Nouvelle alerte sur la fonte de l’Antarctique // New warning about Antarctic melting

Selon une étude menée par des scientifiques de l’Université nationale d’Australie et publiée dans la revue Nature en août 2025, des changements soudains et potentiellement irréversibles en Antarctique, provoqués par le réchauffement climatique, pourraient entraîner une élévation du niveau des océans de plusieurs mètres et des « conséquences catastrophiques pour des générations ». Les chercheurs ont observé une accélération des changements dans la région, souvent à la fois cause et effet du réchauffement climatique.
L’étude indique que « l’Antarctique montre des signes inquiétants de changements rapides dans sa glace, ses océans et ses écosystèmes. Certains de ces changements soudains seront difficiles à arrêter. » Les changements dans les différentes facettes du système climatique de l’Antarctique s’amplifient mutuellement et ont également accéléré le rythme du réchauffement à l’échelle de la planète.
L’étude a examiné les signes de changements soudains dans la banquise, les courants océaniques dans la région, la calotte glaciaire et les plateformes de glace le long du continent, ainsi que la vie marine. Les chercheurs ont également examiné leurs interactions. J’ai expliqué qu’en flottant la banquise ne contribue pas à la hausse de niveau de la mer lorsqu’elle fond, comme un glaçon dans un verre d’eau. Mais son recul fait disparaître les surfaces blanches qui réfléchissent la quasi-totalité de l’énergie solaire vers l’espace et les remplace par des eaux d’un bleu profond, qui en absorbent la même quantité. 90 % de la chaleur générée par le réchauffement climatique d’origine anthropique est absorbée par les océans.
Après avoir légèrement augmenté au cours des 35 premières années analysées grâce aux données satellitaires, la couverture de glace de mer en Antarctique a chuté de façon spectaculaire au cours de la dernière décennie. Depuis 2014, elle a reculé en moyenne de 120 kilomètres par rapport au littoral du continent blanc. Cette contraction a été environ trois fois plus rapide en dix ans que le recul de la glace de mer dans l’Arctique sur près de 50 ans.
Les « preuves irréfutables d’un changement de régime de la glace de mer » signifient que, si les tendances actuelles se maintiennent, l’Antarctique pourrait devenir libre de glace en été plus tôt que l’Arctique. Cela accélérerait le réchauffement dans la région et au-delà, et pourrait conduire certaines espèces marines à l’extinction. Au cours des deux dernières années, par exemple, des poussins de manchots empereurs ont péri sur plusieurs sites de reproduction ; ils se sont noyés ou sont morts de froid lorsque la glace de mer a cédé plus tôt que d’habitude sous leurs pattes. Sur les cinq sites surveillés dans la région de la mer de Bellingshausen en 2023, tous sauf un ont connu une perte totale de poussins.
L’étude explique qu’il faudrait que les températures actuelles à l’échelle mondiale augmentent de cinq degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels pour faire fondre l’intégralité de la calotte glaciaire de l’Antarctique, ce qui ferait monter les océans de 58 mètres, un niveau presque inimaginable. Le plus inquiétant est que le réchauffement climatique actuel – estimé à environ 1,3 °C – approche rapidement d’un seuil qui entraînerait une élévation du niveau de la mer d’au moins trois mètres. Un tel phénomène inonderait des zones côtières aujourd’hui habitées par des centaines de millions de personnes.
La disparition annoncée de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental est l’un des points de basculement les plus préoccupants. Les données indiquent qu’il se déclenchera à un réchauffement climatique bien inférieur à 2 °C.
Un autre risque potentiel est l »arrêt de la circulation de retournement antarctique, qui distribue la chaleur et les nutriments dans la région et à l’échelle mondiale. Un ralentissement rapide et significatif des courants a déjà commencé, et les données fournies par la dernière période interglaciaire, il y a 125 000 ans, révèlent une stagnation brutale du système dans des conditions semblables à celles observées aujourd’hui. La nouvelle étude explique qu’une telle situation entraînerait des impacts climatiques et écosystémiques à grande échelle, allant d’une intensification du réchauffement climatique à une diminution de la capacité des océans à absorber le CO2.
En conclusion, les chercheurs réaffirment que le seul moyen de ralentir ces changements liés les une aux autres est de cesser d’ajouter des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. « Les décisions que nous prendrons en matière d’émissions de gaz à effet de serre au cours des dix ou vingt prochaines années détermineront la quantité de glace que nous perdrons et la rapidité de cette perte.»
Source : AFP via Yahoo News.

