Stromboli (suite) // Stromboli (continued)

Voici une excellente vidéo (lien ci-dessous) réalisée sur le Stromboli à l’aide d’un drone le 12 juillet 2019, pour le compte du Laboratoire de Géophysique Expérimentale (LGS) – Département des Sciences de la Terre – Université de Florence. Les prises de vues permettent de se rendre compte des changements subis par la zone éruptive active suite au paroxysme du 3 juillet.

On peut constater que la morphologie de la terrasse cratérique s’est modifiée et qu’elle s’est agrandie d’environ 120-150 mètres environ dans sa partie sud-ouest. En outre, on note la disparition de la lèvre de la terrasse cratérique, que ce soit au niveau de la Sciara del Fuoco, du secteur NE et celui du SO. Cette absence de rebord favorise les débordements de lave parfaitement visibles sur cette vidéo. Quand le film a été réalisé, le volcan avait retrouvé une activité strombolienne soutenue qui se poursuit à l’heure actuelle, en particulier dans la partie centre-sud de la terrasse cratérique. Les explosions se produisent avec quelques minutes d’intervalle. Les projections atteignent souvent 80-100 mètres de hauteur, avec des retombées de matériaux sur la terrasse cratérique. Sur l’excellente webcam Skyline, on aperçoit parfois des blocs qui roulent sur la pente NE de la Sciara del Fuoco. Toutefois, aucune projection n’atteint le Pizzo, lieu habituel d’observation avec les guides. Le sentier d’accès reste fermé jusqu’à nouvel ordre car il a été fortement endommagé par la lave émise par la dernière éruption.  https://www.youtube.com/watch?v=lGXM3cxd92U&feature=share&fbclid=IwAR0F1GnNlfqMGQvwmiVX4MUGJmcDhFfXdolBeedeHly5aLydlieXjLszgaQ

————————————————-

Here is a great video (link below) shoton Stromboli using a drone on July 12th, 2019, on behalf of the Laboratory of Experimental Geophysics (LGS) – Department of Earth Sciences – University of Florence. The shots allow to see the changes undergone by the active eruptive zone following the paroxysm of July 3rd.
One can see that the morphology of the crater terrace has changed and that it has grown about 120-150 metres in its southwestern part. In addition, we note the disappearance of the rim of the crater terrace, whether at the Sciara del Fuoco, the NE sector and the SO sector. This lack of edge makes it possible for lava to overflow. When the video was shot, the volcano was going through a sustained Strombolian activity that continues today, especially in the south-central part of the crater terrace. Explosions occur with a few minutes apart. The projections often reach 80-100 metres in height, with fallout of materials on the crater terrace. On the excellent Skyline webcam, one can sometimes see blocks that roll on the NE slope of the Sciara del Fuoco. However, no projection reaches the Pizzo, the usual observation site with the guides. The access trail remains closed until further notice as it was heavily damaged by lava from the last eruption. https://www.youtube.com/watch?v=lGXM3cxd92U&feature=share&fbclid=IwAR0F1GnNlfqMGQvwmiVX4MUGJmcDhFfXdolBeedeHly5aLydlieXjLszgaQ

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska):

Le 12 juillet 2019, l’Observatoire Volcanologique d’Alaska (AVO) a fait passer au Jaune la couleur de l’alerte aérienne du Shishaldin. Ce changement fait suite à une augmentation de l’activité sismique au cours des dernières semaines, avec une hausse de la température de surface au sommet du volcan visible sur les données satellitaires. Un pilote a également observé une incandescence dans le cratère lors d’un récent survol. Ces observations représentent une évolution par rapport à l’activité normale du Shishaldin, mais ne signifient pas nécessairement qu’une éruption va se produire.
Source: AVO.

