Les « pauses » dans les éruptions du Kilauea (Hawaii) // « Pauses » in the Kilauea eruptions (Hawaii)

Dans une note publiée le 1er juin 2021, j’expliquais que l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (le HVO) jouait sur les mots et refusait d’admettre que l’éruption du Kilauea était terminée, bien qu’aucune activité n’ait été observée depuis le 27 mai 2021. Les dernières mises à jour de l’observatoire indiquent que « le Kilauea n’est plus en éruption. Aucune activité de surface n’a été observée. »

Dans un nouvel article, le HVO nous informe qu' »une fenêtre de trois mois est nécessaire pour définir une « pause » dans une éruption. Cela signifie que nous devrons attendre encore 90 jours (jusqu’au 24 août 2021) pour voir si le HVO admet enfin que l’éruption est terminée… ce dont je ne suis pas sûr !!

Le HVO explique que lorsqu’un intervalle d’activité dure plus de 90 jours, il se transforme généralement (mais pas toujours) en une période de « repos volcanique » beaucoup plus longue qui peut durer plusieurs années, voire plusieurs millénaires. Toute nouvelle activité éruptive devient alors « la prochaine éruption ».

En examinant l’histoire éruptive du Kilauea depuis 1823, la fenêtre d’inactivité de 90 jours a toujours été observée, à une exception près. Une pause d’une durée de trois mois et demi s’est produite lors de l’éruption du Mauna Ulu de 1969 à 1974.

Par la suite, les pauses les plus longues sur le Kilauea ont été enregistrées au cours des trois premières années (1983-1986) de l’éruption du Pu’uO’o, période pendant laquelle 48 séquences éruptives ont été séparées par des pauses qui ont duré de plusieurs jours à plusieurs mois.

L’éruption du Kilauea Iki en 1959 a également connu des pauses de plusieurs heures à plusieurs jours entre les épisodes de fontaine de lave.

Toutes les autres « pauses » pendant les éruptions du Kilauea ont été suivies d’une reprise d’activité un mois ou moins plus tard.

Après une fenêtre d’inactivité de 90 jours lors de l’éruption de 2018, le HVO a décrété que l’éruption était terminée. Le Kilauea est ensuite entré dans une période de repos de 27 mois qui s’est terminée avec l’éruption sommitale dans le cratère de l’Halema’uma’u le 20 décembre 2020.

Source : USGS/HVO.

———————————–

In a post published on June 1st, 2021, I explained that the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) was playing with the words and refused to admit that the Kilauea eruption was over, although no activity had been observed since May 27th, 2021. The observatory’s latest updates indicate that “Kilauea Volcano is no longer erupting. No surface activity has been observed.”

In a new article, HVO informs us that “a three-month-long window is useful in defining an eruption “pause,” so that we’ll have to wait 90 days (until August 24th, 2021) to see if HVO finally admits the eruption is over…of which I am not sure!!

Next, HVO explains that when a gap in activity lasts for longer than 90 days, it typically (but not always) becomes a much longer period of volcanic rest and can stretch from years to millennia. Any new eruptive activity thus becomes “the next eruption.”

Reviewing Kilauea’s recorded history since 1823, the 90-day window of inactivity mostly holds true with one exception. A pause lasting 3.5 months occurred during the Mauna Ulu eruption of 1969–74.

The next longest pauses on Kilauea were recorded during the first three years (1983-1986) of the Pu’uO’o eruption where 48, short-lived high-fountain eruptions were separated by variable pauses that lasted days to months.

The Kīlauea Iki eruption in 1959 also had pauses lasting hours to several days between lava fountain episodes.

All other well-documented mid-eruption “pauses” during Kilauea eruptions resumed in a month or less. After a 90-day-window in the 2018 eruption, HVO determined that the eruption was over. Kilauea then entered a 2.25-year-long period of rest that ended with the summit eruption in Halema’uma’u crater that began December 20th, 2020.

Source: USGS / HVO.

Photo : C. Grandpey

Reconnaissance officielle de l’Océan Austral par le National Geographic // Official recognition of the Southern Ocean by National Geographic

Le National Geographic a annoncé le 8 juin 2021 qu’il reconnaissait officiellement l’Océan Austral comme le cinquième océan sur Terre. Cet océan entoure directement le continent antarctique et il est bordé par trois des quatre autres océans – l’Atlantique, l’Indien et le Pacifique.

Cependant, l’Océan Austral est différent des autres ; au lieu d’être défini par les terres qui l’entourent, cette surface d’eau est unique en raison du courant qui la parcourt. La limite écologique de l’Océan Austral suit la Convergence Antarctique (aussi connue sous le nom de Front Polaire), une ligne sinueuse autour du continent antarctique où se rencontrent les eaux froides antarctiques et les eaux plus chaudes des régions sub-antarctiques.