La fonte des glaciers de l’ouest Antarctique serait une catastrophe planétaire (Source: BAS)

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According to a study by scientists at the Australian National University and published in Nature in August 2025, abrupt and potentially irreversible changes in Antarctica, driven by global warming, could lift global oceans by metres and lead to « catastrophic consequences for generations. » The researchers have observed accelerating shifts across the region that are often both cause and effect of global warming.

One can read in the study that « Antarctica is showing worrying signs of rapid change across its ice, ocean and ecosystems. Some of these abrupt changes will be difficult to stop. » Shifts in different facets of Antarctica’s climate system amplify each other and have accelerated the pace of warming globally as well.

The study looked at evidence of abrupt change in sea ice, regional ocean currents, the continent’s ice sheet and ice shelves, and marine life. It also examined how they interact. I have explained that Floating sea ice does not add to sea level when it melts, just like an ice cube in a glass of water. But its retreat does replace white surfaces that reflect almost all of the Sun’s energy back into space with deep blue water, which absorbs the same amount instead. 90% of the heat generated by manmade global warming is soaked up by oceans.

After increasing slightly during the first 35 years that satellite data was available, Antarctic sea ice cover plunged dramatically over the last decade. Since 2014, sea ice has retreated on average 120 kilometres from the continent’s shoreline. That contraction has happened about three times faster in 10 years than the decline in Arctic sea ice over nearly 50.

The « overwhelming evidence of a regime shift in sea ice » means that, on current trends, Antarctica could become ice free in summer sooner than the Arctic. This will speed up warming in the region and beyond, and could push some marine species toward extinction. Over the last two years, for example, emperor penguin chicks perished at multiple breeding grounds, drowning or freezing to death when sea ice gave way earlier than usual under their feet. Of five sites monitored in the Bellingshausen Sea region in 2023, all but one experienced a 100% loss of chicks.

The study warns that today’s world temperatures would need to increase by five degrees Celsius compared with pre-industrial levels to melt the entire Antarctic ice sheet, which would lift global oceans an almost unimaginable 58 metres. What is most worrying is that global warming to date – measured at about 1.3°C – is fast approaching a threshold that would cause part of the ice sheet to generate at least three metres of sea level rise, flooding coastal areas inhabited today by hundreds of millions.

The unstoppable collapse of the West Antarctic Ice Sheet is one of the most concerning global tipping points. The evidence points to this being triggered at global warming well below 2°C.

Another potential risk is the collapse of the Antarctic Overturning Circulation that distributes heat and nutrients within the the region and globally. A rapid and significant slowdown of the currents has already begun, and evidence from the previous interglacial period before our own, 125,000 years ago, points to an abrupt stagnation of the system under conditions similar to those seen today.

The new study explains that this would lead to widespread climate and ecosystem impacts, ranging from an intensification of global warming to a decrease in the ocean’s capacity to absorb CO2.

In the conclusion of the study, the researchers reaffirm that the only way to slow down the interlocking changes is to stop adding more planet-warming gases into the atmosphere. « The greenhouse gas emission decisions that we’ll make over the coming decade or two will lock in how much ice we will lose and how quickly it will be lost. »

