L’Argentine protège ses glaciers // Argentina protects its glaciers

La Cour suprême argentine a réaffirmé le 4 juin 2019 la constitutionnalité de la loi pour la protection des glaciers. Cette décision remet en cause 44 projets d’exploitation minière et touche directement les intérêts politiques et économiques du pays. Cette décision de la Cour suprême est un revers pour les géants de l’exploitation aurifère. En effet, la loi pour la protection des glaciers interdit toute exploitation minière dans des espaces protégés. Les sociétés Barrick Gold et Minera Argentina Gold, qui avaient déposé en 2011 une plainte auprès de la Cour fédérale pour rendre inconstitutionnelle cette loi, ont été déboutées.
Il faut savoir que 75 % des 2 % d’eau douce de la planète proviennent des glaciers. En Argentine 8 484 km2 sont concernés par des projets d’exploitation minière détruisant des glaciers. En 2007, à l’initiative de la Ministre argentine de l’Environnement, le gouvernement avait fait voter une loi de protection des espaces glaciers; elle est entrée en vigueur en 2010, devenant ainsi la première loi de ce type au monde. La société canadienne Barrick Gold, acteur majeur de l’exploitation minière sur le territoire argentin, avait déposé une plainte auprès de la Cour fédérale afin de faire réviser la loi et ainsi poursuivre certaines de ses activités, qui avaient été suspendues. Depuis, même si la loi est restée en vigueur, elle est peu appliquée et les ONG et associations écologistes militent pour en faire respecter les principes.
Cela fait huit ans que les militants écologistes attendent que la justice se prononce sur cette question. Ils espèrent que la loi ne restera pas lettre morte, mais rien n’est moins sûr dans un pays émergent comme l’Argentine, où l’extraction minière est au cœur des intérêts économiques et politiques. Depuis 2010, les multinationales de l’extraction ont tout fait pour freiner l’application de la loi et ont continué leurs activités, notamment dans la mine d’or et d’argent à ciel ouvert de Veladero, dans la province de San Juan. Propriété de Barrick Gold depuis 2005, le site a également connu le plus grand accident minier du pays, en 2015. L’effondrement d’un bloc de glace avait provoqué la fuite d’une solution de cyanure, polluant ainsi cinq cours d’eau. La catastrophe ne s’était pourtant pas soldée par la fermeture du site.
Aujourd’hui, les projets d’exploitation continuent de se multiplier. Sur le papier, les textes prévoient l’obligation d’un inventaire de tous les glaciers argentins. Des études de terrain sont également censées être réalisées avant tout projet et ce dans un délai de 180 jours. Le problème, c’est que cette réglementation est gangrenée par la corruption. Des glaciologues réalisent les études, mais ils travaillent également pour les entreprises. Au final, ils ont imposé une mesure minimale pour qu’un glacier soit considéré comme tel, laissant ainsi une marge de manœuvre aux entreprises pour exploiter une partie de ces glaciers.

Source: Libération.

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On 4 June 2019, the Argentinean Supreme Court reaffirmed the constitutionality of the law for the protection of glaciers. This decision calls into question 44 mining projects and directly affects the political and economic interests of the country. This decision of the Supreme Court is a setback for the gold mining giants. Indeed, the law for the protection of glaciers prohibits all mining in protected areas. The Barrick Gold and Minera Argentina Gold companies, which filed a complaint in 2011 with the Federal Court to make the law unconstitutional, were dismissed.
You should know that 75% of the 2% of fresh water on the planet comes from glaciers. In Argentina 8 484 square kilometres are affected by mining projects destroying glaciers. In 2007, at the initiative of the Argentine Minister of the Environment, the government had passed a law protecting glacial spaces; it came into force in 2010, becoming the first law of its kind in the world. The Canadian company Barrick Gold, a major player in mining in Argentina, had filed a complaint with the Federal Court to have the law reviewed and to continue some of its activities, which had been suspended. Since then, even though the law has remained in force, it has not been applied enough and environmental NGOs and associations are campaigning to uphold its principles.
For eight years environmental activists have been waiting for justice to rule on this issue. They hope that the law will not remain a dead letter, but nothing is less certain in an emerging country like Argentina, where mining is at the heart of economic and political interests. Since 2010, multinational extractive companies have done everything to curb law enforcement and have continued to operate, including in the Veladero open-pit gold and silver mine in the province of San Juan. Owned by Barrick Gold since 2005, the site also experienced the largest mining accident in the country, in 2015. The collapse of a block of ice caused a solution of cyanide to escape, polluting five rivers . The disaster did not end in the closure of the site.
Today, the projects of exploitation continue to multiply. On paper, the texts provide for the obligation of an inventory of all Argentine glaciers. Field studies are also supposed to be carried out before any project and within 180 days. The problem is that this regulation is riddled with corruption. Glaciologists do the studies, but they also work for the companies. In the end, they imposed a minimum measure for a glacier to be considered as such, leaving a margin of maneuver for companies to exploit some of these glaciers.

