Tsunami de l’éruption aux Tonga: pourquoi les prévisionnistes se sont trompés // Tonga eruption tsunami : why forecasters were mistaken

L’éruption volcanique du 15 janvier aux Tonga a déclenché une onde de choc atmosphérique qui s’est propagée à une vitesse proche de lcelle du son, poussant devant elle de puissantes vagues à travers le Pacifique, jusqu’aux côtes du Japon et du Pérou, à des milliers de kilomètres.
Les modèles de prévision et les systèmes d’alerte, conçus principalement pour évaluer les vagues déclenchées par les séismes conventionnels, ont été déconcertés par l’événement de Tonga et ont donc commis des erreurs. Ils n’ont pas tenu compte de l’effet amplifiant de l’onde de choc. On se rend donc compte du point faible ces systèmes qui ont été incapables de prévoir avec précision à quel moment les vagues toucheraient terre.
L’éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai a déclenché un tsunami qui a détruit des villages et coupé les communications dans l’archipel des Tonga et ses 105 000 habitants. Trois personnes ont été tuées. Ce bilan est faible car la population est bien préparée pour faire face à un tsunami. Les habitants sont même probablement parmi les mieux préparés pour affronter les catastrophes naturelles, avec des années d’exercices tsunami: C’est pourquoi de nombreuses personnes ont su se réfugier sur des endroits plus élevés.
S’agissant du Pérou, le manque d’informations précises a peut-être contribué à la mort de deux personnes qui se sont noyées dans des vagues inhabituellement hautes, ainsi qu’à la marée noire majeure qui a souillé le littoral près de la raffinerie de La Pampilla.
Les scientifiques expliquent qu’ils doivent maintenant réévaluer le risque tsunami pour d’autres volcans dans le monde. Par exemple, ils pensaient que le volcan sous-marin Kick’em Jenny ne posait qu’un risque de tsunami pour l’île voisine de la Grenade, dans les Caraïbes. Mais la vague pourrait très bien affecter l’ensemble des Caraïbes et du golfe du Mexique, et peut-être même l’océan Atlantique à grande échelle, si un événement de type Tonga devait se produire.
Les tsunamis déclenchés par des éruptions volcaniques sont rares dans l’histoire moderne. L’onde de choc générée par le volcan des Tonga compte parmi les plus importantes jamais enregistrées; elle est similaire à celle produite par l’éruption du Krakatoa en 1883.
Avant le tsunami de 2018 qui a suivi l’éruption de l’Anak Krakatau, un tsunami déclenché par un volcan ne s’était pas produit dans l’océan depuis plus d’un siècle. A côté de cela, 90 % des tsunamis sont déclenchés par des séismes classiques. En conséquence, les systèmes d’alerte aux tsunamis sont programmés pour donner la priorité aux événements sismiques classiques. Les instruments disposés sur le plancher océanique surveillent les variations anormales de la hauteur des vagues; ils envoient des informations par balises de surface, puis par satellite, à un centre d’alerte pour évaluation.
Le Pacific Tsunami Warning Center à Hawaï a tout d’abord mis en garde contre des vagues dangereuses à moins de 1 000 km de l’éruption des Tonga. Cependant, leur bulletin émis par le Centre expliquait qu' »en raison de la source volcanique, nous ne pouvons pas prévoir l’amplitude des tsunamis ni jusqu’où le risque de tsunami peut s’étendre ». Quelque 10 heures plus tard, l’alerte a été mise à jour et incluait une menace possible pour le Pérou, une évolution surprenante étant donné que le tsunami près des Tonga était relativement faible.
Entraînées par la gravité, les vagues de tsunami se déplacent à environ 200 mètres par seconde. Cependant, l’onde de choc générée par le volcan des Tonga s’est déplacée à plus de 300 mètres par seconde et était si puissante qu’elle a fait résonner l’atmosphère comme le fait une cloche.
Grâce au transfert de cette énergie de l’atmosphère vers l’océan, l’onde de choc a amplifié les vagues océaniques dans le monde entier, les a repoussé plus loin et accéléré leur vitesse de déplacement, un phénomène pour lequel les centres d’alerte aux tsunamis se sont pas équipés.
Source : Reuters, Yahoo Actualités.

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The January 15th volcanic eruption in Tonga unleashed an atmospheric shockwave that radiated out at close to the speed of sound, pushing large waves across the Pacific to the shores of Japan and Peru, thousands of kilometres away.

