L’éruption de l’Etna: Journée du 16 décembre 2013

Lundi 16 décembre (8 heures) : L’épisode éruptif qui a débuté le 14 décembre se poursuit ce matin. Le tremor et la sismicité restent relativement élevés. Les images fournies par la caméra thermique de la Montagnola montrent que le NCSE  est toujours animé par une petite activité strombolienne. La visibilité est meilleure ce matin mais de jour, il est impossible de voir la trajectoire des coulées qui, selon le dernier bulletin de l’INGV,  se dirigent toujours vers la Valle del Bove. Le panache éruptif se dirige en ce moment vers le sud.

A noter que l’éruption a entraîné la fermeture de l’aéroport de Catane. 22 vols programmés au départ ont été annulés et 26 vols prévus à l’arrivée ont été dirigés vers d’autres destinations. L’aéroport de Comiso, situé dans la même région, a également été fermé. La compagnie Sac, qui gère l’aéroport, a expliqué dans un communiqué que « la direction et l’intensité du vent » montraient que les cendres présentaient un risque pour les vols et qu’elle avait pour cette raison fermé son espace aérien. La compagnie a indiqué qu’elle ferait une nouvelle analyse de la situation ce lundi.

Etna-14-dec

12h30 : L’activité continue sur le Nouveau Cratère Se (NCSE), même si la sismicité a tendance a baisser un peu. Le tremor est chaotique, alternant les montées et les descentes. L’aéroport de Catane est resté fermé toute la matinée, ainsi que tout l’espace aérien du SE de la Sicile. La sac, qui gère l’aéroport a demandé aux autorités l’obtention d’une dérogation pour l’aéroport de Comiso – fermé lui aussi- afin de pouvoir gérer les situations d’urgence.

On peut lire dans le journal local La Sicilia de ce matin un article où il est écrit que « ces derniers jours les experts ont commencé à parler d’une possible trêve des phénomènes éruptifs », suite à la période de pause des deux dernières semaines. L’Etna en a décidé autrement !

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19h30 : La situation est plus calme ce soir mais le tremor et la sismicité sont encore à des niveaux trop élevés pour affirmer que la crise éruptive est en passe de se terminer. Le tremor joue au yo-yo et on a connu une pause semblable le 15 décembre avant la reprise d’activité dans la soirée. Il faut donc attendre et voir comment va se comporter le NCSE au cours des prochaines heures. Une petite activité strombolienne persiste ce soir, comme on peut le voir sur cette capture d’écran de la webcam de Mascali.

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22h30: Rien de très nouveau, si ce n’est la présence d’une petite coulée –  déjà visible sur la capture d’écran précédente – sur le versant oriental du NCSE.

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Mont Gambier (Australie)

drapeau francaisL’Australie est plus connue pour ses kangourous que pour ses volcans. Pourtant, ces derniers sont bien présents dans la grande Newer Volcanics Province qui couvre 15 000 kilomètres carrés dans le SE du pays, avec près de 400 petits volcans boucliers et des bouches explosives actives entre l’ère tertiaire et l’Holocène. Les dernières éruptions datées ont eu lieu au Mont Schank et au Mont Gambier il y a environ 5000 ans, époque pendant laquelle l’activité explosive a donné naissance à plusieurs maars et à des coulées de lave.
Il y a quelques semaines, des chercheurs de l’Université Monash ont évalué l’ampleur d’une éruption volcanique au Mont Gambier. Ils ont utilisé pour cela la modélisation informatique géométrique 3D et la thermodynamique.
Leur conclusion est que l’éruption a été semblable à celle de l’Eyjafjöll en Islande en 2010, avec un panache de cendres montant jusqu’à 10 kilomètres de hauteur qui provoquerait aujourd’hui la même pagaille qu’en Europe dans le trafic aérien. Poussée par les vents d’ouest, la cendre retomberait un peu partout dans l’est de l’Australie, ce qui veut dire que Melbourne, Canberra et Sydney seraient probablement affectées, et peut-être aussi la Nouvelle-Zélande .
La Newer Volcanics Province, qui s’étend entre le Mont Gambier et Melbourne, ne doit pas être négligée car elle est potentiellement active. Les chercheurs insistent sur le fait qu’une autre éruption pourrait conduire à des dommages significatifs, avec des cultures et du bétail touchés jusqu’à 100 kilomètres de distance.

Source : ABC News + Global Volcanism Network.

drapeau anglaisAustralia is little known as a volcanic country. However, volcanoes are present in the large Newer Volcanics Province which covers 15,000 square kilometres in the SE of the country with nearly 400 small shield volcanoes and explosive vents of Tertiary-to-Holocene age. The youngest dated eruptions took place at Mount Schank and Mount Gambier about 5,000 years ago, when explosive activity formed several maars and associated lava flows.