Source: Liberation.

Le Perito Moreno est l’un des glaciers les plus populaires en Argentine. Comme ses homologues à travers le monde, il subit les effets du réchauffement climatique. (Crédit photo: Wikipedia)

Quel comportement adopter pendant un séisme? // How to behave during an earthquake?

Le Great Hawaii ShakeOut est un événement annuel de sensibilisation et de préparation aux séismes qui se tient chaque année le troisième jeudi d’octobre à Hawaii. C’est l’occasion de s’exercer à se protéger lors d’un séisme. Un tel événement est justifié ; en effet, depuis 1868, plus de 30 séismes de M 6,0 ou plus ont secoué l’archipel hawaiien ; le plus récent a été enregistré le 4 mai 2018 (M 6.9), il est donc important pour les habitants d’Hawaï de savoir quel comportement adopter quand le sol se met à remuer.
Dès la première secousse, on ne peut pas savoir si le séisme va devenir plus intense. Le meilleur comportement est donc, dans tous les cas, de s’accroupir, se protéger et ne pas bouger (Drop! Cover! and Hold On!). Il faut :
S’accroupir, avant que le séisme fasse trébucher et tomber.
Se protéger en se mettant sous un bureau ou une table solide.
Rester sous cette protection et accepter de subir les secousses jusqu’à la fin du séisme.
Si une table ou un bureau ne se trouve pas à proximité, il est conseillé de s’accroupir et de se couvrir la tête et le cou avec les mains et les bras. Si possible, il est aussi recommandé de ramper jusqu’à un coin de la pièce. Rester dans une position accroupie pour protéger les organes vitaux et se tenir prêt à bouger si nécessaire. En cas de difficulté à s’accroupir, adopter la position la plus basse possible, protéger la tête et le cou et s’éloigner des fenêtres ou de tout autre objet susceptible de vous atteindre.

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Voici comment se protéger dans des situations spécifiques (Les conseils qui suivent peuvent être suivis dans toute partie du monde en cas de séisme) :

Si on se trouve  à l’intérieur d’un bâtiment: rester à l’intérieur et s’accroupir, se protéger et attendre (Drop! Cover! and Hold On!) que les secousses cessent. Ne pas se déplacer vers un autre endroit ou essayer de sortir du bâtiment. Sortir du bâtiment peut être plus dangereux que rester à l’intérieur car les murs extérieurs et les fenêtres s’effondrent souvent pendant un séisme. Essayer de marcher ou de courir pendant un puissant séisme peut également entraîner des blessures graves en cas de chute.

Si on est au lit: Si on est au lit, y rester et ne pas bouger. Se protéger la tête avec un oreiller. On est moins susceptible d’être blessé en restant au lit. Des bris de verre sur le sol ont causé des blessures à des personnes qui ont roulé par terre ou ont essayé d’atteindre une porte.

Si on est à l’extérieur: essayer d’atteindre une zone dégagée, à condition de pouvoir le faire en toute sécurité. Éviter les falaises abruptes, les lignes électriques, les arbres, les enseignes, les bâtiments, les véhicules et autres dangers.

