Les cendres volcaniques préservent les fossiles // Volcanic ash preserves fossils

Les volcans tels que le Vésuve, situés à la frontière des plaques tectoniques, sont connus pour leurs éruptions explosives et de grande ampleur, capables de générer plusieurs dizaines de kilomètres cubes de matériaux. Ces éruptions peuvent piéger quasi instantanément la vie présente et conserver sous leurs cendres les témoignages de civilisations entières, comme à Pompéi ou sur l’île grecque de Santorin.

Photo: C. Grandpey

 Une équipe internationale de chercheurs a publié un article décrivant la découverte de deux nouvelles espèces de trilobites présentant des détails anatomiques inédits. Ces arthropodes fossiles retrouvés pétrifiés dans leur dernière posture sont les représentants d’un écosystème vieux de 515 millions d’années, un «Pompéi» marin, découvert dans des niveaux de cendres volcaniques, à Aït Youb, dans la région du Souss-Massa au Maroc.

 

Vue ventrale d’une reconstitution microtomographique d’un trilobite Gigoutella mauretanica. (Source : A. Mazurier, Abderrazak El Albani)

À Aït Youb, lors d’une éruption volcanique, les organismes vivants ont été ensevelis par des nuées ardentes. Les tissus biologiques ont alors été consumés par la chaleur intense, ne laissant que des cavités dans les cendres solidifiées : les moules des organismes. Ces derniers préservent les moindres détails de la surface extérieure des trilobites, y compris les poils et les épines le long des appendices. Leur tube digestif a également été conservé après s’être rempli de cendres.

Grâce à une technique d’imagerie, la microtomographie de rayons X, les scientifiques ont pu étudier les fossiles en 3D sans les extraire de leur gangue. Cette technique se base sur la propriété des rayons X à traverser la matière et à être absorbés en fonction de la nature et de la densité des constituants qu’ils rencontrent. En remplissant numériquement leur moule, les corps disparus ont été reconstitués avec un niveau de détails saisissant.

 

Vue latérale d’une reconstitution microtomographique d’un trilobite Gigoutella mauretanica. (Source : A. Mazurier, Abderrazak El Albani)

Cette découverte démontre le rôle essentiel des dépôts de cendres volcaniques pour la préservation des fossiles et l’importance cruciale de l’exploration des environnements sous-marins volcaniques.

Elle démontre aussi que la microtomographie de rayons X est un outil puissant permettant d’observer en 3D des objets fossilisés dans des roches très dures, sans risque de les altérer. Ainsi, les dépôts pyroclastiques devraient devenir de nouvelles cibles d’études au vu de leur potentiel exceptionnel à piéger et conserver des restes biologiques sans générer de dégradation.

Source : The Conversation.

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Volcanoes such as Mount Vesuvius, located at the boundaries of tectonic plates, are known for their explosive and large-scale eruptions, capable of generating several tens of cubic kilometers of material. These eruptions can trap life almost instantly and preserve under their ashes the evidence of entire civilizations, as in Pompeii or on the Greek island of Santorini.

An international team of researchers has published a study describing the discovery of two new species of trilobites with previously unseen anatomical details. These fossil arthropods found petrified in their last posture are representatives of a 515 million-year-old ecosystem, a marine “Pompeii”, discovered amidst volcanic ash, in Aït Youb, in the Souss-Massa region in Morocco.
In Aït Youb, during a volcanic eruption, living organisms were buried by fiery clouds. The biological tissues were then consumed by the intense heat, leaving only cavities in the solidified ash: the molds of the organisms. These preserve the smallest details of the trilobites’ outer surface, including the hairs and spines along the appendages. Their digestive tract was also preserved after being filled with ash.
Thanks to an imaging technique, X-ray microtomography, scientists were able to study the fossils in 3D without extracting them from their matrix. This technique is based on the property of X-rays to pass through matter and to be absorbed depending on the nature and density of the constituents they encounter. By digitally filling their mold, the missing bodies were reconstructed with a striking level of detail.
This discovery demonstrates the essential role of volcanic ash deposits for the preservation of fossils and the critical importance of exploring underwater volcanic environments. It also demonstrates that X-ray microtomography is a powerful tool for observing fossilized objects in very hard rocks in 3D, without the risk of altering them. Thus, pyroclastic deposits should become new targets for study given their exceptional potential to trap and preserve biological remains without generating degradation.
Source: The Conversation.

