Volcans du monde // Volcanoes around the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde. Pas d’événements majeurs à signaler au cours des derniers jours.

Au Kamchatka, le Sheveluch a connu un nouvel épisode éruptif le 10 avril 2019, avec un panache de cendre qui est monté jusqu’à 10 km d’altitude. Cet événement fait partie de l’activité habituelle de ce volcan.

Le niveau d’alerte pour ce volcan est maintenu à l’Orange.

S’agissant des autres volcans du Kamchatka, le niveau d’alerte du Karymsky et de l’Ebeko est Orange. Celui du Bezymianny et du Klyuchevskoy est Jaune.

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A noter en ce moment en Sicile « Etna 1669. Histoires de lave« .

Du 4 mars au 14 juillet 2019, sous l’égide de la Présidence de la région Sicile, se dérouleront des manifestations culturelles et scientifiques dans le cadre d’un événement intitulé »Etna 1669. Histoires de lave » consacré à la grande éruption de l’Etna au 17ème siècle, la plus dévastatrice et la mieux documentée pour l’époque.
Le programme de l’événement, également organisé par l’INGVde Catane, prévoit de nombreux événements avec la participation de toutes les municipalités impliquées dans l’événement historique.

Vous trouverez le programme (en italien) en cliquant sur ce lien :

http://comunicazione.ingv.it/images/news/news/Programma_Rassegna_eventi_Etna_1669_Storie_di_lava.pdf

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Dans ses dernières mises à jour, le CENAPRED indique que quelques dizaines (émissions de vapeur sont observées quotidiennement sur le Popocatepetl (Mexique). Elles s’accompagnent de gaz volcaniques et de petites quantités de cendre.
Un survol du volcan a été effectué le 8 avril, mais il n’a pas été possible de confirmer ou infirmer la présence d’un nouveau dôme de lave dans le cratère en raison de la couverture nuageuse et de la forte émission de vapeur et de gaz dans la zone du cratère. Bien que l’activité explosive ait diminué ces derniers jours, le CENAPRED souligne qu’il ne fat absolument pas s’approcher du volcan, en particulier près du cratère et, en cas de fortes pluies, s’éloigner des ravines à cause du risque de lahars.
Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune Phase 3.

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Comme cela arrive de temps en temps, la température du lac du cratère du Ruapehu (Nouvelle-Zélande) augmente à nouveau, ainsi que le tremor volcanique. Au cours des cycles de hausse de température précédents, cette augmentation du tremor a duré de quelques jours à plusieurs semaines.
Depuis 2009, la température du lac a souvent oscillé entre 15 et 45°C sur une période d’environ 12 mois. Cependant, en septembre 2018 et pendant les six mois suivants, la température du lac est restée à environ 30°C. Au cours des deux dernières semaines, la température a encore augmenté, à raison d’environ 0,5°C par jour, pour atteindre 42°C le 9 avril 2019.
Dans le passé, les éruptions du Ruapehu se sont souvent produites lorsque le lac dépassait 45°C. Cependant, une température de 46°C a été enregistrée en 2016, sans qu’une éruption se produise.
Le niveau d’alerte volcanique reste à 1.
Le dernier épisode éruptif du Ruapehu a eu lieu le 25 septembre 2007 avec un VEI de 3. La dernière éruption majeure a débuté le 16 juin 1996 et a duré jusqu’au 1er septembre de la même année. Elle avait un VEI de 3.
Source: GNS Science, The Watchers.

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Here is some news about volcanic activity around the world. No major events have benn observed during the past days.

Sheveluch (Kamchatka) went through a new eruptive episode on April 10th, 2019, with an ash plume up to 10 km above sea level. This event is part of the usual activity of the volcano.

The Aviation Colour Code remains Orange.

As far as the other volcanoes of Kamchatka are concened, the colour code is Orange as well for Karymsky and Ebeko. It is Yellow for Bezymianny and Klyuchevskoy.

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Right now in Sicily: « Etna 1669. Stories of lava« .
From 4 March to 14 July 2019, under the aegis of the Presidency of the Sicily Region, cultural and scientific events will take place during an event entitled « Etna 1669. Stories of lava » dedicated to the great eruption of tMount Etna in the 17th century. It was the most devastating and best documented for the time.
The program of the event, also organized by the INGV of Catania, provides for many events with the participation of all municipalities involved in the historic event.
You will find the program (in Italian) by clicking on this link:
http://comunicazione.ingv.it/images/news/news/Programma_Rassegna_eventi_Etna_1669_Storie_di_lava.pdf

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In its latest updates, CENAPRED indicates that a few tens of exhalations are identified daily at Popocatepetl (Mexico). They are accompanied by volcanic gases and small amounts of ash.
An overflight of the volcano was performed on April 8th but it was not possible to corroborate or discard the presence of a new lava dome in the crater because of the intense cloudiness, in addition to a high emission of steam and gases in the crater area. Although explosive activity has decreased in the past days, CENAPRED emphasizes that people should not go near the volcano, especially near the crater, and in case of heavy rains leave the bottoms of ravines because of the danger of lahars.
The alert level is kept at Yellow Phase 3.

