Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde :

Des notes spéciales seront dédiées à l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion).

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Les données sismiques, infrasonores et satellitaires des deux dernières semaines n’ont montré aucun signe d’activité éruptive sur le Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska). Un épais panache de vapeur et un lac de cratère ont été observés sur les images satellites, mais aucun dépôt de cendre récent n’a été détecté. Bien que l’activité sismique reste supérieure à la normale, on ne semble pas se diriger vers une éruption à court terme. C’est pourquoi l’AVO a abaissé la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et le niveau d’alerte volcanique çà « Advisory » (Surveillance conseillée). L’activité explosive est susceptible de reprendre sans prévenir.

Source: AVO.

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Comme je l’ai écrit précédemment, la sismicité est restée élevée ces derniers jours dans la Péninsule de Reykjanes (Islande). L’IMO explique que c’est la crise sismique la plus intense jamais enregistrée dans cette partie de l’Islande depuis le début de la surveillance numérique en 1991. La sismicité s’est concentrée dans trois secteurs principaux : Eldey, Reykjanes-Svartsengi et Krýsuvík. Une inflation a persisté dans la région du Mt Thorbjorn où elle atteint environ 70 à 80 mm depuis le début du phénomène. Cependant, la récente déformation du sol est inférieure à celle de janvier et février. Il semble que le dernier épisode d’inflation ait été causé par une deuxième intrusion magmatique à une profondeur de 3 à 4 km, dans une zone à l’ouest du Mt Thorbjorn, proche du lieu où a été détectée l’intrusion au début de l’année.
Source: OMI.

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Le Semeru (Indonésie) reste bien actif. Des matériaux incandescents sont éjectés à une vingtaine de mètres au-dessus du cratère. Des blocs incandescents se détachent des fronts de coulées de lave et dévalent jusqu’à 200-750 m du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est rappelé au public de rester en dehors d’un rayon de 1 km du sommet et de 4 km sur le flanc SSE.
Source: CVGHM.

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La lave continue de s’échapper du cratère principal du Karangetang (Indonésie) et parcourt 1,8 km dans trois ravines sur les flancs SO et O du volcan. L’incandescence des deux cratères sommitaux est visible la nuit. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source: CVGHM.

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Un épisode éruptif sur le Merapi (Indonésie) a été décrit sur ce blog le 27 mars 2020.

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J’ai décrit l’activation du Stromboli (Sicile) dans deux notes publiées les 29 et 31 mars 2020. Au vu des images de la webcam INGV, il semble que l’activité effusive le long de la Sciara del Fuoco soit en déclin, mais de fortes explosions stromboliennes peuvent encore se produire au sommet du volcan.

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L’activité du Yasur (Vanuatu) est soutenue ces jours-ci, avec des émissions de cendres et / ou de gaz. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0-4). La populations et les visiteurs sont priés de se tenir à l’écart de la zone d’exclusion permanente de 395 mètres de rayon.  Source: GeoHazards.

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Here is some news about volcanic activity around the world:

Special posts will be dedicated to the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island)

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Seismic, infrasound, and satellite data over the past two weeks have shown no signs of eruptive activity at Semisopochnoi (Aleutians / Alaska). A robust steam plume and a crater lake have been seen in satellite images, but no recent ash deposits. Although seismic activity remains above background level, it does not appear to be increasing towards an eruption in the short-term. Thus, AVO has lowered the aviation colour code to Yellow and the volcano alert level to Advisory. Explosive activity could resume with little or no warning.

Source: AVO.

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As I put it before, seismicity has been elevated in the past days on the Reykjanes Peninsula (Iceland). IMO explains this period of unrest was the largest seismic crisis ever recorded in this part of the country since digital monitoring started in 1991.The seismicity occurred across three main volcanic systems: Eldey, Reykjanes-Svartsengi, and Krýsuvík. Uplift continued to be detected in the Thorbjorn area, totalling about 70-80 mm. However, the deformation rate was lower than in January and February. It looks as if the recent inflation was caused by a second magmatic intrusion at a depth of 3-4 km in an area W of Thorbjorn, close to the intrusion that occurred at the beginning of the year.

Source: IMO.

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Semeru (Indonesia) is quite active. Incandescent material is ejected 20 m above the crater. Incandescent material detaching from lava flow fronts descends 200-750 m from the crater. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is reminded to stay outside the 1-km radius from the summit and 4 km on the SSE flank.

Source: CVGHM.

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Lava continues to effuse from Karangetang’s Main Crater (Indonesia) and travels as far as 1.8 km down three drainages on the SW and W flanks. Incandescence from both summit craters is visible at night. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source: CVGHM.

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An eruptive episode on Mt Merapi (Indonesia) was described on this blog on March 27th, 2020.

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I described the activity at Stromboli (Sicily) in two posts released on March 29th and 31st. Judging from the INGV webcam images, it seems effusive activity along the Sciara del Fuoco is decreasing, but powerful strombolian events may still occur at the summit of the volcano.

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Activity at Yasur (Vanuatu) is elevated these days, with ash and/or gas emissions. The alert level remains at 2 (on a scale of 0-4). Residents and visitors are askes to keep out of the 395-m-radius permanent exclusion zone.

