Sagesse japonaise ? // Japanese wisdom ?

Le 13 décembre 2017, la Haute Cour de Justice d’Hiroshima a décidé qu’un réacteur nucléaire près du Mont Aso dans le sud-ouest du Japon ne serait plus autorisé à fonctionner parce qu’il se trouve trop près du volcan actif et pourrait de ce fait être affecté par une éruption majeure. La décision de justice est susceptible d’entraîner la mise hors service du réacteur de l’Unité 3 de la centrale nucléaire d’Ikata (Préfecture d’Ehime) après la fin de son inspection en février 2018.
Le mont Aso se trouve à 130 kilomètres au sud-ouest de la centrale nucléaire. La cour a fait référence à une éruption qui a eu lieu il y a plusieurs de dizaines de milliers d’années et qui a provoqué des coulées pyroclastiques qui ont dépassé cette distance. Le juge a déclaré que la validation du réacteur par l’Autorité de Régulation Nucléaire était « irrationnelle » et que la vie de la population pourrait être menacée par les radiations en cas d’accident majeur.
La décision annule de ce fait celle d’une juridiction inférieure et reste valable jusqu’en septembre pour « protéger la sécurité des habitants pendant leur action en justice demandant une fermeture permanente de la centrale. »
Une fermeture de l’Unité 3 serait une perte commerciale importante pour la compagnie Shikoku Electric qui a déclaré qu’elle ferait appel de la décision. La compagnie avait déjà décidé de mettre à l’arrêt le réacteur de l’Unité 1 vieux de 40 ans, tandis que le réacteur de l’Unité 2 avait été arrêté suite à la catastrophe de la centrale de Fukushima en 2011, provoquée par un violent séisme et un tsunami.
Tous les réacteurs en service au Japon ont été temporairement arrêtés pour des contrôles de sécurité après l’accident de Fukushima. Cinq réacteurs, dont l’Unité 3 de la centrale d’Ikata, ont depuis repris leur activité avec des normes de sécurité plus strictes. Sept autres réacteurs sont en phase de redémarrage.
Pour des motifs de sécurité, des dizaines d’actions en justice ont fait suite à la catastrophe de Fukushima, ce qui a ralenti la politique du gouvernement en faveur de la mise en route de nouveaux réacteurs sous prétexte que le Japon manque de ressources énergétiques.
Source: Presse japonaise.

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On December 13th 2017, an injunction ordered by the Hiroshima high court ruled that a nuclear reactor near Mount Aso in southwestern Japan should not operate because it is too close to the active volcano and could be affected by a major eruption. The injunction is likely to force the Unit 3 reactor at the Ikata nuclear plant in Ehime prefecture to stay offline after its regular inspection ends in February.

Mount Aso is located 130 kilometres southwest of the plant. The court cited a past eruption tens of thousands of years ago that caused pyroclastic flows that exceeded that distance. The judge said the Nuclear Regulation Authority’s safety approval of the reactor was « irrational » and that the residents’ lives could be endangered by radiation in the event of a major accident.

The decision reverses a lower court ruling and upholds the request for an injunction through September “to protect the safety of residents while their lawsuit demanding a permanent shutdown is pending.”

An extended closure of Unit 3 would be a major business loss for Shikoku Electric, and the utility said it will appeal the decision. The utility had earlier decided to decommission the 40-year-old Unit 1 reactor, while the Unit 2 reactor has been shut down since the 2011 Fukushima nuclear plant disaster triggered by a massive earthquake and tsunami.

All operating reactors in Japan were temporarily stopped for safety checks after the Fukushima accident. Five reactors, including Ikata No. 3, have since resumed operation under a tougher post-Fukushima safety standard, with seven others in the final stages of restarting.

Dozens of lawsuits and injunction requests have been filed across Japan over safety concerns since the Fukushima disaster, slowing down a government push for more reactors to be operated because Japan lacks natural energy resources. .   :

Source: Japanese press.

