Les 6èmes Journées Haroun Tazieff approchent! Elles se dérouleront en AGDE du 7 au 12 juin 2016. Voici l’affiche et le programme:
Mois : avril 2016
Quelques réflexions après les séismes au Japon et en Equateur // A few thoughts after the earthquakes in Japan and Ecuador
Ces jours-ci, suite aux puissants séismes qui ont secoué le Japon, l’Equateur et les Tonga, on me pose beaucoup de questions sur la relation éventuelle entre ces différents événements ainsi que sur la prévision des tremblements de terre.
Avant tout, je tiens à dire que je ne suis pas sismologue et que mes connaissances dans ce domaine restent relativement superficielles. Comme beaucoup, j’ai remarqué que les derniers séismes se sont produits le long de la Ceinture de Feu du Pacifique, région du monde où l’on observe fréquemment des séismes et des éruptions volcaniques. Toutefois, rien ne permet de dire que les derniers séismes sont liés.
Une première constatation me pousse à dire que les séismes au Japon et en Equateur sont différents par leur géographie et leur tectonique. En Equateur, on a affaire à un séisme de subduction, avec la plaque tectonique de Nazca (sous l’océan Pacifique) qui plonge progressivement sous la plaque sud-américaine. Pour le Japon, le séisme s’est produit à l’intérieur même d’une plaque, à la jonction de deux lignes de failles ; il s’agit donc d’une déformation locale.
Si l’on compare les magnitudes, le séisme qui s’est produit en Equateur était beaucoup plus fort (M 7,8), que ceux qui ont secoué le Japon (M 6, 4 et M 7). La différence peut paraître minime, mais elle est en réalité très importante. Le séisme en Equateur a été environ quinze fois plus puissant que celui du Japon.
Un point commun entre le Japon et l’Equateur est que les deux séismes ont été superficiels, entre 10 et 25 km de profondeur seulement, ce qui a provoqué les dégâts humains et matériels que l’on sait : des centaines de morts en Equateur, des dizaines au Japon et des villes à reconstruire.
Tout comme pour les éruptions volcaniques, les gens sont souvent l’impression que la fréquence des séismes est en augmentation. En fait, ce n’est qu’une illusion et cette impression est probablement due au fait que les informations se répandent de nos jours à la vitesse de la lumière grâce aux innovations technologiques, Internet en particulier. Les séismes se produisent de manière parfaitement aléatoire ; il n’y a donc pas de périodicité. On ne peut donc pas mesurer d’augmentation ou de diminution. Par contre, le caractère aléatoire des séismes donne parfois naissance à des séries, comme entre 2004 et 2011 à Sumatra. Il en va de même pour leur intensité. Ils ne sont pas plus forts ou moins forts qu’autrefois mais, à un siècle d’intervalle dans une même zone, ils peuvent causer plus de dégâts si l’habitat s’est beaucoup développé et si la population a augmenté.
S’agissant de la prévision des séismes, elle reste au niveau zéro. Certes, les répliques qui suivent les puissants séismes sont monnaie courante, mais les annoncer ne fait pas, à mes yeux, partie de la prévision sismique. Il est impossible de dire à quelle date, à quelle heure et à quel endroit précis la Terre va trembler. En revanche, on sait que certaines régions du globe, comme le Japon ou l’Equateur sont particulièrement exposées, à cause de la tectonique de ces régions. De la même façon, on peut affirmer sans trop se tromper que la Californie ou l’Alaska connaîtront d’autres puissants séismes dans les années ou les décennies à venir.
Qu’en est-il de la France ? Notre pays peut-il être victime d’un séisme aussi destructeur qu’en Equateur ? A priori non car le contexte tectonique est différent, mais certaines régions ne sont pas à l’abri de tremblements de terre pouvant occasionner de sérieux dégâts. Le séisme très destructeur d’Arette (M 5,8) le 13 août 1967 est là pour rappeler que le risque existe dans des régions comme les Pyrénées ou l’arc alpin. Pour plus de détails, je conseille vivement de consulter le site Azurséisme (http://www.azurseisme.com/) piloté de main de maître par l’ami André Laurenti.
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These days, after the powerful earthquake that rocked Japan, Ecuador and Tonga I am asked many questions about the possible relationship between these events and about the prediction of earthquakes.
First of all, I want to say that I am not a seismologist and my knowledge in this area is relatively superficial. Like many, I noticed that the last earthquakes occurred along the Pacific Ring of Fire, a region that is frequently the seat of earthquakes and volcanic eruptions. However, there is nothing to say that the latest earthquakes are linked.
A first observation leads me to say that the earthquakes in Japan and Ecuador differ by their geography and tectonics. In Ecuador, it was a subduction earthquake, with the Nazca tectonic plate (under the Pacific Ocean) that gradually plunges under the South American plate. For Japan, the earthquake occurred within a plate at the junction of two fault lines; it is therefore a local deformation.
Comparing the magnitude of the earthquakes, the event in Ecuador was much stronger (M 7.8), than those that shook Japan (M 6.4 and M 7). The difference may seem small, but it is really great. The earthquake in Ecuador was approximately fifteen times more powerful than that of Japan.
