Rincón de la Vieja (Costa Rica)

Sans prévenir, le Rincón de la Vieja a connu une éruption phréatique le mardi 23 mai à 10h20, avec un panache qui est monté jusqu’à 400 mètres au-dessus du cratère. L’événement a duré moins de deux minutes et a produit un grondement semblable à celui d’un avion à réaction. La boue, l’eau et les roches en provenance du lac du cratère ont dévalé le versant nord du volcan pendant une quinzaine de minutes. Il n’est pas fait état de dégâts, bien que les rivières Pénjamo et Azufrado aient augmenté leur niveau et qu’elles aient pris une couleur grise à cause de l’arrivée des matériaux.
Le Rincón de la Vieja est l’un des volcans actifs du Costa Rica et, bien qu’il traverse des périodes de repos, l’activité phréatique est en hausse depuis 2015. L’une des éruptions les plus récentes s’est produite en mars 2016, avec une colonne de gaz et de vapeur qui a atteint 700 mètres au-dessus du cratère.
Le Rincón de la Vieja, rejoint le Poás et le Turrialba dans la liste des volcans costaricains ayant connu une forte activité au cours des derniers mois.
Source: The Costa Rica Star.

———————————

Without any warning sign, Rincón de la Vieja went through a phreatic eruption on Tuesday, May 23rd at 10:20 a.m. It produced a plume that rose 400 metres over the crater. The event lasted less than two minutes, with a sound similar to a jet’s engine. Mud, water and rocks from the crater lake sled down the north slope of the volcano for about 15 minutes. There are no reports of any damage, though the Pénjamo and Azufrado rivers increased their water level and turned grey coloured as a result of the material that fell into the water.

Rincón de la Vieja is one of Costa Rica’s active volcanoes, and although it goes through dormant periods, the phreatic activity has been increasing since 2015. One of the most recent eruptions was back in March 2016 when the column of gas and vapour reached 700 metres above the crater.

Rincón de la Vieja, joins Poás and Turrialba in the list of Costa Rican volcanoes that have shown strong activity in the last few months.

Source: The Costa Rica Star.

Crédit photo: Wikipedia

Sunset Crater (Arizona)

Au cours de mon dernier périple à travers l’ouest des Etats-Unis, j’ai fait une halte à Sunset Crater, à quelques kilomètres au nord de Flagstaff (Arizona), ville d’une centaine de milliers d’habitants, à 2100 mètres d’altitude, parcourue par la mythique Route 66. Sunset Crater se trouve à l’intérieur du National Monument du même nom (Le pass annuel permettant l’accès aux parcs nationaux est valable ici). J’ai eu la bonne surprise de constater que le site avait été réaménagé depuis ma dernière visite il y a une dizaine d’années, avec des sentiers d’accès permettant de mieux le protéger.

Le volcan de Sunset Crater est un exemple classique de cône de scories. La dernière éruption a eu lieu entre 1040 et 1100, avec les paroxysmes en 1085. L’événement le plus important s’est situé sur le Sunset Crater proprement dit et a été à l’origine des coulées de lave Bonito et Kana’a qui ont parcouru respectivement 2,5 kilomètres vers le NO et 9,6 kilomètres vers le NE. L’éruption a saupoudré de cendre et de lapilli une superficie de plus de 2100 kilomètres carrés.

En regardant autour de soi sur la Route 66, on se rend vite compte que les cônes de scories sont assez répandus dans la région et tous se sont formés de la même façon. Au plus fort de l’activité de Sunset Crater, au moins 9 autres cônes de scories étaient actifs, ainsi que de nombreux cônes de projections plus petits, tandis que 3 coulées de lave étaient émises le long d’une fracture de 10 km. Le cône de Sunset Crater présente une hauteur d’environ 340 mètres et près de 2 km de largeur à la base; le cratère a une profondeur de 120 mètres et  un diamètre de 675 mètres.
Sunset Crater est considéré comme éteint, même si une telle affirmation peu sembler un peu présomptueuse pour un volcan dont l’activité est très récente d’un point de vue géologique.

Le site est sacré pour les Indiens ;  il héberge les esprits Hopi et symbolise le lien entre le monde sous nos pieds et l’univers au-dessus de nos têtes….

————————————–

During my last trip across the western part of the United States, I made a stop at Sunset Crater, a few kilometers north of Flagstaff (Arizona), a city of about one hundred thousand people,  2,100 metres above sea level. Sunset Crater is located inside the National Monument of the same name (The annual pass allowing access to national parks is valid here). I was pleasantly surprised to find that the site had been redesigned since my last visit a decade ago, with access paths to better protect it.
The Sunset Crater volcano is a classic example of a  cinder cone. The last eruption took place between 1040 and 1100, with the strongest phases in 1085. The most dramatic event occurred on Sunset Crater proper and produced the Bonito and Kana lava flows which travelled 2.5 kilometers to the NW and 9.6 kilometers to the NE, respectively. The eruption sprinkled ash and lapilli over an area of ​​more than 2,100 square kilometres.
While driving along Route 66, one quickly realizes that cinder cones are fairly widespread in the area and all have formed in the same way. At the peak of Sunset Crater activity, at least 9 other cinder cones were active, along with many smaller projection cones, while 3 lava flows were emitted along a 10 km-long fissure. The Sunset Crater cone is about 340 metres high and about 2 km wide at the base; The crater has a depth of 120 metres and a diameter of 675 metres.
Sunset Crater is considered to be extinct, although such an assertion may seem somewhat presumptuous for a volcano whose activity is very recent from a geological point of view. The site is sacred to many of the indigenous people. The volcano is home to one of the Hopi spirit beings, and symbolises the link between the world below and the universe above…

°°°°°°°°°°

Des cônes de cendre, des coulées de lave, des fractures…..

