Incendies en Australie et changement climatique // Wildfires in Australia and climate change

Les incendies de végétation continuent de faire rage en Australie. Cette année, la saison des incendies est l’une des pires de l’histoire de l’Australie. On dénombre au moins 15 morts, des centaines de maisons détruites et des millions d’hectares brûlés. Et l’été est loin d’être terminé. Comme je l’ai écrit précédemment, l’Australie a enregistré sa journée la plus chaude de tous les temps avec 41,9°C. La vague de chaleur se poursuit cette semaine dans le sud-est du pays, avec des températures qui devraient atteindre 40,5 ° C à Canberra, la capitale. Cette chaleur extrême fait suite au printemps le plus sec jamais enregistré. La plupart des régions de Nouvelle-Galles du Sud et du Queensland manquent de pluie depuis le début de l’année 2017. La sécheresse a ainsi frappé les zones agricoles les plus productives du pays.
Les médias ont indiqué que des milliers d’habitants et de vacanciers dans le sud-est de l’Australie ont été contraints de se réfugier le long des côtes car des incendies encerclaient des zones habitées en détruisant des dizaines de bâtiments. Des navires et des avions militaires ont été déployés pour fournir de l’eau, de la nourriture et du carburant aux villes coupées par le feu.
En Nouvelle-Galles du Sud, les incendies ont détruit près de 1 000 maisons. Quelque 90 incendies font actuellement rage dans l’État, avec une trentaine d’autres plus au sud dans l’Etat de Victoria. Au total, c’est une zone de la taille du Danemark qui a été dévastée. Les dépôts de particules de cendre ont teinté de marron les glaciers néo-zélandais comme le Franz Josef!
Les incendies les plus dangereux se produisent lorsque le vent chaud et sec en provenance du centre désertique du continent souffle vers les côtes où se concentre la population. Un front météorologique, là où les masses d’air à différentes densités se rencontrent, peut provoquer un changement rapide de direction du vent. Cela signifie les incendies peuvent se propager dans plusieurs directions.
Ces incendies de végétation peuvent être si violents et générer une telle chaleur qu’ils développent leurs propres systèmes météorologiques. Ces tempêtes de feu peuvent produire des éclairs, des vents forts et même des tornades. Ce qu’ils ne produisent pas, c’est la pluie. Un pompier volontaire décédé la semaine dernière a été écrasé lorsqu’une telle tornade a soulevé et renversé un camion d’intervention.

La précocité de la saison des feux de végétation a confirmé les prédictions des scientifiques: ils deviendront plus fréquents et plus intenses en Australie avec l’accélération du changement climatique. Le pays est normalement chaud et sec en été, mais le changement climatique, qui entraîne des périodes de chaleur extrême plus longues et plus fréquentes, aggrave ces conditions et rend la végétation plus sèche et plus susceptible de brûler.
Les derniers incendies ont mis l’accent sur l’incapacité du gouvernement australien à réduire les émissions de dioxyde de carbone, le gaz qui emprisonne la chaleur lorsqu’elle est rejetée dans l’atmosphère. Alors que les émissions de gaz à effet de serre continuent de monter en flèche, le pays, actuellement dirigé par une coalition conservatrice, n’a jamais réussi à parvenir à un consensus politique sur la politique énergétique et climatique. Comme je l’ai expliqué il y a quelques jours, cette politique est en partie influencée par la longue histoire minière de l’Australie et le puissant lobby du charbon.
Source: Journaux américains et australiens.

Dernière minute: D’après le Bureau of Meteorology australien (BOM), la température annuelle moyenne a atteint en Australie un niveau record depuis le début des relevés en 1910. Avec +1,52°C au-dessus de la moyenne 1960-1990, l’année 2019 devance le précédent maximum observé en 2013 avec +1,33°C. La température annuelle sur 2019 s’élève à 23,3°C, sachant que la moyenne a été de 21,8°C sur la période 1960-1990. En 1910, première année des archives, la température fut seulement de 21,3°C, soit deux degrés de moins qu’en 2019.

