Islande :Ce n’est qu’un début! // Iceland : It’s just the beginning!

Pour la plupart d’entre nous, l’Islande est le symbole de la Nature à l’état pur, une espèce de temple qui ne saurait être profané. Malheureusement, cela ne semble pas être l’opinion de tout le monde. En lisant la presse islandaise, on apprend que « les robots et l’énergie géothermique devraient permettre à une entreprise canadienne d’extraire de l’or «de façon écologique» dans ce pays. »

La société St-Georges Eco-Mining étudie la possibilité d’extraction de l’or sur plusieurs sites en Islande, notamment à Þormóðsdalur, à 20 km à l’est de Reykjavík. La société insiste sur le fait que l’accent sera mis sur la protection de l’environnement.

Des études sont encore nécessaires pour savoir si les gisements d’or islandais sont suffisamment rentables pour pouvoir être exploités. La société prévoit d’investir plus de 3 millions d’euros dans ces études au cours des prochaines années et ajoute que les travaux n’affecteront que très peu l’environnement. Par exemple, à Þormóðsdalur, les gens se rendront à peine compte que l’activité minière a commencé. St-Georges Eco-Mining prévoit de réutiliser tous les matériaux extraits du sol pendant l’exploitation minière. Ils seront utilisés dans la construction et pour la fabrication du béton. La société a annoncé dans un communiqué de presse le mois dernier qu’elle avait acquis tous les permis d’exploitation minière en Islande, ce qui lui donne l’exclusivité  dans le pays. Outre l’or, St-Georges Eco-Mining détient également des droits d’exploration pour l’argent et le cuivre. Les licences minières couvrent une superficie de plus de 4 600 kilomètres carrés à travers le pays, par exemple à Vopnafjörður dans le nord-est de l’Islande; à Öxnadalur dans le nord du pays, et à Þormóðsdalur.

Source: Iceland Review.

Je crains fort que ce qui est censé être une « exploration minière écologique » au début devienne rapidement une exploitation minière à grande échelle en Islande et dans l’Arctique dans son ensemble avec la fonte de la glace et le dégel du pergélisol. Plusieurs pays ont déjà exprimé leur intérêt pour les minéraux qui se cachent sous la calotte glaciaire du Groenland. Outre l’or, St-Georges Eco-Mining prévoit également l’extraction du cuivre et de l’argent. Des exemples ailleurs dans le monde montrent que ces mines sont loin d’être respectueuses de l’environnement!

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Une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule. Le site Iceland Review nous apprend que la montagne de Hjörleifshöfði et la plage de sable noir qui l’entoure ont été vendues à deux sociétés, une islandaise et une allemande. Elles prévoient d’extraire et de vendre du sable destiné au décapage et à la fabrication de ciment. Le matériau sera principalement exporté à la vente. Les anciens propriétaires du terrain disent avoir tenté à plusieurs reprises et sans succès de vendre cette terre historique à l’État islandais qui n’a manifesté aucun intérêt.

Hjörleifshöfði est une montagne de 221 mètres de haut qui domine une plaine de sable noir, près de la pointe sud de l’Islande, à environ 15 kilomètres à l’est de la ville de Vík í Mýrdal. Son nom est celui de l’un des premiers colons islandais, Hjörleifr Hróðmarsson, qui s’y installa à la fin du 9ème siècle, et on dit qu’il y serait enterré.

La zone (d’une superficie de plus de 11 000 hectares) achetée par les deux sociétés comprend les montagnes de Hjörleifshöfði et Hafursey. Elle s’étend depuis le glacier Kötlujökull jusqu’à la mer et se compose principalement d’étendues de sable. La Route n°1, traverse le site. Les sociétés prévoient d’ouvrir deux mines de sable pour commencer, et peut-être plus par la suite. Elles ont déjà conclu des accords avec d’autres propriétaires fonciers de la région concernant le traitement de la matière première.

Les deux compagnies affirment qu’elles donneront la priorité à l’environnement. Elles disent avoir l’intention de développer le tourisme sur place afin d’attirer les Islandais et les étrangers. A voir!

Source: Iceland Review.

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To most of us, Iceland is the symbol of pure Nature, a sort of temple that should not be desecrated. Unfortunately, this does not seem to be everybody’s opinion. Reading the Icelandic newspapers, we learn that robots and geothermal energy are expected to help a Canadian company produce “eco-friendly” gold in this country.