A few weeks ago, Monash University researchers determined the magnitude of a volcanic eruption at Mount Gambier. They used 3D geometrical computer modelling and thermodynamics.

Their conclusion was that the eruption would have been similar to that of Eyjafjöll in Iceland in 2010, with an ash plume up to 10 kilometres high which would cause the same air traffic chaos seen in Europe. Pushed by the westerly winds, the ash could be dispersed all over eastern Australia, so definitely Melbourne, Canberra and Sydney would be affected, possibly also New Zealand.

The Newer Volcanics province, which lies between Mount Gambier and Melbourne should not be neglected as it is potentially active. The researchers insist that another eruption could lead to widespread damage, with crops and livestock affected up to a100 kilometres away.

Source : ABC News + Global Volcanism Network.

Mont-Gambier

Vue du Blue Lake, l’un des maars du Mont Gambier  (Crédit photo:  Wikipedia)

L’éruption de l’Etna: Journée du 15 décembre 2013

Dimanche 15 décembre (8 heures): Finalement, j’ai bien fait d’aller dormir. La situation au niveau du NCSE n’a guère évolué pendant la nuit. L’activité strombolienne la plus intense a cessé vers 6h30 ce matin. Le tracé sismique montre qu’elle reste résiduelle. Il n’y a pas vraiment eu de fontaines de lave. Juste une petite coulée rhéomorphique de quelques centaines de mètres de longueur. Peut-on vraiment parler de paroxysme?

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L’Etna ce matin vu par la webcam de L.A.V.E.

12 heures: Après son déclin de la matinée, le tremor éruptif vient de montrer une petite hausse, mais rien de vraiment significatif. Même si la sismicité reste un peu élevée, on observe un lent retour vers la normale. Il s’agit probablement d’ une purge de la poche magmatique qui a provoqué l’activité strombolienne de cette nuit. Le volcan émet en ce moment de volumineux panaches de cendre. Les balais vont être de sortie dans les bourgades au pied du volcan!!

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17 heures: L’Etna joue avec nos nerfs! Depuis le milieu de l’après-midi, le tremor et la sismicité sont à nouveau en hausse. L’activité strombolienne est réapparue au sommet du NCSE et une coulée de lave assez bien alimentée, semble-t-il, avance sur le flanc SE du cône en direction de la Valle del Bove.

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17h30:  Ça ne rigole plus!  L’épisode éruptif est de plus en plus intense. Au vu des images délivrées par la webcam Radio Studio 7, on peut se demander si une nouvelle bouche ne s’est pas ouverte au pied du cône SE. Les conditions météo ne sont malheureusement pas optimales. Les autres webcams ne montrent pas grand-chose.

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18 heures:  Ça a l’air de se calmer. Le tremor commence à décliner et l’activité semble moins intense sur le NCSE. Il faut toutefois se méfier car la visibilité n’est pas extraordinaire et peut fausser la réalité. De plus, quand on observe le tremor aujourd’hui, on se dit que l’Etna n’est pas avare de surprises!

19 heures: La sismicité décline fortement. Le spectacle est terminé. L’Etna est probablement en train de se rendormir!

19h30: J’avais raison de me méfier à 18 heures! Après une pause de quelques dizaines de minutes, tremor et sismicité sont repartis à la hausse. Une belle incandescence est toujours visible sur le NCSE. Pétard mouillé ou véritable reprise d’activité? Allez savoir!

22 heures: Pas facile de savoir ce qui se passe sur le volcan. Le site de l’INGV ne répond pas. Il croule probablement sous le nombre de tentatives de connexions. Seule la webcam installée à Mascali montre que l’activité continue au NCSE.

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23h15: Il est l’heure d’aller au lit! Malgré les nuages, la webcam de Mascali montre que l’activité éruptive du Cratère SE est loin d’être terminée. Il ne faudrait pas oublier que cette activité a commencé hier matin. Il est clair qu’il ne s’agit pas de l’un de ces paroxysmes auxquels l’Etna nous a habitués ces derniers temps. De plus en plus, je me demande si nous n’assistons pas au début d’une éruption plus classique qui durera plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Buona notte a tutti.

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Orages volcaniques et éclairs verts // Volcanic storms and green lightning

drapeau francaisLes orages volcaniques sont relativement fréquents pendant les éruptions lorsque l’électricité statique se décharge en produisant des éclairs.

Un phénomène très inhabituel a toutefois été observé au Chili en 2008 pendant l’éruption du volcan Chaiten : des éclairs de couleur verte sont apparus dans le panache éruptif !

Un chercheur américain de la Rice University de Houston, spécialiste des phénomènes atmosphériques, s’est penché sur la question et vient de présenter les résultats de son travail lors de la réunion annuelle de l’American Geophysical Union.

