Aso (Japon) & Agung (Indonésie)

Après une première manifestation le 16 avril 2019, le Mont Aso (Japon) a connu une autre éruption mineure le 18 avril. Comme le 16 avril, l’éruption a eu lieu dans le cratère Nakadake N ° 1, avec un nuage de cendres atteignant 400 mètres de hauteur. Le niveau d’alerte est maintenu à 2 sur une échelle de 5. L’accès est interdit dans les zones situées à 1 km autour du cratère.
Source: JMA.

Le Mont Agung (Bali / Indonésie) a connu un nouvel épisode éruptif le 21 avril 2019 à 3h21 du matin. Le nuage de cendre est monté à environ 2 000 mètres au-dessus du cratère, avec des retombées sur plusieurs localités situées sous le vent, notamment Klungkung, Bangli, Denpasar, Badung et Tabanan. Cependant, l’éruption n’a pas affecté le trafic de l’aéroport international de Bali. Des masques ont été distribués à la population.
Le niveau d’alerte est maintenu à 3 sur une échelle de 4. Les habitants et les touristes ne doivent pas pénétrer dans la zone de danger d’un rayon de 4 km autour du cratère.
Source: The Jakarta Post.

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After a first eruptive event on April 16th, 2019, Mount Aso (Japan) went through another minor eruption on April 18th. Like on April 16th, the eruption started at the No.1 Nakadake Crater, with an ash cloud up to 400 metres above the crater. The alert level is kept at 2 on a scale of 5. Access is prohibited to areas 1 km around the crater.

Source: JMA.

Mount Agung (Bali / Indonesia) went through another eruptive episode on April 21st, 2019 at 3:21 a.m. The ash cloud rose to about 2000 metres above the crater, with ashfall on several downwind municipalities including Klungkung, Bangli, Denpasar, Badung and Tabanan. However, the eruption did not affect the operations of Bali’s international airport. Masks were distributed to residents.

The alert level is kept at 3, on a scale of 4. Residents and tourists should not enter the danger zone within a 4-kilometer radius from the crater.

Source: The Jakarta Post.

Vue de l’Aso (Crédit photo: F. Gueffier)

Eruption de l’Agung (Crédit photo: VSI)

Réchauffement climatique: La Mer de Béring en danger // Global warming : The Bering Sea in danger

Au cours de l’hiver dernier, on n’a jamais vu aussi peu de glace de mer dans la Mer de Béring. Les modèles climatiques ont prédit qu’il y aurait moins de glace dans les prochaines années, mais pas dès maintenant. Il est évident que le réchauffement climatique est en train de s’accélérer dans cette région et dans l’Arctique en général.

