Volcan Taal (Philippines): Pas d’évolution majeure // No significant evolution

Au petit matin du 16 janvier 2020, le Taal a émis brièvement des panaches de cendre gris foncé de 500 mètres et 800 mètres de hauteur qui se sont dispersés vers l’ouest-sud-ouest du cratère principal (Main Crater). L’activité au cours des dernières 24 heures a généralement décliné et se limite à l’émission de panaches de vapeur d’environ 700 mètres de hauteur.
La sismicité est toujours intense. Les émissions de SO2 atteignaient une moyenne de 4186 tonnes par jour le 15 janvier 2020.
Plus de 50 000 personnes ont fui la zone de danger et vivent dans des endroits plus surs. Les images diffusées par les médias montrent le spectacle habituel de ce type d’éruption, avec des maisons détruites par le poids de la cendre et des  animaux (chevaux et vaches) recouverts de cendre eux aussi.
Comme d’habitude, un certain nombre de paysans ignorent les mises en garde des autorités et reviennent à leur ferme pour s’occuper de leurs animaux et les mettre à l’abri des retombées de cendre.

Contrairement à ce que prétendent certains, le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 4, sur une échelle de 5.
Source :  PHIVOLCS et journaux locaux.

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In the early morning of January 16th, 2020, Taal Volcano emitted short-lived dark grey ash plumes 500 metres and 800 metres high, respectively, that dispersed ash west-southwest   of the Main Crater. Activity in the past 24 hours has generally waned to weak emission of steam-laden plumes 700 metres high.

Seismicity is still intense. SO2 emission was measured at an average of 4186 tonnes/day on January 15th, 2020.

More than 50,000 people have fled the danger zone and are living in safer areas. Images teleased by the media show a desolate landscape of destroyed houses and animals (horses and cows) covered in a thick layer of ash.

As usual, a number of farmers are ignoring government warnings to keep away and have gone back to tend or rescue their animals.

The alert level is kept at 4, on a scale of 5.

Source: PHIVOLCS and local newspapers.

Eruption du Taal (Philippines): Dernières nouvelles // Latest news

Le Taal vomit moins de lave et de cendre en ce moment, mais le PHIVOLCS explique que cela ne signifie pas que le volcan est en train de se calmer et que les villageois qui ont fui le 12 janvier peuvent maintenant rentrer chez eux. L’Institut maintient son niveau d’alerte à 4 sur 5, ce qui signifie « une éruption explosive dangereuse est possible dans quelques heures ou quelques jours. L’activité sismique intense couplée à la fracturation de la caldeira signifie probablement qu’une intrusion magmatique est en cours sous l’édifice volcanique, ce qui pourrait entraîner une reprise encore plus intense de l’activité éruptive. Les éruptions du passé ont duré des mois, il est donc impossible de prévoir la fin de l’activité actuelle. » Les dernières images satellitaires révèlent que le lac à l’intérieur du cratère principal (Main Crater) s’est vidangé; de nouvelles bouches sont apparues à l’intérieur du cratère ainsi que sur le versant nord du volcan.
Comme je l’ai déjà écrit, les autorités ont évacué près de 16 000 personnes qui vivent désormais dans 75 centres d’évacuation dans les provinces de Batangas et Cavite. Les gouvernements locaux tentent d’évacuer tous les habitants des villages situés dans la zone de danger de 14 km de rayon déterminée par le PHIVOLCS. La priorité est donnée aux personnes. Les animaux des fermes et les animaux de compagnie seront évacués plus tard.
Le PHIVOLCS et les autorités craignent que Taal ne déclenche une déferlante basale (basal surge, en anglais), autrement dit une vague pyroclastique avec des matériaux chauffés à haute température pouvant atteindre jusqu’à 14 km, sur la base des données et des dépôts laissés par l’éruption du de 1754.
Source: PHIVOLCS, Philippine Daily Inquirer.