Forecasting models and warning systems, designed primarily to assess earthquake-triggered waves were disconcerted by the tonga event. They did not account for the boosting effects of the shockwave. It was a critical flaw in these systems, leaving them unable to predict exactly when the waves would hit land.

The Hunga Tonga-Hunga Ha’apai eruption triggered a tsunami that destroyed villages and knocked out communications for the South Pacific nation of about 105,000 people. Three people have been reported killed. However Tongans were well equipped to deal with the tsunami. They are also considered among the most prepared for natural disasters, with years of tsunami drills so that many people knew to evacuate to higher ground.

But for faraway Peru, for example, the lack of accurate information may have contributed to the death of two people who drowned in unusually high waves, as well as the major oil spill near La Pampilla refinery.

Experts say they need to re-evaluate tsunami hazards for other volcanoes around the world. For example, the Kick’em Jenny underwater volcano is thought to pose only a regional tsunami risk to the neighboring Caribbean island of Grenada. But it may very well affect the entire Caribbean and Gulf of Mexico, and possibly even the Atlantic and global oceans, if a Tonga-type event were to happen.

Volcano-triggered tsunamis have been rare in modern history, and the shockwave from Tonga’s volcano was among the largest ever recorded, similar to the one produced by the 1883 eruption of Krakatoa.

Prior to the 2018 tsunami that followed the eruption of Anak Krakatau, a tsunami set off by a volcano had not happened in the ocean in more than a century. Rather, 90 percent of tsunamis are triggered by earthquakes. As a consequence, tsunami warning systems are programmed to prioritize seismic events. Seafloor instruments monitor for irregular changes in wave height, sending information by surface buoy and then satellite to a warning centre for assessment.

The Pacific Tsunami Warning Center in Hawaii initially warned of dangerous waves within 1,000 km of the Tonga eruption. However, their bulletin noted that « due to the volcano source we cannot predict tsunami amplitudes nor how far the tsunami hazard may extend. » Roughly 10 hours later, the warning was updated to include a possible threat to Peru, a surprising development given that the tsunami near Tonga was relatively small.

Tsunami waves, driven by gravity, travel at around 200 metres per second. However, the shockwave from Tonga’s volcano moved at more than 300 metres per second and was so powerful that it caused the atmosphere to ring like a bell.

Through the transfer of this energy from the atmosphere to the ocean, the shockwave amplified ocean waves around the world, pushing them farther afield and accelerating their travel time – something tsunami warning centres were not equipped to handle.

Source: Reuters, Yahoo News.

L’éruption du 15 janvier 2022 vue depuis l’espace (Source: Japan Meteorological Agency)

Pas d’eau sous la surface de la planète Mars // No water beneath the Mars surface

De l’eau sous la surface de la planète Mars ? Pas encore! Une nouvelle étude publiée dans la revue Geophysical Research Letters nous apprend que le lac souterrain que les scientifiques pensaient avoir découvert en 2018 au niveau du pôle sud de Mars est probablement de la roche volcanique, mais pas de l’eau. La possible présence d’eau avait été interprétée à partir d’observations radar faites par la sonde Mars Express de l’Agence Spatiale Européenne.
Les auteurs de la nouvelle étude indiquent que pour qu’il y ait de l’eau aussi près de la surface, il faudrait à la fois un environnement très salé et une forte source de chaleur générée localement, ce qui n’a jamais été décelé dans cette région de la Planète Rouge. De plus, la présence d’eau ne correspond pas à ce que les chercheurs savent déjà du pôle sud de Mars.
Mars a de l’eau sous forme de glace à ses pôles, mais les scientifiques ne savent toujours pas si de l’eau pourrait réellement se cacher sous la surface de la planète. Connaître cette quantité d’eau est important car cela pourrait donner des informations sur la vie, ou la possibilité de vie, sur Mars. Cela pourrait également être utile à de futurs astronautes.
En 2018, les scientifiques s’étaient appuyés sur une trentaine d’années de recherches suggérant qu’il pourrait y avoir de l’eau sous les calottes polaires de Mars, comme c’est le cas sur Terre pour les calottes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland.
Au départ, les scientifiques pensaient avoir détecté la présence d’eau à l’aide de données radar recueillies par MARSIS, un instrument à bord de la sonde Mars Express qui utilise des impulsions radar pour étudier l’intérieur et l’ionosphère de la planète. Mais une étude plus approfondie était nécessaire pour confirmer cette possibilité d’eau et ses implications.
Pour arriver à leurs conclusions, les auteurs de la nouvelle étude ont placé une calotte glaciaire imaginaire sur une carte radar de la planète Mars, générée à partir de trois années de données MARSIS. Cette technique leur a permis de voir comment le sol martien apparaîtrait à travers un glacier imaginaire de 1,6 km de profondeur. Cela leur a aussi permis de comparer les caractéristiques. Dans leur simulation, les taches lumineuses repérées au pôle correspondaient à d’autres caractéristiques visibles dans les plaines d’origine volcanique. Au final les scientifiques pensent que les observations des pôles avec le radar correspondent à des coulées de lave riches en fer, ou bien à des dépôts de minéraux dans des lits de rivières asséchés, mais il ne s’agit pas d’eau.
Bien que le résultat de la dernière étude mette à mal l’hypothèse d’existence de réserves d’eau substantielles dans cette région de Mars, ces recherches permettront de mieux comprendre comment la planète s’est formée.
Source : Space.com.

