Eruption du Stromboli (suite) // Eruption of Stromboli Volcano (continued)

Suite à l’épisode éruptif du 3 juillet 2019 et une réunion des services compétents (INGV, Protection Civile..), le niveau d’alerte du Stromboli est passé du Vert au Jaune. Comme d’habitude, une telle mesure est prise une fois l’éruption déclenchée ou terminée. Comme je l’indiquais précédemment, et quoi qu’en disent certains, la volcanologie actuelle n’est pas en mesure de prévoir ces événements soudains.

L’INGV a fait savoir que les explosions du 3 juillet, avec l’arrivée en mer d’une quantité non négligeable de matériaux pyroclastiques, ont également provoqué un « petit tsunami », qui « n’a toutefois pas eu d’impact significatif. » La station d’Ispra à Ginostra « a enregistré une variation maximale d’environ 40 cm du niveau de la mer correspondant à la séquence paroxystique ». L’INGV indique que l’on observe « des séquences de spattering dans la zone centre-sud du cratère. (NDLR : En ce moment, la bouche située dans ce secteur expulse régulièrement des matériaux à une centaine de mètres de hauteur, avec des retombées qui se limitent à la zone cratérique.)

Les excursions au sommet du Stromboli sont suspendues jusqu’à nouvel ordre.
La zone la plus touchée par l’éruption est celle de Ginostra dont les ruelles ont été recouvertes d’une épaisse couche de cendre et de lapilli. Sur place, une équipe de volontaires est arrivée pour aider au nettoyage et sécuriser les voies de secours.

Source : La Sicilia.

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Following the eruptive episode of 3 July 2019 and a meeting of the competent services (INGV, Civil Protection ..), the warning level of Stromboli has changed from green to yellow. As usual, such a measurement is taken once the eruption is triggered or terminated. As I said before, and whatever some say, the current volcanology is not able to predict these sudden events.
The INGV reported that the explosions of July 3, with the expulsion at sea of ​​a significant amount of pyroclastic material, also caused a « small tsunami », which « however did not have a significant impact .  » The Ispra station in Ginostra « recorded a maximum variation of about 40 cm from sea level corresponding to the paroxysmal sequence ». The INGV indicates that we observe « spattering sequences in the south-central zone of the crater. » (Editor’s note: At this moment, the vent located in this sector regularly expels materials at a hundred meters of height, with fallout that is confined to the crater zone.)
Excursions to the summit of Stromboli are suspended until further notice.
The area most affected by the eruption is that of Ginostra whose streets have been covered with a thick layer of ash and lapilli. On site, a team of volunteers arrived to help clean up and secure the emergency exits.
Source: La Sicilia.

Exemple d’activité dans la zone centre-sud du cratère (Image webcam Skyline)

Image de la webcam cet après-midi vers 13 heures. Il y a de la pression dans les conduits éruptifs. Le volcan est en train de retrouver son dynamisme strombolien habituel.

Ce soir, le spectacle est au rendez-vous grâce à la webcam Skyline. L’activité est relativement intense au niveau de la bouche n°4 et accessoirement de la n°5. Le Stromboli semble avoir repris son rythme de croisière…

Volcans du monde // Volcanoes of the world

L’activité éruptive est stable sur le Sabancaya (Pérou) où l’on observait en moyenne 17 explosions par jour au cours de la semaine écoulée. Le 26 juin, les panaches de cendre montaient jusqu’à 2,6 km au-dessus du cratère.

Source : IGP.

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Une violente éruption a eu lieu sur le Manam (Papouasie-Nouvelle-Guinée) le 27 juin 2019, après une augmentation de l’activité sismique. Les images satellitaires ont montré des panaches de cendre s’élevant à 12-15 km au dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge.
L’éruption du Manam intervient à peine 2 jours après une puissante éruption de l’Ulawun, à 714 km à l’est. Le volcan s’est réveillé le 25 juin, après une augmentation d’activité de plusieurs semaines. Le panache de cendre est monté à une vingtaine de kilomètres au dessus du niveau de la mer.
Source: RVO.
Les deux éruptions ont entraîné l’évacuation d’au moins 15 000 personnes. Il n’y a pas eu de victimes, mais les éruptions ont perturbé les vols intérieurs, détruit des maisons, des plantations et des puits, laissant les villageois sans nourriture ni eau. Les personnes évacuées ont besoin d’une aide immédiate, mais celle-ci est rendue difficile par la fermeture de l’aéroport. Les besoins les plus urgents concernent la nourriture, les soins médicaux et l’eau. Il a été demandé au gouvernement de décréter l’état d’urgence.
Source: The Watchers.