…sans oublier la mythique Route 66!

Photos: C. Grandpey

 

Sabancaya (Pérou / Peru)

Dans son bulletin résumant l’activité du Sabancaya entre le 15 et le 21 mai 2017, l’IGP indique que la situation éruptive est relativement stable. On observe quotidiennement une quarantaine d’événements explosifs qui génèrent des panaches de cendre qui s’élèvent à environ 4000 mètres au-dessus du cratère. Le 18 mai, les émissions de SO2 atteignaient 2195 tonnes/jour.

On peut voir ces différents paramètres dans le document diffusé par l’Institut.

http://ovs.igp.gob.pe/sites/ovs.igp.gob.pe/files/pdf/Sabancaya/2017/reporte_sabancaya_201721.pdf

———————————-

In its bulletin summarizing activity at Sabancaya Volcano between 15 and 21 May 2017, IGP indicates that the eruptive situation is relatively stable. About 40 explosive events are recorded each day, generating ash plumes that rise about 4000 meters above the crater. On May 18th, SO2 emissions reached 2,195 tonnes / day.
These different parameters can be seen in the document released by the Institute.
http://ovs.igp.gob.pe/sites/ovs.igp.gob.pe/files/pdf/Sabancaya/2017/reporte_sabancaya_201721.pdf

Source: IGP / INGEMMET

Le fonds Krafft menacé à Nancy // The Krafft heritage under threat in Nancy (France)

Mauvaise nouvelle pour la science en général et la volcanologie en particulier. La liquidation judiciaire du Centre Image Lorraine (CIL), situé à Nancy, a dernièrement été prononcée. La structure, qui possède un fonds de deux millions de photos et de 30 000 films inédits, a été fermée dans la foulée. Les fonds du CIL, primés à plusieurs reprises par le passé, pourraient dans le meilleur des cas être repris par Imag’Est Epinal si le liquidateur judiciaire l’autorise. Les collections photographiques pourraient également être transférées dans le futur Centre des mémoires de Meurthe-et-Moselle qui devrait voir le jour d’ici 2018.

Parmi les trésors du CIL figurent les archives volcanologiques de Katia et Maurice Krafft, tragiquement disparus pendant l’éruption de l’Unzen (Japon) en 1991. Les documents accumulés par Haroun Tazieff avaient, eux aussi, été très menacés après le décès de l’épouse du célèbre volcanologue.

Il faut espérer que les institutions mentionnées dans l’article de presse, et d’autres comme le Muséum d’Histoire Naturelle ou Vulcania, pourront protéger ce précieux patrimoine scientifique.

Source : BLE Lorraine.

Malheureusement, de nos jours, Culture et Patrimoine ont tendance à devenir des gros mots et les autorités locales préfèrent allouer leur argent à d’autres secteurs d’activité. Nancy n’est pas une exception. Ainsi, la municipalité de Limoges a réduit ses subventions à la Bibliothèque Francophone Multimédia qui doit désormais faire payer ses adhérents, et les associations culturelles locales – dont les subventions ont été diminuées – doivent puiser dans leurs budgets pour utiliser les structures municipales.

———————————–

Bad news for science in general and volcanology in particular. The judicial liquidation of the Centre Image Lorraine (CIL), located in Nancy, has recently been pronounced. The structure, which has a fund of two million photographs and 30,000 films, was closed in the wake. CIL funds, which have been awarded several times in the past, could at best be taken over by Imag’Est Epinal if authorized by the liquidator. Photographic collections could also be transferred to the future Memorial Center of Meurthe-et-Moselle, which is expected to be completed by 2018.
Among the treasures of the CIL are the volcanological archives of Katia and Maurice Krafft, who died during the eruption of Mt Unzen (Japan) in 1991. The documents accumulated by Haroun Tazieff had also been greatly threatened after the death of the wife of the famous volcanologist.
It is to be hoped that the institutions mentioned in the press article, and others like the Museum of Natural History or Vulcania, will be able to protect this precious scientific heritage.
Source: BLE Lorraine.

Unfortunately, nowadays, Culture and Heritage tend to become dirty words and local authorities prefer to allocate their money to other sectors of activity. Nancy is no exception. For example, the municipality of Limoges has reduced its subsidies to the Bibliothèque Francophone Multimédia, which now has to charge its members, and local cultural associations – whose subsidies have been reduced – must use their budgets to use municipal structures.

Crédit photo: Wikipedia.

Il faut espérer que le fonds Krafft sera protégé et ne se limitera pas à ces quelques objets… (Photos: C. Grandpey)