Dans le numéro du 8 août 2010, le Figaro Magazine proposait à ses lecteurs un article intitulé « Au cœur du Nyiragongo, rendez-vous avec le diable ».
La présentation du document commence en ces termes : « En juin dernier, une équipe de scientifiques et de passionnés de volcans a mis le pied sur la rive du lac de lave qui bouillonne au fond du cratère du Nyiragongo, au coeur de l’Afrique des Grands Lacs. Notre photographe Olivier Grünewald s’est approché à un mètre de la matière en fusion. Il nous livre des images encore jamais réalisées ».
Certes, les images d’Olivier sont très belles – comme d’habitude – même si on retrouve le défaut que j’avais remarqué sur les photos de l’Eyjafjallajökull: le préposé à la photogravure du Figaro Magazine trafique les photos d’Olivier en leur donnant une accentuation exagérée qui leur fait perdre une grande partie de leur beauté. Le problème est autre: l’auteur de l’article – en l’occurrence sa compagne – aurait dû se documenter avant d’écrire que ce sont « des images encore jamais réalisées ». Si elle avait lu, par exemple, le livre d’Haroun Tazieff Volcans paru chez Bordas en 1996, elle aurait découvert le chapitre 10 (pages 61 à 70) intitulé « Descente dans le puits de feu » où le célèbre volcanologue raconte et illustre sa descente sur la berge du lac de lave en 1958-59. De plus, si ma mémoire est bonne, Maurice Krafft s’est approché et a photographié lui aussi de très près le lac de lave du Nyiragongo.
S’agissant de la descente dans le cratère en juin dernier, il aurait été intéressant de réaliser des prélèvements de lave ou de gaz pendant cette approche du lac, comme le faisaient les membres de l’équipe Tazieff. Faire du sensationnel pour une revue ne doit pas empêcher de faire avancer la science !
Quoi qu’il en soit, l’approche d’un lac de lave est toujours fascinante. J’ai eu la chance de voir à deux reprises celui du Pu’u O’o à Hawaii et je suis partant pour un troisième spectacle !

A mon avis quand on veut parler du Nyiragongo il est raisonnable de « consulter » H.Tazieff avant. Il me semble qu’il a été le premier à y monter et descendre au bord du lac de lave qu’il a découvert,décrit,photografiéet filmer.
J’aimeJ’aime
Premièrement il n’a jamais été notre but de faire du « sensationnel » mais bien de réaliser notre rêve de s’approcher au plus prêt de cet immense lac de lave.
Deuxièment on ne parle pas du même lac de lave celui-ci est né après l’éruption de 2002. Rien à voir avec celui qui a disparu en 1977.
Troisièment avant d’écrire qu’aucun travail scientifique n’a été effectué il faudrait se renseigner car nous avons prélevé des gaz (sous forme liquide par condensation), pris des échantillons de lave lors des débordements et effectué des mesures de gravimétrie en continue.
Nous avons aussi déposer une plaque sur la première terrasse en hommage à J.Durieux.
J’aimeJ’aime