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Le CENAPRED indique que l’activité est encore assez intense sur le Popocatepetl (Mexique) avec de fortes explosions et les émissions habituelles de vapeur d’eau, de gaz et de cendre. Les explosions génèrent des panaches de cendre qui s’élèvent à 1,5 km au-dessus du sommet.
Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune, Phase 2.

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Au cours des derniers mois, les niveaux de sismicité et de déformation du Mauna Loa (Hawaii) ont dépassé le seuil normal. Une éruption n’est pas imminente et la situation n’a rien d’alarmant. Cependant, ces paramètres indiquent que des changements se produisent dans le système magmatique superficiel du volcan.
Suite à un essaim sismique significatif en octobre 2018, les instruments ont enregistré en moyenne au moins 50 séismes de faible magnitude par semaine sous le sommet du Mauna Loa, la partie supérieure de la zone de rift sud-ouest et sous la partie supérieure du flanc ouest. Les séismes se produisent dans le même secteur que ceux qui ont précédé les dernières éruptions du Mauna Loa en 1975 et 1984.
Au cours de cette même période, les GPS et les satellites ont détecté une déformation du sol qui révèle une nouvelle recharge du système magmatique peu profond.
Ces différents éléments indiquent que le Mauna Loa n’est plus à un niveau d’activité normal. En conséquence, le HVO a décidé de faire passer le niveau d’alerte volcanique à ADVISORY (surveillance conseillée) et la couleur de l’alerte aérienne au JAUNE.
Une hausse semblable de l’activité du Mauna Loa s’est produite entre 2014 et 2018 et aucune éruption ne s’est produite.
Source: USGS, HVO.

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Eruptive activity is quite stable on Sabancaya (Peru). An average of 17 daily explosions was observed during the past week. On June 26th, ash plumes rose 2.6 km above the crater.

Source: IGP.

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A powerful eruption took place at Manam (Papua New Guinea) on June 27th, 2019, after a period of increased seismic activity. Satellite imagery indicated volcanic ash rising up to 12-15 km above sea level. The aviation colour code has been raised to Red.

Manam’s eruption comes just 2 days after a powerful eruption at Ulawun, about 714 km to the east. The volcano erupted on June 25th, after a few weeks of increased activity. Ash plumes rose up to about 20 km above sea level.

Source: RVO.

Both eruptions forced at least 15,000 people to evacuate. There are no reports of casualties, but the eruptions disrupted domestic flights, destroyed homes, plantations and wells, leaving villagers without food and water. The displaced people need immediate relief but it has slowed down due to the closure of the airport. The most urgent relief is food, medical and water support. The government has been requested to declare a state of emergency.

Source: The Watchers.

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CENAPRED indicates that activity is still quite intense at Popocatepetl (Mexico) with strong explosions and the usual “exhalations” of water vapour, gas and ash. The explosions generate ash plumes that rise 1-1.5 km above the summit.

The alert level remains at Yellow, Phase Two.

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For the past several months, earthquake and ground deformation rates at Mauna Loa (Hawaii) have exceeded background levels. An eruption is not imminent and current rates are not cause for alarm. However, they do indicate changes in the volcano’s shallow magma storage system.
Following a significant earthquake swarm in October 2018, seismic stations have recorded an average of at least 50 shallow, small-magnitude earthquakes per week beneath Mauna Loa’s summit, upper Southwest Rift Zone, and upper west flank. The earthquakes are occurring in locations similar to those that preceded Mauna Loa’s most recent eruptions in 1975 and 1984.
During this same time period, GPS instrumentation and satellite radar have measured ground deformation consistent with renewed recharge of the volcano’s shallow magma storage system.
Together, these observations indicate Mauna Loa is no longer at a background level of activity. Accordingly, HVO is elevating the alert level to ADVISORY and the aviation coloor code to YELLOW.
A similar increase in activity occurred between 2014 and 2018 and no eruption occurred.