OK, c’est bien de savoir qu’il n’y a pas d’eau sous la surface de Mars;, mais pour nous autres simples Terriens, ça n’avance pas à grand-chose. Nous possédons beaucoup d’informations sur la surface de la planète Mars, mais très peu d’éléments sur les profondeurs de nos océans. La dernière éruption sous-marine aux îles Tonga a surpris tout le monde. Pareil pour le volcan sous-marin au large de Mayotte. Il a fallu plusieurs mois avant de savoir que la sismicité sur l’île était provoquée par une éruption sous-marine.

Il y a quelque temps, un ami me demandait pourquoi les abysses de nos océans restaient inexplorées, pourquoi nous n’en savons pas davantage sur les zones de subduction ou les fosses sous-marines où se déclenchent les séismes les plus meurtriers. La réponse est facile. Ces profondeurs qui atteignent parfois plus de 10 km pourraient être visitées; nous en avons les moyens techniques. Quand on est capable d’envoyer des engins sur des planètes situées à plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de milliers de kilomètres, on est en mesure d’aller gratter à 10 km de profondeur dans les océans. Le reste est affaire de volonté. Le problème, c’est qu’à de telles profondeurs, tout est noir. L’oeil humain est fait pour vivre dans la lumière; le noir est la couleur de la mort. Les teintes orangées de la planète Mars sont beaucoup plus flatteuses et susceptibles d’attirer l’attention des populations sur Terre. Tant pis si, dans le même temps, des centaines de gens sont victimes de puissants séismes dont la source se trouve à des milliers de kilomètres de profondeur au fond de nos propres océans….

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Water beneath Mars’ surface? Not yet! A new study published in the journal Geophysical Research Letters explains that the suspected underground lake discovered in 2018 on Mars’ southern pole is probably volcanic rock masquerading as water. The possible water signature was first interpreted from radar observations made by Mars Express, a European Space Agency spacecraft.

The authors of the new studay indicate that for water to be sustained this close to the surface, both a very salty environment and a strong, locally generated heat source are needed, which is unknown in that region of the Red Planet. Besides, the presence of water does not fit with what researchers have understood about Mars’ southern pole.

Mars has ice water at the poles, but scientists are still working to determine how much water might actually be hiding beneath the planet’s surface. Knowing this amount of water is important as it could inform our understanding of life and the possibility of life on Mars, and it could also support future astronauts who might one day step foot on the planet’s surface.

In 2018, scientists were building on three decades of theories suggesting there might be water beneath the polar caps of Mars, just like we see on Earth beneath the ice sheets of Antarctica and Greenland.

Initially, scientists thought they had spotted water signals using radar data gathered by MARSIS, a Mars Express instrument which uses radar pulses to study the planet’s interior and ionosphere. But further study was needed to confirm suspected findings and their implications.

To get to their conclusiuons, the researchers in the new study placed an imaginary global ice sheet across a planet-wide radar map, generated with three years of MARSIS data. This technique allowed them to compare how the Martian terrain would appear through a simulated 1.6-km-deep glacier, which allowed the scientists to compare features. Under these conditions, the bright reflections spotted at the pole matched other reflections found in volcanic plains. Thus, the scientists suspect that the radar’s polar observations were picking up either iron-rich lava flows or mineral deposits in dried riverbeds, but not water.

While their result defies the existence of substantial water reserves in that region, the study helps to better understand how Mars formed.

Source: Space.com.