Source: GeoHazards.

L’éruption du Piton de la Fournaise le 2 avril 2020

(Crédit photo: SAG/PGHM)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Le volcan la pété ! // New eruption !

17 heures (heure métropole) :Après une brève crise sismique superficielle le matin du2 avril 2020, entre 8h15 et 8h51 (heure locale), et après une accalmie de plus de 3h, le tremor volcanique, synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface, a été enregistré à partir de 12h20, heure à laquelle le Piton de la Fournaise est de nouveau entré à nouveau en éruption.

D’après les enregistrements de l’OVPF, la source du tremor est localisée sur le flanc Est, à l’intérieur de l’Enclos. Un survol réalisé par les gendarmes dans l’après-midi a permis de confirmer l’ouverture d’une fissure sur ce flanc, à environ 1,7 km du centre du cratère Dolomieu aux alentours de 1900 m d’altitude. Cette fissure se situe en léger contrebas de l’éruption du 10-16 février 2020. Lors du survol, les fontaines de lave ne semblaient pas dépasser 30 mètres de hauteur. .

L’accès du public à l’Enclos Fouqué, depuis le sentier du Pas de Bellecombe ou depuis tout autre sentier, ainsi que le poser d’aéronefs dans la zone du volcan, sont interdits jusqu’à nouvel avis. La période de confinement liée à l’épidémie de COVID-19 renforce bien sûr cette interdiction.

Source : Journal de l’Ile, Réunion la 1ère.

A cause du confinement imposé par le gouvernement, je ne diffuserai pas de photos prises par des particuliers qui risqueraient de se trouver en difficulté.

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17 :00 (Paris time) : After a brief shallow seismic crisis on the morning of April 2nd, 2020, between 8:15 a.m. and 8:51 a.m. (local time), and after a lull of more than 3 hours, the volcanic tremor, synonymous with the arrival of magma near the surface, was recorded at about 12:20 p.m., when Piton de la Fournaise started erupting again.
According to OVPF records, the source of the tremor is located on the eastern flank, inside the Enclos. An overflight by gendarmes in the afternoon confirmed the opening of a fissure on this flank, about 1.7 km from the centre of the Dolomieu Crater, about 1900 m above sea level. This fissure is located slightly below the eruption of February 10-16, 2020. During the overflight, the lava fountains did not seem to exceed 30 metres in height. .
Public access to the Enclos Fouqué from the Pas de Bellecombe trail or any other trail, as well as the landing of aircraft in the volcano area, are prohibited until further notice. The lockdown linked to the COVID-19 epidemic naturally reinforces this ban.
Source: Journal de l’Ile, Réunion la 1ère.

Because of the lockdown, I will not show photos taken by private people who might have problems with the police.

Vue du site éruptif vers 15 heures (heure locale) [Crédit photo: SAG/PGHM]

Les sources chaudes de Yellowstone et le coronavirus // Yellowstone hot springs and COVID-19

Les sources chaudes et les geysers du Parc National de Yellowstone sont l’un des hauts lieux du tourisme aux États-Unis. Cependant, très peu de visiteurs savent que ces sources contiennent des éléments essentiels à la science. Une fois encore, la Nature peut aider à sauver des vies.
Au cours de cinq visites à Yellowstone – dont une avec des mesures de température pour le compte de l’Observatoire – j’ai pris des centaines de photos des geysers, des sources chaudes et des mares de boue. On me demande souvent dans mes conférences pourquoi ces sources ont des couleurs aussi vives. J’explique qu’elles sont dues aux bactéries thermophiles (elles aiment la chaleur de l’eau) qui colonisent les sources chaudes. Ces couleurs extraordinaires varient également en fonction de la température de l’eau: bleu, jaune, orange, vert
Un article très intéressant sur le site Web du National Geographic nous apprend que certaines bactéries découvertes à Yellowstone sont utilisées en science, et plus particulièrement en science médicale. Un microbiologiste a découvert un jour un microbe qui produit des enzymes capables de résister remarquablement bien à la chaleur. Aujourd’hui, ces enzymes sont un élément clé de la réaction en chaîne par polymérase – Polymerase Chain Reaction ou PCR – une méthode utilisée dans les laboratoires du monde entier pour étudier de petits échantillons de matériaux génétiques en faisant des millions de copies. Cette technique est actuellement utilisée pour augmenter le signal des virus dans la plupart des tests disponibles pour le COVID-19.
Alors que le nouveau coronavirus se propage sur toute la planète, les tests sont devenus le coeur du suivi et du ralentissement de la pandémie. Il ne faudra donc oublier que le processus de PCR, partie essentielle du test, relativement simple et rapide, a pu être réalisé grâce à un groupe de bactéries qui prospèrent dans les sources chaudes de Yellowstone.
Une autre bactérie découverte à Yellowstone est le Thermus aquaticus. Cette bactérie a révolutionné la biologie moléculaire en donnant aux scientifiques un nouvel outil pour manipuler et étudier l’ADN. Depuis la découverte de la double hélice de l’ADN en 1953, les scientifiques n’ont eu de cesse d’étudier ces minuscules molécules génétiques. Pour mieux comprendre les différents types d’ADN, les scientifiques avaient besoin d’échantillons à grande échelle.
Dans les années 1980, une nouvelle technique a été élaborée pour imiter la façon dont une cellule copie naturellement son ADN pour croître et se diviser. L’ADN doit être chauffé puis refroidi dans un cycle permanent, ce qui double plus ou moins chaque fois le nombre de copies génétiques. Le problème, c’est que dans les premières expériences, les températures élevées de chaque cycle endommageaient l’ADN polymérase nécessaire pour faire ces copies.
Les chercheurs ont réalisé qu’une enzyme des bactéries Yellowstone pouvait survivre aux cycles de chauffage et de refroidissement et accélérer le processus. Au fil des ans, de telles enzymes ont permis aux scientifiques d’automatiser le processus de copie d’ADN. Désormais, les chercheurs sont capables de produire des centaines de millions de copies génétiques en quelques heures. Le test du COVID-19 utilise ce même processus, mais en intégrant quelques étapes supplémentaires.
Ces découvertes ont permis à la science de progresser à grands pas. Les scientifiques savent maintenant que les microbes ont mis au point des techniques uniques pour pouvoir se développer dans presque tous les environnements extrêmes de la Terre, que ce soit les sources chaudes de Yellowstone ou les fumeurs noirs au fond des océans. Ces organismes contiennent une mine de mécanismes biologiques jusque-là inimaginables. Il ne reste plus q’à les découvrir et les exploiter !
Source: National Geographic.