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Taal Volcano is emitting less lava and ash, but PHIVOLCS explains it is not an indication that the volcano is quieting down and that villagers who fled on January 12th could now return to their homes. The Institute maintains its alert level at 4 out of 5, meaning “a hazardous explosive eruption is possible within hours to days. The intense seismic activity coupled with fissuring in the caldera region likely signifies continuous magma intrusion beneath the Taal edifice, which lead to further eruptive activity.” Taal’s previous eruptions had lasted months, so it is impossible to predict an end to the current activity. Newly acquired satellite images show that the Main Crater Lake  has been drained and new vents have formed inside the Main Crater and on the north flank of the volcano.

As I put it before, authorities evacuated close to 16,000 people, who now stay in 75 evacuation centres in the provinces of Batangas and Cavite. Local governments are trying to evacuate all residents of villages within the 14-km radius danger zone designated by PHIVOLCS. Priority is given to people. Farm animals and pets will be evacuated later.

PHIVOLCS and the authorities fear Taal might trigger a pyroclastic density current, or base surge that might reach as far as 14 km, based on data and deposit found from the 1754 eruption of the volcano.

Source: PHIVOLCS, Philippine Daily Inquirer.

Carte tracée en s’appuyant sur l’éruption de 1754. Les marques de couleur orange désignent les zones susceptibles d’être affectées par des déferlantes basales. (Source : PHIVOLCS)

La géodésie en volcanologie // Geodesy in volcanology

L’analyse du comportement d’un volcan met en oeuvre plusieurs paramètres, et donc plusieurs types d’instruments. Un article récemment mis en ligne par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) explique le rôle joué par la géodésie pour mesurer les déformations du sol provoquées par les mouvements du magma dans les profondeurs de la Terre.
Les résultats des levés effectués après le séisme de magnitude M 7,9 à San Francisco en 1906, avec les bouleversements subis par les clôtures et les limites de propriété, ont fait comprendre l’importance de la géodésie pour interpréter les mouvements des failles, et favorisé son entrée dans les sciences de la terre.
Aujourd’hui, un géodésiste s’appuie essentiellement sur le système GPS, sans oublier pour autant les inclinomètres de forage et l’interférométrie radar (InSAR).
La géodésie sur un volcan consiste à effectuer plusieurs levés pour détecter les déplacements éventuels de points de repère. Lors de l’ascension du magma à l’intérieur d’un édifice volcanique, la roche environnante est logiquement poussée vers le haut. Toutefois, lorsque les scientifiques mesurent la position des points de repère, ils se rendent également compte que ces points s’écartent de la source magmatique. Aujourd’hui, les instruments installés en permanence sur un volcan contrôlent en permanence les points de repère afin de pouvoir détecter le moindre  mouvement du sol en quelques minutes.
Le développement et la maintenance du réseau permanent est l’un des travaux les plus importants de l’équipe géodésique du HVO. Ce réseau permanent comprend plus de 60 stations GPS et 16 inclinomètres. Les données fournies sont essentielles pour l’évaluation des risques. En particulier, les inclinomètres, qui sont ides instruments extrêmement sensibles, sont souvent les premiers à indiquer l’inflation de l’édifice volcanique lors de sa mise sous pression par le magma.
L’équipe géodésique du HVO est responsable de l’analyse et de l’interprétation des données fournies par les instruments qui fonctionnent parfaitement grâce à d’autres membres du personnel de l’Observatoire. Les ingénieurs construisent, installent et entretiennent les instruments utilisés sur le terrain. Les informaticiens s’assurent que les ordinateurs communiquent correctement avec les sites éloignés à partir desquels les données sont transmises et que tout fonctionne normalement pour analyser les données.
Outre le réseau géodésique permanent, des campagnes sont organisées chaque année pour collecter des données de référence supplémentaires à l’aide de stations GPS temporaires. Quelque 80 repères sont contrôlés chaque année pendant 2 ou 3 jours pour déterminer leurs variations annuelles de position. Dans certaines zones, ces levés permettent au HVO de déterminer plus précisément les variations de déformation sur plusieurs années.
Pour mieux interpréter les données, les géodésistes utilisent des modèles informatiques qui prévoient de manière simplifiée – avec des sphères ou des ellipsoïdes – le mouvement de la surface de la terre en fonction de l’expansion ou de la contraction des corps magmatiques. On utilise ces formes simples car elles correspondent convenablement aux données et sont moins longues à calculer que les corps de forme irrégulière. Le temps est important car plusieurs milliers de calculs sont utilisés pour tester différents modèles.