La limite latitudinale de l’Océan Austral de 60 degrés au sud est à peu près la même que le Courant Circumpolaire Antarctique (CCA), qui, selon le National Geographic, apporte une eau plus froide et moins salée que celle qui se trouve juste au nord de la région. Ce courant explique pourquoi l’écologie de l’Océan Austral est si différente et offre un habitat unique à des milliers d’espèces.

L’Océan Austral est également une composante vitale du changement climatique sur Terre. C’est le seul courant « global » sur Terre ; il utilise les eaux des océans Atlantique, Pacifique et Indien pour faire circuler la chaleur autour du globe. Le problème est qu’avec le réchauffement de la planète, l’eau du CCA se réchauffe. Le World Wildlife Fund (WWF) indique sur son site web que les températures de l’eau du courant varient entre 10 degrés Celsius et -2 degrés Celsius. Si l’Océan Austral se réchauffait de seulement 2 degrés Celsius, cela pourrait réduire la couverture de glace jusqu’à 30% dans les zones clés. Les manchots, oiseaux et autres animaux en subiraient les conséquences car ils dépendent de la glace pour se reproduire. Comme je l’ai écrit précédemment, d’énormes cavités ont été découvertes sous les plateformes glaciaires de l’Antarctique occidental. Si ces plateformes venaient à disparaître, elles ne constitueraient plus une barrière pour les glaciers en amont. Ces glaciers finiraient dans l’océan et leur fonte contribuerait à une élévation significative du niveau de la mer autour de la planète. Comme l’explique le National Geographic, l’Océan Austral est unique en ce sens que « les glaciers sont plus bleus, l’air plus froid, les montagnes plus intimidantes et les paysages plus captivants que partout ailleurs où vous pouvez aller ».

La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a également reconnu l’Océan Austral au début de l’année 2021, et le US Board on Geographic Names a reconnu l’océan en 1999. Cependant, le National Geographic a déclaré que cela fait des années que les scientifiques du monde entier essayent de se mettre d’accord pour donner un nom à cet océan. En 2000, les pays participants de l’Organisation Hydrographique Internationale (OHI) n’ont pas réussi à arriver à un consensus sur les limites proposées pour l’océan. Alors que ces limites restent sujettes à débat, de nombreux membres de l’OHI ont admis que les eaux entourant l’Antarctique sont différentes.

La reconnaissance officielle de l’Océan Austral est intervenue lors de la Journée mondiale des océans, désignée par les Nations Unies pour sensibiliser les populations au rôle crucial joué par les océans pour la vie sur Terre. Les océans, qui couvrent plus de 70 % de la surface de notre planète, produisent au moins la moitié de l’oxygène de la Terre, abritent la majorité de la biodiversité et, selon l’ONU, sont « une source essentielle de nourriture et un moteur essentiel des économies mondiales. »

Source : Yahoo News.

—————————————–

National Geographic announced on June 8th, 2021 that it is officially recognizing the Southern Ocean as the Earth’s fifth ocean. It directly surrounds Antarctica and its borders touch three of the four other oceans that exist on Earth – the Atlantic, Indian and Pacific.

However, the Southern Ocean is different from the others; rather than being largely defined by the land that surrounds it, this body of water is unique because of a current that lies within.

The ecological boundary of the Southern Ocean follows the Antarctic Convergence, a sinuous line around the Antarctic continent

The Southern Ocean’s latitudinal boundary of 60 degrees south is roughly the same boundary as the Antarctic Circumpolar Current (ACC), which, according to National Geographic, brings about colder and less salty water than what is found just north of the region. This current is what makes the ecology of the Southern Ocean so distinct, providing a unique habitat for thousands of species.

The ocean also serves as a vital component of Earth’s changing climate. It is Earth’s only global current and uses waters from the Atlantic, Pacific and Indian Oceans to transport heat around the planet. The problem is that with global warming water moving through the ACC is warming. The World Wildlife Fund (WWF) says on its website that the water’s temperatures vary between 10 degrees Celsius and -2 degrees Celsius, and that if the Southern Ocean warms just by 2 degrees, it could reduce ice coverage up to 30% in key areas. Penguins, birds and other animals rely on the ice for breeding. As I put it before, huge caves have been discovered beneath the ice shelves of West Antarctica. Should these shelves collapse, they would no longer be a barrier for the glaciers behind them. These glaciers would end up in the ocean and their melting would contribute to a significant sea level rise around the planet.

As described in National Geographic, the Southern Ocean is unique in that « the glaciers are bluer, the air colder, the mountains more intimidating and the landscapes more captivating than anywhere else you can go. »

The National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) also recognized the Southern Ocean’s designation earlier in 2021, and the U.S. Board on Geographic Names has recognized the ocean since 1999. However, National Geographic said that scientists around the world have been trying to reach an official designation for years. In 2000, participating countries of The International Hydrographic Organization (IHO) could not agree on proposed boundaries for the ocean. While the boundaries remain up for debate, many members of the IHO have reached a general consensus that the waters surrounding Antarctica are different.  The formal recognition of the Southern Ocean came on World Oceans Day, a time designated by the United Nations to raise awareness about the crucial role of the ocean for life on Earth. The world’s oceans, which cover more than 70% of the planet, produce at least half of the Earth’s oxygen, are home to the majority of the Earth’s biodiversity and, according to the U.N., are “a key source of food and a key driver of world economies.”