St-Georges Eco-Mining is exploring the possibility of gold mining at several locations in Iceland, including at Þormóðsdalur, 20 km east of Reykjavík. The company insists that their emphasis will be put on the protection of the environment

Research is still needed to find out whether Iceland’s gold deposits are large or concentrated enough to be mined. The company expects to spend more than 3 million euros over the next few years on finding out and adds the operation would be “minimally invasive.” For instance, they say that in Þormóðsdalur, people will hardly see when mining activity starts. The company plans to make use of all materials extracted from the ground during mining. After the gold is extracted, the remaining material will be used in building material and concrete.

St-Georges Eco Mining announced in a press release last month that it had acquired all Icelandic mineral licences in Iceland, giving it total control over all the mineral rights in the country. Besides gold, the company also holds exploration rights for silver and copper in Iceland. The mining licences cover a total area of over 4,600 square kilometres in locations across the country, including Vopnafjörður, Northeast Iceland; Öxnadalur, North Iceland; and Þormóðsdalur.

Source: Iceland Review.

I do fear that what will be alled eco-friendly mining at the beginning will rapidly become large-scale mining in Iceland and the Arctic as a whole with the melting of the ice and the thawing of permafrost. Several countries have already expressed interest in the minerals hidden beneath Greenland’s ice cap. Beside gold, St-Georges Eco-Mining also expects to mine copper and silver. Examples elsewhere in the world show that these mines are far from being eco-friendly!

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Bad news never comes alone. The Iceland Review website informs us that Hjörleifshöfði Mountain and the black sand beach surrounding it have been sold to two companies, one Icelandic and one German. They plan to mine and sell sand from the location for use in sandblasting and cement making. The material will mostly be exported for sale. The land’s previous owners say they made several unsuccessful attempts to sell the historic property to the Icelandic state which did not show any interest.

Hjörleifshöfði is a 221-metre tall mountain located on a black sand plain, near the southernmost tip of Iceland, some 15 kilometres east of the town of Vík í Mýrdal. It was named by one of the first legendary settlers of Iceland, Hjörleifr Hróðmarsson, who settled there at the end of the ninth century, and he is said to be buried on it.

The land area (over 11,000 hectares) bought by the two companies includes both Hjörleifshöfði and Hafursey mountains. It stretches from Kötlujökull glacier down to the sea and consists mostly of sand plains. The Ring Road, or Route 1, passes through the land.

The companies plan to set up two sand mines on the land to begin with, though possibly more in the future. They have already made agreements with other landowners in the area regarding processing of the raw materials.

The companies assert that environmental considerations are paramount. They say they have plans to develop tourism at the location to attract local and foreign tourists. Wait and see!

Source: Iceland Review.

Après la géothermie, l’Islande sera-t-elle livrée à l’industrie minière? (Photo : C. Grandpey)

L’Argentine protège ses glaciers // Argentina protects its glaciers

La Cour suprême argentine a réaffirmé le 4 juin 2019 la constitutionnalité de la loi pour la protection des glaciers. Cette décision remet en cause 44 projets d’exploitation minière et touche directement les intérêts politiques et économiques du pays. Cette décision de la Cour suprême est un revers pour les géants de l’exploitation aurifère. En effet, la loi pour la protection des glaciers interdit toute exploitation minière dans des espaces protégés. Les sociétés Barrick Gold et Minera Argentina Gold, qui avaient déposé en 2011 une plainte auprès de la Cour fédérale pour rendre inconstitutionnelle cette loi, ont été déboutées.
Il faut savoir que 75 % des 2 % d’eau douce de la planète proviennent des glaciers. En Argentine 8 484 km2 sont concernés par des projets d’exploitation minière détruisant des glaciers. En 2007, à l’initiative de la Ministre argentine de l’Environnement, le gouvernement avait fait voter une loi de protection des espaces glaciers; elle est entrée en vigueur en 2010, devenant ainsi la première loi de ce type au monde. La société canadienne Barrick Gold, acteur majeur de l’exploitation minière sur le territoire argentin, avait déposé une plainte auprès de la Cour fédérale afin de faire réviser la loi et ainsi poursuivre certaines de ses activités, qui avaient été suspendues. Depuis, même si la loi est restée en vigueur, elle est peu appliquée et les ONG et associations écologistes militent pour en faire respecter les principes.
Cela fait huit ans que les militants écologistes attendent que la justice se prononce sur cette question. Ils espèrent que la loi ne restera pas lettre morte, mais rien n’est moins sûr dans un pays émergent comme l’Argentine, où l’extraction minière est au cœur des intérêts économiques et politiques. Depuis 2010, les multinationales de l’extraction ont tout fait pour freiner l’application de la loi et ont continué leurs activités, notamment dans la mine d’or et d’argent à ciel ouvert de Veladero, dans la province de San Juan. Propriété de Barrick Gold depuis 2005, le site a également connu le plus grand accident minier du pays, en 2015. L’effondrement d’un bloc de glace avait provoqué la fuite d’une solution de cyanure, polluant ainsi cinq cours d’eau. La catastrophe ne s’était pourtant pas soldée par la fermeture du site.
Aujourd’hui, les projets d’exploitation continuent de se multiplier. Sur le papier, les textes prévoient l’obligation d’un inventaire de tous les glaciers argentins. Des études de terrain sont également censées être réalisées avant tout projet et ce dans un délai de 180 jours. Le problème, c’est que cette réglementation est gangrenée par la corruption. Des glaciologues réalisent les études, mais ils travaillent également pour les entreprises. Au final, ils ont imposé une mesure minimale pour qu’un glacier soit considéré comme tel, laissant ainsi une marge de manœuvre aux entreprises pour exploiter une partie de ces glaciers.