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Yellowstone hot springs and geysers are one of the highlights of tourism in the United States. However, very few visitors realise that these springs contain elements that are critical in science. Once again, Nature can help to save lives.

Having visited Yellowstone five times – once on behalf of the Observatory to take temperature measurements –, I have hundreds of photos of the geysers, hot springs and mud pools. I am often asked in my conferences about the cause of their vivid colours. I explain that they are due to the thermophile bacteries (they love the heat of the water) that colonise the hot springs. These colours are also different according to the water temperature : blue, yellow, orange, green

An interesting article on the National Geographic website explains that certain species of bacteria have been used in science, and more particularly medical science. A microbiologist once discovered a microbe that produces unusual heat-resistant enzymes. Today, those enzymes are a key component in polymerase chain reaction, or PCR, a method used in laboratories around the world to study small samples of genetic material by making millions of copies. This technique is currently being used to boost the signal of viruses in most of the available tests for COVID-19.

As the novel coronavirus sweeps around the world, testing has become the crux of tracking and slowing the extension of the pandemic. The PCR process that is an essential part of the test is relatively simple and quick, thanks to a cluster of bacteria thriving in the thermal pools of Yellowstone.

Another example of the importance of Yellowstone bacteria is the Thermus aquaticus which has revolutionised molecular biology by giving scientists a new tool to manipulate and study DNA. Since the discovery of DNA’s double helix in 1953, scientists have grappled with the challenge of studying these tiny genetic molecules. To see and understand different types of DNA, scientists needed large scale samples.

In the 1980s, a new technique was developed to mimic the way a cell naturally copies its DNA to grow and divide. The DNA has to be heated and then cooled in a cycle again and again, each time roughly doubling the number of genetic copies. But in early experiments, the high temperatures of each cycle damaged the DNA polymerase needed to make those copies.

The researchers realised that an enzyme from the Yellowstone bacteria could survive the cycles of heating and cooling and speed up the process. Over the years, these enzymes have allowed scientists to automate the DNA-copying process. Now, researchers can produce upward of hundreds of millions of genetic copies in hours. The COVID-19 test uses this same process—but with a few additional steps.

Such discoveries have made a world of difference. Scientists now know that microbes have perfected unique ways to make a living in nearly every extreme environment on Earth, from Yellowstone’s hot pools to the black smokers of the deep sea. These organisms contain a trove of previously unimagined biologic mechanisms just waiting to be found.

Source : National Geographic.

Photos: C. Grandpey

Envoyez la musique… !

A l’issue de mes conférences Volcans et risques volcaniques et Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique, je présente un ou deux (selon le temps qui m’est imparti) diaporamas en fondu enchaîné sonorisé. J’ai beaucoup de chance car j’ai un fils musicien – Gaël – qui compose et adapte la musique aux images projetées et m’épargne par la même occasion les déclarations obligatoires à la Sacem.

De nombreuses personnes m’ont demandé si on pouvait se procurer un CD des musiques dans le commerce. La réponse est malheureusement négative et je n’ai pas encore réussir à convaincre le compositeur de se lancer dans cette voie…

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez écouter des extraits musicaux qui accompagnent les images de Yellowstone, de l’Alaska, de l’Afrique ou encore de l’Amérique du Sud…

https://soundcloud.com/gaelgrandpey

NB : A noter que les prochaines conférences prévues à Argenton-sur-Creuse et Issoudun (Indre) début avril et à Montluçon (Allier) début mai sont annulées pour cause de coronavirus.

Photos: C. Grandpey