OK, it’s great to know that there is no water under the surface of Mars, but for us mere Earthlings, it doesn’t make much sense. We have a lot of information about the surface of Mars, but very little about the depths of our oceans. The latest underwater Tonga eruption surprised everyone. It was just the same for the underwater volcano off Mayotte. It took several months before it became known that the seismicity on the island was caused by an underwater eruption.
Some time ago, a friend asked me why the depths of our oceans remain unexplored, why we don’t know more about the subduction zones or the underwater trenches where the deadliest earthquakes are triggered. The answer is easy. These depths which sometimes reach more than 10 km could be visited; we have the technical means. When we are able to send spacecraft to planets located several tens or several hundreds of thousands of kilometers away, we are able to scrape 10 km deep in the oceans. The rest is a matter of will. The problem is that at such depths, everything is black. The human eye is made to live in light; black is the colour of death. The orange hues of Mars are much more likely to attract the attention of people on Earth. Too bad if, at the same time, hundreds of people are victims of powerful earthquakes whose source is thousands of kilometers deep at the bottom of our own oceans….

Vue du pôle nord de la planète Mars (Crédit phorto: ESA)

1918, une année noire en Islande // 1918 : a dark year in Iceland

Le 23 janvier 2022, le petit village côtier de Bakkagerði, dans le nord-est de l’Islande, a connu des températures dignes des mois d’été. Le thermomètre a indiqué 17,6°C juste après minuit. Seize heures auparavant, vers 8 heures du matin le 22 janvier, la température le long du fjord oscillait juste en dessous de 0°C. Les températures ont également atteint des sommets tout à fait inhabituels ailleurs dans les Fjords de l’Est. Seyðisfjörður a enregistré la deuxième température la plus élevée du pays. Ce coup de chaud a été bref. Pendant environ six heures, des températures avoisinant les 15°C ont été relevées dans la région avant de chuter en dessous de 10°C dans l’après-midi. Les météorologues expliquent que ces fluctuations soudaines des températures sont typiques du changement climatique.

104 ans avant le 23 janvier 2022, on avait enregistré les températures les plus froides de l’histoire de l’Islande. L’hiver 1917-18 est connu dans le pays sous le nom de Frostaveturinn mikla, le grand hiver glacial. Au cours de ce terrible hiver, les températures ont chuté et la glace s’est formée sur la mer autour de l’Islande, paralysant des voies maritimes vitales et accentuant les pénuries de biens essentiels. Le mois de janvier 1918 fut particulièrement catastrophique. Le 21 janvier, les températures ont chuté à des niveaux jamais vus auparavant, ni depuis. Un minimum de -24,5°C a été enregistré à Reykjavík et, dans le nord-est de l’Islande, le thermomètre indiquait -36°C à Grímsstaðir et -38°C à Möðrudalur.

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L’année 1918 a également été marquée par l’arrivée de la grippe espagnole en Islande. L’épidémie a débarqué le 19 octobre 1918, avant de se propager dans le pays. Elle a coûté la vie à 540 personnes, dont plus de la moitié à Reykjavík. Les deux tiers des habitants de la ville ont été infectés; la plupart sont restés au lit pendant des jours. La pandémie a transformé Reykjavík en une ville fantôme car les entreprises ont fermé, les navires n’ont pas été chargés, les journaux n’ont pas été publiés et le bureau des télégrammes a fermé.
L’infection est arrivée en Islande par le biais de navires en provenance des Etats Unis et de Copenhague le 19 octobre. Un chalutier en provenance du Royaume-Uni a, lui aussi, apporté la maladie à Hafnarfjörður, qui était à l’époque un petit village de pêcheurs.
Un ensemble de facteurs a contribué à la propagation extrêmement rapide de l’infection à Reykjavík. La plupart des gens vivaient dans des logements exigus et mal entretenus. Reykjavík faisait face à une grave pénurie de logements à l’époque, un problème qui a persisté au cours des décennies suivantes. 1918 était aussi avant que les Islandais n’exploitent l’énergie géothermique pour le chauffage et les chutes d’eau pour produire de l’électricité. Les habitants de Reykjavík, en particulier la classe ouvrière, vivaient dans des bâtiments en bois mal construits et mal isolés. Des familles entières s’entassaient dans une ou deux petites pièces, ce qui a favorisé la propagation de la grippe.
L’infection s’est propagée rapidement, submergeant les deux hôpitaux de la ville. Les autorités ont transformé en hôpital une école maternelle du centre-ville. Les premiers décès sont survenus le 1er novembre. Les habitants ont parlé de l' »ange de la mort » qui planait au-dessus de la ville. Début décembre, près de 300 personnes étaient mortes à Reykjavík, qui ne comptait à l’époque que 15 000 habitants. Au moins 10 000 personnes auraient été infectées dans la ville.
La pandémie s’est propagée aux villages de pêcheurs de l’ouest et du sud de l’Islande. Les plus touchés ont été ceux en plein essor qui avaient connu l’expansion rapide du chalutage au cours de la première décennie du siècle. Akranes, Keflavík et Vestmannaeyjar ont été particulièrement touchés. De grandes parties du pays ont cependant été épargnées grâce à une quarantaine sévère.
Le 20 novembre, la maladie a atteint son apogée dans la capitale. La ville était à court de cercueils pour les morts qui étaient enterrés dans des fosses communes. Les célébrations de la signature du traité faisant de l’Islande une nation souveraine, ont été annulées.