Source : AFP via Yahoo News.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Dans ses derniers bulletins, l’INGV indique que l’on observe toujours sur l’Etna (Sicile) une bouche effusive active à 2 980 m d’altitude. Elle alimente un champ de lave qui, dans sa partie haute présente un tunnel de lave et plusieurs bouches éphémères. Dans sa partie basse, il se divise en deux bras qui progressent vers le sud-ouest. Le front le plus avancé se situait à une altitude d’environ 2 270 m d’altitude le 19 août 2025, en amont de la Grotta degli Archi, à environ 2 km de la piste de l’Altamontana. L’activité explosive strombolienne se poursuit dans le Cratère sud-est avec une intensité variable. Des émissions épisodiques de cendres rougeâtres ont également été observées dans le cratère de la Bocca Nuova.
L’amplitude moyenne du tremor volcanique a atteint des valeurs élevées qui persistent actuellement, avec de faibles fluctuations. La source du tremor se situe dans une zone proche du Cratère sud-est, à une profondeur comprise entre 2 900 et 3 000 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Dernière minute : Alors que la bouche ouverte à 2980 mètres d’altitude reste active, une nouvelle bouche s’est ouverte le 20 août 2025 à environ 3100 m d’altitude à la base de la ‘selle’, autrement dit la dépression entre la Bocca Nuova et la Cratère SE. Cette bouche présente une petite activité de spattering ainsi qu’une petite coulée qui se dirige vers le sud.

Un nouveau bulletin de l’INGV diffusé dans la soirée du 20 août 2025  nous apprend que depuis environ 13h40 UTC, une nouvelle bouche effusive s’est ouverte sur le flanc sud du cratère Sud-Est, à une altitude d’environ 3 200 m. Elle alimente une coulée de lave qui se propage vers le sud-ouestet dont le front se trouvait à 3030 m d’altitude le 21 août au soir.. Ce sont donc désormais trois bouches éruptives qui sont actives sur le volcan sicilien.

Source : INGV.

Le Corpo Forestale a utilisé un drone pour filmer la nouvelle fracture éruptive qui s’est ouverte le 14 août 2025 sur l’Etna (Sicile), dans la même zone déjà touchée par l’activité éruptive en février.

https://www.lasicilia.it/wp-content/uploads/2025/08/s20250816125114000.mp4

Il semblerait que l’accès à la zone sommitale de l’Etna ne soit plus restrictif car de nombreuses vidéos des coulées de lave circulent sur les réseaux sociaux.

Exemple de bouche effusive sur l’Etna (Photo: C. Grandpey)

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Après une baisse d’activité éruptive consécutive à l’intense éruption des 1er et 2 août 2025, le Lewotobi Laki-laki (Indonésie) est entré de nouveau en éruption le 17 août 2025, avec des projections de cendres jusqu’à 9,8 km d’altitude. L’activité s’est poursuivie jusqu’au 18 août, avec de nombreuses éruptions modérées à fortes. Selon un article de presse, une demi douzaine de vols ont été annulés à cause de la cendre dans l’air.
Source : PVMBG, Darwin VAAC.

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Comme précédemment, le HVO s’appuie essentiellement sur les images des webcams pour essayer de prévoir le démarrage des épisodes éruptifs sur le Kilauea (Hawaï). L’échéance est ainsi repoussée de jour en jour, jusqu’au moment où Madame Pélé décidera de déclencher l’événement. Dans sa mise à jour du 20 août, l’Observatoire prévoit le démarrage de l’Épisode 31 entre le 22 et le 25 août 2025, mais rien n’est définitif… Même sur un volcan bien surveillé comme le Kilauea, notre capacité à faire des prévisions éruptives est très faible.

Souvenir d’ l’Épisode 30 (image webcam)

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Attention ! Le delta de lave de 2018 risque de s’effondrer !