Les Alpes durement touchées par les conséquences du réchauffement climatique

Vers la fin du mois de juin 2024, plusieurs événements majeurs ont affecté les Alpes françaises, suisses et italiennes, avec de fortes répercussions sur la vie locale et sur le tourisme.

Le 20 juin, le hameau de la Bérarde, dans le massif français des Ecrins, point de départ de nombreuses courses en montagne, était dévasté par une crue extrêmement violente du Vénéon, le torrent qui traverse le village.

Quelques jours plus tard, c’est de l’autre côté des Alpes que de violents orages ont frappé, causant un terrible bilan humain. Les météorologues s’accordent pour dire que la cause de ces différentes catastrophes est le réchauffement climatique. La fréquence et l’intensité de ces épisodes extrêmes, autrefois rares, laissent désormais présager un risque accru dans les zones de montagnes et dans les vallées

Côté français, le village de la Bérarde a été détruit par une crue torrentielle d’une violence exceptionnelle. Aujourd’hui, le site offre un spectacle de désolation avec des routes coupées et des maisons éventrées par des amas de pierres. Quelque 200 000 mètres cubes d’eau, de sédiments et de rochers ont tout emporté dans la vallée en quelques heures. La crue du Vénéon a laissé derrière elle un champ de ruines. Heureusement, aucune victime n’est à déplorer, mais c’est une catastrophe économique pour cette petite vallée dont l’accès sera interdit au moins jusqu’à la Toussaint. L’été est donc terminé pour les commerces et autres structures tournant autour des activités de montagne.

La Suisse a connu un sort encore plus cruel car des victimes sont à déplorer. Le bilan s’élève à 4 morts et 6 disparus entre les cantons du Tessin et du Valais. À Zermatt, la Viège est sortie de son lit, Les eaux boueuses ont dévalé les rues de la célèbre station de montagne au pied du Cervin. Une coulée de boue s’est produite dans la région de Fontana (Tessin) où plusieurs personnes ont été portées disparues

Les images sont également très impressionnantes en Italie. À Noasca, dans le nord du pays, une lave torrentielle, déferlante d’eau et de boue, a tout emporté ou presque sur son passage. Dans cette région du Piémont, 100 mm de pluie sont tombés en 24 heures, provoquant de nombreux glissements de terrain. Plus de 200 personnes ont dû être évacuées. Dans la Vallée d’Aoste, une coulée de boue a bloqué temporairement la route donnant accès à Cervinia. Cogne, un village de 1.300 habitants, s’est lui aussi retrouvé coupé du monde, une coulée de boue ayant bloqué les voies d’accès.

Selon une géographe spécialisée dans les risques naturels en montagne, ces événements extrêmes sont dus à « une combinaison de facteurs – couverture neigeuse importante, augmentation des températures et fortes précipitations – qui a donné aux rivières suffisamment de force pour quelles puissent emporter des sédiments, mais aussi charrier des roches toujours plus grosses qui ont provoqué davantage de destruction en aval. »

Suite au réchauffement climatique, on observe une augmentation de tous les types d’événements extrêmes, notamment météorologiques, sans oublier la hausse de la température atmosphérique qui génère la fonte et le recul des glaciers, le dégel du permafrost et un changement dans la couverture neigeuse. L’ensemble de ces facteurs déstabilise les versants, produit des roches et des sédiments qui sont mobilisés par les crues aggravées par l’augmentation des événements climatiques extrêmes.