Source : Yahoo News.

Tests COVID-19 jusqu’au 1er juillet à l’arrivée en Islande // COVID-19 tests until July 1st to enter Iceland

Contrairement à ce qui avait été suggéré par la Première Ministre islandaise il y a quelques jours, le Ministre islandais de la Santé a décidé de conserver les mesures frontalières actuelles concernant la COVID-19 jusqu’à la fin du mois de juin.

Cela signifie que les voyageurs étrangers vaccinés devront attendre le 1er juillet s’ils veulent éviter les tests PCR à l’aéroport ou ailleurs au moment d’entrer en Islande.

Les règles actuelles, valables jusqu’à la fin juin, stipulent que toute personne non vaccinée arrivant en Islande doit présenter un certificat datant de moins de 72 heures et montrant les résultats négatifs d’un test PCR. Ces voyageurs sont alors soumis à un test PCR à leur arrivée et à nouveau cinq jours plus tard, et ils doivent rester en quarantaine jusqu’à ce qu’ils aient reçu le résultat de leur deuxième test.

Les personnes en mesure de présenter un certificat de vaccination contre la COVID-19 ou une infection antérieure, ainsi que les enfants, sont dispensées de se faire tester deux fois. Elles ne sont testées qu’une seule fois à leur arrivée en Islande et doivent attendre de recevoir le résultat de leur test pour se livrer à une activité normale.

————————————

Contrary to what had been suggested by the Icelandic Prime Minister a few days ago, the Icelandic Minister of Health has decided to keep current border measures regarding COVID-19 unchanged through the end of June. 

This means that vaccinated foreign travellers will have to wait until July 1st to avoid PCR tests at the aiport or elsewhere when the want to enter Iceland.

Present rules, good through the end of June, require anyone who arrives in Iceland to present a certificate, no more than 72 hours old, showing negative results of a PCR test. Travelers are tested for COVID-19 upon arrival and again five days later, and must remain in quarantine until they have received the result of their second test.

Only those able to present a certificate of vaccination for COVID-19 or prior infection, as well as children, are exempt from being tested twice. Instead, they must be tested only once upon arrival in the country and must follow quarantine rules until they have received the result of their test.

Eruption islandaise: plus de geyser, mais des coulées spectaculaires // Icelandic eruption : no longer a geyser, but dramatic lava flows

Comme je l’ai écrit précédemment, la lave de Fagradalsfjall ne se comporte plus comme un geyser et on n’observe plus de fontaines de lave. Une vidéo aérienne du cratère sur le site « Lavagraphy« montre qu’un lac de lave s’agite dans le cratère, avec des spectaculaires débordements.

La lave jaillit maintenant en cascades qui se précipitent souvent dans des tunnels. Malgré ce changement dans le comportement de l’éruption, les volcanologues islandais précisent que le débit éruptif reste stable à une quinzaine de mètres cubes par seconde. De semblables changements se sont déjà produits au cours de l’éruption, mais ils ne duraient généralement qu’une heure ou deux. La nouvelle situation signifie probablement que des modifications ont eu lieu dans le système fissural sous la bouche active. À en juger par sa fluidité, la lave est très chaude et a probablement sa source à grande profondeur, peut-être à 20 kilomètres sous la surface. Personne n’est en mesure de prédire l’avenir de cette éruption très spectaculaire, avec de superbes images fournies par l’une des webcams.

Source : Université d’Islande.

—————————————-

As I put it before, lava at Fagradalsfjall is no longer erupting like a geyser with lava fountains. An aerial video on the website « Lavagraphy » shows that a lava lake is sizzling in the crater, with spectacular overflows. Lava is now gushing out like a waterfall. Despite this change in the behaviour of the eruption, Icelandic volcanologists indicate that he overall flow rate remains steady at about 15 cubic metres per second. Similar changes in the eruption happened before, but usually only lasted an hour or two. The new situation probably means that changes have occurred in the fissure system beneath the active vent. Judging from its fluidity, the lava has a very high temperature and probably comes from very deep, maybe 20 kilometres beneath the surface. Nobody is able to predict the future of this very dramatic eruption, with great images provided by one of the webcams..

Source: University of Iceland.

i

Voici deux captures d’écran de la vidéo mentionnée ci-dessus. Elles permettent de se rendre compte de la taille du lac de lave et du processus de débordement. La lave se précipite dans des tunnels; le débit est parfois tellement important qu’il se produit un phénomène de refoulement.