Une large fissure a été découverte dans le delta de lave qui s’est formé lors de l’ éruption du Kīlauea en 2018 dans le district de Puna (Hawaï). Cette fissure pourrait être le signe d’un effondrement imminent.
Le delta de lave, situé à Kapoho, témoigne de l’instabilité de ce territoire nouvellement créé. Les autorités hawaïennes recommandent au public la plus grande prudence lors des visites sur la côte. Cette mise en garde concerne, entre autres, les localités de Kapoho, Pohoiki, Malama et Kalapana.
Les deltas de lave sont des formations géologiques qui se forment pendant la pénétration de la lave dans l’océan son refroidissement par ce dernier. Les deltas prolongent le littoral de l’île, mais le terrain peut être dangereux. De fines couches de lave donnent l’impression d’un sol solide, mais ces nouvelles formations géologiques sont dynamiques et particulièrement instables. Les géologues locaux expliquent que la végétation peut également dissimuler de profondes fissures et des crevasses. Il existe peu de documentation sur la formation et la l’effondrement ultérieur de ce phénomène naturel, ce qui ajoute à son imprévisibilité. L’USGS note qu’en période d’activité éruptive, l’effondrement d’un delta de lave peut déclencher des explosions, projeter des matériaux à des centaines de mètres à l’intérieur des terres et vers la mer.
Les autorités hawaïennes expliquent que la fissure de Kapoho montre que, même des années après l’éruption, certaines anciennes coulées de lave restent actives et peuvent être dangereuses. Les visiteurs doivent faire preuve de prudence et rester vigilants lorsqu’ils se rendent dans ces zones côtières.
Source : médias locaux, USGS.


Delta de lave à Kalapana (Photo: C. Grandpey)

Voici une courte vidéo donnant un aperçu de la fissure dans le delta de lave de Kapoho :

https://youtu.be/GTswoRd8r3k

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Les cycles de réchauffement et de refroidissement sont fréquents dans le lac de cratère du mont Ruapehu (Nouvelle-Zélande), reflétant les variations de chaleur et de flux de gaz dans le système hydrothermal du volcan, sous le lac de cratère. Un cycle de refroidissement a été observé début 2025. Cependant, le lac s’est à nouveau réchauffé ces dernières semaines. La température de l’eau est passée d’environ 11 °C à la mi-juillet à environ 16 °C en août.
Malgré ce réchauffement, le niveau d’alerte volcanique reste à 1 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Vert.
Source : GeoNet.

Lac de cratère du Ruapehu (Photo: C. Grandpey)

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Un nouvel événement éruptif a été enregistré sur le Dempo (Indonésie) le 19 août 2025. Il a duré près de deux minutes, avec un panache de cendres s’élevant à 1,3 km au-dessus du sommet. La sismicité avait augmenté début juillet et les réseaux de déformation indiquaient une inflation sous le flanc ouest, en particulier au cours de la semaine précédant l’éruption. Selon des articles de presse, une soixantaine de randonneurs se trouvaient au sommet ou à proximité lorsque l’éruption s’est produite. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est toujours invité à se tenir à au moins 1 km du cratère et jusqu’à 2 km sur le flanc nord.
Source : PVMBG.

Exemple de séquence éruptive sur le Dempo en novembre 2024

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Une activité explosive a débuté sur le Karymsky (Kamtchatka / Russie) le 14 août 2025, avec un panache de cendres s’élevant à environ 700 m au-dessus du sommet. La couleur de l’alerte aérienne a été relevée à l’Orange (niveau 3 sur une échelle de quatre couleurs). Une anomalie thermique quotidienne est actuellement visible sur les images satellite.

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Toujours au Kamtchatka, l’éruption du Krasheninnikov se poursuit. Une importante anomalie thermique au-dessus du volcan est visible sur les images satellite. Les explosions du 14 août 2025 ont généré des panaches de cendres atteignant 2 à 3 km d’altitude. Des coulées de lave sont restées actives sur le flanc nord-ouest au moins jusqu’au 15 août. La couleur de l’alerte aérienne reste Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).

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Toujours au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour le Sheveluch. Elle est Jaune pour le Klyuchevskoy et le Bezymianny.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Shinmoedake (Japon). La sismicité reste élevée. Les explosions produisent des panaches de cendres jusqu’à 500 mètres au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte est maintenu à 3 sur une échelle de 5.
Source : JMA.

