Chaiten (Chili) & Hakone (Japon)

drapeau francaisAvec les derniers événements sur l’Etna, le Kilauea et le Piton de la Fournaise, l’activité des autres volcans a été quelque peu laissée de côté. Pourtant, il ne faudrait pas oublier que certains peuvent représenter une menace pour les zones habitées.

Au Chili, le SERNAGEOMIN indique que le niveau d’alerte du Chaiten a été élevé à la couleur Jaune le 19 mai en raison d’une augmentation de la sismicité. Sept événements hybrides avec une amplitude maximale de M 3,6 ont été détectés sous le Chaitén le 17 mai à une profondeur de 1 km. Un rapport diffusé le 19 mai fait remarquer que la sismicité a légèrement augmenté au cours des derniers mois, avec en particulier une augmentation de la magnitude et de la fréquence des événements longue période, des événements volcano-tectoniques et des événements hybrides. Des anomalies thermiques ont également été détectées sur le complexe de dômes de lave.

Au Japon, l’Agence Météorologique Japonaise indique qu’entre le 14 et le 17 mai la sismicité du Mont Hakone est restée supérieure à la normale. De fortes émissions de vapeur ont également été observées au niveau des sources chaudes. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 5). Selon un article de presse, le sol s’est soulevé de 12 cm entre le 17 avril et le 15 mai dans la zone de sources chaudes d’Owakudani. La déformation a essentiellement eu lieu dans une zone de 200 mètres de diamètre. L’article ajoute que 471 séismes ont été enregistrés le 15 mai. C’est le nombre le plus élevé jamais enregistré dans ce secteur en une journée.
Source: Global Volcanism Network. .

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drapeau anglaisWith the recent events on Mount Etna, Kilauea and the Piton de la Fournaise, activity at some other volcanoes has been left aside. However, one should remember that some of them may be a threat to populated areas.

In Chile, SERNAGEOMIN indicates the alert level for Chaiten was raised to Yellow on May 19th due to an increase in seismicity. Seven hybrid earthquakes with a maximum magnitude of M 3.6 were detected beneath Chaitén on May 17th at a depth of 1 km. A second report on May 19th noted that seismicity had slightly increased during the previous few months, characterized by an increase in magnitude and occurrence of long-period events, volcano-tectonic events, and hybrid events. Thermal anomalies were also detected on the lava dome complex.

In Japan, the Japan Meteorological Agency indicates that between May 14th and 17th seismicity at Hakone remained high. Vigorous steaming from the hot springs was also observed. The Alert Level remains at 2 (on a 5-level scale). According to a news article, the ground level in the Owakudani hot spring area rose 12 cm between April 17th and May 15th. The deformation occurred in an area 200 metres in diameter. The article also noted that 471 earthquakes were recorded on May 15th, the highest number ever recorded there in one day.

Source: Global Volcanism Network.

Orages volcaniques et éclairs verts // Volcanic storms and green lightning

drapeau francaisLes orages volcaniques sont relativement fréquents pendant les éruptions lorsque l’électricité statique se décharge en produisant des éclairs.

Un phénomène très inhabituel a toutefois été observé au Chili en 2008 pendant l’éruption du volcan Chaiten : des éclairs de couleur verte sont apparus dans le panache éruptif !

Un chercheur américain de la Rice University de Houston, spécialiste des phénomènes atmosphériques, s’est penché sur la question et vient de présenter les résultats de son travail lors de la réunion annuelle de l’American Geophysical Union.

Selon lui, de tels éclairs verts apparaissent probablement pendant tous les orages mais ils restent invisibles car ils se produisent à l’intérieur des nuages. S’agissant des nuages de cendre, la répartition des charges est différente et l’éclair vert peut apparaître sur la partie externe du nuage.

Ces éclairs verts correspondent à ce que les scientifiques appellent des filaments d’ionisation (streamers en anglais), des faisceaux de charge positive qui partent du sol et se dirigent vers l’atmosphère. Pendant les orages classiques, ces zones de charges positives restent invisibles à l’intérieur des nuages et sont transportées par des cristaux de glace. C’est le contact entre les faisceaux d’ionisation et les particules chargées négativement qui provoque le déclenchement de l’éclair.

La cendre volcanique fait apparaître les faisceaux d’ionisation (positifs) parce que les particules de cendre tourbillonnent à la surface du nuage. Leur couleur verte est due à la présence d’atomes d’oxygène excités électriquement, comme cela se produit lors des aurores boréales.

Source (en anglais) : Live Science.