La glace empêche normalement les vagues de se former et de venir s’écraser sur le rivage, ce qui protège les villages pendant les tempêtes. Le problème, c’est qu’elles n’ont pas joué leur rôle protecteur cette année. En février, les vents du sud-ouest ont apporté de l’air chaud, de sorte que la glace de mer s’est transformée en bouillie de neige qui a fondu avant de disparaître. Lorsqu’une tempête a frappé Norton Sound le 12 février 2019, l’eau – qui n’était plus entravée par la glace – a remonté le fleuve Yukon. : elle a pénétré dans Kotlik, un village Eskimo situé sur la côte nord-ouest de l’Alaska, et inondé les maisons proches du rivage.
Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, les morses et les phoques utilisent la glace de mer pour se reposer et mettre bas. Les villageois utilisent la glace de mer pour les chasser. La glace de mer est également l’habitat préférentiel des ours polaires. Les algues qui s’accrochent au dessous de la glace de mer prolifèrent au printemps avant de dépérir et de tapisser le fond de l’océan, constituant ainsi une nourriture aux palourdes et autres coquillages qui, à leur tour, deviennent la proie des baleines grises, des morses et des phoques. Grâce à la glace de mer, on assiste à l’apparition de toute une chaîne alimentaire.
La glace de mer joue également un rôle au niveau des poissons destinés à être commercialisés. La zone d’eau froide établie par la glace de mer permet depuis des lustres la concentration des bancs de morues du Pacifique et de goberges (aussi appelé colin ou lieu d’Alaska) dans le sud-est de la Mer de Béring. Des études récentes ont révélé de fortes concentrations de morues du Pacifique et de goberges dans le nord de la Mer de Béring, mais l’espèce censée être présente dans la région, la morue polaire, se fait rare.
Il ne fait guère de doute que les changements intervenus dans l’atmosphère et l’océan sont dus au réchauffement climatique de la planète. Après que la glace de mer ait commencé à se former en novembre comme elle le fait d’habitude, des vents chauds ont soufflé en février et l’ont fait disparaître dans sa quasi totalité entre le nord de la mer de Béring et le détroit de Béring jusqu’à la mer des Tchouktches.
Le US Fish and Wildlife Service et le National Park Service avaient déjà détecté des problèmes au début de l’été dernier. Les habitants de la région ont fait état d’oiseaux de mer très amaigris ou morts, en particulier des guillemots de Troïl qui peuvent épuiser leurs réserves de graisse et mourir de faim après trois jours sans manger ; ils parcourent des centaines de kilomètres pour trouver des bancs de poissons ou du krill et n’ont apparemment pas réussi à trouver leur pitance. Des pétrels tempête, des fulmars, des puffins, des mouettes tridactyles, des stariques cristatelles et des macareux ont également péri.
Le plus important maintenant est de savoir si l’eau de mer plus chaude permettra aux algues nocives de vivre suffisamment longtemps pour permettre aux mollusques et crustacés de les absorber et de les transmettre aux mammifères marins et aux humains. Les biologistes marins se demandent si les toxines ont joué un rôle dans la mort des oiseaux marins en affectant leur capacité à se nourrir.
Source: Médias de l’Alaska.

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The Bering Sea last winter saw record-low sea ice. Climate models predicted less ice, but not this soon. The ice normally prevents waves from forming and locks onto beaches, walling off villages. But not this year. In February, southwest winds brought warm air and turned thin sea ice into « snow cone ice » that melted or blew off. When a storm pounded Norton Sound on February 12th, water surged up the Yukon River and entered Kotlik, a Yupik Eskimo village on Alaska’s northwest coast, flooding low-lying homes.

Walruses and seals use sea ice to rest and give birth. Villagers use sea ice to hunt them. Sea ice is the primary habitat of polar bears. Algae that clings to the bottom of sea ice blooms in spring, dies and sinks, sending an infusion of food to clams, snails and sea worms on the ocean floor, the prey of gray whales, walruses and bearded seals.

Sea ice also affects commercially valuable fish. The wall of cold water historically has concentrated Pacific cod and walleye pollock in the southeastern Bering Sea. Recent surveys made by researchers revealed high concentrations of Pacific cod and walleye pollock in the northern Bering Sea, but the species that was supposed to be there, Arctic cod, was hardly found.

It is likely that atmosphere and ocean changes are due to climate change. When sea ice in November began forming as usual, warm winds in February mostly cleared the northern Bering Sea of sea ice through the Bering Strait into the Chukchi Sea.

The U.S. Fish and Wildlife Service and the National Park Service early last summer detected trouble. Resident called with reports of emaciated and dead seabirds. Common murres, which can use up fat reserves and starve after three days without eating, fly hundreds miles to find fish schools or krill but were washing up dead on shore. Forktail storm petrels, fulmars, shearwaters, kittiwakes, auklets and puffins also died.

Of immediate concern is whether warmer water will allow harmful algae containing toxins to stay viable long enough for shellfish to eat them and pass toxins to marine mammals and people. Seabird experts wonder if toxins played a role in recent seabird deaths by affecting their ability to forage.

Source : Alaskan news media.