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En effet, le jour même où la pandémie a atteint Reykjavík, le peuple islandais a approuvé lors d’un référendum la ratification du traité d’union avec le Danemark, un accord qui faisait de l’Islande une nation souveraine. Le roi danois restait à la tête de l’État, mais Reykjavík était désormais la capitale d’une nation nouvellement indépendante.

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Le 12 octobre 1918, le Katla est entré en éruption sous le glacier Myrdaljökull dans le sud de l’Islande. Le dimanche 13 octobre a été baptisé Dimanche Sombre à Reykjavík : le ciel était noir à cause des cendres produites par le volcan. L’éruption de 1918 se caractérise par une activité explosive avec de volumineux nuages de cendres et des glissements de terrain. Elle a provoqué une très importante crue glaciaire et produit d’énormes quantités de cendres qui se sont répandues sur 60 000 km2 autour de l’Islande. La côte sud a avancé de 5 km avec les dépôts laissés par les lahars.
Sur les 32 volcans actifs d’Islande, Katla est considéré comme l’un des plus dangereux. C’est le quatrième système volcanique le plus actif d’Islande. Il s’est manifesté au moins 21 fois depuis la colonisation de l’Islande par les Vikings au 9ème siècle.
L’éruption de 934 est considérée comme la plus grande éruption volcanique en Islande au cours des derniers millénaires. Elle a produit un champ de lave qui couvre environ 800 kilomètres carrés, 18 à 20 kilomètres cubes de lave et 5 à 7 kilomètres cubes de tephra et de cendres. L’impact de l’éruption sur le climat de la planète a été catastrophique, avec de mauvaises récoltes et la famine en Europe. Les températures dans tout l’hémisphère nord ont chuté, provoquant le gel des rivières jusqu’à l’Iran actuel.
Source : médias d’information islandais et internationaux.

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On January 23rd, 2022, the remote seaside village of Bakkagerði in Northeast Iceland experienced temperatures that would be notable in the summer months. A high of 17.6°C was recorded in the village just after midnight. Only sixteen hours before, around 8:00 am on January 22nd, temperatures along the fjord had hovered just below 0°C. Temperatures also reached unusual highs elsewhere in the East Fjords. Seyðisfjörður had the second highest temperature in the country. The heatwave only lasted briefly. For about six hours, temperatures of around 15°C were measured in the region before falling to under 10°C in the afternoon. Meteorologists say that these sudden fluctuations in temperatures are typical of climate change.

January 23rd 2022 also marked 104 years since the coldest temperatures ever recorded in Iceland. The winter of 1917-18 is known in Iceland as Frostaveturinn mikla, the Great Frost Winter. During this terrible winter, temperatures plummeted and sea ice formed around Iceland, closing off vital shipping routes and exacerbating existing shortages of vital goods. The month of January 1918 was particularly devastating, and on January 21st, temperatures plummeted lower than they ever had or have done since. A low of -24.5°C was recorded in Reykjavík, and, in Northeast Iceland, -36°C at Grímsstaðir and -38°C at Möðrudalur.

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On October 19th, 1918 the Spanish Flu spread to Iceland. The pandemic claimed the lives of as many as 540 people, more than half in Reykjavík. Two thirds of the townsfolk caught the infection, most becoming bedridden for days. The pandemic turned Reykjavík into a ghost town as businesses shut down, ships were not loaded, newspapers were not published and the telegram office closed.

The infection arrived in Iceland on three separate vessels all of which arrived in harbour on October 19th. The ships were coming from the U.S. and from Copenhagen. A trawler arriving from the UK brought the disease to Hafnarfjörður, which was a small fishing village at the time.