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Une activité éruptive intense est toujours observée sur le complexe de dômes du Santiaguito (Guatemala), avec une extrusion de lave permanente sur le dôme Caliente. Des explosions quotidiennes génèrent des panaches de cendres qui s’élèvent à 800-900 m au-dessus du dôme. L’effondrement de blocs de lave et des dépôts antérieurs produit des avalanches qui descendent principalement sur les flancs ouest et sud-ouest. Le 12 août 2025, de fortes pluies ont généré des lahars dans la ravine du Tambor, avec des blocs atteignant 1 m de diamètre, mélangés à des troncs d’arbres et à des branches. Les lahars étaient chauds et dégageaient une odeur de soufre. Le 16 août, des effondrements de matériaux sur la lèvre ouest du cratère ont généré des coulées pyroclastiques qui ont descendu la ravine de San Isidro sur 4 km. D’abondantes retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités.
Source : INSIVUMEH.

Le Santiaguiti vu depuis le sommet du Santa Maria (Photo: C. Grandpey)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

In its latest bulletins, the INGV indicates that an active effusive vent is still observed on Mt Etna (Sicily) at an altitude of 2,980 m. It feeds a lava field which, in its upper part, includes a lava tube and several ephemeral vents. In its lower part, it divides into two branches that advance southwestward. The most advanced front was located at an altitude of approximately 2,270 m on August 19, 2025, upslope of the Grotta degli Archi, about 2 km from the Altamontana trail. Strombolian explosive activity continues in the Southeast Crater with varying intensity. Episodic emissions of reddish ash have also been observed in the Bocca Nuova.
The average amplitude of the volcanic tremor has reached high values that currently persist, with minor fluctuations. The source of the tremor is located in an area near the Southeast Crater, at a depth between 2,900 and 3,000 meters above sea level.

Breaking News: While the vent at 2,980 meters a.s.l. remains active, a new vent opened on August 20, 2025, at approximately 3,100 meters above sea level at the base of the « saddle, » the depression between Bocca Nuova and the SE Crater. This vent exhibits minor spattering activity and a small flow directed southward.

A new INGV bulletin released in the evening of 20 August informed us that since around 13:40 UTC, a new effusive vent has opened on the southern flank of the Southeast crater, at an altitude of around 3,200 m above sea level, feeding a lava flow that is spreading towards the southwest. Its front was located 3030 m a.s.l. on 21 August in the evening. There are now three active eruptive vents on the Sicilian volcano.
Source: INGV.

The Corpo Forestale used a drone to film the new eruptive fracture that opened on August 14, 2025, on Mount Etna (Sicily), in the same area already affected by eruptive activity in February.

https://www.lasicilia.it/wp-content/uploads/2025/08/s20250816125114000.mp4

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After a decrease in eruptive activity following the intense eruption of August 1st – 2nd, 2025, Lewotobi Laki-laki (Indonesia) erupted on August 17th, 2025, ejecting volcanic ash up to 9.8 km above sea level. Activity continued into August 18th, with multiple moderate to strong eruptions. According to a news report half a dozen flights were canceled due to ash in the air.

Source : PVMBG, Darwin VAAC.

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Like previouslye, the HVO relies primarily on webcam images to try to predict the start of eruptive episodes on Kilauea (Hawaii). The deadline is thus postponed day by day, until the moment when Madame Pele decides to trigger the event. In its August 20 update, the Observatory predicts the start of Episode 31 between August 22 and 25, 2025, but this may change again… Even on a well-monitored volcano like Kilauea, our ability to make eruptive predictions is very low.

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Warning ! The 2018 lava delta may collapse !

A large crack has been discovered in the 2018 Kīlauea volcano lava delta in Puna. (Hawaii). It may indicate a sign of imminent collapse.

The lava delta, more precisly located in Kapoho, demonstrates the instability of the newly created land. State officials are advising the public to be cautious when visiting the coastal area. The warning includes, but is not limited to, the communities of Kapoho, Pohoiki, Malama and Kalapana.

Lava deltas are landforms built as hot lava enters and is cooled by the ocean. They extend the island shoreline, but the terrain can be deceptive and dangerous.Thin layers of molten rock appear as solid ground, but the new landforms are dynamic and inherently unstable. Local geologists warn that vegetation may also conceal deep fissures and cracks.