Si on est près d’un rivage: s’accroupir, se protéger et attendre que les fortes secousses cessent. Se diriger ensuite rapidement vers un point haut car le séisme peut avoir provoqué un tsunami. Atteindre immédiatement un lieu situé à au moins 30 mètres au-dessus du niveau de la mer ou à un kilomètre à l’intérieur des terres. Ne pas attendre que les autorités émettent un signal d’alerte, car une vague peut survenir avant que les sirènes d’alerte ne retentissent. Il est conseillé de marcher plutôt que de conduire pour éviter la circulation, les débris provoqués par le séisme et d’autres dangers. S’éloigner des falaises abruptes en raison d’éventuelles chutes de pierres après le séisme.

Au volant: Arrêter le véhicule sur le bord de la route et serrer le frein à main. Éviter les ponts, les lignes électriques, les falaises abruptes, les viaducs, les panneaux de signalisation et autres dangers. Rester à l’intérieur du véhicule jusqu’à la fin des secousses. Si une ligne électrique tombe sur la voiture, rester à l’intérieur jusqu’à ce qu’une personne compétente retire le câble potentiellement sous tension

En fauteuil roulant: Bloquer les roues du fauteuil et rester assis jusqu’à ce que le séisme cesse. Se protéger la tête et le cou avec les bras, un oreiller, un livre ou tout autre objet à portée de main.

Dans une école : Restez dans la salle de classe et s’accroupir, se protéger et attendre, de préférence sous un bureau ou une table solide. Y demeurer jusqu’à la fin des secousses. Ne jamais sortir en courant pendant un séisme.

Dans un gratte-ciel : S’accroupir, se protéger et attendre. Éviter les fenêtres et autres dangers. Ne pas utiliser les ascenseurs. Ne pas être surpris si des systèmes d’arrosage anti-incendie ou des alarmes incendie se déclenchent.

Dans un magasin: Chaque fois que l’on entre dans un magasin, il est conseillé de prendre un moment pour regarder autour de soi et noter ce qui se trouve au-dessus et autour et qui pourrait bouger ou tomber en cas de séisme. Dès que les secousses commencent, s’accroupir, se protéger et attendre la fin du séisme. Un chariot ou un porte-vêtements peut offrir une certaine protection. Si on doit s’éloigner d’objets lourds situés sur les étagères hautes il est préférable d’avancer en rampant sur la distance nécessaire pour se mettre en sécurité. Ensuite, utiliser son discernement pour rester en sécurité.

Dans un stade ou un cinéma: Rester assis ou s’accroupir entre les rangées de fauteuils. Se protéger la tête et le cou avec les bras. Ne pas essayer de partir avant la fin des secousses. Sortir ensuite lentement en surveillant tout ce qui pourrait tomber au cours d’une réplique.

En dessous d’un barrage: Les barrages peuvent être ébranlés lors d’un séisme majeur. Une rupture catastrophique est peu probable, mais si on habite en aval d’un barrage, il est bon de connaître les informations sur les zones inondables et préparer un plan d’évacuation.

Idée reçue: On pense souvent qu’il faut se placer dans l’embrasure d’une porte en cas de séisme. Cette idée a sa source dans un séisme en Californie. Une photo montrait une maison totalement effondrée avec un chambranle de porte épargné par l’événement. De là est née la conviction qu’une porte est l’endroit le plus sûr en cas de tremblement de terre. Cela est vrai si on habite dans une vieille maison en pierre ou en maçonnerie renforcée. En revanche, dans les habitations modernes, les portes ne sont pas plus résistantes aux séismes que toute autre partie de la maison. On est plus en sécurité sous une table.

Pour plus d’informations sur ce qu’il faut faire lors d’un séisme, il est conseillé de consulter les pages suivantes:
Great ShakeOut https://www.shakeout.org/hawaii/

S’accroupir! Se protéger! Attendre! www.dropcoverholdon.org

Earthquake Country Alliance   www.earthquakecountry.org/dropcoverholdon

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The Great Hawaii ShakeOut is an annual earthquake awareness and preparedness event held on the third Thursday in October in Hawaii. It is an opportunity to practice protecting yourself during an earthquake. Such an event is justified; indeed, since 1868, more than 30 M 6.0 or greater earthquakes have rattled the Hawaiian Islands, most recently on May 4th, 2018 (M6.9), so it’s important for Hawaii residents to know (and practice) what to do when the ground shakes.

