Eruption sur l’Ile Fernandina (Galapagos / Equateur)! // Eruption on Fernandina Island (Galapagos / Ecuador)!

C’est la loi des séries ! Après l’éruption du Taal (Philippines) et l’agitation du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion), c’est au tour du volcan La Cumbre, sur l’île inhabitée de Fernandina aux Galapagos (Equateur) de s’offrir en spectacle. Comme d’habitude dans cette partie du globe, l’éruption qui a débuté le 12 janvier 2020 consiste en émissions de lave basaltique fluide. Selon les dernières informations, une fissure s’est ouverte le long du flanc sud-est du volcan et une coulée de lave descend vers la côte.

On connaît la valeur écologique de l’île Fernandina car ses écosystèmes abritent des espèces uniques telles que des iguanes terrestres et marins, des serpents, des rats endémiques, des cormorans et des pingouins.

S’agissant de la sismicité, un événement de M 4,7 a été enregistré à 16h42 (heure locale) le 12 janvier 2020 et a été suivi de 29 répliques de magnitude inférieure à M 3,1.

La précédente éruption de La Cumbre a eu lieu du 16 au 18 juin 2018.

Source : Parc National des Galapagos.

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It’s the law of series! After the eruption of Taal (Philippines) and the unrest at Piton de la Fournaise (Reunion Island), it is up to La Cumbre volcano, on the uninhabited island of Fernandina in Galapagos (Ecuador) to offer a volcanic show. As usual in this part of the globe, the eruption – which started on January 12th, 2020 – consists of the emission of fluid basaltic lava. According to the latest information, a fissure opened along the south-eastern flank of the volcano and a lava flow is dtravelling towards the coast.
Fernandina Island has a ligh environmental value because its ecosystems are home to unique species such as land and marine iguanas, snakes, endemic rats, cormorants and penguins.
Regarding seismicity, an M 4.7 event was recorded at 4:42 p.m. (local time) and was followed by 29 aftershocks with a magnitude less than M 3.1.
The previous La Cumbre eruption took place from June 16th to 18th, 2018.
Source: Galapagos National Park.

Volcan La Cumbre vu depuis l’ISS (Source : NASA)

Volcan Taal (Philippines) : Un sacré pétard ! // A very dangerous explosive volcano

Il va falloir suivre avec attention l’évolution de l’éruption du Taal car l’histoire du volcan montre qu’il peut être particulièrement méchant. Voici un résumé de ce que j’écrivais dans mon livre « Killer Volcanoes », aujourd’hui épuisé.

Plusieurs évents éruptifs parsèment le fond du Lac Taal au centre duquel se dresse Volcano Island. Cette île, d’un diamètre d’environ cinq kilomètres, a été le siège des dernières éruptions.

Une population importante s’est installée autour du Lac Taal, facile d’accès depuis la capitale, et très prisé des Philippins qui apprécient sa beauté. De plus, de nombreuses fermes d’élevage de poissons ont envahi les lieux de sorte que l’île voit sa population augmenter régulièrement, malgré l’interdiction d’installation de structures permanentes décrétée par le PHILVOCS.

L’éruption de 1911 est la plus meurtrière de l’histoire du Taal. Précédées d’une forte sismicité,  de violentes explosions précèdent l’éruption proprement dans l’évent central du volcan avec de puissants épisodes explosifs phréatiques. Le vacarme des détonations est perçu à 500 kilomètres. Elles sont accompagnées de surges ou déferlantes basales qui  entraînent la mort de 1334 personnes. La cendre retombe en abondance sur les villages situés autour de la caldera. La couche atteint une épaisseur de 25 à 80 cm. Poussée par le vent, elle arrive jusqu’à Manille.

L’éruption de 1965 se produit dans le secteur du cône Tabaro, petit évent adventif sur le flanc sud-ouest de l’île. Elle débute le 28 septembre par des explosions modérées qui deviennent phréatomagmatiques et particulièrement violentes. La nouvelle bouche éjecte des matériaux jusqu’à 20 kilomètres d’altitude. Il ne fait aucun doute que l’on assiste à une redoutable éruption plinienne qui s’accompagne de déferlantes basales extrêmement rapides qui se déplacent jusqu’à 4 km de distance et déclenchent des tsunamis. Des villages sur les berges du lac sont détruits et deux cents personnes périssent dans le cataclysme.