Source: USGS, HVO.

Carte montrant les zones de rift, donc de fragilité, du Mauna Loa (Source: USGS)

Le flanc sud-ouest du Mauna Loa est particulièrement exposé aux coulées de lave (Source: USGS)

Explosions à Stromboli (Sicile): Mort d’un touriste // Explosions at Stromboli: A tourist died

Deux violentes explosions se sont produites le 3 juillet 2019 à 16h46 sur le Stromboli. Deux coulées de lave ont été observées sur la Sciara del Fuoco. Un randonneur est décédé et un autre a été blessé sur le versant du Stromboli exposé à l’éruption. Le randonneur se serait aventuré sur le volcan au départ de Ginostra vers la Punta del Corvo. Les opérations de récupération de récupération du corps ont été rendues difficiles par le panache de gaz émis par le volcan. On ne sait pas si le décès est dû à la retombée de blocs ou à l’incendie qui s’est déclaré dans la végétation.

Selon l’INGV, les explosions du 3 juillet sont parmi les plus fortes observées depuis 1985. Des événements semblables ont été enregistrés en 2003 et 2007. La situation est de nouveau normale sur le volcan mais les volcanologues italiens expliquent qu’il n’est pas possible de dire s’il y aura des répliques car il n’y a pas de signaux précurseurs qui annoncent ces événements.

Par peur, certains touristes se sont précipités dans la mer à Ginostra tandis qu’une trentaine d’autres quittaient l’île en toute hâte par aliscaphe.

Source : Presse italienne. .

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Two violent explosions occurred on July 3rd, 2019 at 4:46 pm on Stromboli. Two lava flows were observed on the Sciara del Fuoco. One hiker died and another was injured on the exposed Stromboli slope. The hiker ventured on the volcano from Ginostra to Punta del Corvo. The recovery operations of the body were made difficult by the plumes emitted by the volcano. It is not known if the death is due to fallout or fire in the vegetation.
According to INGV, the July 3rd explosions are among the strongest observed since 1985. Similar events were recorded in 2003 and 2007. The situation is normal again on the volcano but the Italian volcanologists explain that it is not possible to say if there will be replicas because there are no precursors announcing these events.
For fear, some tourists rushed into the sea at Ginostra while thirty others left the island in a hurry by aliscaph.
Source: Italian Press.

21 heures: Le Stromboli ce soir, avec la coulée de lave sur la Sciara del Fuoco (Capture image webcam Skyline)

22 heures: Le Stromboli est très actif ce soir, avec des explosions , en particulier dans le cratère NE. La lave continue de couler le long de la Sciara del Fuoco  (Capture image webcam Skyline)

Comment lire un sismogramme du HVO (Hawaii) // How to read a HVO seismogram (Hawaii)