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As this happens from time to time, temperature at Ruapehu’s crater lake (New Zealand) is again increasing, together with moderate levels of volcanic tremor. In previous heating cycles, this increased tremor lasted for a few days to several weeks.

Since 2009, the lake temperature has often ranged between 15 and 45°C over a period of about 12 months. However, in September 2018 and for the following 6 months the lake temperature remained at about 30°C. Over the last two weeks, the lake temperature has risen further, at a rate of around 0.5 °C per day, to 42 °C on April 9th, 2019.

In the past, eruptions at Ruapehu have occurred more often when the lake exceeded 45°C. However, a temperature of 46°C was recorded in 2016 with no eruption.

The Volcanic Alert Level remains at 1.

Ruapehu’s last eruptive episode took place on September 25, 2007 with a VEI of 3. The last major eruption started on June 16th, 1996, and lasted until September 1st of the same year. It had a VEI of 3.

Source: GNS Science, The Watchers.

L’activité du Popocatepetl en graphiques (Source: CENAPRED)

Lac de cratère du Ruapehu (Photo: C. Grandpey)

La pollution du Kilauea à Hawaii // The pollution of Kilauea Volcano in Hawaii

La fin de l’éruption du Kilauea en septembre 2018 s’est accompagnée d’une diminution considérable de la quantité de dioxyde de soufre (SO2) émis par le volcan. Cela a permis de pouvoir bénéficier à nouveau d’un ciel magnifique au-dessus de la Grande Ile d’Hawaï, en particulier dans sa partie ouest où la pollution volcanique connue sous le nom de vog avait été régulièrement observée au cours des dernières années.
Au plus fort de l’éruption dans la Lower East Rift Zone (LERZ) en 2018, alors que les émissions de gaz volcaniques et la pollution étaient à leur plus haut niveau, une équipe scientifique a travaillé en relation avec le HVO et les services sanitaires de l’État d’Hawaï pour étudier le niveau de pollution de l’air générée par l’éruption.
Les chercheurs ont échantillonné des particules volcaniques et des gaz le long de la LERZ, en particulier au niveau de la Fracture n°8, de l’entrée de la lave dans l’océan et sur divers sites sous le vent. Pour déterminer la nature et la composition de la pollution volcanique, des échantillons ont été prélevés par aspiration de l’air à travers des filtres, au niveau du sol et de l’air, et à l’aide de drones.
Les particules minuscules déposées sur les filtres ont ensuite été analysées en laboratoire pour en déterminer la composition chimique et ont été observées à l’aide d’un puissant microscope électronique à balayage (MEB) pour déterminer la composition des particules individuelles. D’autres instruments ont déterminé le nombre ou le poids de particules de différentes tailles que l’on associe à différents impacts sur la santé dans des études sur la pollution d’origine humaine. Les échantillons ont été analysés pour en déterminer le pH et les principaux composants, notamment le sulfate, le fluorure et le chlorure, ainsi que des métaux traces, tels que le plomb et l’arsenic.
Ces analyses ont ciblé les espèces chimiques présentes dans les panaches volcaniques. Le panache du Kilauea est composé principalement de vapeur d’eau, de dioxyde de carbone (CO2), de dioxyde de soufre (SO2) et de quantités plus faibles d’autres gaz, notamment de chlorure d’hydrogène (HCl) et de fluorure d’hydrogène (HF). Le SO2 réagit dans l’atmosphère au fil du temps pour former de minuscules particules de sulfate acides et neutres, qui constituent un élément majeur de la pollution volcanique à Hawaii. De petites quantités de métaux toxiques ont également été trouvées dans les panaches de gaz volcaniques émis par les bouches éruptives du Kilauea.
La campagne d’échantillonnage de gaz et de particules effectuée au cours de l’été 2018 a permis d’examiner dans quelle mesure les éléments traces, tels que les métaux, varient avec la distance, dans le panache du Kilauea. Il a été constaté que la quantité de ces éléments était très variable et ne dépendait pas uniquement de la distance entre le panache et la source de l’éruption. La plupart des particules avaient un diamètre inférieur à 2,5 microns, une taille suffisamment petite pour pénétrer profondément dans les poumons.
Les résultats de l’étude corroborent également les observations précédentes concernant la transformation chimique du SO2 gazeux en particules. Les zones éloignées de la source des émissions gazeuses, comme la côte de Kona, sur la Grande Ile d’Hawaii, présentaient de fortes concentrations de particules, car une grande partie du SO2 s’était transformée en particules en se déplaçant sous le vent. Les normes de qualité de l’air ambiant concernant le SO2 et les particules ont été dépassées à divers endroits sur l’île au cours des trois mois de l’éruption dans la LERZ.
Contrairement à l’été 2018 et la forte intensité de l’éruption, le calme qui rège actuellement sur le Kilauea offre une excellente occasion d’étudier la qualité de l’air ambiant. Cela va permettre aux scientifiques mesurer la différence entre la pollution anthropique, telle que les gaz d’échappement des véhicules, et la pollution volcanique. Comprendre la contribution de la pollution d’origine humaine est important sur une île où la population ne cesse d’augmenter.
Pour étudier cette pollution anthropique, l’équipe scientifique envisage de revenir pendant l’été 2019 échantillonner l’air dépourvu de la contribution volcanique, en utilisant le même équipement et les mêmes sites d’échantillonnage. Les mesures effectuées «avant» et «après» l’éruption permettront d’isoler l’empreinte chimique des particules volcaniques. Cela améliorera notre compréhension des effets potentiels des panaches volcaniques sur la santé, l’environnement et les écosystèmes.
Source: USGS / HVO.

