La théorie des points chauds

On peut lire sur le site Internet du CNRS un article qui indique que « des scientifiques du laboratoire Magmas et Volcans (CNRS/IRD/Université Blaise Pascal/Université Jean Monnet) et de l’ESRF (European Synchrotron Radiation Facility) ont recréé les conditions extrêmes que l’on trouve entre le noyau et le manteau terrestres, à 2900 km sous la surface, pour produire du magma. Avec l’aide du faisceau de rayons X de l’ESRF, le plus brillant au monde, ils ont pu soumettre quelques échantillons microscopiques de roches à ces pressions et températures extrêmes. Les résultats montrent pour la première fois que la roche partiellement fondue « flotte » et a tendance à remonter dans le manteau. Ces expériences confirmeraient l’hypothèse selon laquelle les volcans de points chauds tels que ceux des îles hawaïennes proviennent de « panaches », courants de magma issus de l’interface entre noyau et manteau. Ces résultats sont publiés le 19 juillet 2012 dans Nature. »

Vous pourrez lire l’intégralité de cet article à l’adresse suivante :

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2717.htm

Toutefois, comme jusqu’à présent, toute la communauté scientifique n’adhère pas à cette théorie et une chercheuse de l’Université de Durham en Angleterre n’est pas convaincue par les résultats obtenus par ses collègues français. Elle pense que la remontée de magma ne se fait pas de manière aussi directe. Elle fait remarquer que « les matériaux en fusion ne remontent pas à toute vitesse comme le ferait l’eau dans une canalisation. Ils se font absorber par d’autres matériaux en fusion auxquels ils se mélangent et passent donc par une zone de transition ».  

 

Personnellement, je suis persuadé que la théorie du panache mantellique est la bonne. Elle est confirmée par la composition de la lave qui s’échappe depuis 1983 sur le Kilauea. Les analyses – dont les dernières sur les échantillons que j’ai prélevés – montrent une grande constance (voir le résumé de mon travail dans la colonne de droite de ce blog). Si une différentiation se produisait, on n’aurait pas une telle régularité dans les résultats. Pour reprendre une expression chère au regretté Alain de Goër (Université de Clermont Ferrand), on a bien des « magmas TGV » à Hawaii. Comme pour les trains à grande vitesse, leur composition est la même au départ et à l’arrivée, contrairement aux « magmas omnibus » qui, comme les trains du même nom s’arrêtant dans les gares, se modifient lorsqu’ils traversent des « zones de transition ».  

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Prélèvement d’un échantillon de lave à Hawaii (Photo: Ch. Grandpey)

 

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