Les Iles Aléoutiennes (Alaska / Etats Unis)

Parmi les notes volcaniques de ce blog, plusieurs font référence à des volcans des Iles Aléoutiennes, l’une des régions les plus reculées de notre planète. On peut lire sur le site Wikipedia que « ces îles s’étendent sur 1 900 kilomètres selon un axe semi-circulaire approximativement est-ouest depuis la péninsule d’Alaska jusqu’au large du Kamchatka. Elles ferment l’accès au sud reliant l’Océan Pacifique à la Mer de Béring. Les Iles Aléoutiennes font partie de la Ceinture de Feu du Pacifique ».

La plus grande partie de ces quelque 300 îles volcaniques font partie de l’Etat d’Alaska, mais quelques unes à l’extrême ouest sont des territoires russes. 

S’agissant de la population, les Aléoutes  – qui ont donné leur nom à l’archipel – occupent quelques unes de ces îles. On pense que leur nombre a pu atteindre 25 000 à une certaine époque, mais il ne sont plus que 2000 aujourd’hui.

 

Les îles Aléoutiennes sont le plus souvent répertoriées en cinq groupes : Fox ; Iles des Quatre Montagnes, Andreanof, Rat et Near.

 

– Le groupe Fox est le plus proche du continent américain. Unimak est l’île la plus vaste, dominée par les 2900 mètres du Mont Shishaldin, volcan à la forme conique parfaite dont la dernière éruption officielle remonte à 2004. Il se peut qu’une activité éruptive ait eu lieu en 2008, mais ce volcan, comme la plupart de ses homologues des Aléoutiennes, n’est pas instrumenté de sorte qu’il est difficile de savoir ce qui s’y passe en temps réel. Seuls les satellites permettent de contrôler l’activité volcanique de ces terres lointaines et souvent inhospitalières. Deux autres volcans – Pogromni et Westdahl – dominent la partie occidentale d’Unimak tandis que la Fisher Caldera occupe le centre de l’île.

Toujours dans le groupe Fox, Unalaska est une autre île relativement vaste où le volcan Makushin (2036 m) domine la côte nord. Sa dernière éruption a eu lieu en janvier 1995, mais de nombreux autres épisodes ont été recensés au cours des siècles précédents.

Un pont relie Unalaska à la petite île d’Amaknak.

 

– Le groupe suivant, à l’ouest, est celui des Quatre Montagnes, qui se compose en fait de huit îles. Certaines d’entre elles sont uniquement occupées par un volcan, comme le Cleveland qui fait souvent la une de l’actualité sur ce blog. Il émettait encore en 2010 des panaches de cendre parfaitement visibles sur les images satellites.  

 

– Encore plus à l’ouest, on découvre le groupe Andreanof où la petite ville d’Adak (300 habitants) est la municipalité la plus à l’ouest des Etats-Unis. A l’époque de la Seconde Guerre mondiale, sa population s’élevait à plusieurs milliers d’habitants car elle représentait une base militaire stratégique face à la menace d’invasion japonaise.

 

– Dans le groupe Rat, on retiendra l’île de Kiska et son imposant volcan dans la partie nord.

 

– L’île Attu, dans le groupe Near, ne possède pas de volcan mais l’activité sismique est intense comme dans tout l’archipel des Aléoutiennes.

 

Comme je l’ai écrit précédemment, il est très difficile de contrôler l’activité des volcans des Iles Aléoutiennes. Les obstacles sont d’ordre physique (longues distances depuis Anchorage) et météorologique (le temps est souvent bouché pendant de longues périodes) de sorte que les scientifiques de l’Alaska Volcano Observatory ne peuvent se fier qu’aux indications données par les satellites pour savoir ce qui se passe sur le terrain. Quelques missions sont mises sur pied mais, aux Etats Unis aussi, les restrictions budgétaires sont de rigueur et le financement de ces expéditions coûteuses n’est pas à l’ordre du jour, d’autant que les volcans des Aléoutiennes ne sont pas vraiment une menace pour les populations. Seuls les nuages de cendre peuvent perturber le trafic aérien entre l’Amérique et l’Asie. C’est pour cela que les images satellites sont très précieuses.

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Shiveluch (Kamchatka / Russie)

drapeau francais.jpgLe Shiveluch a connu aujourd’hui lundi un épisode éruptif avec une colonne de cendre qui est montée jusqu’à 8,6 km d’altitude, ce qui a posé des problèmes au trafic aérien international et obligé à dérouter certains avions.

Les émissions de cendre avaient augmenté en intensité et en volume durant le week-end, avec des effondrements sur les flancs du volcan et un accroissement du dôme sommital.  

Le niveau d’alerte du volcan est Orange, soit un cran avant l’alerte maximale.