++++++++++

Mayotte (Archipel des Comores):

On peut lire beaucoup d’articles de presse sur le nouveau volcan sous-marin découvert à Mayotte, avec des conclusions parfois quelque peu fantaisistes. La vérité se trouve dans les bulletins diffusés par l’IPGP, le BRGM ou l’OVPF. Comme je l’ai écrit précédemment, une première campagne de mesures océanographiques (MAYOBS1) à bord du Marion Dufresne du 2 au 18 mai 2019 a permis de découvrir la naissance d’un nouveau volcan sous-marin à l’Est de Mayotte. La campagne suivante (MAYOBS2), organisée du 11 au 17 juin 2019 a permis d’en savoir plus sur ce nouveau volcan. Les levés bathymétriques ont révélé la présence d’une nouvelle zone d’activité volcanique sur une surface couvrant plus de 8 km², avec une hauteur variant de 25 à 75 mètres.

Outre la sismicité – qui est moins forte que celle observée en mai 2018 quand l’essaim a débuté – la population redoute un risque de submersion des rivages car l’île de Mayotte s’incline vers l’Est, très probablement à cause de la vidange d’une ou plusieurs poches magmatiques. Cet affaissement atteint aujourd’hui 130 millimètres, alors qu’il n’est que de 0,19 mm en temps normal. Il faudra être vigilant, surtout au moment des tempêtes et des grandes marées. Malgré cela, il ne semble pas que Mayotte soit sur le point de disparaître dans l’océan de la même façon que l’aérolithe dans L’Etoile Mystérieuse des Aventures de Tintin !

++++++++++

Stromboli (Sicile) :

Le Conseil Régional de Sicile vient de déclarer l’état de catastrophe naturelle sur l’île de Stromboli suite à l’éruption du 3 juillet 2019. Une somme de 20 millions d’euros sera allouée pour réparer les dégâts causés par cet événement.

Suite à une visite à Ginostra, le Président de Région a déclaré qu’il fallait « agir rapidement pour rétablir la sérénité parmi les habitants et préserver leur sécurité et celle de tous les touristes qui visitent l’île de Stromboli. » Au-delà de l’évacuation de la couche considérable de cendre, il est nécessaire de commencer immédiatement les travaux pour protéger la zone habitée qui a subi de gros dégâts. Selon la protection civile sicilienne, il existe un risque hydrogéologique car de vastes portions de l’île ont été dévastées les incendies qui se sont propagés dans la végétation. La partie surplombant le village de Ginostra est la plus menacée. En cas de fortes pluies, une masse considérable de débris pourrait être déstabilisée et représenter une menace supplémentaire pour la sécurité publique et privée. Au vu des estimations, le Président de Région a déclaré qu’au moins cinq millions d’euros devront être utilisés pour nettoyer toutes les évacuations d’eaux naturelles, reconstruire les murs en pierre sèche qui soutiennent d’anciennes terrasses, consolider les falaises du front de mer qui surplombent le petit port et remplacer la végétation détruite. Deux autres millions devront être consacrés à la remise en état des services essentiels – systèmes électriques et téléphoniques endommagés par les incendies. La majeure partie des sommes allouées devra être consacrée à la mise en sécurité du port et pour garantir l’utilisation de la jetée qui sera en travaux destinés à améliorer sa fonctionnalité. Il s’agit en effet du seul point pour quitter l’île dans sa partie ouest. Pour cette raison, ces structures doivent nécessairement être à l’abri de tout événement qui pourrait compromettre une utilisation régulière.
Pour le reste, aucun dégât n’a été constaté sur le réseau d’alimentation en eau. Le Président de Région a fait remarquer que l’activité volcanique du Stromboli, constamment surveillée par les services compétents, ne représente pas un danger imminent pour la population. Cette déclaration va, bien sûr, à l’encontre de celle du ministère des affaires étrangères français qui dissuadait carrément les touristes de se rendre dans les Iles Eoliennes.

Source : La Sicilia.

L’INGV explique qu’au cours derniers jours, l’activité éruptive est soutenue, en particulier dans les parties centre-sud et nord de la zone des cratères, sans toutefois être exceptionnelle. Une coulée de lave qui se divise en deux branches avance dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. Elle prend se source dans la partie effondrée de la lèvre du cratère. Des blocs se détachent des fronts de coulées et dévalent la pente jusqu’à la mer.

