Volcans du monde // Volcanoes of the world

Plusieurs événements ont été signalés depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde.

Le 25 septembre 2022, de petites explosions ont été enregistrées tôt le matin sur le Stromboli (Sicile) mais les habitants, notamment ceux de Ginostra, n’ont rien entendu. Selon l’INGV, il y a eu « une intensification de l’activité explosive de la zone nord du cratère, avec quelques explosions plus fortes comme celle enregistrée à 4h29 ».
Les matériaux émis par les explosions sont retombés en abondance dans la partie supérieure de la Sciara del fuoco. Parallèlement à l’augmentation de l’activité explosive, un petit débordement de lave a été observé depuis la zone cratèrique Nord. Aucune déformation significative n’a été enregistrée.

Source: INGV.

 

Le débordement de lave vu par la caméra thermique de l’INGV

Dernière minute : L’INGV indique qu’une explosion majeure a eu lieu sur le volcan à 13h24 (UTC) le 29 septembre 2022, dans la zone cratèrique nord. Des matériaux sont retombés en abondance le long de la Sciara del Fuoco, mais il n’y a pas eu de chute significative de gros matériaux dans le secteur de Pizzo. L’amplitude du tremor éruptif est restée à des niveaux élevés pendant environ 6 à 7 minutes. Le retour à la normale a eu lieu à 19h36 (UTC).

Un tel événement, totalement imprévisible, justifie l’interdiction d’accès au sommet du volcan.

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Dans ma dernière mise à jour du 22 septembre 2022, j’expliquais que la nouvelle île de Home Reef qui est sortie de l’océan le 10 septembre 2022 continuait de croître. Elle mesurait 170 m de diamètre le 16 septembre et avait atteint 182 m N-S et 173 m E-W le 18 septembre. Les panaches de vapeur avec une certaine teneur en cendres s’élevaient jusqu’à 3 km de hauteur du 19 au 20 septembre.
Le 18 septembre, l’USGS a indiqué qu’il y avait eu 24 événements volcaniques en 48 heures. Il est conseillé aux navigateurs de rester à 4 km du volcan, mais l’activité présente un risque faible pour les zones habitées à proximité.
Même si l’île s’est rapidement agrandie au cours des 16 derniers jours, cela ne devrait pas durer. Les îles créées par les volcans sous-marins peuvent persister pendant des années, mais elles ont généralement une vie courte. Par exemple, Home Reef a eu quatre périodes d’éruptions. Au cours de deux de ces périodes, de petites îles se sont formées. Au cours des deux autres périodes d’éruption en 1984 et 2006, des îles éphémères avec des falaises de 50 à 70 mètres de haut se sont formées. Lorsque le Late’iki situé à proximité est entré en éruption pendant 12 jours en 2020, l’île qu’il a créée a été emportée par les vagues en deux mois. A côté de cela, une île créée par une éruption du Late’iki en 1995 a duré 25 ans.
Source : USGS.

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D’après le VAAC de Tokyo, une activité éruptive modérée continue sur l’Alaid (Iles Kouriles / Russie), avec des panaches de cendres qui montent jusqu’à 3 000 mètres d’altitude.

La couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.

 

L’Alaid vu depuis l’espace le 27 septembre 2022 (Source: Copernicus EU/Sentinel-2)

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Un séisme de magnitude M 4,5 a été enregistré sur la zone de rift sud-ouest du Kilauea dans l’après-midi du 27 septembre 2022. L’événement n’a eu aucun impact apparent sur le Mauna Loa et le Kīlauea. Il a été localisé à environ 9 kilomètres à l’est-nord-est de Pāhala à une profondeur d’environ 30 kilomètres. Selon le HVO, le tremblement de terre fait partie d’un essaim sismique sous la région de Pāhala, qui dure depuis 2019. Des tremblements de terre dans cette région ont été observés au moins aussi loin que les années 1960.
Pendant ce temps, l’éruption au sommet du Kilauea se poursuit dans le cratère Halema’uma’u. Aucun changement significatif n’a été observé au sommet ou dans l’une ou l’autre des zones de rift. La lave est émise par une bouche dans la partie ouest du cratère, avant de se déverser dans le lac de lave actif et sur le plancher du cratère. Les mesures effectuées au cours d’un survol le 12 septembre 2022 ont révélé que le fond du cratère s’était élevé d’environ 143 mètres et que 111 millions de mètres cubes de lave avaient été émis depuis le début de cette éruption le 29 septembre 2021.
Source : USGS, HVO.

