Stromboli, Terra di Dio, Terra d’Amore…

Sur l’île de Stromboli, quelques mètres en contrebas de l’église San Vincenzo, une maison rouge aux volets fermés affiche une plaque discrète: «In questa casa dimorò Ingrid Bergman che con Roberto Rossellini girò il film Stromboli nella primavera del 1949.»

La presse sicilienne nous apprend que la maison qui a abrité l’histoire d’amour entre Roberto Rossellini et Ingrid Bergman sera vendue aux enchères. Le tribunal de Messine a fixé l’audience au 20 novembre. Il s’agit d’une maison d’environ 220 mètres carrés. Le bien a été évalué à 700 000 euros. Les habitants de Stromboli ont demandé à plusieurs reprises de créer un musée dédié au film « Stromboli, terra di Dio », mais aussi où serait racontée l’histoire de l’île.

Le tournage de « Stromboli, terre de Dieu » est une légende moderne encore vivace en Italie. Elle commence en mai 1948 quand Rossellini reçoit une lettre d’une actrice suédoise le complimentant sur ses films et lui proposant ses services. L’actrice en question a pour nom Ingrid Bergman. Rosselini lui répond pour la remercier et ils échangent une correspondance dans laquelle s’ébauche un projet. Ils conviennent d’une première rencontre à Paris. Ils s’entendent sur un titre, Terra di Dio, et sur une trame, mais Rossellini reste vague sur le scénario précis du film.

Lorsque Bergman retourne à Hollywood, elle s’informe sur les possibilités concrètes de produire ce film qui devient pour elle prioritaire. Rossellini la rejoint bientôt en Californie. Ingrid Bergman a convaincu Samuel Goldwyn, très désireux de faire un film avec elle, de produire Terra di Dio. Mais la rencontre entre Goldwyn et Rossellini tourne court. Vient ensuite Howard Hugues, propriétaire de la RKO, qui accepte de financer le film et de le distribuer aux États-Unis. Le tournage doit commencer le 1er avril…

Lorsque, le 4 avril, l’équipe débarque à Stromboli, la presse sicilienne relate à pleines pages l’idylle naissante entre Ingrid et Roberto. Le problème, c’est que le beau Roberto était jusqu’alors l’amant célèbre d’une actrice non moins célèbre, Anna Magnani, une femme au tempérament aussi chaud que la lave d’un volcan. Elle tente de recoller les morceaux avec Rossellini, mais en vain.

Furieuse et bien décidée à se venger, Magnani décide de mettre sur pied un projet qui fera concurrence à Stromboli, terra di Dio et que William Dieterle mettra en scène pratiquement aux mêmes dates, dans une autre des îles éoliennes, la toute proche Vulcano, qui donnera également son nom au film.

Sur le plan personnel, Magnani-Vulcano était peut-être vengée de Rossellini-Stromboli; sur celui des finances, ils resteront quittes: l’un et l’autre films ont été de sévères échecs.

Le scénario du film « Stromboli, Terra di Dio » de Roberto Rossellini avec Ingrid Bergman, Mario Vitale et Renzo Cesana est assez simple. Dans un camp italien après-guerre, une Lettonne épouse un jeune homme originaire de Stromboli. Ils s’établissent sur l’île aride, où le mari pêche le thon. Elle essaie de s’adapter à sa nouvelle existence, entre suspicion du voisinage, solitude et éruption. Dans sa fuite finale, elle gravit le volcan…

Voici deux extraits du film que le journal Le Monde a eu la bonne idée d’offrir à ses lecteurs il y a quelques années…

 https://www.youtube.com/watch?v=nAsxCpklYeQ

 https://www.youtube.com/watch?v=zEb9NyztOV0

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Sull’isola di Stromboli, a pochi metri sotto la chiesa di San Vincenzo, una casa rossa con persiane chiuse mostra una discreta targa: « In questa casa dimorò Ingrid Bergman che con Roberto Rossellini girò il film Stromboli nella primavera del 1949. »

La stampa siciliana dice che la casa che ha ospitato la storia d’amore tra Roberto Rossellini e Ingrid Bergman sarà venduta all’asta. Il tribunale di Messina ha fissato l’udienza il 20 novembre. È una casa di circa 220 metri quadrati. La proprietà è stata valutata in 700.000 euro. Gli abitanti di Stromboli hanno ripetutamente chiesto di creare un museo dedicato al film « Stromboli, terra di Dio« , ma anche dove si racconta la storia dell’isola.