A common point between Japan and Ecuador is that the two quakes were shallow, between 10 and 25 km deep only, which caused human and material damage: hundreds of casualties in Ecuador,dozens in Japan and cities to rebuild.
As with volcanic eruptions, people often feel that the frequency of earthquakes is increasing. Actually, this is an illusion probably due to the fact that information is spreading today to the speed of light thanks to technological innovations, the Internet in particular. Earthquakes occur in a perfectly random manner; there is no periodicity. Their number neither increased nor decreased. However, the random nature of earthquakes sometimes gives birth to series, as between 2004 and 2011 in Sumatra. It’s the same with their intensity. They are not stronger or weaker than before, but should they occur a century latert in one area, they can cause more damage if urban areas have developed a lot and if the population has increased.
Regarding earthquake prediction, it is non existant. Aftershocks after powerful earthquakes are quite common, but I don’t think that announcing them is part of earthquake prediction. It is impossible to say when, at what time and where exactly the land will tremble. However, we know that some regions, such as Japan and Ecuador are particularly vulnerable because of the tectonics of these regions. Similarly, we can affirm that California or Alaska will have to face more powerful earthquakes in the years or decades to come.
What about France? Can our country be the victim of an earthquake as destructive in Ecuador? Maybe not, because the tectonic context is different, but some areas are not immune to earthquakes that could cause serious damage. The very destructive earthquake in Arette (M 5.8) on August 13, 1967 is a reminder that there is a risk in areas such as the Pyrenees or the Alps. For more details, I advise you to visit Azurséisme (http://www.azurseisme.com/) remarkably managed by my friend André Laurenti.
Sismogramme du séisme de M 7,8 en Equateur le 16 avril 2016 (Source: USGS)
Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Pas d’éruption à court terme // No eruption in the short term
Le titre de cette note résume le dernier bulletin de l’OVPF en date du 1er avril 2016. Le réseau de sismomètres a enregistré au cours des deux derniers mois un nombre d’événements relativement réduit qui révèle «une activité volcano-tectonique assez faible ».
S’agissant de la déformation de l’édifice volcanique, après la phase d’inflation observée à la fin du mois de janvier 2016, une faible déflation de la zone sommitale et de la base du cône est observée depuis la seconde semaine de février. Toutefois, une tendance à l’inflation sur le long terme est toujours observée, ce qui laisse supposer qu’ « un magma localisé en source profonde maintient l’édifice sous pression. »
Au niveau des gaz, les variations les plus significatives sont dans les flux de CO2, avec une augmentation continue à la fois au niveau du sol et au niveau des fumerolles. Ces mesures confirment – comme pour la déformation – que du magma est probablement stocké à assez grande profondeur, ce qui va de pair avec les quatre séismes profonds enregistrés depuis la fin février.
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The title of this note summarizes the latest bulletin released by the OVPF on April 1st, 2016. Over the past two months, the network of seismometers has recorded a relatively small number of events that reveal “a relatively low volcano-tectonic activity”.
Regarding the deformation of the volcanic edifice, after the inflation observed at the end of January 2016, a slight deflation of the summit area and the base of the cone has been observed since the second week of February. However, an inflation rend over the long term is still observed, suggesting that « a localized deep magma source is keeping the edifice under pressure. »
As far as gases are concerned, the most significant changes concern the CO2 emissions, with a continuous increase both at ground level and in the fumaroles. These measurements confirm that magma is probably stored at a considerable depth, which goes along with the four deep earthquakes recorded since late February.
Crédit photo: Wikipedia
Popocatepetl (Mexique / Mexico)
L’événement est passé quelque peu inaperçu à cause du séisme au Japon, mais le lundi 18 avril le Popocatepetl a connu un événement éruptif significatif, avec un nuage de cendre de 3 km de hauteur. La forte explosion a projeté des matériaux incandescents sur les flancs du volcan. Le nuage de cendre a affecté la ville de Puebla où l’aéroport a été fermé pendant quelques heures. Les autorités ont recommandé à la population de prendre des précautions, d’éviter les activités en plein air et de respecter un rayon de sécurité de 12 km autour du volcan.
Ce type d’événement explosif se produit relativement fréquemment sur le volcan mexicain où le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune Phase 2. Les explosions se produisent en général au niveau du dôme intracratérique qui est pulvérisé suite à l’accumulation de pression.
Vous verrez le dernier événement explosif en cliquant sur ce lien :
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The event has gone somewhat unnoticed because of the earthquake in Japan, but on Monday, April 18th Popocatepetl went through a significant eruptive event, with an ash cloud 3 km high. The strong explosion ejected incandescent material on the flanks of the volcano. The ash cloud affected the city of Puebla where the airport was closed for several hours. The authorities advised the population to take precautions, to avoid outdoor activities and observe a safety radius of 12 km around the volcano.
This type of explosive event occurs relatively frequently at the Mexican volcano where the alert level is kept at Yellow Phase 2. The explosions usually occur at the dome inside the crater which is destroyed after pressure buildup .
You will see the last explosive event by clicking this link:
https://youtu.be/_ZB3u2Zhxy0