Crédit photo : HVO

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L’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) débutée le 19 septembre 2022 continue. L’amplitude du trémor éruptif est relativement stable, même si on a observé une légère hausse au cours des dernières 48 heures. Elle se situe à environ 25% de son niveau initial. On observe la reprise d’une légère inflation de l’ensemble du volcan.

Source: OVPF.

Image de l’éruption le 27 septembre 2022 (Photo: C. Holveck)

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GeoNet indique que la sismicité et la déformation continuent sur le Taupo (Nouvelle-Zélande). Quelque 750 secousses ont été localisées à des profondeurs de 4 à 13 km sous le lac depuis le début de l’activité en mai. L’activité sismique se concentre actuellement sous la partie E du lac et se montre un certain déclin. La zone de déformation à Horomatangi Reef s’est soulevée d’environ 60 mm depuis le mois de mai. Les données laissent supposer que la sismicité et la déformation sont causées par le mouvement du magma et des fluides hydrothermaux. GeoNet ajoute que ce type d’activité est fréquent dans les caldeiras et peut se poursuivre pendant des mois ou des années sans déboucher sur une éruption.
Le niveau d’alerte volcanique du Taupo reste à 1.

Lac Taupo (Photo: C. Grandpey)

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Le 25 septembre 2022, le PHIVOLCS a mis en garde contre de possibles lahars autour du Pinatubo (Philippines) suite aux pluies intenses accompagnant un typhon susceptible de frapper la région. Des dépôts importants des coulées pyroclastiques de 1991 sur le flanc ouest étaient susceptibles d’être remobilisés, avec des lahars le long des principales ravines. Le PHIVOLCS a prévenu que plusieurs localités pourraient être affectées par les lahars et les inondations.

Panache généré par l’éruption de 1991 (Crédit photo: Wikipedia)

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L’essaim sismique qui a commencé le 24 août 2022, sous le volcan Trident (Katmai / Alaska) se poursuit. Des épisodes de tremor de faible intensité et des séismes basse fréquence ont également été enregistrés. Aucun autre signe d’activité n’a été détecté. Ces observations signifient que le Trident montre des signes d’activité supérieurs à la normale. C’est pourquoi l’AVO a relevé la couleur de l’alerte aérienne au JAUNE et le niveau d’alerte volcanique à ADVISORY (surveillance conseillée).
La hausse de l’activité sismique est probablement causée par des mouvements du magma ou des fluides magmatiques. De tels phénomènes ont déjà été détectés sur le Trident, mais n’ont pas été suivis d’éruptions.
Le Trident est un groupe de volcans situés dans le Parc national du Katmai sur la péninsule de l’Alaska. Le nom a été donné par Robert Griggs de la National Geographic Society, en 1916, car il y avait trois principaux sommets. Le Trident se compose d’un complexe de quatre cônes et de nombreux dômes de lave, tous composés d’andésite et de dacite, qui atteignent 1 864 m d’altitude. Une éruption en 1953 a édifié le cône le plus récent, Southwest Trident, et émis quatre coulées de lave sur le flanc de l’ancien complexe. Cette éruption s’est poursuivie jusqu’en 1974; elle a produit des panaches de cendres, des bombes et de la lave à plusieurs reprises.

Le Trident est le seul volcan du groupe Katmai autre que le Katmai et le Novarupta à avoir eu une activité historique. Le dôme de lave du Novarupta est visible en bas, au centre. (Crédit photo: Wikipedia)

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Bien que le cône nord duMont Cerberus du Semisopochnoi (Aléoutiennes occidentales / Alaska) continue d’émettre un panache de vapeur, avec un tremor élevé, aucune émission de cendres ou activité explosive n’a été détectée depuis le 14 septembre 2022. En conséquence, l’AVO a abaissé la couleur de l’alerte aérienne au JAUNE et niveau d’alerte volcanique à ADVISORY (surveillance conseillée).