 

drapeau anglais.jpgShiveluch went through an eruptive episode today with a column of ash that reached an altitude of 8.6km and posed a threat to aircraft so that international air traffic had to be rerouted.
The ash discharges were increasing in intensity and volume over the weekend. They were accompanied by rock slides and an increase in the size of the dome.

The current alert level of Shiveluch is orange, one step below its most dangerous rating.

 

Etna (Sicile / Italie)

drapeau francais.jpg7h30: Comme le tremor et la situation sur le terrain le laissaient présager hier soir, le 12ème paroxysme a commencé ce matin vers 6 heures (heure locale) mais il a été relativement bref et a duré tout juste une heure. Il est terminé au moment où j’écris cette note. Il s’est déroulé comme les précédents, avec des fontaines de lave et une coulée de lave bien alimentée qui s’est déversée dans la Valle des Bove.

Vous trouverez plusieurs petites vidéos du paroxysme à cette adresse:

http://www.youtube.com/user/bmanct#p/u

 

drapeau anglais.jpg7:30: As could be predicted last night (tremor increase and strombolian activity), the 12th paroxysm started at 6 o’clock or so this morning at the SE Crater but was shorter than the previous ones. It barely lasted one hour and is over at the moment I’m writing this note. The process was tha same as for the previous ones, with the usual lava fountains and a well-fed lava flow travelling down into the Valle del Bove.

You’ll find several short videos of the paroxysm at this address:

 http://www.youtube.com/user/bmanct#p/u

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Panache de cendre produit par le 12ème paroxysme (Photo: G. Scarpinati)

 

 

Surveillance du Newberry (Chaîne des Cascades / Etats Unis)

drapeau francais.jpgAvec l’arrivée de nouvelles technologies, la surveillance volcanique s’améliore d’année en année. C’est ainsi que les scientifiques de l’Observatoire de la Chaîne des Cascades  – une branche de l’USGS – sont en train d’installer au sud de Bend huit stations destinées à surveiller le volcan Newberry qui représente une menace sérieuse à cause des 200 000 habitants qui vivent dans la région.

Au moins 25 bouches sur les flancs et au sommet du Newberry sont entrées en activité au cours d’épisodes éruptifs pendant les 10 000 années écoulées. L’éruption la plus récente a eu lieu il y a 1300 ans et a donné naissance à la célèbre Coulée d’Obsidienne tout en envoyant de la cendre jusque dans l’Idaho.

La seule station sismique en place actuellement sur le Newberry était très insuffisante pour fournir des informations en cas de réveil du volcan. S’agissant de la prévision, les scientifiques s’accordent pour dire qu’elle ne devrait pas être brutale et catastrophique. Toutefois, le Newberry est potentiellement actif de sorte que la naissance d’un nouveau cône ou l’apparition d’une coulée ne peuvent être écartés.

Chaque nouvelle station de surveillance sera équipée d’un sismomètre large bande enterré à 1,80 m de profondeur, d’un récepteur GPS et d’une antenne. Il y a aussi un boîtier en fibre de verre avec une alimentation électrique pour les deux instruments. Une radio avec antenne transmettra les données à une connexion Internet. Dans la mesure où ces nouvelles stations de surveillance du Newberry seront mises en ligne, il sera possible d’avoir des informations quasiment en temps réel via les enregistreurs (webicorders) accessibles sur le site web du Réseau sismique de l’Université de l’Etat de Washington.

Source : The Oregonian.

 

drapeau anglais.jpgWith the advent of new technologies, volcanic surveillance is improving year after year. Thus, scientists from the U.S. Geological Survey’s Cascades Volcano Observatory are busy south of Bend this week, installing eight new monitoring stations on Newberry Volcano which has been identified by the USGS as a  real threat because of the 200,000 people in the area.

At least 25 vents on the flanks and summit have been active during several eruptive episodes of the past 10,000 years. The most recent eruption 1,300 years ago produced the Big Obsidian Flow and sent volcanic ash as far east as Idaho.

The single seismic station currently located on Newberry is inadequate for providing early warning of a volcano’s reawakening. In terms of future predictions of activity, scientists say the volcano is unlikely to erupt in a single, catastrophic event. However, it is still active, in geologic terms, and a new lava cone or flow is possible.

Each new monitoring station is equipped with a broadband seismometer, buried 1.80 m. in the ground, and a GPS receiver and antenna. It also includes a fiberglass box with a power supply for both instruments. A radio and antenna will transmit the data to an Internet connection. As the new Newberry monitoring stations come online, near real-time seismic data will be viewable on webicorders on the University of Washington’s Seismic Network’s website.

Source : The Oregonian.

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Grande Coulée d’Obsidienne (Photo: C. Grandpey)