Les guides de Stromboli m’indiquent que l’accès au Pizzo reste fermé. Il est vrai que pendant le paroxysme du 3 juillet, les retombées de matériaux pyroclastiques ont complètement recouvert le sol du Pizzo, détruisant les instruments de contrôle qui s’y trouvaient. Sur le versant sud-est du Pizzo, l’abondance de retombées de lambeaux de lave a donné naissance à une coulée rhéomorphique d’environ 200 à 300 mètres de longueur qui a recouvert le chemin généralement emprunté par les groupes fe touristes et leur guides pour redescendre vers le village (Informations INGV)

—————————————–

Shishaldin (Aleutians / Alaska):

On July 12tn, 2019, the Alaska Volcano Observatory (AVO) raised the aviation colour code to Yellow at Shishaldin Volcano. This change was based on increased seismic activity over the past few weeks, accompanied by elevated surface temperatures at the summit in satellite data. A pilot also observed incandescence in the summit crater during a recent overflight. These observations represent a departure from normal background activity at Shishaldin, but do not necessarily indicate that an eruption will occur.

Source: AVO.

++++++++++

Mayotte (Comoros):

One can read many press articles about the new submarine volcano discovered in Mayotte, with conclusions that are sometimes somewhat fanciful. The truth can be found in the bulletins released by IPGP, BRGM or OVPF. As I put it previously, a first oceanographic campaign aboard the Marion Dufresne from May 2nd to 18th, 2019, revealed the birth of a new submarine volcano east of Mayotte. The following campaign (MAYOBS2), organized from June 11th to 17th, 2019 allowed to know more about this new volcano. Bathymetric surveys revealed the presence of a new area of ​​volcanic activity on a surface covering more than 8 km², with a height ranging from 25 to 75 metres.
In addition to the seismicity – which is less strong than that observed in May 2018 when the swarm started – the population fears a risk of submersion of the shorelines because the island of Mayotte is subsiding towards the East, most likely because of the drainage of one or more magma pockets. This subsidence today reaches 130 millimetres, whereas it is only 0.19 mm in normal times. It will be necessary to be vigilant, especially during storms and high tides. Despite this, it does not seem that Mayotte is about to disappear into the ocean in the same way as the aerolite in The Shooting Star in The Adventures of Tintin!

++++++++++

Stromboli (Sicily)

The Regional Council of Sicily has just declared the state of natural disaster on the island of Stromboli following the eruption of July 3rd, 2019. 20 million euros will be allocated to repair the damage caused by this event.
Following a visit to Ginostra, the President of the Region declared that « we must act quickly to restore serenity among the inhabitants and preserve their safety and that of all tourists visiting the island of Stromboli. Beyond the cleaning of the considerable layer of ash, it is necessary to begin immediately the works to protect the inhabited area which has undergone great damage. According to the Sicilian civil protection, there is a hydrogeological risk because large parts of the island have been devastated by fires that have spread in the vegetation. The part overlooking the village of Ginostra is the most threatened. In the event of heavy rains, a considerable mass of debris could be destabilized and pose an additional threat to public and private security. In view of the estimates, the President of the Region stated that at least five million euros will have to be used to clean all the evacuations of natural waters, rebuild the dry stone walls that support ancient terraces, consolidate the cliffs overlooking the small harbor and replace the destroyed vegetation. Another two million will be spent on the rehabilitation of essential services – fire-damaged electrical and telephone systems. The majority of the money will have to be devoted to the security of the port and to guarantee the use of the jetty which will be in works destined to improve its functionality. It is indeed the only point to leave the island in its western part. For this reason, these structures must necessarily be protected from any event that could compromise regular use.
For the rest, no damage was found on the water supply network. The Regional President pointed out that the volcanic activity of Stromboli, constantly monitored by the competent services, does not represent an imminent danger to the population. This statement goes, of course, against that of the French Ministry of Foreign Affairs which outright dissuaded tourists from visiting the Aeolian Islands.
Source: Sicilia.