Source: AVO

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Several events have been reported since my previous post about volcanic activity around the world.

On September 25th, 2022, small explosions were recorded early in the morning on Stromboli (Sicily) but the inhabitants, in particular those of Ginostra, heard nothing. According to INGV, there was « an intensification of the explosive activity of the northern area of the crater terrace, with some stronger explosions like the one recorded at 4:29 am ».
The materials emitted by the explosions fell on the upper part of the Sciara del fuoco. Along with the increase in explosive activity, a small lava overflow was observed from the North Crater area. No significant deformation was recorded.
Source: INGV.

Last minute : INGV indicates that a major explosion took place on the volcano at 13:24 UTC on September 29th, 2022, in the North Crater area. Volcanic material fell abundantly along the Sciara del Fuoco, while there was no significant fall of coarse material in the Pizzo area. The amplitude of the eruptive tremor remained at high levels for about 6 to 7 minutes. All parameters returned to normal levels at 19:36 UTC.

Such an event, totally unpredictable, justifies the prohibition of access to the summit of the volcano.

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In my last update of September 22nd, 2022, I explaied that the new island at Home Reef that emerged from the ocean on September 10th, 2022 continued to grow. It was 170 m in diameter by September 16th and had grown to 182 m N-S and 173 m E-W by September 18th. Steam plumes with some ash content rose 3 km during September 19th-20th.

On September 18th, USGS said there had been 24 volcanic events in 48 hours. Mariners are advised to stay 4 km away from the volcano, but the activity poses low risk to surrounding communities.

While the island quickly grew over the past 16 days, it is not expected to last. While islands created by underwater volcanoes can persist for years, they are typically short lived. For example, Home Reef has had four periods of eruptions. During two of these periods, small islands formed. During the other two eruption periods in 1984 and 2006, short-lived islands with 50- to 70-meter-high cliffs formed. When nearby Late’iki erupted for 12 days in 2020, the island it created washed away in two months. But an island created by a Late’iki eruption in 1995 lasted 25 years.

Source: USGS.

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According to the Tokyo VAAC, moderate activity continues at Alaid volcano Kuril Islands / Russia), with ash emissions rising up to 3 km above sea level..

The Aviation Color Code remains at Orange.

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A 4.5 magnitude earthquake was recorded on the southwest rift zone of Kilauea volcano on September 27th, 2022 in the afternoon. The event had no apparent impact on either Mauna Loa or Kīlauea volcanoes. It was located about 9 kilometers east-northeast of Pāhala at a depth of about 30 kilometers. According to HVO, the quake is part of a seismic swarm under the Pāhala area, which has been going on since 2019. Earthquakes in this region have been observed at least as far back as the 1960s.

Meantime, the summit eruption of Kilauea continues within Halemaʻumaʻu crater. No significant changes have been observed at the summit or in either rift zone.Lava is emitted from the western vent into the active lava lake and onto the crater floor. Overflight measurements from September 12th, 2022, indicated that the crater floor had seen a total rise of about 143 meters, and that 111 million cubic meters of lava had been effused since the beginning of this eruption on September 29th, 2021.

Source: USGS, HVO.

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The eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) that started on September 19th, 2022 continues. The amplitude of the eruptive tremor is relatively stable, although a slight increase has been observed over the past 48 hours. It is around 25% of its initial level. There is the resumption of a slight inflation of the whole volcanic edifice..
Source: OVPF.

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GeoNet reports that seismic unrest and deformation at Taupo (New Zealand) continue. About 750 earthquakes have been located at depths of 4-13 km beneath the lake since unrest began in May. The locations are currently concentrated beneath the E part of the lake and occurr at a slightly lower rate than before. An area of deformation at Horomatangi Reef has been rising at a rate of 60 mm since May. The data suggest that the seismicity and deformation are caused by the movement of magma and hydrothermal fluids. GeoNet adds that unrest at calderas is common and may continue for months or years without resulting in an eruption.