La dernière éruption de 1977 débute le 3 octobre dans la partie nord-est du cratère formé en 1976. On observe de faibles émissions de cendre qui incitent les autorités à faire évacuer la population de l’île bien que cette activité explosive soit relativement modérée. Le panache le plus haut s’élève à seulement cinq cents mètres au-dessus du volcan. Aucune victime n’est à déplorer.

Ces différents événements expliquent les appels à la prudence et les mises en garde du PHIVOLCS. Déferlantes basales et tsunamis font partie de l’histoire du Taal et sont appelés à se reproduire un jour ou l’autre.

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Situation le 13 janvier 2020 à 7 heures (heure française): Le dernier bulletin du PHIVOLCS indique que l’éruption du Taal continue et que la sismicité reste élevée, ce qui traduit la poursuite de l’intrusion magmatique sous l’édifice volcanique.

Malgré l’éruption, l’aéroport international de Manille, situé à 65 km du volcan, a repris ses activités. Il est toutefois demandé aux passagers de s’assurer auprès de leurs compagnies que les vols sont maintenus.

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12 heures : Dans sa dernière mise à jour de16 heures- heure locale (9 heures – heure française), le PHIVOLCS indique qu’après un bref déclin de l’activité, l’éruption du Taal a repris de plus belle avec de petites  fontaines de lave sporadiques et une activité phréato-magmatique dans le Cratère Principal. Elle a généré des panaches de vapeur et de cendre d’environ 2 km de hauteur. De nouvelles bouches éruptives se sont ouvertes sur le flanc nord, donnant naissance à des fontaines de lave de 500 mètres de hauteur.
Depuis la dernière mise à jour, d’importantes retombées de cendre ont affecté plusieurs zones au sud-ouest de Volcano Island.
Le PHIVOLCS rappelle au public que cette cendre peut causer des problèmes de santé. Il est conseillé à la population d’éviter l’inhalation de la cendre et d’utiliser des masques ou un chiffon humide pour se rendre à l’extérieur des maisons. Les automobilistes doivent conduire avec une extrême prudence car la cendre peut entraîner une mauvaise visibilité et, lorsqu’elle est mouillée, rendre les routes glissantes.
La sismicité reste élevée avec plusieurs événements ressentis par la population. Comme je l’ai expliqué précédemment, une telle activité sismique intense correspond probablement à la poursuite d’une intrusion magmatique sous l’édifice volcanique, avec le risque d’une activité éruptive plus intense.

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The evolution of the Taal eruption will have to be monitored carefully because the history of the volcano shows that it can be particularly nasty. Here is a summary of what I wrote in my book « Killer Volcanoes« , now out of print.

Several eruptive vents dot the bottom of Taal Lake at the centre of which stands Volcano Island. This island, about five kilometres in diameter, has been the site of the latest eruptions.
A large population settled around Lake Taal, easily accessible from the capital, and very popular with Filipinos who appreciate its beauty. In addition, many fish farms have invaded the area so that the population of the island increased regularly, despite the ban on the installation of permanent structures decreed by PHILVOCS.

The 1911 eruption was the deadliest in the history of Taal. Preceded by strong seismicity, violent explosions preceded the eruption itself in the central vent of the volcano with powerful phreatic explosive episodes. The noise of detonations could be heard 500 kilometres away. They were accompanied by surges which caused the deaths of 1334 people. Huge amounts of ash fell in on the villages located around the caldera. The layer was up to 25 to 80 cm thick. Pushed by the wind, it reached Manila.

The 1965 eruption occurred in the area of ​​the Tabaro cone, a small adventive vent on the southwest flank of the island. It began on September 28th with moderate explosions which became phreatomagmatic and particularly violent. The new vent ejected materials up to 20 km a.s.l. It was undoubtedly a dreadful plinian eruption accompanied by extremely rapid surges that travelled as far as 4 km and triggered tsunamis. Villages on the banks of the lake were destroyed and two hundred people perished in the disaster.