Le modèle le mieux adapté montre aux scientifiques la zone la plus probable où se déplace le magma, l’endroit où il s’accumule et donc le lieu où  il est proche de la surface et susceptible de déclencher une éruption. Cependant, les seules données géodésiques ne suffisent pas à donner une image complète d’un volcan. Elles doivent être interprétées conjointement avec des données géologiques, sismiques et gazières. C’est pour cela que les différentes équipes du HVO se réunissent pour élaborer des hypothèses sur l’activité du moment, le niveau de danger et les scénarios futurs.
Source: USGS / HVO.

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Analysing the behaviour of a volcano involves several parameters, and so several types of instruments. A recent article released by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) explains the part played by geodesy to measure ground movements and deformation caused by magma in the depths on the Earth.

Results from surveys after the 1906 M 7.9 San Francisco earthquake, which offset fence lines and property boundaries, had a profound impact on researchers’ understanding of how faults move and favoured the entrance of geodesy into the earth sciences.

Today, a geodesist relies essentially on Global Positioning System (GPS) instruments, without forgetting borehole tiltmeters and satellite radar (InSAR).

Geodesy on a volcano consists in performing multiple surveys to determine how benchmark positions have changed. As magma moves into a volcano, the surrounding rock is pushed outward. When scienntists measure positions of benchmarks on the surface of the volcano, they also realise that they have also been pushed away from the magma source. Today, permanently installed instruments constantly monitor benchmark positions so that ground motion can be detected within minutes.

Growing and maintaining HVO’s permanent geodetic instrument network is one of the deformation group’s most important jobs. This permanent network consists of over 60 GPS stations and 16 tiltmeters, and data from it are critical for hazard assessment. In particular, tiltmeters, which are incredibly sensitive to changes in ground slope, are often the first indicator of inflation as a volcano pressurizes.

While HVO’s deformation group is responsible for analyzing and interpreting the data, it takes many others to keep the network running. HVO’s field engineers build, install, and maintain the field instruments. Information Technology staff ensure that computers can communicate with remote sites from which data are transmitted and that everything is OK to analyze the data.

Beside the permanent geodetic network, annual campaigns are organised to collect additional benchmark data using temporary GPS stations. Around 80 benchmarks are surveyed each year for 2-3 days to determine yearly changes in position. These surveys provide a higher density of measurements in certain areas, enabling HVO to more precisely determine deformation patterns over many years.

To help interpret the data, geodesists use computer models that calculate the expected motion at the earth’s surface due to expansion or contraction of magma bodies with simplified shapes, such as spheres or ellipsoids. Simple shapes are used because they adequately match the data and are less time-consuming to calculate than irregularly shaped bodies. Time is important because many thousands of calculations are used to test different models.

The best-fitting model shows scientists the most likely place that magma is moving into or out of the volcano, as well as where magma is accumulating and how close it is to the surface. However, no single type of data gives the whole picture of a volcano, so geodetic data needto be interpreted along with geologic, seismic and gas data. HVO’s different teams come together as a whole to develop sound hypotheses for current activity, hazard levels, and future scenarios.

Source : USGS / HVO.