There is little documentation as to the construction and subsequent destruction of this natural phenomenon, adding to its unpredictability. The USGS notes that during e periode of eruptive activity, a collapsing delta can trigger explosions, hurling rocks and debris hundreds of yards inland and seaward.

Hawaiian authorities explain that the report of the crack at Kapoho is a stark reminder that even years after eruption, areas in the lava flow hazard zones are active and can be dangerous. Visitors should exercise caution and remain alert when visiting these coastal areas.

Source : local media, USGS.

Here is a short video giving an idea of the crack in the Kapoho lava delta :

https://youtu.be/GTswoRd8r3k

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Warming and cooling cycles are common at Mount Ruapehu‘s Crater Lake (New Zealand), reflecting changes in heat and gas flow from the volcano’s hydrothermal system beneath the crater lake. A cooling cycle was observed earlier in 2025. However, the lake has been warming again in the past weekst. The water temperature has increased from ~11°C in mid July to ~16°C in August.

Despite the heating, the Volcanic Alert Level remains at 1 and the Aviation Color Code is kept at Green.

Source : GeoNet.

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A new eruptive event was recorded at Dempo (Indonesia) on 19 August 2025 and lasted nearly two minutes, with an ash plume that rose 1.3 km above the summit. Seismicity had increased in early July, and deformation networks indicated inflation beneath the W flank, especially during the week prior to the eruption. According to news articles about 60 climbers were at or near the summit when the eruption occurred. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is still asked to stay at least1 km away from the crater and as far as 2 km on the N flank.

Source : PVMBG.

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Explosive activity began at Karymsky (Kamtchatka / Russia) on 14 August 2025 with an ash plume that rose about 700 m above the summit. The Aviation Color Code was raised to Orange (level 3 on a four-color scale). A daily thermal anomaly is currently identified in satellite images.

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Still in Kamtchatka, the eruption at Krasheninnikov continues. A large thermal anomaly over the volcano is identified in satellite images. Explosions on 14 August 2025 generated ash plumes that reached 2-3 km a.s.l. Lava flows were active on the NW flank at least through 15 August. The Aviation Color Code remains at Orange (level 2 on a four-color scale).

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Still in Kamtchatka, the aviation color code remains at Orange for Sheveluch. It is Yellow for Klyuchevskoy and Bezymianny.

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Eruptive activity continues at Shinmoedake (Japan). Seismicity is still elevated. Explosions produce ash plumes as high as 500 meters above the crater. The alert level is kept at 3 on a 5-level scale.

Source : JMA.

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High levels of eruptive activity are still observed the Santiaguito dome complex (Guatemala) with continuing lava extrusion at Caliente dome. Daily explosions generate ash plumes that rise 800-900 m above the dome. The collapse of lava blocks and previous deposits produce avalanches that descended mainly the W and SW flanks. On12 August 2025 heavy rainfall generated lahars in the Tambor drainage (SSW) that carried blocks up to 1 m in diameter, mixed with tree trunks, and branches. The lahars were hot and had a sulfur odor. Collapses of material at the W crater rim on 16 August, generated pyroclastic flows that descended the San Isidro drainage as far as 4 km. Abundant ashfall was reported in several municipalities.

Source : INSIVUMEH.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Le Mont Fuji et le surtourisme au Japon // Mount Fuji and overtourism in Japan

Ça va mal au Japon ; les Japonais sont en colère. Le mont Fuji (3776 m), merveille naturelle la plus emblématique du pays et site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ne fait plus la une des journaux pour sa beauté, mais parce qu’il est en train de devenir une « montagne de déchets ».