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Wildfires keep raging in Australia. This fire season has been one of the worst in Australia’s history, with at least 15 people killed, hundreds of homes destroyed and millions of hectares burned. And summer is far from over. As I put it before, Australia recorded its hottest day on record. The heat wave is continuing this week in southeastern Australia, with temperatures expected to reach 40.5°C in Canberra, the capital. The extreme heat has followed the driest spring on record. Most of New South Wales and Queensland have been experiencing shortfalls in rain since early 2017. The drought has hit the country’s most productive agricultural areas.

The media have informed us that thousands of residents and vacationers in southeastern Australia were forced to evacuate to shorelines as bush fires encircled communities and razed scores of buildings. Military ships and aircraft have been deployed to deliver water, food and fuel to towns cut off by the fires.

In New South Wales, the fires have destroyed nearly 1,000 homes. Around 90 fires are currently raging in the state, with about three dozen more to the south in Victoria. In total, an area the size of Denmark has been devastated.

The most dangerous fire days occur when hot, dry air blows from the desert center of the continent toward the populous coasts. A weather front — where air masses at different densities meet — can cause the direction of the wind to change rapidly. Ultimately, that means bigger fires spreading in multiple directions.

Bush fires can be so large and hot that they generate their own dangerous, unpredictable weather systems. These so-called firestorms can produce lightning, strong winds and even fire tornadoes. What they don’t produce is rain. A volunteer firefighter who died last week was crushed after a fire tornado lifted a fire truck off the ground.

 

The devastating start to the fire season confirmed what scientists have been predicting: that Australia’s bush fires will become more frequent and more intense as climate change worsens. The country is normally hot and dry in the summer, but climate change, which brings longer and more frequent periods of extreme heat, worsens these conditions and makes vegetation drier and more likely to burn.

The catastrophic fire conditions have put an intense focus on the Australian government’s failure to reduce emissions of carbon dioxide, which traps heat when released into the atmosphere. Even as emissions continue to soar, the country, currently governed by a conservative coalition, has found it difficult to reach a political consensus on energy and climate change policy. Those politics, in part, are influenced by Australia’s long mining history and its powerful coal lobby.

Source : American and Australian newspapers.

Last minute: According to the Australian Bureau of Meteorology (BOM), the average annual temperature in Australia has reached a record level since the start of the surveys in 1910. With + 1.52°C above the 1960-1990 average, 2019 is ahead of the previous maximum observed in 2013 with + 1.33°C.
The annual temperature in 2019 was 23.3°C, whereas the average was 21.8°C over the period 1960-1990. In 1910, the first year of the records, the temperature was only 21.3°C, two degrees lower than in 2019.

Incendies de végétation en Australie vus depuis l’espace à la mi décembre (Source : NASA)

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On peut voir sur cette page de Twitter plusieurs images des glaciers néo-zélandais, habituellement blancs, qui ont pris une nuance de couleur caramel.

https://twitter.com/Rachelhatesit/status/1212149468579028993

 

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité éruptive dans le monde. Elle est relativement calme en ce moment.

Le 28 décembre 2019, j’ai reçu le message suivant de l’AVO: «Au cours des derniers jours, l’activité sismique a augmenté sur le Pavlof (Aléoutiennes / Alaska). Aucune activité éruptive et aucune émission sommitale  n’ont été observées. Cependant, l’activité sismique est en hausse par rapport à la normale et nous faisons donc passer la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et le niveau d’alerte volcanique à ‘Advisory’ (surveillance conseillée). Cela ne signifie pas qu’une éruption est probable ou imminente. Cependant, on sait que les éruptions passées du Pavlof se sont produites sans prévenir ou presque. »

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S’agissant des autres volcans des Aléoutiennes, une faible activité éruptive continue sur le Shishaldin. Bien que la sismicité ait diminué, des températures de surface partivulièrement élevées sont détectées au sommet, ce qui confirme la présence d’une coulée de lave (voir image ci-dessous). Aucune émission de cendre n’a été détectée.

Aucune activité significative n’est actuellement observée dans les données sismiques du Semisopochnoi. Aucune explosion n’a été observée dans les données locales. Aucune activité n’a été détectée dans l’imagerie satellitaire.