INGV explains that during the past days activity remained elevated, especially in the south-central and northen parts of the crater area, but was not exceptional. A lava flow dividing in two branches is advancing in the upper part of the Sciara del Fuoco. It takes its source in the collapsed part of the crater rim. Blocs break free from the lava fronts and roll down the slope and into the sea.

The local guides have informed me that access to the Pizzo is still closed. During the paroxysm of July 3rd, the fallout of pyroclastic materials completely covered the Pizzo, destroying the control instruments that were there. On the south-eastern slope of the Pizzo, the fall of molten lava  triggered a rheomorphic flow about 200 to 300 metres long which covered the trail generally used by tourist groups and their guides. to go down to the village (INGV Information)

Vues de Ginostra et de son petit port (Photos: C. Grandpey)

Image thermique des cratères du Stromboli (Source: INGV)

Tamu : Le roi déchu // The dethroned king

En 2013, des scientifiques avaient déclaré que le Mauna Loa sur l’île d’Hawaï n’était plus le plus grand volcan bouclier du monde. Il venait de se faire détrôner par le massif du Tamu, un volcan sous-marin de 310.000 km2 (environ 650 km de long, pour 450 km de large) situé dans l’Océan Pacifique à 1.600 km à l’est du Japon. Une nouvelle étude montre que le détenteur du record précédent doit être disqualifié pour des raisons techniques.
Une analyse détaillée du champ magnétique du massif du Tamu révèle que ce dernier n’est pas un volcan bouclier comme on le pensait auparavant ; il fait en réalité partie d’une dorsale médio-océanique, autrement dit: une structure géologique beaucoup plus grande, formée par le déplacement des plaques océaniques. Les résultats de l’analyse ont été publiés dans la revue Nature Geoscience.
Cela signifie que massif du Tamu a perdu son titre. Lors de sa découverte en 2013, les scientifiques ont expliqué avec beaucoup d’enthousiasme qu’il couvrait une superficie d’environ la taille du Nouveau-Mexique, soit environ 310 000 kilomètres carrés. Le Tamu est sans aucun doute un très grand système volcanique, mais pas un volcan qui s’est formé au cours d’une longue mais unique éruption comme le Mauna Loa.
Dans la dernière étude, les scientifiques ont découvert des anomalies magnétiques dans les profondeurs du volcan laissant supposer que le champ magnétique de la Terre s’est inversé au moins une fois au cours de la formation du Tamu. Comme ces inversions se produisent sur des milliers ou des millions d’années, on peut en déduire que le massif du Tamu ne s’est pas formé à partir d’une seule et unique éruption, de sorte qu’il ne répond pas aux critères d’un vrai volcan bouclier.
Cette découverte permet également d’expliquer comment le massif du Tamu s’est formé au point de rencontre de trois dorsales médio-océaniques en expansion et correspond aux anomalies magnétiques en bordure des plaques. Les chercheurs ont analysé quelque 4,6 millions de mesures de champ magnétique effectuées par divers navires au cours des 54 dernières années. Ces données ont été comparées à d’autres mesures de champ magnétique liées aux positions GPS prises par le navire de recherche Falkor pour établir une carte magnétique.
Outre le déclassement du massif du Tamu, les résultats des recherches ont d’autres implications importantes en ce qui concerne la formation des plateaux océaniques. On pensait que des plateaux de cette taille ne pourraient pas être formés par l’expansion des fonds marins où l’activité volcanique crée une croûte océanique à partir d’une éruption centrale. Le massif du Tamu offre des preuves du contraire et laisse supposer que la formation des plateaux océaniques ne ressemble pas aux épanchements basaltiques continentaux – résultats d’éruptions volcaniques sur terre – comme on le pensait auparavant.
Source: Nature Geocience et presse scientifique.

————————————————–

In 2013, scientists had declared that Mauna Loa on the island of Hawaii was no longer the largest shield volcano in the world. It was overtaken by the Tamu Massif, a submarine volcano covering 310,000 km2 (about 650 km long, 450 km wide) located in the Pacific Ocean 1,600 km east of Japan.  New research suggests the previous record holder should be disqualified on a technicality.