Il ne faudrait pas oublier, non plus, que les vallées sont beaucoup plus exposées parce qu’il y a plus de tourisme. Au final, peu de territoires sont disponibles pour construire. Ils sont donc toujours en fond de vallée, sur les cônes de déjection des torrents ou dans les couloirs d’avalanche. C’est le cas du village de La Bérarde qui s’est retrouvé pris au piège. Ce scénario a été identique chez nos voisins suisses et italiens. Il est malheureusement amené à se reproduire à l’avenir.

Source presse régionale alpine et transalpine.

Le village de La Bérarde avant et après la catastrophe (Image webcam et photo PGHM)

Juin 2024 : nouveau mois de records de températures // June 2024 : new month of record temperatures

En France le mois de juin et le début du mois de juillet ont montré des températures inférieures à la normale, avec une météo capricieuse. Certains commencent déjà à parler d’un été pourri dans notre pays. Dans le même temps, une grande partie du monde a subi des températures supérieures aux normes, voire exceptionnelles. Après avoir collecté toutes les données à travers le monde, l’observatoire européen Copernicus nous apprend aujourd’hui que le mois de juin 2024 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré sur notre planète. Il a battu le record déjà exceptionnel de juin 2023.

Copernicus nous explique qu’après plus d’un an de records mensuels ininterrompus, « la température moyenne mondiale sur les douze derniers mois, de juillet 2023 à juin 2024, est la plus élevée jamais enregistrée, 1,64 °C au-dessus de la moyenne préindustrielle 1850-1900. » Et d’ajouter : « Juin 2024 marque le treizième mois de suite de record des températures mondiales et le douzième mois d’affilée qui dépasse de 1,5 °C les moyennes de l’ère préindustrielle » (1850-1900),

Ce record n’est guère surprenant quand on sait que de fortes canicules sont observées en Chine, en Inde, au Mexique, en Grèce et en Arabie saoudite, où plus de 1 300 personnes sont mortes lors du pèlerinage de La Mecque. L’Ouest américain croule également sous la chaleur. Température record de 48,9°C à Las Vegas le 7 juillet 2024. Un motocycliste a perdu la vie le 6 juillet 2024 dans la Vallée de la Mort où le thermomètre affichait plus de 53°C, une température trop élevée pour permettre à un hélicoptère d’intervenir et transporter la victime à l’hôpital de Las Vegas.

Les climatologues se demandent si la fin de l’épisode de réchauffement El Niño et l’arrivée d’une tendance plus fraîche avec La Niña dans le Pacifique oriental fera baisser les températures globales.

Ce n’est pas certain car les températures avaient continué de croître pendant l’épisode La Niña précédent. A cela s’ajoute la hausse des concentrations de CO2 dans l’atmosphère. On nous serine que les émissions de ce gaz à effet de serre ont diminué en France, mais cela n’a pas suffi à infléchir la Courbe de Keeling. On enregistre toujours des concentrations record de CO2 (près de 426 ppm actuellement, ce ui est énorme) au sommet du Mauna Loa à Hawaii.

Source : presse internationale.