You cannot tell from the initial shaking of an earthquake if it will suddenly become intense, so the best behaviour is…always, and immediately, Drop! Cover! and Hold On!

DROP to the ground (before the earthquake drops you!)

Take COVER by getting under a sturdy desk or table

HOLD ON to your shelter and be prepared to move with it until the shaking stops

If a table or desk is not near you, drop to the ground and cover your head and neck with your hands and arms.  If possible, crawl to an inside corner of the room.  Stay in a crawling position to protect your vital organs and to be ready to move if necessary. If you have difficulty dropping safely to the floor on your own, get as low as possible, protect your head and neck, and move away from windows or other items that can fall on you.

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Here is how to protect yourself in specific situations: (The advice that follows goes for earthquakes in all parts of the world)

If you are inside a building:  Stay inside, and Drop! Cover! Hold on!  until the shaking stops.  Do not move to another location or outside. Moving outside can put you in greater danger than staying inside because exterior walls and windows often collapse.  Trying to walk or run during strong shaking can also result in serious injury if you fall.

If you are in bed: If you are in bed, stay there.  Hold on and protect your head with a pillow. You are less likely to be injured by staying in bed. Broken glass on the floor has caused injuries to those who have rolled to the floor or tried to get to a doorway.

If you are outdoors: Move to a clear area if you can safely do so. Avoid steep cliffs, power lines, trees, signs, buildings, vehicles, and other hazards.

If you are near the shore: Drop! Cover! Hold On! until the strong shaking stops. Then, walk quickly to higher ground as a tsunami might have been generated by the earthquake. Immediately move to land that is at least 30 metres above sea level, or one kilometre inland. Do not wait for officials to issue a warning as a wave could reach you before warning sirens can sound. Walk, rather than drive, to avoid traffic, earthquake debris, and other hazards.  Stay away from steep cliffs due to potential post-quake rockfalls.

If you are driving: Pull over to the side of the road, stop, and set the parking brake. Avoid bridges, power lines, steep cliffs, overpasses, signs, and other hazards. Stay inside your vehicle until the strong shaking is over. If a power line falls on the car, stay inside until a trained person removes the wire.

If you are in a wheelchair:  Lock your wheels and remain seated until the shaking stops.  Protect your head and neck with your arms, a pillow, a book, or whatever is available.

If you are in school:  Stay inside your classroom, and Drop! Cover! Hold on! beneath a desk or sturdy table.  Remain there until the shaking stops.  Do not run outside during an earthquake.

In a high-rise: Drop! Cover!  Hold On! Avoid windows  and other hazards. Do not use elevators. Don’t be surprised if sprinkler systems or fire alarms activate.

In a store: Whenever you enter a retail store, take a moment to look around and note what is above and around you that could move or fall during an earthquake. As soon as shaking starts, Drop! Cover! and Hold On! A shopping cart or clothing rack can provide some protection.  If you must move to get away from heavy items on high shelves, drop to the ground first and crawl only the shortest distance necessary.  Then use your best judgment to stay safe.

In a stadium or theater: Stay at your seat or drop to the floor between rows and protect your head and neck with your arms. Don’t try to leave until the shaking is over.  Then walk out slowly watching for anything that could fall in an aftershock.

Below a dam: Dams can fail during a major earthquake.  Catastrophic failure is unlikely, but if you live downstream from a dam, you should be aware of flood-zone information and prepare an evacuation plan.

Myth:  Stand in a Doorway. An enduring image from a California earthquake is a collapsed adobe home with the door frame as the only standing part. From this came the belief that a doorway is  the safest place to be during an earthquake.  This is true if you live in an old, unreinforced adobe or stone house.  But, in modern houses, doorways are no stronger than any other part of the house. You are safer under a table.

For more information on what to do during an earthquake, please see these webpages:

Great ShakeOut  https://www.shakeout.org/hawaii/

Drop! Cover! Hold On!   www.dropcoverholdon.org

Earthquake Country Alliance   www.earthquakecountry.org/dropcoverholdon

Image proposée par l’USGS et montrant quel comportement adopter en cas de séisme