Selon lui, de tels éclairs verts apparaissent probablement pendant tous les orages mais ils restent invisibles car ils se produisent à l’intérieur des nuages. S’agissant des nuages de cendre, la répartition des charges est différente et l’éclair vert peut apparaître sur la partie externe du nuage.

Ces éclairs verts correspondent à ce que les scientifiques appellent des filaments d’ionisation (streamers en anglais), des faisceaux de charge positive qui partent du sol et se dirigent vers l’atmosphère. Pendant les orages classiques, ces zones de charges positives restent invisibles à l’intérieur des nuages et sont transportées par des cristaux de glace. C’est le contact entre les faisceaux d’ionisation et les particules chargées négativement qui provoque le déclenchement de l’éclair.

La cendre volcanique fait apparaître les faisceaux d’ionisation (positifs) parce que les particules de cendre tourbillonnent à la surface du nuage. Leur couleur verte est due à la présence d’atomes d’oxygène excités électriquement, comme cela se produit lors des aurores boréales.

Source (en anglais) : Live Science.

Toujours à propos des éclairs volcaniques, un article du National Geographic nous apprend que «des scientifiques de l’Université LMU de Munich (Allemagne) ont créé le premier volcan artificiel capable de simuler les éclairs observés pendant les éruptions ».
Pour simuler le panache de cendre, les chercheurs ont introduit de la cendre volcanique dans un autoclave cylindrique en acier et fermé à son sommet par une plaque de cuivre. Ils ont ensuite injecté du gaz dans ce système jusqu’à ce qu’il atteigne la pression requise, celle qui briserait la plaque de cuivre. Lorsque cette dernière est brisée, l’échantillon subit une décompression instantanée dont la valeur correspond à celle subie par des particules volcaniques lors d’une éruption explosive. Tout d’abord, la décompression soudaine provoque la libération et la condensation du gaz. Peu de temps après, les petites particules apparaissent  et les premières décharges électriques se produisent. Cela correspond à la dynamique des explosions sur des volcans comme le Sakurajima au Japon.
En utilisant leur volcan de laboratoire, les chercheurs pensent maintenant être en mesure de déchiffrer les propriétés critiques des panaches de cendre volcanique. Cela permettrait une meilleure compréhension des éruptions.
Vous pourrez lire l’article (en anglais) dans son intégralité et voir une vidéo de l’expérience à cette adresse:

http://news.nationalgeographic.com/news/2013/12/131213-volcano-lightning-lab-first-video/#close-modal

drapeau anglaisVolcanic storms are relatively common during eruptions when static electricity discharges producing lightning.
However, a highly unusual phenomenon was observed in Chile in 2008 during the eruption of Chaiten volcano : flashes of green lightning appeared in the eruptive plume !
An American atmospheric scientist at Rice University in Houston looked into the matter and has presented the results of his work at the annual meeting of the American Geophysical Union.
In his opinion, these green flashes probably appear during all thunderstorms but they remain invisible because they occur within the clouds. Regarding ash clouds, the structure of charges is different and the green flash may appear on the outside of the cloud.
These green flashes are what scientists call “streamers”, channels of positive charges that surge from the ground to the atmosphere. During conventional thunderstorms , these zones of positive charges remain invisible inside the clouds where they are carried by ice crystals. It is the contact between the streamers and the negatively charged particles that triggers the flash of lightning.
Volcanic ash revels the ( positive ) streamers because the ash particles swirl on the surface of the cloud . Their green colour is due to the presence of electrically excited oxygen atoms, as happens in the green aurora borealis.

Source: Live Science

Eclairs-Chaiten

L’éclair vert est patfaitement visible dans la partie droite de la photo. 

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(Credit photo: UPI Photo/Landov)

Still about volcanic lightning, an article of the National Geographic informs us that “scientists from LMU University in Munich, Germany, have created the first artificial volcano capable of simulating the lightning flashes seen in real-life eruptions”.

To simulate the ash plume, the researchers charged volcanic ash into a cylindrical autoclave made of steel and sealed at the top with a copper plate. They then injected gas into this system until it reached the target pressure that would break the copper plate. When the top plate is broken, the sample undergoes an instantaneous decompression that matches in value that experienced by volcanic particles during an explosive eruption. First, the sudden decompression causes the gas to escape and condense. Shortly after, small particles appear, and the first electrical discharges occur. This corresponds to the dynamics of explosions at volcanoes like Sakurajima (Japan).

Using the lab volcano, researchers may now be able to decipher critical properties of volcanic ash plumes. That may lead to a better understanding of eruptions.

You can read the whole article and see a video of the experiment at this address :

http://news.nationalgeographic.com/news/2013/12/131213-volcano-lightning-lab-first-video/#close-modal