Taupo’s Volcanic Alert Level remains at 1.

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On September 25th, 2022, PHIVOLCS warned of potential lahars around Pinatubo (Philippines) due to intense rains from a typhoon that was likely to strike the region. Significant deposits from 1991 pyroclastic flows on the W flank may be remobilized, generating lahars down major drainages. PHIVOLCS noted that several communities might be affected by lahars and flooding.

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The swarm of earthquakes that began on August 24th, 2022, beneath Trident volcano (Katmai / Alaska) continues. Episodes of weak seismic tremor and low frequency earthquakes have also been detected. No other signs of unrest have been detected in monitoring data. These observations mean that Trident is exhibiting signs of unrest above background level. Therefore, AVO has raised the Aviation Color Code to YELLOW and the Volcano Alert level to ADVISORY.

The increase in seismic activity is likely caused by movement of magma or magmatic fluids. Similar ncreases in seismic activity have been detected previously at Trident, with no subsequent eruptions.

Trident is one of the group of volcanoes located within Katmai National Park on the Alaska Peninsula. The name was given by Robert Griggs of the National Geographic Society, in 1916, because there were three major peaks. Trident consists of a complex of four cones and numerous lava domes, all andesite and dacite in composition, that reach as high as 1,864 m above sea level. An eruption beginning in 1953 constructed the newest cone, Southwest Trident, and four lava flows on the flank of the older complex. This eruption continued through 1974 and produced ash, bombs, and lava at various times.

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Although the active north cone of Semisopochnoi‘s Mount Cerberus (Western Aleutians / Alaska) continues to produce a vapor plume and elevated seismic tremor, no ash emissions or explosive activity have been detected since September 14th, 2022. As a consequence, AVO has lowered the Aviation Color Code to YELLOW and Volcano Alert Level to ADVISORY.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Nouvelles photos de l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

Mon ami Christian Holveck vient de me faire parvenir de nouvelles photos de l’éruption en cours du Piton de la Fournaise. Christian précise qu’il faut maintenant avoir un peu de chance pour découvrir des choses intéressantes en surface. De temps en temps, on observe une résurgence ou la vue de la lave par une lucarne.

Photos: C. Holveck

Surveillance des petits geysers de Yellowstone // Monitoring of the small geysers of Yellowstone

Le Parc National de Yellowstone aux États-Unis possède la plus grande concentration de geysers au monde. Le plus populaire est sans aucun doute le Vieux Fidèle – Old Faithful – dont les éruptions se produisent de manière régulière. D’autres geysers comme le Castle Geyser ou le Steamboat Geyser se manifestent, eux aussi, de manière spectaculaire, mais il est plus difficile de prévoir ces événements. Les autres geysers du parc entrent en éruption quand ils en ont envie. Ces éruptions peuvent se produire soudainement et violemment et devenir un danger pour les visiteurs qui se trouveraient à proximité.
Le principe de fonctionnement des geysers est bien connu. L’eau de surface (pluie ou neige) s’infiltre dans la terre. Lorsqu’elle s’approche d’une source de chaleur comme une chambre magmatique, elle est peu à peu portée vers son point d’ébullition, mais les conditions de pression qui règnent en profondeur sont si extrêmes qu’elles empêchent l’eau d’entrer en ébullition et de s’évaporer. A l’approche de la surface, la pression chute considérablement et l’eau peut alors entrer subitement en ébullition. Se faisant, elle se change rapidement en vapeur et occupe tout d’un coup un volume bien plus important qu’elle ne le faisait à l’état liquide. Cela se traduit en surface par des jets de vapeurs et fumerolles, par des bassins d’eau bouillonnante, mais aussi par des éruptions d’eau et de vapeur : les geysers !

