfjall, from March–September 2021, was a spectacular example of mid-ocean ridge volcanism and one of the rare times when a mid-ocean ridge volcano made the GVP list.

This post is adapted from a Volcano Watch article published by the USGS Hawaiian Volcano Observatory (HVO).

Editor’s note: With regard to submarine volcanoes, one should remembert remember the eruption of Hunga-Tonga-Hunga-Ha’apai (Tonga), one of the most powerful in recent decades.

L’éruption de Fagradalsfjall (Islande) a marqué l’année 2021 (capture écran webcam)

Effondrement dans le lac Powell (Etats Unis) // Rock collapse in Lake Powell (United States)

La vidéo d’un effondrement spectaculaire dans le lac Powell (Arizona & Utah) a été diffusée sur Internet il y a quelques jours :
https://youtu.be/vxmBiNpzQ9A
Dans la vidéo, on peut voir une partie de la falaise se détacher et s’écrouler dans le lac. Des effondrements semblables se sont déjà produits sur le lac Powell, mais la sécheresse sévère qui affecte actuellement l’Ouest des Etats Unis risque de les rendre plus fréquents. En effet, la sécheresse a fait descendre le niveau d’eau du lac à son point le plus bas jamais enregistré. Dans de telles conditions, la roche s’est affaiblie après avoir été exposée aux éléments pendant si longtemps.
Heureusement, personne n’a été blessé par l’effondrement, mais l’événement est lié indirectement au réchauffement climatique. Plus important encore, la pénurie d’eau dans des réserves comme le lac Powell et le lac Mead pourrait avoir très bientôt des conséquences désastreuses sur l’agriculture et l’approvisionnement en eau des localités de la région.
Source : médias d’information américains.

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The video of a dramatic rockslide in Lake Powell (Arizona & Utah) was released on the Internet a few days ago :

https://youtu.be/vxmBiNpzQ9A

In the video, one can see a large portion of the cliff detached from the rest. Similar collapses have already occurred at Lake Powell, but the severe drought that is cutrrently affecting the West is likely to make them more frequent. Indeed, the drought has brought the lake’s water level to its lowest point ever. As such, the rock has become weakened after being exposed to the elements for so long.

Thankfully nobody was injured by the rockslide, but the event shows another side event of global warming. More important, the shortage of water in reserves like Lake Powell and Lake Mead might have very soon disastrous consequences on the agriculture and the water supply to communities in the region.

Source: US news media.

Photos: C. Grandpey

Nouvelles du Sabancaya (Pérou) // News of Sabancaya Volcano (Peru)

L’Institut de Géophysique du Pérou (IGP) vient de me faire parvenir son dernier rapport sur le Sabancaya. On peut lire que l’activité éruptive reste à des niveaux modérés, avec en moyenne 42 explosions quotidiennes depuis le mois d’avril 2022 et une importante émission de cendres et de gaz. Les panaches montent souvent à 3500m au-dessus du sommet du volcan, avant de s’étirer sur toute la vallée de Colca, jusqu’à 30 km de distance.

Au cours des mois d’avril et de mai 2022, un important apport de magma a été observé à la surface, ce qui a provoqué la croissance d’un dôme préexistant dans le cratère. Les scientifiques pensent que ce dôme de lave peut donner naissance dans les prochains jours ou semaines à deux scénarios : 1) poursuite de l’activité explosive à son niveau habituel et ; 2) légère augmentation de l’activité explosive due à la surpression du système magmatique.

Dans la conclusion de son rapport, l’IGP écrit qu’en raison de la croissance du dôme de lave dans le cratère du Sabancaya, il est recommandé aux autorités de maintenir le niveau d’alerte volcanique de couleur Orange et adopter des mesures sanitaires préventives contre les retombées de cendres. Il est aussi recommandé de pas s’approcher à moins de 12 km du cratère. Toute approche ou ascension du volcan est à très haut risque. En cas de retombées de cendres, la population doit éviter tout contact avec ce matériau, se couvrir le nez et la bouche avec des chiffons humides ou des masques. Il est aussi conseillé de garder les portes et les fenêtres des maisons fermées.
Source: IGP.

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The Geophysical Institute of Peru (IGP) has just sent me its latest report on Sabancaya. One can read that the eruptive activity remains at moderate levels, with an average of 42 daily explosions since April 2022 and significant ash and gas emissions. The plumes often rise to 3500m above the summit of the volcano, before drifting over the entire Colca Valley, as far as 30 km.
During the months of April and May 2022, a significant ascent of magma was observed on the surface, which caused the growth of a pre-existing dome in the crater. Scientists think that this lava dome can lead in the next days or weeks to two scenarios: 1) continuation of the explosive activity at its usual level and; 2) slight increase in explosive activity due to the overpressure of the magmatic system.
In the conclusion of its report, IGP writes that due to the growth of the lava dome in the Sabancaya crater, authorities should maintain the volcanic alert level at Orange and adopt preventive health measures in case of ashfall. It is also recommended not to approach within 12 km of the crater. Any approach or ascent of the volcano is at very high risk. In the event of ashfall, the population must avoid all contact with this material, cover their noses and mouths with damp cloths or masks. It is also advisable to keep the doors and windows of houses closed.
Source: IGP.

Voici quelques images issues du rapport, montrant en particulier l’évolution du dôme de lave :

Source ; IGP

Fumerolles à Vulcano : une histoire de température et d’hygrométrie

Comme on peut le voir ci-dessous sur les captures d’écran de la webcam, les panaches de gaz et de vapeur qui s’échappent du champ fumerollien dans le cratère de la Fossa à Vulcano peuvent prendre un aspect différent d’un jour à l’autre.

L’air est sec et chaud en ce moment en Sicile et le cratère de la Fossa est parfaitement dégagé. Il en va d’ailleurs de même du Stromboli où l’activité gazeuse est très faible. A noter que l’activité éruptive est très calme elle aussi.

J’avais remarqué ces variations d’aspect des panaches de gaz et de vapeur à Vulcano dans les années 1990. Certains jours – plus au printemps qu’en été – on avait l’impression que le volcan menaçait d’entrer en éruption. J’ai donc essayé de comprendre la cause de telles fluctuations.

Equipé d’un thermomètre, d’un baromètre et d’un hygromètre, je me suis posté sur la lèvre du cratère pour effectuer des relevés à différents moments de la journée (8 heures, 12 heures,16 heures, 18 heures). Je me suis vite rendu compte que les panaches étaient denses lorsque la température était fraîche et l’hygrométrie de l’air élevée. Un tel contexte était favorable au phénomène de condensation et il était donc normal que les panaches soient plus volumineux. Inversement, dans des conditions d’air sec, les nuages de vapeur se faisaient plus discrets.

A côté de cela, je n’ai pas noté d’influence particulière de la pression atmosphérique sur les fumerolles à Vulcano. En revanche, elle semble avoir un impact plus significatif sur l’activité éruptive à Stromboli. Voir le résumé – sous l’entête de ce blog – de l’étude que j’ai effectuée sur ce volcan.

Webcam INGV