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The end of Kilauea’s 2018 eruption this past September was accompanied by an enormous decrease in the amount of sulphur dioxide (SO2) emitted from the volcano. This has led to beautifully clear skies above the Island of Hawaii, especially on the west side, where the volcanic pollution known as vog was regularly observed in past years.

During the peak of the 2018 Lower East Rift Zone (LERZ) eruption, when the volcanic emissions and vog were both much stronger, a team of academic researchers worked with the Hawaiian Volcano Observatory and the Hawaii State Department of Health to study the intense air pollution generated by the eruption.

The researchers sampled volcanic particles and gases at the LERZ Fissure 8 vent, the ocean entry, and various downwind sites. To determine the nature and composition of the volcanic pollution, samples were collected by pumping air through filters, from the ground and from the air using drones.

The tiny particles captured on the filters were then analyzed in the laboratory for chemical composition and imaged using a powerful Scanning Electron Microscope (SEM) to determine the composition of individual particles. Other instruments determined the number or weight of particles of various sizes, which are associated with different health impacts in studies of human-caused pollution. The samples were analyzed for pH, major components including sulphate, fluoride, and chloride; and trace metals, such as lead and arsenic.

These analyses targeted chemical species that are present in volcanic plumes.  Kilauea’s plume is composed primarily of water vapour, carbon dioxide (CO2), sulphur dioxide (SO2), along with smaller amounts of other gases, including hydrogen chloride and hydrogen fluoride. SO2 reacts in the atmosphere over time to form tiny acidic and neutral sulphate particles, which are a major component of volcanic pollution in Hawaii. Small amounts of toxic metals have also been found in the volcanic gas plumes emitted from Kilauea’s vents.

The summer 2018 gas and particle sampling campaign was the first effort to look at how trace elements, such as metals, change over distance in the Kilauea plume. It was found that the amount of these elements was highly variable but was not solely predicted by the distance of the plume from the vent. Most of the particles were less than 2.5 micron in diameter, small enough to penetrate deep into the lungs.

The study’s findings also support previous observations regarding the chemical conversion of SO2 gas to particles. Areas far from the gas source, such as along Hawaii Island’s Kona coast, had high particle concentrations since much of the SO2 gas had converted to particles as it travelled downwind. Ambient air quality standards for both SO2 gas and particles were exceeded at various locations on the island during the three months of the LERZ eruption.

In contrast to the summer 2018, Kilauea’s current lull in activity provides an excellent opportunity to study background air quality. This can help scientists distinguish between anthropogenic pollution, such as traffic exhaust, and volcanic pollution. Understanding the contribution of human-made pollution is important on an island with a growing population.

To address the characterization of anthropogenic pollution, the same research team plans to return this coming summer to sample the background air without the volcanic contribution, using the same equipment and sampling sites. The “before” and “after” snapshots will help to isolate the chemical fingerprint of the volcanic particles. This will improve our understanding of the potential health, environmental, and ecosystem effects of volcanic plumes.

Source : USGS / HVO.

Emissions gazeuses dans l’Halema’uma’u pendant l’éruption du Kilauea (Photos: C. Grandpey)