Detailed analysis of the magnetic field over the submerged Tamu Massif suggests it is not a shield volcano as was previously thought, but rather part of a mid-ocean ridge: a much bigger geological structure, formed as oceanic plates shift. The results of the analysis have been published in Nature Geoscience.

This means Tamu Massif loses its title. When it was discovered in 2013, scientists explained with a lot of enthusiasm that it covered an area roughly the size of New Mexico, or around 310,000 square kilometres. Tamu is really a large volcanic system, but not a single volcano like Mauna Loa.

In the new research, scientists found magnetic anomalies deep in the volcano, suggesting Earth’s magnetic field flipped at least once during its formation. As these flips happen over thousands or millions of years, the implication is that Tamu Massif was not formed from a single eruption, so that it is not a regular shield volcano.

This also helps explain how Tamu Massif formed at the meeting point of three spreading mid-ocean ridges, and matches up with the magnetic anomalies at the plate boundaries. The researchers analysed some 4.6 million magnetic field readings taken by various ships over the past 54 years. That data was linked to more magnetic readings linked to GPS locations taken by the research vessel Falkor to build up a magnetic map.

Besides reclassifying Tamu Massif, the research has other important implications in regards to how oceanic plateaus are formed. It was understood that plateaus of this size could not be produced by seafloor spreading, where volcanic activity creates oceanic crust by pushing it out from a central eruption. Tamu Massif offers up evidence to the contrary, and hints that oceanic plateau formations are not as similar to continental flood basalts – the results of volcanic eruptions on land – as previously thought.

Source: Nature Geocience and the scientific press.

Localisation du Tamu Source: Nature Geoscience

Image 3D du Tamu (Source: NOAA)

La Mauna Loa, un superbe volcan bouclier

Vue de la caldeira sommitale du Mauna Loa

(Photos: C. Grandpey)

Volcans du monde (suite) // Volcanoes of the world (continued)

Voici d’autres informations fournies par le dernier rapport de la Smithsonian Institution:

Selon les Nations Unies, 1 410 personnes résidant dans sept villages sont rencontrent toujours des problèmes depuis l’éruption du Manam (Papouasie-Nouvelle-Guinée) le 27 juin 2019. Près de 455 habitations et de nombreux jardins ont été détruits. Le VAAC de Darwin a signalé que le 6 juillet, le panache de cendre s’élevait à 5,5 à 6,1 km au dessus du niveau de la mer.

++++++++++

Une augmentation de la sismicité le 4 juillet 2019 sur le Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska) a conduit l’AVO à faire passer la couleur de l’alerte aérienne à Orange et le niveau d’alerte volcanique à Vigilance (Watch). La hausse de la sismicité persistait le 9 juillet. Aucune activité éruptive n’a été détectée dans les données infrasoniques locales. Les nuages faisaient obstacle à la lecture des images satellitaires.

++++++++++

L’éruption qui a débuté sur le Sangay (Équateur) le 7 mai 2019 se poursuivait le 3 juillet. L’activité était concentrée dans deux centres éruptifs: le Cratère Central et le dôme de Ñuñurcu (situé à 190 mètres au sud-ouest du Cratère Central). Des explosions sporadiques au niveau du Cratère Central génèrent des panaches de cendre atteignant 1,1 km au-dessus du cratère. Le dôme de Ñuñurcu alimente au moins trois coulées de lave qui avancent sur le flanc sud-est du volcan. Les effondrements des fronts de coulées déclenchent de petites coulées pyroclastiques et de nombreux effondrements de blocs.

Source: Instituto Geofisico.