Source: Libération.

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On 4 June 2019, the Argentinean Supreme Court reaffirmed the constitutionality of the law for the protection of glaciers. This decision calls into question 44 mining projects and directly affects the political and economic interests of the country. This decision of the Supreme Court is a setback for the gold mining giants. Indeed, the law for the protection of glaciers prohibits all mining in protected areas. The Barrick Gold and Minera Argentina Gold companies, which filed a complaint in 2011 with the Federal Court to make the law unconstitutional, were dismissed.
You should know that 75% of the 2% of fresh water on the planet comes from glaciers. In Argentina 8 484 square kilometres are affected by mining projects destroying glaciers. In 2007, at the initiative of the Argentine Minister of the Environment, the government had passed a law protecting glacial spaces; it came into force in 2010, becoming the first law of its kind in the world. The Canadian company Barrick Gold, a major player in mining in Argentina, had filed a complaint with the Federal Court to have the law reviewed and to continue some of its activities, which had been suspended. Since then, even though the law has remained in force, it has not been applied enough and environmental NGOs and associations are campaigning to uphold its principles.
For eight years environmental activists have been waiting for justice to rule on this issue. They hope that the law will not remain a dead letter, but nothing is less certain in an emerging country like Argentina, where mining is at the heart of economic and political interests. Since 2010, multinational extractive companies have done everything to curb law enforcement and have continued to operate, including in the Veladero open-pit gold and silver mine in the province of San Juan. Owned by Barrick Gold since 2005, the site also experienced the largest mining accident in the country, in 2015. The collapse of a block of ice caused a solution of cyanide to escape, polluting five rivers . The disaster did not end in the closure of the site.
Today, the projects of exploitation continue to multiply. On paper, the texts provide for the obligation of an inventory of all Argentine glaciers. Field studies are also supposed to be carried out before any project and within 180 days. The problem is that this regulation is riddled with corruption. Glaciologists do the studies, but they also work for the companies. In the end, they imposed a minimum measure for a glacier to be considered as such, leaving a margin of maneuver for companies to exploit some of these glaciers.

Source: Liberation.

Le Perito Moreno est l’un des glaciers les plus populaires en Argentine. Comme ses homologues à travers le monde, il subit les effets du réchauffement climatique. (Crédit photo: Wikipedia)