Toujours à propos des éclairs volcaniques, un article du National Geographic nous apprend que «des scientifiques de l’Université LMU de Munich (Allemagne) ont créé le premier volcan artificiel capable de simuler les éclairs observés pendant les éruptions ».
Pour simuler le panache de cendre, les chercheurs ont introduit de la cendre volcanique dans un autoclave cylindrique en acier et fermé à son sommet par une plaque de cuivre. Ils ont ensuite injecté du gaz dans ce système jusqu’à ce qu’il atteigne la pression requise, celle qui briserait la plaque de cuivre. Lorsque cette dernière est brisée, l’échantillon subit une décompression instantanée dont la valeur correspond à celle subie par des particules volcaniques lors d’une éruption explosive. Tout d’abord, la décompression soudaine provoque la libération et la condensation du gaz. Peu de temps après, les petites particules apparaissent  et les premières décharges électriques se produisent. Cela correspond à la dynamique des explosions sur des volcans comme le Sakurajima au Japon.
En utilisant leur volcan de laboratoire, les chercheurs pensent maintenant être en mesure de déchiffrer les propriétés critiques des panaches de cendre volcanique. Cela permettrait une meilleure compréhension des éruptions.
Vous pourrez lire l’article (en anglais) dans son intégralité et voir une vidéo de l’expérience à cette adresse:

http://news.nationalgeographic.com/news/2013/12/131213-volcano-lightning-lab-first-video/#close-modal

drapeau anglaisVolcanic storms are relatively common during eruptions when static electricity discharges producing lightning.
However, a highly unusual phenomenon was observed in Chile in 2008 during the eruption of Chaiten volcano : flashes of green lightning appeared in the eruptive plume !
An American atmospheric scientist at Rice University in Houston looked into the matter and has presented the results of his work at the annual meeting of the American Geophysical Union.
In his opinion, these green flashes probably appear during all thunderstorms but they remain invisible because they occur within the clouds. Regarding ash clouds, the structure of charges is different and the green flash may appear on the outside of the cloud.
These green flashes are what scientists call “streamers”, channels of positive charges that surge from the ground to the atmosphere. During conventional thunderstorms , these zones of positive charges remain invisible inside the clouds where they are carried by ice crystals. It is the contact between the streamers and the negatively charged particles that triggers the flash of lightning.
Volcanic ash revels the ( positive ) streamers because the ash particles swirl on the surface of the cloud . Their green colour is due to the presence of electrically excited oxygen atoms, as happens in the green aurora borealis.

Source: Live Science

Eclairs-Chaiten

L’éclair vert est patfaitement visible dans la partie droite de la photo. 

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(Credit photo: UPI Photo/Landov)

Still about volcanic lightning, an article of the National Geographic informs us that “scientists from LMU University in Munich, Germany, have created the first artificial volcano capable of simulating the lightning flashes seen in real-life eruptions”.

To simulate the ash plume, the researchers charged volcanic ash into a cylindrical autoclave made of steel and sealed at the top with a copper plate. They then injected gas into this system until it reached the target pressure that would break the copper plate. When the top plate is broken, the sample undergoes an instantaneous decompression that matches in value that experienced by volcanic particles during an explosive eruption. First, the sudden decompression causes the gas to escape and condense. Shortly after, small particles appear, and the first electrical discharges occur. This corresponds to the dynamics of explosions at volcanoes like Sakurajima (Japan).

Using the lab volcano, researchers may now be able to decipher critical properties of volcanic ash plumes. That may lead to a better understanding of eruptions.

You can read the whole article and see a video of the experiment at this address :

http://news.nationalgeographic.com/news/2013/12/131213-volcano-lightning-lab-first-video/#close-modal

Le Chaitén (Chili) il y a 5 ans // Chaitén volcano (Chile) 5 years ago

drapeau francais  Mai 2013 marque le 5ème anniversaire de l’éruption du Chaitén (sud du Chili) qui a commencé le 2 mai 2008. À l’époque, le Chaitén n’était pas connu pour être un volcan actif ou dangereux et il n’était pas surveillé par les scientifiques.
Après seulement 24 heures d’activité sismique, une série d’explosions a produit plusieurs colonnes de cendres de15-20 km de hauteur pendant plus d’une semaine. La cendre a recouvert de vastes régions du Chili et de l’Argentine et préparé le terrain pour un lahar destructeur qui a inondé l’embouchure de la rivière Chaitén où vivaient environ 4.600 personnes.
Après près de 2 semaines d’activité explosive, l’éruption est entrée dans la phase prolongée de croissance d’un dôme de lave qui a duré près de 20 mois. .
Malgré un manque d’instruments de contrôle, le gouvernement et les scientifiques chiliens ont réagi rapidement dès que l’éruption a commencé. En 5 jours, la petite ville portuaire de Chaiten, située à 10 km au sud du volcan sur les rives de la rivière Chaitén, a été complètement évacuée. Moins d’une semaine plus tard, des lahars recouvraient une grande partie de la ville. La cendre qui s’était accumulée dans la rivière a fait remonter de 5 mètres le lit de cette dernière.
Les scientifiques chiliens et étrangers ont rapidement installé un réseau de surveillance du volcan pour suivre son activité.
Cette éruption présente un intérêt particulier pour les scientifiques car le type de magma émis – rhyolite à haute teneur en silice (environ 75% SiO2) – a alimenté certaines des plus grandes éruptions explosives de la planète. Or, il existe peu d’observations directes de ces éruptions et de leurs impacts, et de tels événements n’ont pas été observés avec un équipement scientifique moderne.