L’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le HVO, exploite un réseau de stations de surveillance sismique sur la Grande Ile d’Hawaï et dans tout l’État. Le personnel du HVO recueille les données en temps réel à partir de nombreuses stations grâce à un logiciel de traitement informatique permettant de détecter, localiser et publier des informations sur les séismes survenus à Hawaii. Contrairement à ce qui se passe sur les volcans français, toutes les données sismiques sont librement accessibles au public.
La page consacrée aux séismes sur le site web du HVO (https://volcanoes.usgs.gov/observatories/hvo/) indique les emplacements des derniers séismes et on peut voir les stations de surveillance sur une carte (voir ci-dessous) où elles sont symbolisées par des triangles rouges.
Si vous cliquez sur le symbole d’une station particulière sur la carte, une fenêtre va apparaître avec l’affichage de quatre panneaux de webicorders (enregistreurs sismiques) pour des durées de 6 heures, 12 heures, 24 heures et 48 heures. Vous pouvez cliquer sur chaque période pour agrandir le webicorder.
Les tracés séismiques visibles sur les webicorders sont les versions numériques des vieux enregistreurs à tambour en papier utilisés au cours des dernières décennies. Chaque ligne correspond à un enregistrement sismique de 15 minutes, en partant du coin supérieur gauche, la dernière heure étant affichée en bas à droite. Ainsi, on lit un webicorder comme un livre, de gauche à droite et de haut en bas. L’heure de début de chaque ligne est affichée en heure locale (Heure de l’Etat d’Hawaii, ou HST) à gauche, et l’heure de fin de chaque ligne en temps universel (UTC) à droite.
Les données sismiques sont indiquées en bleu sur les webicorders, avec une alternance de tons bleu foncé et bleu clair pour chaque plage de 15 minutes. Les lignes bleues imitent le mouvement du sol sous le capteur sismique: la ligne monte si le sol se déplace vers le haut, la ligne descend si le sol se déplace vers le bas, et la ligne serait droite au niveau «zéro» si aucun mouvement du sol n’est détecté. Plus l’amplitude du mouvement du sol est élevée, plus la ligne bleue est haute. Ce qui est immédiatement évident, c’est que le sol monte et descend toujours très légèrement.
Les instruments sismiques sont très sensibles et enregistrent tout ce qui secoue le sol. Ils peuvent même enregistrer le vent, le tonnerre, la foudre, les vagues de l’océan qui viennent se briser contre l’île, ainsi que des séismes bien localisés dus aux chutes de pierres, aux tirs de mines dans des carrières ou à d’autres explosions.
Les séismes apparaissent sous forme de taches bleues. Chacune a certaines caractéristiques bien reconnaissables, notamment les ondes P (primaires) et S (secondaires ou de cisaillement), qui peuvent avoir un début net avant de décroître pour retrouver leur niveau de base. Une plus grande séparation entre les ondes P et S indique une distance croissante entre la station sismique et le séisme. D’autres types de séismes, par exemple ceux dus au mouvement de magma ou de gaz, ont une apparence différente, généralement avec une période d’énergie plus longue pouvant persister sur de plus longues périodes.
Source: USGS / HVO.

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The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) operates a network of seismic monitoring stations on the Island of Hawaii and throughout the state. The HVO staff collects real-time data from numerous stations using computer processing software to detect, locate, and publish information about earthquakes that are recorded in Hawaii. Contrary to what happens on French volcanoes, all seismic data are freely available to the public.
The earthquake page on the HVO website (https://volcanoes.usgs.gov/observatories/hvo/) shows recent earthquake locations and the monitoring stations can be seen on a map (see below) where they are symbolised by red triangles.
Clicking on a particular station symbol on the map will reveal a pop-up window that shows four panels of webicorders, for timespans of 6 hours, 12 hours, 24 hours, and 48 hours. You can click on each timespan to enlarge the webicorder.
The seismic webicorder plots are digital versions of the paper seismic drum recorders used in past decades. Each line shows the seismic record for 15 minutes, starting from the upper left, with the latest time in the bottom right. Thus, you read a webicorder like a book, from left to right and top to bottom. The start time of each line is shown in local time (Hawai‘i Standard Time, or HST) on the left, and the end time of each line is shown in Coordinated Universal Time (UTC) on the right.
Seismic data are shown in blue on webicorder plots, with each 15-minute span alternating between dark- and light-blue tones. The blue lines mimic ground motion under the seismic sensor: the line moves up if the ground shifts upwards, the line moves down if the ground moves downwards, and the line would be flat at “zero” if no ground motion is detected. The higher the amplitude of the ground motion, the taller the blue line will be. What is immediately apparent is that the ground is always moving up and down ever so slightly.
Seismic instruments are very sensitive and record anything that shakes the ground. So, wiggles on webicorder plots could be a record of wind, thunder, lightning, ocean waves crashing against the island, as well as of localized shaking from rockfalls, quarry blasts, or other explosions.
Earthquakes appear as blue smudges. Each has certain recognizable characteristics, including P- (primary) and S- (secondary or shear) waves, which may have a sharp onset and then decay to background level. Greater separation between P and S waves indicate increasing distance from the seismic station to the earthquake. Other types of earthquakes, for example those due to the movement of magma or gas, look different, generally with longer period energy that can persist over longer time frames.
Source: USGS / HVO.

Source: USGS / HVO

Capture d’écran d’un webicorder du HVO montrant 24 heures d’enregistrement par une station sismique sur le flanc sud du Mauna Loa. On distingue plusieurs séismes , ainsi que le bruit généré par le vent. (Source: USGS / HVO)

Les anciens sismos à tambour font maintenant figure de pièces de musée (Photo: C. Grandpey)