Crédit photo: Wikipedia

Autrefois vénéré pour sa sérénité et son symbolisme, le mont Fuji montre aujourd’hui les conséquences fâcheuses de sa popularité : bouteilles, emballages et toutes sortes d’équipements abandonnés jonchent les sentiers d’accès au célèbre volcan.
En 2024, le Japon a accueilli un nombre record de touristes. Mais cette croissance a un revers de taille. Des destinations très prisées comme Kyoto, Tokyo et surtout le mont Fuji sont submergées par un trop grand nombre de visiteurs. Cette forte augmentation de la fréquentation entraîne une augmentation des déchets et une dégradation de l’environnement sur cette montagne autrefois parfaitement propre. De nombreuses images de pentes jonchées de détritus ont circulé sur les réseaux sociaux, ce qui va à l’encontre de la notion de propreté au Japon. Cette abondance de détritus a valu au mont Fuji le surnom peu enviable de « montagne de déchets ». Les autorités locales, la population autour du volcan et les observateurs internationaux tirent désormais la sonnette d’alarme. En réponse, le gouvernement japonais et les autorités régionales mettent en place des politiques visant à réduire l’impact environnemental du tourisme de masse.
Dans une note publiée en février 2018, j’expliquais que les autorités japonaises avaient décidé de réduire de 25% le nombre de randonneurs sur le mont Fuji. Des seuils pour deux des quatre sentiers d’accès au sommet ont été proposés lors d’une réunion le 15 février 2018, suite à un appel de l’UNESCO visant à remédier à la surfréquentation sur le volcan, susceptible d’avoir un impact sur l’environnement naturel et même la survie de la montagne. Selon ce plan, le nombre de randonneurs serait limité à 4 000 par jour sur le sentier Yoshida, dans la préfecture de Yamanashi, et à 2 000 sur le sentier Fujinomiya, dans la préfecture de Shizuoka. Selon le ministère de l’Environnement, le nombre quotidien de randonneurs a atteint un pic de 4 544 sur le sentier Yoshida et de 2 656 sur le sentier Fujinomiya pendant la saison d’escalade de juillet à septembre 2017.

Reflet du Mont Fuji dans le lac Kawaguchi, l’une des Trente-Six Vues du Mont Fuji de Katsushika Hokusai.

Le surtourisme met non seulement à rude épreuve les infrastructures locales, mais menace également les écosystèmes naturels et le patrimoine culturel. Les amas de déchets peuvent libérer des toxines dans le sol et polluer l’eau, nuire à la faune et dégrader les conditions de visite des touristes. Si le mont Fuji est l’exemple le plus visible du surtourisme, de nombreux sites culturels et naturels du Japon subissent cette pression.
Sans une gestion rigoureuse, les profits économiques du tourisme risquent de se faire au détriment de l’environnement et de la culture sur le long terme. Alors que le Japon poursuit son objectif ambitieux d’atteindre 60 millions de visiteurs par an d’ici 2030, la nécessité d’établir un équilibre entre croissance et durabilité devient de plus en plus urgente. Une solution pour enrayer le problème croissant des déchets serait d’augmenter les droits d’entrée pour les visiteurs étrangers, ce qui pourrait contribuer à financer la préservation de l’environnement. Les collectivités locales encouragent également les voyageurs à visiter les régions moins fréquentées, ce qui répartirait la pression touristique de manière plus uniforme.
Des campagnes comme « Tourisme pour tous » encouragent les touristes à respecter les traditions locales et à ne pas laisser leurs déchets derrière eux. De plus, le gouvernement encourage le développement du tourisme régional, notamment dans les zones peu visitées, mais présentant une valeur culturelle et naturelle.
Source : The Japan Times.

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Things are going badly in Japan ; the Japanese are angry. Mount Fuji (3,776 m.), the country’s most iconic natural wonder and a UNESCO World Heritage site, is no longer making headlines for its beauty, but because it is becoming a « trash mountain. »

Once revered for its serenity and symbolism, it is now showing the wear and tear of popularity in the form of discarded bottles, wrappers, and gear littering its trails.

In 2024, Japan welcomed a record number of tourists. But this growth came with a big downside. Popular destinations such as Kyoto, Tokyo, and especially Mount Fuji have become overwhelmed by the number of visitors.

