Dernières nouvelles du Mt Agung (Bali / Indonésie) // Mt Agung (Bali / Indonesia) : Latest news

Le dernier bulletin diffusé par le VSI le 1er décembre donne des informations intéressantes sur l’activité de l’Agung mais il ne ressort rien de vraiment alarmant. Il faut toutefois se montrer très prudent car sur un volcan de ce type, la situation peut évoluer très rapidement.

S’agissant des émissions au niveau du cratère, le VSI confirme les observations faites via la webcam. A noter que depuis le 30 septembre, les émissions de cendre semblent avoir été remplacées par un panache essentiellement composé de vapeur.

Suite aux intempéries récentes, des lahars sont apparus sur les pentes sud et nord de l’Agung. Il n’y a pas de victimes, mais des maisons des routes et des rizières ont subi des dégâts

Les mesures GPS ne montrent pas d’inflation significative de l’édifice volcanique, contrairement à ce qui avait été observé avant le début de l’éruption.

L’analyse des matériaux émis confirme que la première phase de l’éruption (21 novembre 2017) était d’origine phréatique. Présence de magma juvénile.

Les données satellitaires montraient régulièrement une anomalie thermique les 27, 28 et 29 novembre 2017 avec des températures comprises entre 286,6 et 298,8 +/- 6 degrés Celsius et une puissance maximale de 97 mégawatts. Les données satellitaires indiquent également que des éruptions effusives se produisent encore dans le cratère. Cela explique donc la lueur qui vient se refléter sur le panache la nuit.
Cette éruption effusive a des implications sur le volume de lave dans le cratère. Il est estimé à environ 20 millions de mètres cubes, soit un tiers du volume total du cratère. [NDLR : Il semble donc qu’en l’état actuel des choses on soit encore loin de la formation d’un dôme volumineux susceptible de déborder du cratère et de s’effondrer en déclenchant des coulées pyroclastiques. Toutefois, comme je l’indiquais précédemment, il faut rester prudent car une ascension rapide de magma peut toujours intervenir. Les sismos devraient toutefois avertir d’une telle éventualité]

Le VSI conclut son rapport en rappelant que l’activité de l’Agung reste élevée, ce qui justifie le maintien du niveau d’alerte maximum (4 – AWAS) et l’expansion de la zone de sécurité au nord-est et au sud-est-sud-sud-ouest jusqu’à 10 km du cratère du Mont Agung.

Source : VSI.

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The last report released by VSI on 1 December gives interesting information on the activity of Mt Agung but there is nothing really alarming. However, it is necessary to be very careful because the situation can evolve very quickly on a volcano of this type.
Regarding the crater emissions, VSI confirms observations made via the webcam. It can be noted that since September 30th, ash emissions seem to have been replaced by a plume mainly composed of water vapour.
Following recent storms, lahars have appeared on the south and north slopes of Mt Agung. There are no casualties, but road houses and rice fields have been damaged
GPS measurements do not show any significant inflation of the volcanic edifice, contrary to what was observed before the start of the eruption.
The analysis of the materials emitted confirms that the first phase of the eruption (21 November 2017) was phreatic. Presence of juvenile magma.
Satellite data regularly showed a thermal anomaly on November 27th, 28th and 29th, 2017 with temperatures between 286.6 and 298.8 +/- 6 degrees Celsius and a maximum power of 97 megawatts. Satellite data also indicate that effusive eruptions still occur in the crater. This explains the glow that reflects on the plume at night.
This effusive eruption has implications for the volume of lava in the crater. It is estimated at about 20 million cubic meters, a third of the total volume of the crater. [Editor’s note: It seems that in the current situation we are still far from the formation of a large dome likely to overflow the crater and collapse, triggering pyroclastic flows. However, as I indicated previously, one must remain cautious because a rapid ascent of magma is always possible. Seismos should however warn of such an eventuality]
VSI concludes its report reminding its readers that Mt Agung’s activity remains high, which justifies the maintenance of the maximum alert level (4 – AWAS) and the expansion of the security zone to the north-east and south East-South-South-West up to 10 km from Mount Agung’s crater.
Source: VSI.