  

Evolution de la glace de mer dans l’Arctique (Source : NSIDC)

A propos des séismes lents // About slow-slip earthquakes

Dans une note intitulée « Les séismes lents du Kilauea, publiée le 28 mars 2018, j’expliquais que des séismes sont enregistrés périodiquement sur le flanc sud du Kilauea. Le HVO les attribue au glissement lent de l’édifice volcanique dans l’Océan Pacifique. Les Anglosaxons les ont baptisés « slow-slip earthquakes », « séismes lents » en français. Ces événements ne sont pas l’apanage du Kilauea ; on les observe ailleurs dans le monde.

Les scientifiques néo-zélandais de GNS Science (à l’origine Institute of Geological and Nuclear Sciences) surveillent un événement sismique lent qui a débuté fin mars 2019 près de Gisborne, au large de la côte est de l’Ile du Nord. Une séquence sismique semblable a déjà été observée dans ce même secteur en mars 2010.
Les séismes lents sont assez fréquents dans cette partie de la Nouvelle-Zélande, en raison de la subduction de la Plaque Pacifique qui se déplace vers l’ouest et plonge sous la Plaque Australienne.

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous aurez des explications sur les séismes lents. Le document est en anglais. Vous trouverez ci-dessous une traduction en français pour vous aider à comprendre cet important chapitre de la sismologie.

https://youtu.be/xgk2zBvdOgw

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In a post entitled « Kilauea Volcano Slow Earthquakes, published on March 28th, 2018, I explained that earthquakes are recorded periodically on the southern flank of Kilauea. HVO attributes them to the slow slide of the volcanic edifice in the Pacific Ocean. Anglosaxons called them « slow-slip earthquakes », « séismes lents » in French. These events are not exclusive to Kilauea; they are observed elsewhere in the world.

GNS scientists are monitoring a slow-slip event that started at the end of March 2019 near Gisborne, off the east coast of North Island, New Zealand. A similar seismic event was observed in the same area in March 2010.

Slow-slip events are quite common in this part of New Zealand, due to the subducting Pacific Plate moving westward under the Australian Plate,

By clicking on this link, you will learn more about slow-slip earthquakes :

https://youtu.be/xgk2zBvdOgw

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Définition d’un séisme lent.

En Nouvelle Zélande, les plaques tectoniques Pacifique et Australienne entrent en contact le long d’une série de lignes de failles. Au niveau de l’Ile du Nord, dans un processus de subduction, la plaque Pacifique plonge en direction de l’ouest sous la côte orientale de l’Ile du Nord, au niveau de la Fosse et Zone de Subduction de Hikurangi qui constitue la faille la plus importante et la plus active de Nouvelle Zélande. Les deux plaques tectoniques se déplacent l’une vers l’autre le long de cette faille. Dans la partie la plus profonde de la Zone de Subduction de Hikurangi, les roches sont plus chaudes et les deux plaques peuvent se déplacer l’une contre l’autre lentement et de manière continue. En revanche, à des profondeurs moindres, les plaques ont des bords moins réguliers et leur frottement provoque par moment des blocages. Les contraintes s’accumulent alors dans la zone de blocage. Au bout de quelques années, la situation se débloque pour un temps et c’est alors que se produit un séisme lent avec libération des contraintes et de l’énergie qui s’étaient accumulées.

Un séisme lent ressemble à un séisme classique dans la mesure où il y a libération d’énergie le long d’une zone de faille, mais cette libération d’énergie se fait sur des semaines ou des mois, alors que pour un séisme classique c’est une affaire de secondes. Les systèmes GPS renseignent sur le déplacement du sol.

Les séismes sur les zones de subduction.

Parfois, le mouvement des plaques n’est pas lent, mais soudain et rapide, ce qui provoque des séismes. De puissants séismes peuvent se produire après que deux plaques soient restées bloquées pendant longtemps, des siècles ou des millénaires. Au cours de ce laps de temps de blocage très long, il s’accumule suffisamment de contraintes et d’énergie le long de la faille jusqu’au moment où une rupture se produit. Les plaques se déplacent alors rapidement l’une contre l’autre en provoquant un séisme.