L’or et l’argent de la Nouvelle Zélande // Gold and silver in New Zealand

drapeau francaisLe Lac Taupo se trouve au centre de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande. C’est la caldeira d’un immense volcan qui a été actif pendant près de 300 000 ans. Il a produit deux des plus violentes éruptions de l’histoire. Une première très violente explosion a eu lieu il y a 26 500 ans. Elle a été suivie d’une autre il y a 1800 ans. Le volcan fait partie d’un ensemble en forme de V de bouches volcaniques et de sources chaudes connu sous le nom de Zone Volcanique de Taupo (TVZ) qui étend sur environ 350 km.
Des scientifiques américains et néo-zélandais ont découvert d’énormes réserves inexploitées d’or et d’argent à l’intérieur de plusieurs réservoirs surchauffés situés dans une chaîne de volcans de la TVZ. Selon eux, les panaches magmatiques chauffent l’eau et donnent naissance à des réservoirs et des sources extrêmement chaudes et acides qui dissolvent la roche environnante. Au cours de ce processus, l’eau se charge en métaux précieux comme l’or et l’argent. Les géologues ont détecté jusqu’à 18 réservoirs volumineux, jusqu’à 3 km de profondeur avec, à l’intérieur, d’énormes quantités de ces métaux. Ils estiment qu’un seul puits foré dans le réservoir qui se trouve sous la centrale géothermique de Rotokawa, dans la région de Waikato sur l’île du Nord, pourrait produire jusqu’à 2,7 millions de dollars (2,3 millions d’euros) d’or par an. Des puits forés dans les réservoirs sous les centrales géothermiques de Rotokawa et de Mokai (qui se trouve à proximité de Rotokawa) pourraient produire jusqu’à huit tonnes d’argent par an, soit une valeur d’environ 3,6 millions de dollars (3,1 millions d’euros). Toutefois, les scientifiques ajoutent qu’une nouvelle technologie devra être mise au point pour extraire les métaux précieux sans interférer avec la production d’énergie géothermique.
Pour expliquer la formation de ces métaux précieux, les chercheurs font remarquer que l’eau riche en chlorure naît dans des réservoirs souterrains et est chauffée à des températures allant jusqu’à 400 ° C. La chaleur intense et la chimie de l’eau dans ces réservoirs font passer dans l’eau l’or et l’argent contenus dans le magma et les roches environnantes. Dans certaines sources chaudes où l’eau bouillonne à la surface, on trouve des concentrations élevées d’or et d’argent autour des bassins. Les roches sous la surface contiennent certes un peu d’or et d’argent, mais les chercheurs affirment que les concentrations sont plus élevées dans les réservoirs d’eau. Ils ont relevé des concentrations d’or atteignant 20 parties par milliard et des concentrations d’argent de 2000 parties par milliard. À partir du réservoir de Rotokawa à lui seul, ils estiment qu’on pourrait obtenir environ 70 kilogrammes d’or par an.
Les chercheurs ont indiqué dans la revue Géothermie que les métaux précieux se déposent à la surface de certaines sources chaudes comme la célèbre Champagne Pool à Waiotapu. Les beaux précipités de couleur orange et jaune qui bordent la source contiennent de l’arsenic, du mercure, du soufre, de l’antimoine et du thallium, ainsi que de très fortes concentrations d’or et d’argent.

Peut-être une ruée vers l’or en Nouvelle Zélande dans les prochaines années…..
Source: Mail Online.

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drapeau anglaisLake Taupo lies at the centre of New Zealand’s North Island and is the caldera of a huge volcano that has been active for nearly 300,000 years. It has produced two of the most violent eruptions in history when it exploded violently around 26,500 years ago and again 1,800 years ago. It is part of a V-shaped range of volcanic vents and springs known as the Taupo Volcanic Zone (TVZ) that stretches over about 350 kilometres..

U.S and New Zealand scientists have discovered huge untapped reserves of gold and silver inside the super-heated reservoirs within a string of volcanoes within the TVZ. They say magma plumes are heating the water to produce scalding hot acidic reservoirs and springs that are dissolving the surrounding rock. This is leading the water to become loaded with precious metals like gold and silver. Geologists have found up to 18 enormous reservoirs of water, up to 3 km deep, that contain huge amounts of these metals. They estimate a single well drilled into the reservoir beneath Rotokawa Geothermal Power station Waikato, on New Zealand’s North Island, could yield up to 2.7 million dollars (2.3 million euros) of gold a year. What is more, wells drilled into both the reservoirs beneath Rotokawa and nearby Mokai geothermal power stations could produce up to eight tons of silver a year – about 3.6 million dollars (3.1 million euros) worth. However, they warn that new technology would need to be developed to extract the precious metals without interfering with geothermal energy production.

The researchers say chloride rich water forms in underground reservoirs and gets heated to temperatures of up to 400°C. The intense heat and chemistry of the water in these reservoirs causes gold and silver to move from the surrounding rocks and magma into the water. At a few locations where the water bubbles to the surface in hot springs high concentrations of gold and silver can be found around their scalding pools. While the rocks beneath the surface also contain some gold and silver, the researchers say the concentrations in the water reservoirs are higher. They found gold concentrations as high as 20 parts per billion and silver reached 2,000 parts per billion. From the Rotokawa reservoir alone they estimate they could obtain about 70 kilograms of gold a year.

Writing in the journal Geothermics, the researchers indicated that the precious metals deposit at the surface in a few hot springs among which the Champagne Pool at Waiotapu is probably the best known. The nice orange and yellow precipitates that line the pool contain arsenic, mercury, sulphur, antimony, and thallium, plus very high concentrations of gold and silver.

There might be a gold rush in New Zealand in the years to come…

Source: Mail Online.

Champagne Pool: Un nouvel Eldorado?  (Photos:  C. Grandpey)