++++++++++

L’activité du Stromboli continue de manière relativement intense, avec des explosions essentiellement concentrées dans la partie centre-sud de la zone éruptive. Le 10 juillet, la lave a recommencé à couler le long de la partie occidentale de la Sciara del Fuoco. Contrairement à ce que l’on peut lire sur certains sites Internet, il ne s’agit pas d’une nouvelle éruption, mais d’une évolution de la situation actuelle. La source de cette coulée se situe en bordure ouest de la plateforme cratèrique. Là encore, contrairement à ce que l’on peut lire parfois, la double coulée ainsi formée ne descend pas jusqu’à la mer. Les images montrent que la lave parcourt 200-300 mètres ; ce sont les blocs qui se détachent des front de coulées qui roulent jusqu’au bas de la Sciara del Fuoco et plongent dans la mer (et non l’océan, car il s’agit de la mer Tyrrhénienne).

Au vu de la situation actuelle, faut-il continuer à interdire l’accès au Pizzo ? Personnellement, je ne le crois pas. L’événement du 3 juin a de toute évidence permis de nettoyer les conduits d’alimentation du volcan dont j’avais signalé le risque l’obstruction en mai, avant de partir à la Réunion. Les bouches éruptives semblent fonctionner normalement. Certaines explosions sont certes intenses mais les projections ne vont pas très loin et ne menacent jamais la zone où les guides conduisent les touristes. Au cours de mes très nombreuses nuits passées sur le Stromboli, il m’est arrivé à plusieurs reprises d’assister à une activité impressionnante, sans que l’accès au volcan soit pour autant interdit. Mais à l’époque, le principe de précaution n’était pas à la mode comme aujourd’hui… !

————————————

Here is some more news provided by the Smithsonian Institution’s latest report:

According to the United Nations, an estimated 1,410 people from seven villages remained affected from the 27 June eruption of Manam (Papua New Guinea). As many as 455 homes and many gardens had been destroyed. The Darwin VAAC reported that on 6 July ash plumes rose to 5.5-6.1 km above sea level.

+++++++++

An increase in seismicity on July 4th, 2019 at Semisopochnoi (Aleutians / Alaska) prompted AVO to raise the aviation colour code to Orange and the volcano alert level to Watch. Elevated seismicity continued through at least July 9th. No eruptive activity was detected in regional infrasound data, and cloudy conditions obscured satellite views of the volcano.

++++++++++

The eruption that started at Sangay (Ecuador) on May 7th, 2019 was continuing as of July 3rd. Activity was concentrated at two eruptive centres: the Central Crater and the Ñuñurcu dome (located 190 metres SSE of Central Crater). Sporadic explosions at Central Crater produced ash plumes that rose as high as 1.1 km above the crater rim. The Ñuñurcu dome fed at least three lava flows that travelled down the SE flank. Collapses of the lava-flow fronts generated small pyroclastic flows and numerous block flows.

Source: Instituto Geofisico.

++++++++++

The activity of Stromboli is still quite intense, with explosions mainly concentrated in the south-central part of the eruptive zone. On July 10th, lava flowed again along the western part of the Sciara del Fuoco. Contrary to what can be read on some websites, it is not a new eruption, but an evolution of the current situation. The source of this flow is on the western edge of the crater terrace. Again, contrary to what one can read sometimes, the flow’s double branch does not go down to the sea. The images show that lava travels 200-300 metres; it is the blocks that break away from the front of the lava flows that roll down to the bottom of the Sciara del Fuoco and plunge into the sea (and not the ocean, because it is the Tyrrhenian Sea).
Given the current situation, should we continue to prohibit access to the Pizzo? Personally, I don’t think so. The event of June 3rd has obviously clraned the supply conduits about which I had reported the risk of obstruction in May, before flying to Reunion Island. The eruptive vents seem to function normally. Some explosions are certainly intense but the projections do not go very far and never threaten the area where the guides lead the tourists. During my many nights spent on Stromboli, I have repeatedly witnessed an impressive activity, but access to the volcano was never prohibited. But at the time, the precautionary principle was not as widespread as today …!

Les tracés sismiques montrent que l’activité est intense, sans être exceptionnelle (Source : INGV)

Vue de la double coulée du 3 juillet 2019 (Crédit photo : Weathersicily)