The last eruption of 1977 began on October 3rd in the northeastern part of the crater formed in 1976. There were low ash emissions which incited the authorities to evacuate the population of the island although this explosive activity was relatively moderate. The tallest plume rose five hundred metres above the volcano. No casualties were reported.

These various events explain PHIVOLCS’ calls to caution and  warnings. Surges and tsunamis are part of the history of Taal Volcanoand are bound to happen again sooner or later.

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Latest news at 7 a.m. (French time): The latest PHIVOLCS bulletin indicates that the Taal eruption continues and that seismicity remains elevated, which indicates magmatic intrusion is going on beneath the volcanic edifice.
Despite the eruption, Manila International Airport, located 65 km from the volcano, has resumed operations. Passengers are however requested to check with their companies to ensure that flights are maintained.

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Midday noon: In its 4 p.m. update, PHIVOLCS indicates that after a brief waning of activity, Taal’s eruption resumed immediately with weak sporadic lava fountaining and phreatomagmatic activity at the Main Crater that generated steam-laden plumes approximately 2 km tall. New lateral vents have opened up on the northern flank releasing 500m lava fountains.

Since the last update, heavy ashfall from the ongoing eruptions of Taal has reportedly fallen in several areas southwest of the volcano island.

PHIVOLCS reminds the public that ashfall can cause health problems. Affected populations are advised to avoid inhalation of ash and use facemasks or wet cloth or towel when going outdoors. Motorists are advised to drive with extreme caution as ash can cause poor visibility and, when wet, can make roads slippery.

Seismicity is still high with several events felt by the population. As I put it before, such intense seismic activity probably signifies continuous magma intrusion beneath the Taal edifice, which may lead to more intense eruptive activity.

Crédit photo: Wikipedia

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Toujours pas d’éruption ! // Still no eruption!

Dans son dernier bulletin du 13 janvier 2020, l’OVPF indique que suite à la courte crise enregistrée le 7 janvier dernier, l’activité sismique s’est poursuivie sous le Piton de la Fournaise avec 8, 9, 11 et 1 séismes volcano-tectoniques superficiels enregistrés sous les cratères sommitaux les 8, 9, 10 et 11 janvier.

Une nouvelle crise sismique a été enregistrée le 12 janvier sous la zone sommitale du volcan avec 41 événements superficiels. Au total, 51 séismes ont été enregistrés au cours de cette même journée.

Aucune déformation rapide de la surface du sol n’a été enregistrée au cours de cette crise, ce qui montre que le magma n’a pas quitté le réservoir magmatique superficiel qui continue toutefois à se pressuriser comme le montre la poursuite de l’inflation de l’édifice.

L’OVPF précise que ce processus de pressurisation peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que de déclenche une éruption. Il peut aussi s’arrêter sans donner lieu à brève échéance à une éruption.

L’éruption n’était donc pas aussi « imminente » que cela. Les « fous furieux du volcan » vont devoir faire preuve de patience…

Source : OVPF.

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In its latest bulletin of January 13th, 2020, OVPF indicates that following the short crisis recorded on January 7th, seismic activity continued beneath Piton de la Fournaise with 8, 9, 11 and 1 shallow volcano-tectonics earthquakes recorded under the summit craters on January 8, 9, 10 and 11.
A new seismic crisis was recorded on January 12th under the summit area with 41 shallow events. A total of 51 earthquakes were recorded during that same day.
No rapid deformation of the soil surface was recorded during this crisis, which shows that magma has not yet left the surface reservoir which continues to pressurize as shown by the continued inflation of the edifice.
OVPF specifies that this pressurization process can take several days to several weeks before triggering en eruption. It can also stop with no eruption in the short term.
This means that an eruption was not really « imminent » and « the crazy folks of the volcano » will have to be patient …
Source: OVPF.

Photo: C. Grandpey