Le Porkchop Geyser dans le Norris Geyser Basin était autrefois une petite source chaude qui se manifestait parfois sous forme d’un geyser. Cependant, en 1985, le comportement du geyser a changé. Il a commencé à envoyer des panaches d’eau à 6 ou 10 mètres de hauteur à partir d’un cratère sec le plus souvent. On entendait parfois le grondement des explosions à plus d’un kilomètre de distance et, en hiver, les panaches de vapeur formaient des cônes de glace de plus de 6 mètres de hauteur. Puis, dans l’après-midi du 5 septembre 1989, le geyser a de nouveau changé son comportement avec des jets d’eau chaude de 15 à 25 mètres de hauteur. Puis il a carrément explosé. L’explosion a arraché des roches et envoyé des matériaux plus petits à plus à 60 mètres de distance, laissant derrière elle un cratère de 3 mètres de diamètre. Heureusement, il n’y avait personne à proximité et il n’y eut aucun blessé.
Les scientifiques de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone, de l’Université de l’Utah et de l’Université du Wyoming ont mis en place un réseau de sismomètres, de stations GPS et de jauges dans les rivières du parc. L’objectif est de comprendre comment se comporte la caldeira de Yellowstone et de prévoir tout changement significatif.
Aujourd’hui, les volcanologues de Yellowstone veulent essayer de mieux comprendre les zones géographiques plus réduites comme le Norris Geyser Basin qui présentent plus de risques que les manifestations éventuelles et peu probables du super volcan. Cela fait partie d’un nouveau plan décennal de l’Observatoire visant à améliorer la surveillance et l’évaluation des risques liés à l’activité volcanique, hydrothermale et sismique à Yellowstone. Ce plan se décompose en deux volets : « backbone » et suivi de l’activité hydrothermale.
La surveillance backbone ou «épine dorsale» comprend le renforcement du système déjà en place à l’échelle de la caldeira. Le suivi de l’activité hydrothermale est nouveau. Son objectif est de contrôler l’activité dans les zones hydrothermales de Yellowstone afin de mieux la prévoir.
Dans les zones de petits geysers, les données de surveillance satellitaire indiquent que le sol peut se soulever pendant l’été lorsqu’il y a plus d’eau présente dans le sous-sol et s’affaisser à la fin de l’été lorsque cette eau s’est évacuée. Une surveillance plus étroite permettra de confirmer ce phénomène, mais indiquera aussi si un geyser isolé présente un comportement anormal comme ce fut le cas pour le Porkchop Geyser. De telles explosions hydrothermales se produisent lorsque l’eau se transforme en vapeur et doit immédiatement s’échapper vers la surface. Selon les scientifiques de Yellowstone, de telles explosions sont relativement courantes et se produisent une ou deux fois par an dans l’arrière-pays. Il s’agit d’un « risque sous-estimé » dans le Parc proprement dit et « bien plus important d’un point de vue humain qu’une éruption volcanique ». L’Observatoire Volcanologique de Yellowstone espère installer la première station de surveillance dans le Norris Geyser Basin en 2023.
Adapté d’un article du Jackson Hole News & Guide.

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Yellowstone National Park in the United States has the largest concentration of geysers in the world. The most popular is undoubtedly Old Faithful whose eruptions occur in a regular way. Other geysers like Castle Geyser or Steamboat Geyser erupt in a dramatic way but it is more difficult to predict these events. The other geysers in the park erupt when they feel like it. These eruptions may occur suddenly and violently and become a danger to visitors that would stand close by.

The operating principle of geysers is well known. Surface water (rain or snow) seeps into the ground. When it approaches a heat source such as a magma chamber, it is gradually brought to its boiling point, but the pressure conditions prevailing at these depths are so extreme that they prevent water from boiling and evaporating. Approaching the surface, the pressure drops considerably and the water can then suddenly boil. In doing so, it quickly changes into vapour and suddenly occupies a much larger volume than it did in the liquid state. This is reflected on the surface by jets of steam and fumaroles, by pools of bubbling water, but also by eruptions of water and steam called geysers.

The Porkchop Geyser in the Norris Geyser Basin was once a small hot spring that occasionally erupted. However, in 1985 the geyser’s behaviour changed. It started sending plumes of water 6 to 10 meters high from a mostly dry crater. The roaring sound of the explosion could occasionally be heard from more than one kilometer away, and in winter the spray created ice cones more than 6 meters high. Then, on the afternoon of September 5th, 1989, the geyser changed again with jets of hot water 15-25 meters tall. Then the geyser exploded. The blast uprooted rocks and sent smaller material more than 60 meters away, leaving a 3-meter-wide crater. Fortunately there was no one close enough to be hurt.