Le riprese di « Stromboli, terra di Dio » sono una leggenda moderna ancora viva in Italia. Inizia nel Maggio del 1948 quando Rossellini riceve una lettera da un’attrice svedese che lo complimenta per i suoi film e gli offre i suoi servizi. L’attrice in questione è Ingrid Bergman. Rosselini risponde per ringraziarla e si scambiano una corrispondenza in cui viene avviato un progetto. Sono d’accordo su un primo incontro a Parigi. Sono anche d’accordo su un titolo, Terra di Dio, ma Rossellini rimane vago sullo scenario specifico del film.

Quando Bergman torna a Hollywood, si informa sulle possibilità concrete di produrre questo film, che diventa una priorità per lei. Rossellini presto si unisce a lei in California. Ingrid Bergman ha convinto Samuel Goldwyn, desideroso di girare un film con lei, per produrre Terra di Dio. Ma l’incontro tra Goldwyn e Rossellini è un fallimento. Il prossimo è Howard Hughes, proprietario della RKO, che accetta di finanziare il film e distribuirlo negli Stati Uniti. Le riprese devono iniziare il 1 Aprile …

Quando, il 4 Aprile, la squadra arriva a Stromboli, la stampa siciliana racconta in pieno il nascente idillio tra Ingrid e Roberto. Il problema è che fino ad allora il bello e famoso Roberto era l’amante di un’attrice non meno famosa, Anna Magnani, una donna con un temperamento caldo come la lava di un vulcano. Ha cercato di raccogliere i pezzi con Rossellini, ma invano.

Furioso e determinato a vendicarsi, Magnani decide di avviare un progetto che competerà con Stromboli, terra di Dio e che William Dieterle andrà in scena nelle stesse date, in un’altra delle isole Eolie, Vulcano, che darà anche il suo nome al film.

A livello personale, Magnani-Vulcano potrebbe essere stato vendicato su Rossellini-Stromboli; per quanto riguarda le finanze, rimarranno tranquilli: l’uno e l’altro film hanno subito gravi fallimenti.

La sceneggiatura del film « Stromboli, Terra di Dio » di Roberto Rossellini con Ingrid Bergman, Mario Vitale e Renzo Cesana è abbastanza semplice. In un campo italiano del dopoguerra, una Lettone sposa un giovane di Stromboli. Si stabiliscono sull’isola arida, dove il marito pesca il tonno. Lei cerca di adattarsi alla sua nuova esistenza, tra sospetto di vicinato, solitudine ed eruzione. Nella sua ultima fuga, si arrampica sul vulcano …

Ecco due estratti del film che il quotidiano francese Le Monde ha avuto la buona idea di offrire ai suoi lettori qualche anno fa …

https://www.youtube.com/watch?v=nAsxCpklYeQ

https://www.youtube.com/watch?v=zEb9NyztOV0

Photo: C. Grandpey

Le volcan de Mayotte : Des résultats, mais aussi un manque de moyens

On n’en parle plus trop maintenant, mais l’éruption au large de Mayotte continue. Le nouveau volcan, qui est sous surveillance depuis 9 mois, est loin d’avoir livré tous ses secrets. Le mardi 15 octobre 2019, les scientifiques se sont réunis à l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) pour faire le  point à l’issue de 9 mois de surveillance.