A combination of factors contributed to the extremely rapid spread of the infection in Reykjavík. Most people lived in extremely cramped and poor conditions. Reykjavík was facing an intense housing shortage at the time, a problem which persisted throughout the coming decades. This was also before Icelanders had harnessed geothermal energy for central heating or the waterfalls to produce electricity. The inhabitants of Reykjavík, especially the working class, lived in poorly constructed and poorly insulated wooden buildings, entire families packed into one or two small rooms.

The infection spread rapidly, overwhelming the two private hospitals in town. The authorities converted the downtown children’s school into a hospital. The first deaths came on November 1st. Locals talked about the Angel of Death having swept over the town. By early December nearly 300 people had died in Reykjavík, which had a population of just 15,000 people at the time.

At least 10,000 are believed to have been infected in Reykjavík, paralyzing the town.
The pandemic spread to fishing towns and villages in West and South Iceland. Worst hit were the boomtowns which had seen the rapid expansion of trawling in the first decade of the century. Akranes, Keflavík and Vestmannaeyjar were particularly hard hit. Large parts of the country were spared, however, thanks to an aggressive quarantine.
By November 20th the disease had peaked in the capital. The town had run out of coffins for the dead who were being buried in mass graves. Celebrations which had been planned on December 1st, when the newly signed Union Treaty went into effect, making Iceland a sovereign nation, were canceled or scaled down.

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On the very same day as the pandemic reached Reykjavík the Icelandic people approved in a referendum to ratify the Union Treaty with Denmark, an agreement which made Iceland a sovereign nation. The Danish King would still be the head of state, but Reykjavík now became the capital of a newly independent nation.

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On October 12th, 1918 the volcano Katla erupted beneath Myrdaljökull in South Iceland. Sunday October 13th was called Dark Sunday in Reykjavík: The sky was dark from ash produced by the volcano. The 1918 eruption was characterized by explosive activity that produced voluminous ash clouds and landslides.It caused a massive glacial outburst flood and produced huge amounts of ash that spread over 60.000 km2 around Iceland. The Southern coast was extended by 5 km by the laharic flood deposits.

Out of the 32 active volcanoes in Iceland, Katla is considered to be one of the most dangerous. It is the fourth most active volcanic system in Iceland, having erupted at least 21 times since the Viking settlement of Iceland in the 9th century.

The 934 eruption is believed to be the largest volcanic eruption to take place in Iceland in the past millennia. It produced a lava field which covers approximately 800 square kilometers, 18-20 cubic kilometers of lava and 5-7 cubic kilometers of tephra and ash. The impact of the eruption on global weather systems was catastrophic, causing crop failures and hunger in Europe. Temperatures all over the Northern Hemisphere dropped, causing rivers as far as present day Iran to have frozen over.

Source: Icelandic and international news media.

Eruption du Katla en 1918 (Photo: Katjarn Gudmundsson)

Vue du Katla aujourd’hui (Photo: C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Selon le Vanuatu Meteorology and Geo-hazards Department (VMGD), l’activité à Ambrym (Vanuatu) a considérablement augmenté le 25 janvier 2022. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique a été relevé de 1 à 2.
Alors que des émissions de vapeur avaient déjà été observées au niveau du cratère du Marum, une intensification des émissions de vapeur, de cendres et de gaz est actuellement observée sur le Benbow. Le système de surveillance du volcan confirme que l’activité à Ambrym a augmenté et a atteint un niveau majeur.
Les lacs de lave qui bouillonnaient au fond des cratères du Benbow et du Marum ont disparuau moment de l’éruption de décembre 2018. Depuis cette époque, l’activité à l’intérieur des cratères se limite à des émissions de vapeur.
Il est rappelé à toutes les agences de voyage, aux autorités locales, aux habitants d’Ambrym et au grand public qu’en raison de l’activité volcanique actuelle et de la présence de zones de fractures dans la caldeira, une zone d’exclusion permanente demeure sur le Benbow et la zone de danger A est maintenue sur le Marum. Ces zones de sécurité ont un rayon de 1 km par rapport au Benbow et de 2 km par rapport au Marum.
La dernière éruption majeure à Ambrym s’est produite en 1913. 21 personnes ont été tuées. L’événement est décrit dans mon livre Killer Volcanoes, éruptions meurtrières des temps modernes.