Scientists at the Yellowstone Volcano Observatory, thz University of Utah and University of Wyoming have set up a network of seismometers, GPS stations and stream gauges which measure the temperature, flow and chemistry of the park’s rivers. The goal is to understand how the Yellowstone Caldera is acting and predict any substantial changes.

Today, Yellowstone volcanologists are gearing up to try to better understand smaller geographies like the Norris Geyser Basin that pose a greater risk to human health and safety than less likely large-scale super volcano activity. This is part of the Volcano Observatory’s new 10-year plan to improve monitoring and hazards assessments of volcanic, hydrothermal and earthquake activity in the Yellowstone Plateau. That plan is broken down into two parts: “backbone” and hydrothermal monitoring.

“Backbone” monitoring includes beefing up the larger, caldera-wide system already in place. The hydrothermal monitoring is new. Its aim is to track activity within Yellowstone’s individual thermal areas and geyser basins in order to better forecast their activity.

In smaller geyser basins, satellite monitoring data indicates that the ground may rise during the summer when there’s more water present and fall in late summer when that water drains away. More detailed monitoring could confirm that, but also indicate that an individual geyser basin is doing something weird, like getting ready to explode, like Porkchop Geyser did. Such hydrothermal explosions are caused by water flashing to steam and immediately having to escape its container. According to Yellowstone scientists, such explosions are relatively common, happening once every year or two in the backcountry. They are an “under-appreciated hazard” in the front country and “one that’s far more important on human time scales than a volcanic eruption.” The Yellowstone Volcano Observatory hopes to set up the first geyser basin monitoring station in Norris Geyser Basin in 2023.

Adapted from an article in the Jackson Hole News & Guide.

Photos: C. Grandpey

Le point sur l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) // Update on the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island)

Il aura fallu attendre 6 jours pour voir la couverture nuageuse se dissiper et obtenir enfin une vue de l’éruption du Piton de la Fournaise. Ce sont malheureusement les heures les plus spectaculaires qui sont restées invisibles. La webcam du Piton de Bert permet aujourd’hui de voir seulement un panache de gaz qui s’échappe d’une bouche éruptive.

Selon les dernières informations fournies par l’OVPF, l’amplitude du trémor éruptif est stable et se situe à environ 20% de son niveau initial. Les fontaines ont disparu et l’écoulement de la lave se fait principalement en tunnel, avec deux axes d’écoulement. Le front de lave actif se situe dans le secteur du cratère Château-Fort, vers 2 000 m d’altitude. On estime que depuis le début de l’éruption, le 19 septembre, le volume de lave émis est de l’ordre de 1,2 à 2,6 millions de mètres cubes. Le débit actuel est assez faible, entre 1 et 3 mètres cubes par seconde.

L’accès à l’Enclos reste interdit. L’éruption est visible depuis le Piton de Bert que l’on atteint à partir du parking Foc-Foc. Comme je l’ai écrit précédemment, un plan de circulation est mis en place depuis le 23 septembre afin d’éviter les embouteillages.

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It took the clouds 6 days to dissipate and finally offer a view of the eruption of Piton de la Fournaise. Unfortunately, the most spectacular hours could not be seen. Today, the Piton de Bert webcam allows to see a gas plume coming out of an eruptive vent.
According to the latest information provided by OVPF, the amplitude of the eruptive tremor is stable at about 20% of its initial level. The fountains have disappeared and the flow of the lava is mainly in tunnels, with two axes. The active lava front is located in the area of the Château-Fort crater, around 2,000 m above sea level. It is estimated that since the start of the eruption on September 19th, the volume of lava emitted has been about 1.2 to 2.6 million cubic meters. The current lava output is low, between 1 and 3 cubic meters per second.
Access to the Enclos remains prohibited. The eruption can be observed from Piton de Bert, which can be reached from the Foc-Foc car park. As I wrote previously, a traffic plan has been in place since September 23rd to avoid traffic jams.

Vue de l’éruption grâce à la webcam du Piton de Bert