This spike in foot traffic has led to increased waste and environmental degradation on the once-pristine peak. Images of litter-strewn slopes have circulated widely online, which goes against the Japanese notion of cleanliness. The surge in trash earned Mount Fuji the poorly enviable nickname of « trash mountain ». Local officials, concerned citizens, and international observers are now raising alarms. In response, the Japanese government and regional authorities are introducing policies to reduce the environmental toll of mass tourism.

In a post released in February 2018, I explained that Japanese authorities had decided to reduce the number of hikers on Mount Fuji by up to 25 percent. The thresholds for two of the four trails to the summit were proposed at a meeting on February 15th, 2018 in response to a call by UNESCO to address the congestion on the volcano, which may have an impact on the mountain’s natural environment and existence. Under the plan, hikers would be limited to 4,000 climbers a day on the Yoshida trail in Yamanashi prefecture and 2,000 on the Fujinomiya trail in Shizuoka prefecture. According to the Environment Ministry, the number of climbers per day had peaked at 4,544 on the Yoshida trail, and 2,656 on the Fujinomiya trail during the July-September 2017 climbing season.

Overtourism not only strains local infrastructure but also threatens natural ecosystems and cultural heritage. Piles of trash can leach toxins into the soil and water, harm wildlife, and degrade visitor experiences. While Mount Fuji is the most visible example, many of Japan’s cultural and natural sites are feeling the pressure.

Without careful management, the economic gains of tourism risk coming at the cost of long-term environmental and cultural loss. As Japan pursues its ambitious goal of reaching 60 million visitors per year by 2030, the balance between growth and sustainability is becoming increasingly urgent.

One solution to curb the mounting waste problem includes introducing higher entry fees for international visitors, which could help fund environmental maintenance. Local governments are also urging travelers to visit less-trafficked regions, spreading out tourism pressure more evenly.

Campaigns like « Tourism for All » are encouraging visitors to respect local traditions and pack out all trash. Moreover, the government is promoting regional tourism development, particularly in under-visited areas with cultural and natural value.

Source : The Japan Times.

Réchauffement climatique : accumulation de canicules depuis 1975

Météo France a publié une illustration où figurent les principaux épisodes de chaleur depuis 1947. La taille des cercles correspond à la durée de la vague de chaleur.

 

On remarque tout de suite que, mis à part la canicule de 13 jours de l’été 1947 avec une température moyenne maximale de 27,75°C, toutes les vagues de chaleur des plus intenses se situent à partir de 1975. C’est effectivement le moment où a officiellement commencé l’accélération du réchauffement climatique. Les photos des glaciers alpins sont là pour le prouver.

Glacier des Bossons en 1956 et 2020 (Photos G & C. Grandpey)

À titre anecdotique, Météo France indique que la dernière vague de chaleur de onze jours se classe parmi les dix les plus intenses que les Français aient connues depuis 1947. Elle reste cependant en-deça de celle qui a duré seize jours et fait près de 15 000 morts en 2003. D’après les premières estimations, la température moyenne maximale de la récente canicule tourne « autour de 27,5°C », contre 29,35°C en 2003. Elle s’avère aussi moins sévère que la première vague de chaleur de l’été 2025, entre le19 juin et le 4 juillet (28,2°C).

Source : Météo France.

Ces comparaisons, aussi intéressantes soient-elles, ont peu d’intérêt car c’est la tendance globale qu’il faut prendre en compte, en sachant que l’été 2025 se termine dans un mois. Selon les météorologues européens, le déplacement de l’ouragan Erin dans l’Atlantique Nord pourrait paradoxalement prolonger la chaleur et la sécheresse en France.

Source : Météo France

Par la suite, il faudra surveiller attentivement l’évolution des températures et des précipitations pendant le prochain hiver. L’hiver pluvieux de 2024-2025 a permis d’atténuer l’impact de la sécheresse cet été. La fonte des glaciers a été accélérée par la canicule du mois de juin cet n’a fait que s’amplifier les mois suivants. Si l’hiver 2025-2026 est sec, la potion sera dure à avaler par de nombreux secteurs économiques au cours du prochain été !