Les intervenants s’accordent pour dire que le phénomène sismique et volcanique observé à Mayotte est d’une ampleur et d’une durée exceptionnelle. Mais tous affirment également qu’il est impossible, aujourd’hui encore, de faire des projections et d’imaginer le futur, essentiellement à cause du manque cruel d’outils et de données.

Les scientifiques expliquent que, ces derniers mois, l’île de Mayotte s’est déplacée d’une vingtaine de centimètres vers l’est et s’est affaissée d’une quinzaine de centimètres. Il est à noter que cette subsidence ralentit actuellement. Toutefois,  rien ne permet de dire pour le moment si le phénomène va s’arrêter. Toutes les hypothèses sont permises. Début 2019, un réseau de mesures a été installé à Mayotte et aux Glorieuses. Les données viennent désormais compléter celles fournies par des stations plus anciennes situées aux Comores et à Madagascar. 21 bénévoles se relaient pour surveiller quotidiennement les phénomènes sismiques, géochimiques et les déformations. D’ici quelques semaines, début 2020, sept scientifiques vont être recrutés pour mettre en place le Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA), une structure qui rassemble les données géologiques, géophysiques et géochimiques, afin de nourrir les recherches sur le fonctionnement du volcan.
À terre, les stations installées permettent un suivi en temps réel des événements sismiques. En mer, en revanche, les stations de mesures ne peuvent être relevées que tous les deux à trois mois. Ainsi, elles ont été installées lors de la première sortie du Marion Dufresne en mai (MAYOBS 1) et collectées deux mois plus tard lors de MAYOBS 6 fin juillet. De tels délais ralentissent inévitablement le travail des scientifiques et rendent le système peu efficace. Pour mieux comprendre le phénomène mahorais, les scientifiques ont besoin d’accéder en temps réel aux données enregistrées au fond de la mer, notamment concernant les déformations de la croûte terrestre. Une solution consisterait à installer un réseau de stations câblées en mer, capable de transmettre instantanément les données collectées. À l’heure actuelle, seuls les Américains et les Japonais disposent de tels systèmes. Les Français souhaitent s’en inspirer, mais ce dispositif ne verra pas le jour avant plusieurs années.
Une autre difficulté à laquelle sont confrontés les scientifiques est la modélisation de la chambre magmatique. Le centre de cette cavité se trouverait à une trentaine de kilomètres à l’est de Mayotte, mais il est impossible actuellement de déterminer sa taille. Selon les chercheurs, cette chambre pourrait s’étendre jusque sous l’île et se trouver à 40 km de profondeur. C’est en se vidant de son magma qu’elle provoque l’affaissement d’une quinzaine de centimètres de la croûte terrestre. C’est aussi à cette source magmatique que sont liés les essaims sismiques ressentis par les Mahorais. Les scientifiques en sont sûrs, mais ils ne comprennent pas comment se conjuguent l’activité sismique et la poche de magma qui se vide.

En conclusion de la réunion à l’IPGP, les scientifiques ont insisté sur l’importance des témoignages des Mahorais qui interviennent régulièrement sur le site CSEM (Centre sismologique euro-méditerranéen), mais qui collecte uniquement les séismes ressentis en Europe et, en particulier, dans la Méditerranée. Il faudrait que les habitants de Mayotte se dirigent davantage vers le site du Bureau Central Sismologique Français (www.franceseisme.fr) qui recueille les témoignages sur les séismes qui ont lieu sur le territoire français.
La collecte de données à terre se poursuit et la surveillance est maintenue à Mayotte. De nouvelles demandes de missions sont déposées en ce moment pour la prochaine campagne de recherches au large. Mais, comme me l’expliquait au mois de juin Philippe Kowalski à l’OVPF, ces missions en mer réalisées grâce au Marion Dufresne sont très coûteuses et longues à mettre en place. Cela expliquerait le temps mis par les scientifiques pour détecter la cause de la sismicité sur l’île. Une commission doit se réunir en fin d’année pour étudier les demandes. Les prochains départs pourraient n’avoir lieu qu’en 2021.