Source: Scripps Institution

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In France, June and the beginning of July showed temperatures below normal, with unsettled weather. Some are already starting to talk about a rotten summer in our country. At the same time, much of the world experienced above-normal or even exceptional temperatures. After collecting all the data around the world, the European Copernicus Observatory tells us today that June 2024 was the hottest June ever recorded on our planet. It broke the already exceptional June 2023 record.
Copernicus tells us that after more than a year of uninterrupted monthly records, “the global average temperature over the last twelve months, from July 2023 to June 2024, was the highest ever recorded, 1.64°C above the pre-industrial average 1850-1900.» Moreover, “June 2024 marks the thirteenth month in a row of record global temperatures and the twelfth month in a row which exceeds the averages of the pre-industrial era by 1.5°C” (1850-1900),
This record is hardly surprising when we know that severe heatwaves are currently observed in China, India, Mexico, Greece and Saudi Arabia, where more than 1,300 people died during the pilgrimage to Mecca. The American West is also crumbling under the heat. A record temperature of 48.9°C was recorded at Las Vegas on July 7th, 2024. A motorcyclist lost his life on July 6th, 2024 in Death Valley where the thermometer showed more than 53°C, a temperature too high for a helicopter to intervene and transport the victim to a Las Vegas hospital.
Climatologists wonder whether the end of the El Niño warming episode and the arrival of a cooler La Niña trend in the eastern Pacific will lower global temperatures. This is not certain as temperatures continued to rise during the previous La Niña episode. Added to this is the increase in CO2 concentrations in the atmosphere. We are told that emissions of this greenhouse gas have decreased in France, but this was not enough to change the Keeling Curve. We are still recording record concentrations of CO2 (nearly 426 ppm currently, which is huge) at the summit of Mauna Loa in Hawaii.
Source: international news media.

Éruptions de l’Etna et du Stromboli (Sicile) : pas de lien entre les deux volcans // Eruptions of Mt Etna and Stromboli : no link between the two volcanoes

Ces derniers jours, l’Etna et le Stromboli ont connu simultanément une hausse d’activité que j’ai décrite dans plusieurs notes sur ce blog. Beaucoup se sont demandés s’il pouvait y avoir un lien entre ces deux événements et, en particulier, si les deux volcans pouvaient être alimentés par une même chambre magmatique. La réponse est Non ! Une telle situation n’est pas à l’ordre du jour et est formellement démentie par l’INGV. L’Etna et le Stromboli ont des sources magmatiques différentes. L’activité simultanée des derniers jours est juste une coïncidence.

Les scientifiques en poste à l’INGV ont eu beaucoup de travail ces derniers jours. L’activité éruptive sur les deux volcan ne présente pas, pour le moment, de danger majeur, mais la vigilance est de mise, d’autant plus que nous sommes au début de la saison touristique estivale.

Sur l’Etna, il est demandé aux randonneurs d’être prudents et de respecter les interdictions d’accès à la zone des cratères. Sur les basses pentes du volcan, le principal problème concerne les retombées de cendres qui mobilisent les équipes municipales pour des opérations de nettoyage et occasionnent une gêne à la population dans son ensemble. Selon la direction du vent, l’aéroport de Catane est parfois contraint de fermer, le temps de nettoyer les pistes.
A Stromboli, il est demandé aux touristes sur les plages de les évacuer s’ils observent des vagues de tsunami susceptibles d’être déclenchées par des effondrements de la Sciara del Fuogo. De telles vagues ont déjà été observées dans le passé.

Source : INGV, presse sicilienne.

Lave et cendre sur l’Etna (image webcam)

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In recent days, Mt Etna and Stromboli have simultaneously experienced an increase in activity which I described in several posts on this blog. Many people wondered whether there could be a link between these two events and, in particular, if the two volcanoes could be fed by the same magma chamber. The answer is no ! Such a situation is formally denied by INGV. Etna and Stromboli have different magmatic sources. The simultaneous activity of the last few days is just a coincidence.
The scientists stationed at INGV have had a lot of work in recent days. The eruptive activity on the two volcanoes does not present, for the moment, any major danger, but vigilance is required, especially as we are at the start of the summer tourist season.
On Mt Etna, hikers are asked to be careful and to respect the access bans to the crater area. On the lower slopes of the volcano, the main problem concerns the ashfall which mobilizes municipal teams for cleaning operations and causes inconvenience to the population as a whole. Depending on the wind direction, Catania airport is sometimes forced to close while the runways are cleaned.
At Stromboli, tourists on the beaches are asked to evacuate if they observe tsunami waves that may be triggered by collapses of the Sciara del Fuogo. Such waves have already been observed in the past.
Source: INGV, Sicilian press.