En fait, le Chaitén a été beaucoup plus actif qu’on le pensait au cours des 10.000 dernières années, avec 3 éruptions importantes dans les 5000 dernières années et une éruption au 17ème siècle qui ressemble beaucoup à celle de 2008-2009.
L’éruption initiale de 2008 a été alimentée directement par un magma qui a pris naissance au moins à 5 ou 10 km sous la surface. Progressant à une vitesse d’environ 0,5 mètres par seconde, ce qui est très rapide pour un magma rhyolitique, il lui a fallu seulement 4 heures pour atteindre la surface.
L’effusion de lave au cours des premiers mois de croissance du dôme du Chaitén a atteint entre 45 et 66 mètres cubes par seconde. Ces chiffres sont parmi les plus élevés pour les éruptions historiques incluant la formation d’un dôme de lave. A titre de comparaison, le débit effusif du Kilauea au niveau du Pu `u` O `o est de 5-6 mètres cubes par seconde.

Cette éruption aura un impact durable sur le gouvernement chilien qui a décidé d’élaborer un programme de surveillance à grande échelle des quelque 120 volcans qui se dressent dans le pays. Aujourd’hui, les scientifiques continuent à installer des réseaux de surveillance en temps réel sur la plupart des volcans les plus dangereux du Chili afin de fournir des prévisions d’éruption et des alertes précoces, ce qui n’était pas possible lorsque l’éruption du Chaitén a débuté il y a cinq ans.
Source: Hawaii 24/7.

drapeau anglais   May 2013 marks the 5th anniversary of the eruption of Chaitén volcano in southern Chile which began on May 2nd, 2008. At the time, Chaitén was not perceived to be an active or hazardous volcano, and so it was not monitored by scientists.

After only 24 hours of earthquake activity, a series of strong, explosive events sent multiple ash columns 15-20 km high in the air for more than a week. Ash blanketed vast areas of Chile and Argentina and set the stage for a destructive lahar that flooded the mouth of the Chaitén River where about 4,600 people lived.

After nearly 2 weeks of explosive activity, the eruption entered a prolonged phase of effusive lava-dome growth that lasted nearly 20 months. .

Despite a lack of monitoring, the Government of Chile and scientists responded quickly when the eruption began. Within 5 days, the small port town of Chaitén, located 10 km south of the volcano on the banks of the Chaitén River, was completely evacuated.

Less than a week later, lahars buried much of the town. The ash that had accumulated into the river raised the river bed by as much as 5 metres.

Chilean and foreign scientists quickly installed a volcano monitoring network to track the volcano’s activity.

This eruption was of particular interest to scientists because the type of magma erupted – high-silica rhyolite (about 75% SiO2) – has fueled some of Earth’s largest explosive eruptions. There are few direct observations of such eruptions and their impacts, and none of them was monitored with modern scientific equipment.

Chaitén was far more active in the past 10,000 years than was previously thought, including 3 substantial eruptions in the past 5,000 years and an eruption in the 17th century that  was much like that of 2008-2009.

The initial eruption was fed directly by magma that originated at least 5 to 10 km below the surface. Ascending at a rate of about 0.5 metres per second, which was very fast for rhyolite magma, the magma only took about 4 hours to reach the surface.

Estimates of lava effusion rates for the first few months of Chaitén’s dome growth reached 45-66 cubic metres per second. These are among the highest for historical lava-dome-forming eruptions.  For comparison, Kilauea’s long-term effusion rate for the Pu`u`O`o eruption is 5-6 cubic metres per second.

This eruption is having a lasting impact on the Government of Chile which has decided to work out an expanded national hazard monitoring program of the 120 volcanoes of the country. Today, scientists continue to build the real-time monitoring networks at most of Chile’s highest-risk volcanoes in order to provide eruption forecasts and early warnings that were not possible when Chaitén erupted five years ago.

Source: Hawaii 24/7.

Chaiten-NASA

Le panache du Chaitén vu depuis l’espace en janvier 2009  (Crédit photo:  NASA)