Un déplacement lent des plaques peut-il provoquer un séisme majeur ?

Les déplacements lents des plaques tectoniques se produisent souvent en limite de plaques dans des zones où se déclenchent les séismes classiques. Les scientifiques cherchent à savoir dans quelle mesure un déplacement lent des plaques peut contribuer à augmenter les contraintes dans la zone de blocage entre deux plaques et si cela peut avoir une influence sur les ruptures de plaques qui déclenchent les puissants séismes.

Le jour où les scientifiques parviendront à comprendre la relation entre le déplacement lent des plaques et le déclenchement des séismes, un grand pas aura été franchi dans le domaine de la prévision sismique. Il est utile de noter que de nombreux déplacements lents de plaques en Nouvelle Zélande n’ont pas déclenché de puissants séismes.

Sur le document, au bout de 2’58’’, on nous montre sur une carte une importante zone de blocage qui recouvre la partie centrale et inférieure de l’Ile du Nord de la Nouvelle Zélande. C’est là que s’accumulent les contraintes et l’énergie susceptibles de provoquer un nouveau séisme à l’avenir. A proximité de cette zone, on peut en voir une autre où se produit un déplacement lent des plaques.

C’est le rôle de GNS Science d’étudier ces phénomènes qui se produisent en Nouvelle Zélande, mais aussi ailleurs dans le monde.

Capture d’écran de trois images de la vidéo. Elles illustrent le frottement des plaques tectoniques, leur blocage, et l’accumulation de contraintes et d’énergie (Source : GNS Science).

Le Stromboli s’agite // Stromboli is quite active

Hier 18 avril 2019, un visiteur de mon blog a attiré mon attention sur l’activité du Stromboli qui, selon lui, était en hausse. C’est vrai que les superbes images en direct de la webcam Skyline permettent d’avoir une belle vue du volcan qui est en train de se racler le gosier. En effet, de volumineux panaches de cendre s’échappent à intervalles rapprochés de l’un des cratères situé, semble-t-il dans la partie centrale de la terrasse cratérique, mais aussi du cratère NE d’où s’échappent parfois les traditionnelles gerbes incandescentes typiques de l’activité strombolienne. A noter que les deux cratères se manifestent parfois ensemble. On perçoit aussi de temps à autre de fortes détonations.

Il est dommage que le site de l’INGV ne fonctionne pas. Au vu des sismomètres, on pourrait avoir une idée de l’intensité des événements.

En voyant ces panaches de cendre du Stromboli, je me dis que ce serait  l’occasion de tester les systèmes de détection élaborés à la suite de l’éruption de l’Eyjafjoll (Islande) en 2010 et qui, semble-t-il, n’ont pas connu se suite concrète dans les aéronefs…

Voici quelques captures d’écran de la webcam qui donnent une idée de l’activité du Stromboli en ce moment:

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Yesterday 18 April 2019, a visitor of my blog drew my attention to the activity of Stromboli which, in his opinion, was increasing. It is true that the greal live images of the Skyline webcam offer a beautiful view of the volcano which is clearing its throat. Indeed, voluminous ash plumes are coming out at short intervals from one of the craters located, it seems, in the central part of the crater terrace, but also from the NE vent NE from which sometimes ejects the traditional incandescent materials typical of Strombolian activity. The two vents are sometimes acting together. One can also hear occasional strong explosions.
It is a pity that the INGV website should not work. In view of the seismometers, one could have an idea of ​​the intensity of the events.
Seeing these ash plumes of Stromboli, I think it would be an opportunity to test the detection systems developed in the wake of the eruption of Eyjafjoll (Iceland) in 2010 and which, it seems, have not known concrete applications in aircraft …

Here are a few screenshots of the webcam that give a good idea of the current volcanic activity:

Le site web de l’INGV est d nouveau opérationnel. On peut voir que le Stromboli est bien actif, sans que les événements atteignent une intensité exceptionnelle.

Source: INGV