Webcam VSI

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Fonte des glaciers et éruptions volcaniques // Glacier melting and volcanic eruptions

Voici un sujet qui va de pair avec le titre de mon blog: comment la fonte des glaciers peut favoriser le déclenchement des éruptions dans des régions volcaniques comme l’Islande. L’hypothèse a déjà été examinée plusieurs fois par des scientifiques et a été récemment abordée dans une nouvelle étude conduite par l’Université de Leeds. Les chercheurs ont confirmé l’idée qu’il y avait moins d’activité volcanique en Islande lorsque la couverture glaciaire était plus étendue. En revanche, avec la fonte des glaciers, les éruptions deviennent plus fréquentes du fait de la baisse de pression exercée par la glace.
Les scientifiques anglais ont examiné en Islande la cendre volcanique contenue dans des dépôts de tourbe et des sédiments lacustres et a identifié une période d’activité volcanique particulièrement réduite entre 5 500 et 4 500 ans. Cette période est intervenue après une baisse importante de la température de la planète et la croissance des glaciers en Islande.
Les résultats de l’étude, publiés dans la revue Geology, montrent qu’il y a eu un décalage d’environ 600 ans entre l’événement climatique et la diminution significative du nombre d’éruptions. L’étude indique que l’on est en droit de s’attendre à un décalage similaire avec le changement climatique actuel et des températures plus chaudes qu’il génère.
Le système volcanique islandais se remet du «Petit âge glaciaire», une période de climat plus froid entre 1500 et 1850. Depuis la fin du Petit âge glaciaire, une période de réchauffement climatique fait à nouveau fondre les glaciers islandais. Selon l’un des auteurs de l’étude, «la part prise par l’homme dans le réchauffement climatique rend difficile toute prévision, mais les tendances du passé prouvent qu’un plus grand nombre d’éruptions est susceptible de se produire en Islande dans les prochaines années.»
Le volcanisme islandais dépend des interactions complexes entre les rifts le long de plaques continentales, l’accumulation de gaz et de magma en profondeur et la pression exercée par les glaciers sur la surface du volcan. Les variations de pression à la surface peuvent modifier les contraintes qui s’exercent sur les chambres peu profondes, là où le magma est stocké. En effet, lorsque les glaciers se retirent, il y a moins de pression sur la surface de la Terre. Cela peut accélérer la fonte du manteau, affecter le comportement du magma, ainsi que la quantité de magma que la croûte peut contenir. Même de faibles variations de pression en surface peuvent modifier la probabilité d’éruptions sur les volcans recouverts de glace.
Source: Université de Leeds.

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Here is a topic that goes hand in hand with the title of my weblog : how glacier melting can influence eruptions in volcanically active regions like Iceland. The hypothesis has already been considered several times by scientists and was recently developed in a new study led by the University of Leeds. It confirmed the idea that there was less volcanic activity in Iceland when glacier cover was more extensive and as the glaciers melted volcanic eruptions increased due to subsequent changes in surface pressure.

The study examined Icelandic volcanic ash preserved in peat deposits and lake sediments and identified a period of significantly reduced volcanic activity between 5,500 and 4,500 years ago. This period came after a major decrease in global temperature, which caused glacier growth in Iceland.

The findings, published in the journal Geology, found there was a time lag of roughly 600 years between the climate event and a noticeable decrease in the number of volcanic eruptions. The study suggests that perhaps a similar time lag can be expected following the more recent shift to warmer temperatures.

Iceland’s volcanic system is in process of recovering from the ‘Little Ice Age’, a recorded period of colder climate roughly between the years 1500 to 1850. Since the end of the Little Ice Age, a period of climate warming is causing Icelandic glaciers to melt again. According to one of the authors of the study, « the human effect on global warming makes it difficult to predict how long the time lag will be but the trends of the past show us more eruptions in Iceland can be expected in the future.”

Icelandic volcanism is controlled by complex interactions between rifts in continental plate boundaries, underground gas and magma build-up and pressure on the volcano’s surface from glaciers and ice. Changes in surface pressure can alter the stress on shallow chambers where magma builds up. Indeed, when glaciers retreat there is less pressure on Earth’s surface. This can increase the amount of mantle melt as well as affect magma flow and how much magma the crust can hold. Even small changes in surface pressure can alter the likelihood of eruptions at ice-covered volcanoes.

Source: University of Leeds.

Photo: C. Grandpey