Zones d’exclusion autour du Benbow et du Marum (Source: GeoHazards)

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Rien de très nouveau à Vulcano (Iles Eoliennes). Une nouvelle ordonnance promulguée par la mairie de Lipari est entrée en vigueur le 24 janvier 2022. Elle est en fait la prorogation de la précédente. Les restrictions en cours devraient donc continuer encore quelque temps, en attendant la mise en place de la commission qui nommera le commissaire Musumeci, même si les délais pourraient être longs, en raison de l’élection à venir du président de la République. Selon la presse sicilienne, « les autorités travaillent dans un premier temps sur le protocole relatif aux contrôles liés aux émissions de gaz du volcan, avant de procéder à une évaluation des actions à entreprendre. » En attendant, « les quatre postes de travail des laboratoires ARPA et ISPRA sont en cours d’identification pour la transmission immédiate des données en ligne. » Ils seront positionnés près des cottages d’Altavilla, face au cratère afin d’enregistrer « l’activité » du volcan, mais aussi dans le secteur des bains de boue, et dans deux autres zones de l’île.
Pendant ce temps, une nouvelle réunion publique du Comité pour la défense de l’île de Vulcano s’est tenue au port. Les participants ont demandé une rencontre avec le maire de Lipari car ils insistent que «l’île devra reprendre vie, et la première étape devra être de la rouvrir aux touristes».

Source: La Sicilia.

  Autour de 113°C, le soufre devient parfois liquide dans le cratère de La Fossa (Photo: C.Grandpey)

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Si vous aviez envie d’aller à Hawaï pour voir un lac de lave et des coulées de lave, vous serez probablement très déçu. L’activité éruptive est actuellement très faible et le HVO est contraint d’admettre que « l’éruption sommitale du Kīlauea a considérablement diminué. L’activité se limite ponctuellement à une petite émission de lave dans la partie ouest du cratère ». Les images de la webcam des derniers jours montraient que la lave avait disparu (voir image de la caméra thermique ci-dessous). Elle a fait sa réapparition le 25 janvier, mais pour combien de temps? De plus, aucune activité n’est actuellement observée le long de l’East Rift Zone.

 

Image thermique du cratère de l’Halema’uma’u ces derniers jours (Source: HVO)

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Aucune nouvelle activité majeure n’a été observée sur le volcan Hunga-Tonga-Hunga-Ha’apai (Tonga) ces derniers jours. Je vous renvoie à ma note du 24 janvier 2022 sur les conséquences de l’éruption.

Les conséquences de l’éruption du volcan Hunga Tonga Hunga Ha’apai (Tonga)

Source: Tonga Services

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La sismicité reste élevée sur le Pavlof (Alaska), ainsi que les températures de surfacequi correspondent à l’épanchement de lave identifié sur les images satellites près de la bouche active et sur le flanc SE.
Le niveau d’alerte volcanique reste à Vigilance et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Orange.
Source : AVO.

Crédit photo: AVO

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Toujours en Alaska, la lente émission de lave se poursuit sur le Great Sitkin. La sismicité est faible. Des émissions de vapeur ont été observées sur les images de la webcam.
La couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique restent respectivement à l’Orange et à Vigilance.
Source : AVO.

Crédit photo: AVO

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L’éruption du Lewotolok (Indonésie) se poursuit. Les panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 700 m au-dessus du sommet. Des matériaux incandescents sont éjectés jusqu’à 300-700 m de la bouche active, avec de forts grondements.
Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 3 km du cratère sommital.
Source : CVGHM.

Image satellite du panache du Lewotolok (Source: NASA)

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Toujours en Indonésie, l’éruption du Semeru se poursuit. Des panaches blancs et gris s’élèvent jusqu’à 1 km au-dessus du sommet, et l’incandescence du cratère est visible la nuit. Des avalanches incandescentes parcourent jusqu’à 500 m dans la ravine Kobokan sur le flanc SE. Le 16 janvier, un effondrement d’un front de coulée dans la ravine Kobokan a généré une coulée pyroclastique et un panache de cendres qui s’est élevé à 1,5 km de hauteur.
Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4). Le public est prié de rester à l’écart des ravines sur les flancs du Semeru, en particulier la ravine Kobokan.
Source : CVGHM.

Photo: C. Grandpey

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La situation reste inchangée sur le Fuego (Guatemala) avec les habituelles explosions quotidiennes qui éjectent des matériaux incandescents à 100-300 m de hauteur et génèrent des panaches de cendres à environ 1 km au-dessus du sommet. Des retombées de cendres sont observées dans les zones sous le vent. Des ondes de choc périodiques secouent les structures dans les localités autour du volcan. Les avalanches de blocs dévalent plusieurs ravines, atteignant souvent la végétation.
Source : INSIVUMEH.