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Comme cela se produit de temps en temps, un épisode éruptif a été observé sur le Klyuchevskoy (Kamchatka) le 29 décembre 2019. Le nuage de cendre s’est élevé jusqu’à 6 km d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.
Le problème avec l’activité éruptive des volcans du Kamtchatka est qu’elle peut affecter le trafic aérien dans la région.
Source: KVERT.

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Les observations effectuées au cours des trois derniers mois (octobre à décembre 2019) montrent que le Krakatau (Indonésie) reste actif. La hauteur de la colonne éruptive atteignait 150 à 200 m depuis le fond du cratère entre octobre à la mi-novembre 2019. Il y a eu une augmentation de la hauteur du panache les 30 et 31 décembre 2019 ; il a alors atteint 1000-2000 m de hauteur. La blancheur du nuage éruptif montre qu’il contenait essentiellement du gaz et de la vapeur d’eau.

Source : VSI.

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Au moindre soubresaut du Piton de la Fournaise, les « fous furieux du volcan » s’agitent sur l’île de la Réunion. Le réseau de capteurs GPS enregistre depuis quelques jours une petite hausse de l’inflation, aussi bien dans la zone sommitale que dans le champ lointain. Comme l’écrit l’OVPF dans ses bulletins quotidiens, cette hausse de l’inflation correspond à la mise sous pression de zones superficielles et profondes. Les concentrations en CO2 dans le sol sont toujours en augmentation depuis la fin de l’éruption du 25-27 Octobre. Elles sont en accord avec une remontée profonde de magma. La sismicité n’est pas significative. Si une éruption devait avoir lieu dans le court terme, il y a fort à parier que ce serait à nouveau un événement mineur. Il va donc falloir que les « fous furieux du volcan » fassent preuve d’un peu de patience… !!!

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Here is some news about eruptive activity around the world. It is rather quiet these days.

On December 28th, 2019, I received the following message from AVO: «  Over the past several days seismic activity has increased at Pavlof (Aleutians / Alaska). No eruptive activity or emissions from the summit have been observed. However, the seismic activity represents an increase from background levels and we are thus increasing the the Aviation Color Code and Alert Level to YELLOW/ADVISORY. This does not mean that an eruption is likely or imminent. However, past eruptions of Pavlof occurred with little or no warning. »

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As far as the othe Aleutian volcanoes are concerned, the low-level eruption at Shishaldin. Although seismicity has decreased, strongly elevated surface temperatures are detected at the summit, indicating ongoing lava effusion (see image below). No ash emissions have been detected.

Nothing significant is currently observed in seismic data at Semisopochnoi. No small explosions have been observed in local data. No activity has been detected in satellite imagery.

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As this happens from time to time, an eruptive episode was observed on Klyuchevskoy (Kamchatka) on December 29th, 2019. The ash cloud rose up to 6 km a.s.l. The aviation colour code remains at Orange.

The problem with eruptive activity at Kamchatka volcanoes is that it may affect air traffic in the region.

Source: KVERT.

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Observations performed in the past three months (October to December 2019) show that Krakatau (Indonesia) remains active. The height of the eruptive column reached 150 to 200 m from the bottom of the crater between October to mid-November 2019. There was an increase in the height of the plume on December 30th and 31st, 2019; it then reached 1000-2000 m in height. The whiteness of the eruptive cloud shows that it mainly contained gas and water vapour.
Source: VSI.

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At the slightest jolt from Piton de la Fournaise, the « volcano’s crazy folks » get nervous on Reunion Island. The network of GPS sensors has recorded a small increase in inflation in recent days, both in the summit area and in the far field. OVPF indicates in its daily updates that this rise in inflation is the result of pressure in both deep and shallow areas. CO2 concentrations in the ground have been increasing since the end of the October eruption, in accordance with deep magma ascent. Seismicity is not significant. Should an eruption occur in the short term, it would probably be a minor event. As a consewquence the  » the volcano’s crazy folks » will have to be patient … !!!

Image satellite  du Shishaldin le 26 décembre 2019 (Source : Sentinel-2 / ESA)