Exemple d’utilisation d’une station GPS temporaire pour mesurer les déformations du Kilauea (Source : USGS / HVO)

Eruption du Taal (Philippines) [Dernières nouvelles // Latest news]

Dans ses mises à jour du 14 janvier 2020, le PHIVOLCS indique que l’éruption du Taal continue, avec une activité phréato-magmatique qui se concentre au niveau du cratère principal (Main Crater) . Cette éruption a généré des fontaines de lave de 500 mètres de hauteur, avec des panaches gris foncé chargés de vapeur atteignant une hauteur d’environ 2 kilomètres. Des éclairs ont été observés à la base des panaches. Comme je l’ai écrit auparavant, de nouvelles bouches se sont ouvertes sur le flanc nord du cône. D’importantes retombées de cendre ont affecté plusieurs localités.
212 séismes d’origine volcanique étaient enregistrés dans la région de Taal à 14 heures le 14 janvier 2020. Une telle activité sismique intense est probablement due à une intrusion magmatique sous l’édifice volcanique ; elle peut déboucher sur une intensification de l’activité éruptive actuelle. C’est la raison pour laquelle le niveau d’alerte est maintenu à 4.
Il convient de noter que les victimes de l’éruption du Pinatubo en 1991 envoient de l’aide (en particulier de la nourriture) aux personnes qui ont été évacuées quand l’éruption du Taal a commencé.
Source: PHIVOLCS et journaux locaux.

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22 heures (heure française) : Le PHILVOCS indique que de nouvelles fissures ont été observées autour du Taal. L’une d’elles traverse la route qui relie Agoncillo à Laurel, dans la province de Batangas. L’activité sismique reste intense et pourrait être le signe d’une éruption explosive imminente,
L’Institut explique que la fracturation de la caldeira signifie que le sommet du volcan a été dépressurisé et que le volume de magma continue d’augmenter. Ce phénomène pourrait lui aussi annoncer une éruption explosive imminente
40 752 personnes ont été pour le moment affectées par l’éruption ; 38 203d’entre elles vivent dans des abris temporaires dans 198 centres d’hébergement. Il y a eu plusieurs coupures de courant dans 7 localités le 12 janvier et de nombreuses écoles restent fermées. Les dégâts causés à l’agriculture sont estimés à 1,45 million de dollars US dans les provinces de Batangas et Cavite.
Le niveau d’alerte est maintenu à 4 et pourrait être relevé si l’éruption s’intensifiait.
Source: PHIVOLCS et Manila Bulletin.

 

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In its updates of January 14th, 2020, PHIVOLCS indicates that Taal Volcano’s activity is characterized by continuous eruption of the Main Crater due to magmatic and hydrovolcanic activity. This ongoing eruption has generated 500-meter tall lava fountains topped by dark grey steam-laden plumes reaching a height of about 2 kilometres. Flashes of lightning were observed at the base of the plumes. As I put it before, new vents opened up on the northern flank of the cone. Heavy ashfall has effected several municipalities.

212 volcanic earthquakes had been recorded in the Taal region at 2:00 am on January 14th, 2020. Such intense seismic activity probably signifies continuous magmatic intrusion beneath the volcanic edifice, which may lead to further eruptive activity. This is the reason why the alert level is kept at 4.

It should be noted that the victims of the 1991 Pinatubo eruption are sending aid (especially food) to the evacuees of the Taal eruption.

Source: PHIVOLCS and local newspapers.

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22:00 (French time): PHILVOCS indicates that new fissures have been observed around Taal volcano. A fissure was also observed across the road connecting Agoncillo to Laurel, in Batangas province.  Seismic activity is still intense and might be the sign of an imminent explosive eruption,

The Institute explains that fissuring on the caldera region means that the top of the volcano has been depressurized and the high volume of magma continues to rise. This is another indication of an imminent explosive eruption

A total of 40 752 people have been affected by the eruption, of which 38 203 are staying in temporary shelters in 198 evacuation centres.   There were several power interruptions in 7 municipalities on January 12th and many schools remain closed. Agricultural damage is estimated at 1.45 million USD in the provinces of Batangas and Cavite.

The alert level is kept at 4 and might be elevated should the eruption intensify.

Source: PHIVOLCS and Manila Bulletin.

Image satellite du panache éruptif du Taal (Source: NASA)