Activité éruptive sur le Mont Aso (Crédit photo: Franck Gueffier)

Mt Paektu (frontière sino-coréenne) : Missiles et légendes // Mt Paektu (Border North Korea / China) : Missiles and legends

Dans plusieurs notes publiées à partir du mois de mars 2011, j’ai expliqué que le Mont Paektu (également écrit Baekdu) en Corée du Nord inquiétait les autorités.
Le Mont Paektu est sacré pour le peuple nord-coréen. Kim Il Sung, le père fondateur de la Corée du Nord moderne, s’est livré à la guérilla pour combattre les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Mt Paektu est aussi censé être le lieu de naissance de son fils, Kim Jong-il, qui lui succéda à la tête du pays. Les Nord Coréens font des pèlerinages sur la montagne, et les étudiants montent en chantant vers sommet.
Le Mont Paektu est un volcan endormi. Lorsqu’il s’est réveillé il y a environ mille ans, l’éruption dite « du Millénaire » (Millenium Eruption) a été l’un des événements volcaniques les plus violents de l’histoire humaine. Lorsque les scientifiques nord-coréens ont enregistré plusieurs essaims sismiques sous le volcan entre 2002 et 2005, ils furent tellement inquiets que les dirigeants ont décidé de contacter des volcanologues des États-Unis et de Grande-Bretagne, pays avec lesquels les relations n’étaient pourtant pas au beau fixe.

Pour célébrer son dernier lancement de missile, Kim Jong-Un, le leader actuel de la Corée du Nord a rendu visite au volcan sacré où son père, Kim Jong-il, était censé être né en 1942. Selon l’Agence de presse officielle de Corée du Nord, la visite de Kim Jong-Un au Mont Paektu a été pour lui l’occasion de méditer sur «les jours chargés d’émotion où il a réalisé une grande cause historique avec la naissance de la force nucléaire de son Etat, sans avoir hésité un seul instant».
La légende veut que Jong-il, le fils de Kim Il Sung, le fondateur de la Corée du Nord, soit né sur la montagne après l’apparition d’un double arc-en-ciel et d’une nouvelle étoile dans le ciel. En réalité, les archives révèlent que Jong-il est tout bêtement né en 1941 dans le village sibérien de Vyatskoye. Il est mort d’une crise cardiaque en 2011 après avoir piqué une colère monstre devant les défauts de construction d’une centrale électrique cruciale dans la province de Jagang. Selon l’agence de presse officielle de Corée du Nord, la mort de Jong-il a provoqué de multiples phénomènes paranormaux dans le pays, avec le craquement de la glace sur un lac célèbre « si fort que le craquement semblait ébranler le ciel et la terre ».
Les tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis se sont intensifiées depuis le lancement du missile. Les États-Unis ont mené des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud près de la péninsule coréenne.

La Corée du Nord a également effectué plusieurs essais nucléaires à proximité du Mont Paektu. A une époque, on a craint que les secousses sismiques provoquées par les explosions déstabilisent le volcan et déclenchent une éruption.

 Source: Newsweek.

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In several notes starting in March 2011, I explained that Mt Paektu (also written Baekdu) in North Korea worries that authorities.

Mount Paektu is sacred to the North Korean people. It was the site where Kim Il Sung, the founding father of modern North Korea, used guerrilla tactics to fight the Japanese during World War II, and as the supposed birthplace of his son, Kim Jong-il, who succeeded him as the country’s leader. North Koreans make pilgrimages to the mountain, and students march up its summit singing songs.

However, Mount Paektu is only asleep. When it last awoke about a thousand years ago, the so-called Millenium Eruption unleashed one of the most violent volcanic events in recorded human history. And when North Korean scientists recorded a swarm of tiny earthquakes rumbling beneath the volcano from 2002 to 2005, they were so concerned that the country leaders eventually contacted the West for help. The result was a rare collaboration of scientists from North Korea and researchers from countries like the United States and Britain with which it has hostile relations.

In celebration of his most recent missile launch, supreme leader Kim Jong Un of North Korea visited the sacred volcano where his father, Kim Jong-il, was supposedly born in 1942. According to the Korean Central News Agency, a state-run media organ, Kim’s visit to Mount Paektu gave him a moment to reflect on the « emotion-charged days when he realized the great historic cause of completing the state nuclear force without yielding even a moment. »

Legend has it that Jong-il, son of Kim Il Sung, the founder of North Korea, was born on the mountain after a double rainbow and a new star appeared in the sky. But records show that Jong Il was born in the Siberian village of Vyatskoye in 1941. Jong Il died of a suspected heart attack in 2011 after reportedly raging over construction faults at a crucial power plant in Jagang Province. According to the Korean State Central News Agency, Jong Il’s death caused multiple paranormal activities in the country, including ice cracking on a famous lake « so loud, it seemed to shake the Heavens and the Earth. »
Tensions between North Korea and the U.S. have heightened since the launch, with the U.S. carrying out large-scale, joint military drills with South Korea near the Korean Peninsula.

North Korea also performed several nuclear tests close to Mt Paektu. It was feared that the quakes triggered by the explosions might destabilize and wake up the volcano.
Source: Newsweek.

Caldeira sommitale du Mt Paektu (Crédit photo : Wikipedia).