Crédit photo: Wikipedia

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

According to the Vanuatu Meteorology and Geo-hazards Department (VMGD), activity at Ambrym (Vanuatu) increased significantly on January 25th, 2022. As a consequence, the Volcanic Alert Level has been raised from 1 to 2.

While steam emissions were already observed at the Marum crater, more steam, ash and gas emissions were emitted by Benbow. The volcano monitoring system confirms that the Ambrym volcano activity has increased and is continuing in the Major unrest Level.

The lava lakes that used to appear in Benbow and Marum craters have disappeared since the December 2018 eruption. The remaining activity inside the craters consists of steam emissions.

All tourism agencies, local authorities, people of Ambrym and the general public are reminded that due to the current volcano activity and presence of cracked areas at the caldera, a Permanent Exclusion Zone remains at Benbow and Danger Zone A is kept at Marum. these safety areas have a radius of 1 km from Benbow and 2 km from Marum.

Ambrym’s last major eruption occurred in 1913. 21 persons were killed. The evnt is described in my book Killer Volcanoes, éruptions meurtrières des temps modernes.

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Nothing really new at Vulcano (Aeolian Islands). A new ordinance promulgated by the mayor of Lipari started on January 24th, 2022. It is in fact the extension of the previous one. The current restrictions should therefore continue for some time, pending the establishment of the commission that will appoint Commissioner Musumeci, even if the delays could be long, due to the upcoming election of the President of the Republic. According to the Sicilian press, « the authorities are working initially on the protocol relating to controls related to gas emissions from the volcano, before proceeding to an assessment of the actions to be taken. » In the meantime, « the four workstations of the ARPA and ISPRA laboratories are being identified for the immediate transmission of data online. » They will be positioned near the cottages of Altavilla, facing the crater in order to record the « activity » of the volcano, but also in the area of ​​the mud baths, and in two other areas of the island.

Meanwhile, a new public meeting of the Committee for the defense of the island of Vulcano was held at the port. The participants requested a meeting with the mayor of Lipari because they insist that “the island will have to come back to life, and the first step will have to be to reopen it to tourists”.

Source: La Sicilia.

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If you felt like going to Hawaii to see a lava lake and lava flows, you will probably be very disappointed. Eruptive activity has been very low in the past weeks and HVO can only say that « the summit eruption of Kīlauea is greatly diminished. Activity has been confined to a small pond north of the west vent cone. » Webcam images in the past days showed that the lava pond had disappeared. Lava reappeared on January 25th, but for how long? Moreover, no unusual activity is currently observed in thed East Rift Zone.

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No major activity has benn observed at Hunga-Tonga-Hunga-Ha’apai volcano (Tonga) during the past days. The consequences of the eruption were described in a post released on January 24th, 2022. (see above)

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Seismicity remains elevated at Pavlof (Alaska), as well as surface temperatures consistent with lava effusion identified in satellite imagery near the vent and on the SE flank.

The Volcano Alert Level remains at Watch and the Aviation Color Code is kept at Orange.

Source: AVO.

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Still in Alaska, slow lava effusion continues at Great Sitkin. Seismicity is low. Steam emissions were observed in webcam views.

The Aviation Color Code and the Volcano Alert Level remain at Orange and Watch, respectively.

Source: AVO.

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The eruption at Lewotolok (Indonesia) continues. Ash plumes rise as high as 700 m above the summit. Incandescent material is ejected up to 300-700 m from the vent, accompanied by loud rumblings.

The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 3 km away from the summit crater.

Source: CVGHM.

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Still in Indonedia, the eruption at Semeru continues. White and grey plumes rise as high as 1 km above the summit, and crater incandescence can be seen at night. Incandescent avalanches travel as far as 500 m down the Kobokan drainage on the SE flank. On January 16th, a collapse from the end of the active lava flow in the Kobokan drainage produced a pyroclastic flow, and an ash plume that rose 1.5 km.

The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4). The public is asked to stay away from drainages originating on Semeru, especially the Kobokan drainage.

Source: CVGHM.

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The situation remains unchanged at Fuego (Guatemala) with the usual daily explosions that eject incandescent material 100-300 m high and generate ash plumes about 1 km above the summit. Ashfall is observed in downwind areas. Periodic shock waves rattle structures in communities around the volcano. Block avalanches descend several drainages, often reaching the vegetation.

Source: INSIVUMEH.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm