Notre société adore se prélasser dans les records et les extrêmes. La Coupe du Monde 2026 n’échappe pas au phénomène. Depuis les deux buts marqués par Kilian Mbappé contre le Sénégal, on entend tout et n’importe quoi. Certes, Mbappé a battu le record de buts inscrits en équipe de France et que détenait Olivier Giroud, mais le record s’arrête là.
S’agissant du nombre de buts marqués au cours d’une même Coupe du monde, c’est toujours Just Fontaine qui détient le record.
Justo a réalisé cet exploit au cours de la Coupe du monde qui se déroulait en Suède en 1958. Il a marqué 13 buts au cours des 6 matches disputés par l’équipe de France qui avait dans ses rangs des joueurs illustres comme Raymond Kopa, Roger Piantoni et Jean Vincent, tous les trois issus du Stade de Reims, tout comme Just Fontaine.
La Coupe du monde de 1958 a donc eu lieu il y a 68 ans, du 8 au 29 juin, et les journalistes d’aujourd’hui – ainsi que la plupart des supporters de notre équipe nationale – étaient encore dans les choux. On peut donc leur pardonner de faire des confusions à longueur de journée. En 1958, j’avais 10 ans et je pense que le France-Brésil de la demi-finale est le premier que j’ai vu (en noir et blanc, bien sûr) dans le café voisin de mon domicile à La Souterraine où est né le regretté Paul Sauvage, lui aussi joueur du Stade de Reims quelques années plus tard.
Pour en revenir à la Coupe du monde de 1958, il y avait 4 groupes de 4 équipes. Celui de la France (Groupe 2) comprenait le Paraguay, l’Écosse et la Yougoslavie. La France a gagné son premier match contre le Paraguay 7 à 3, avec 3 buts de Just Fontaine ; perdu contre la Yougoslavie 3 à 2 (2 buts de Just Fontaine) et battu l’Écosse 2 à 1 (avec un but de Just Fontaine). La France a terminé en tête de son groupe, devançant la Yougoslavie au goal-average.
L’Allemagne de l’Ouest (RFA) a terminé en tête du Groupe 1, la Suède en tête du Groupe 3, et le Brésil en tête du Groupe 4.
Les quarts de finale ont opposé la RFA à la Yougoslavie (victoire de l’Allemagne 1-0), le Brésil au Pays de Galles (1-0 pour le Brésil), la Suède à l’URSS (2-0 pour la Suède) et la France à l’Irlande du Nord (4-0 pour la France, avec 2 buts de Just Fontaine)
Les demi-finales ont vu une confrontation Suède-RFA et France-Brésil, ce qui n’était pas l’idéal pour nos Bleus car le Brésil avec ses Pelé, Garrincha et autres Vava et Zagallo était le grand favori de la compétition.
La France a perdu 5 à 2, avec un nouveau but de Just Fontaine qui avait égalisé, Piantoni marquant le deuxième but. La Suède a battu la RFA est s’est retrouvée en finale contre le Brésil.
Il n’y a pas eu de surprise et le Brésil s’est à nouveau imposé 5 à 2.
La France a obtenu la 3ème place de la Coupe du monde 1958 en s’imposant 6-3 lors de la petite finale contre la RFA, avec 4 nouveaux buts de Just Fontaine.
Just Fontaine a été le meilleur buteur de cette Coupe du monde de 1958 avec 13 buts marqués. L’équipe de France est également celle qui a marqué le plus de buts avec 23 réalisations.
1958, c’est également l’année où le Limoges Football Club (LFC) a accédé à la Première Division et allait recevoir au stade municipal de Beaublanc des équipes prestigieuses comme le Stade de Reims et le Racing. Le petit garçon que j’étais à l’époque n’a jamais oublié ces confrontations, pas plus que la chasse aux autographes au moment où les joueurs sortaient des vestiaires pour aller s’échauffer avant les rencontres. Paul Sauvage m’a aidé à rencontrer Kopa et Fontaine au moment de leur apparition. Je n’oublierai pas, non plus, la courtoisie de Roger Piantoni dont le maillot sentait la rose…
En 1958, la télévision n’avait pas encore fait son entrée en force dans les foyers. Nous écoutions attentivement les reportages à la radio et nous lisions les comptes-rendus des rencontres dans Miroir Sprint et le Miroir des Sports chez le coiffeur….
C’était une autre époque, mais beaucoup plus tendre et beaucoup plus intime qu’aujourd’hui. Les joueurs professionnels comme Fontaine et Kopa (qui a joué au Réal Madrid) étaient certes bien payés, mais leurs salaires n’étaient pas délirants comme ceux des joueurs aujourd’hui. Là encore il faut relativiser : le football ne consiste qu’à taper dans un ballon pour marquer des buts…

Just Fontaine, Raymong Kopa et Roger Piantoni : l’attaque de rêve du Stade de Reims et de l’équipe de France de 1958