Source : IPGP, Outre-mer la 1ère.

Mayotte redoute la submersion de ses côtes // Mayotte fears the submersion of its coasts

Comme je l’ai expliqué dans plusieurs notes sur ce blog, la sismicité qui a ébranlé l’île de Mayotte a déclenché une vague d’angoisse parmi les habitants. Aujourd’hui, le phénomène de fortes marées vient ajouter de l’inquiétude au sein d’une population déjà angoissée par le volcan sous-marin  et les essaims sismiques. C’est ainsi que le dernier week-end du mois d’août a vu la mer submerger une partie des routes du littoral de l’île. La psychose a de nouveau gagné les habitants et beaucoup se sont demandés ce qui se passait réellement.
A première vue, la montée des eaux à Mayotte n’a aucun lien avec le phénomène sismique et le volcan sous-marin. Il s’agit d’un phénomène qui revient chaque année à la même période à l’occasion des grandes marées. Pourtant, le phénomène s’amplifie et en 2019 la mer risque d’atteindre 4,15 mètres en septembre et 4,25 mètres en  octobre, ce qui est plus que d’habitude. Conjugués à l’enfoncement de l’île, au volcan sous-marin, sans oublier l’essaim sismique, les dangers sont bien réels. L’île de Mayotte s’est enfoncée de 15 à 20 cm en un an suite à l’évacuation du magma sur le plancher de l’océan. Les scientifiques expliquent que c’est considérable ; c’est comme si on avait fait un bon de 700 ans, et aujourd’hui les infrastructures ne sont plus exploitables comme elles étaient initialement prévues.

Se pose le problème de l’information et de la communication avec les habitants. La préfecture oublie systématiquement que 50% des gens ne lisent pas le français, 50% n’ont pas Internet, et qu’il faut donc aller dans les communes et dans les villages à la rencontre de la population pour informer sur ces phénomènes. Le maire de Mamoudzou explique qu’il faudrait expliquer ce qu’est un tsunami, comment ça se passe et ce qu’il faut faire si ça arrive.

Dans ce contexte, le député de Mayotte a interpellé la ministre des outre-mer et réclamé la mise en œuvre d’un plan de sauvegarde du littoral et d’un plan d’adaptation des infrastructures de transport et aéroportuaires de Mayotte. Il attend du gouvernement qu’il prenne la pleine mesure de la situation particulière de la montée des eaux sur l’île et qu’il envisage tous les investissements nécessaires.

C’est en 2020, qu’une « vigilance vague submersion » sera mise en œuvre. Pour le reste, il faut du temps à l’Etat et aux communes pour mettre en place les moyens nécessaires contre d’éventuels risques. On a vu qu’il a fallu un an pour que les scientifiques en provenance de métropole découvrent – avec une fanfaronnade bien inutile – la cause de la sismicité à Mayotte. On m’a expliqué qu’il faut du temps pour organiser une mission du Marion Dufresne et pour accomplir toutes les formalités administratives et techniques.  Pourtant, Mayotte est un département français et devrait être traité comme ses homologues de métropole… !

A noter que les prochaines missions du navire scientifique français à Mayotte (MAYOBS) sont prévues pour la première quinzaine de mai et la deuxième quinzaine de juillet 2020.

Source : Le Journal de Mayotte.

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As I explained in several posts on this blog, the seismicity that shook the island of Mayotte triggered a wave of anxiety among the inhabitants. Today, the phenomenon of high tides adds anxiety to a population already worried by the submarine volcano and the seismic swarms. During the last weekend of August, the sea submerged some of the coastal roads of the island. The inhabitants got anxious again and many wondered what was really happening.
At first glance, the rise of water in Mayotte has no connection with the seismic phenomenon and the submarine volcano. It happens every year at the same period during the very high tides. However, the phenomenon is increasing and in 2019 the sea is likely to reach 4.15 metres in September and 4.25 metres in October, which is more than usual. Combined with the sinking of the island, the submarine volcano, not to mention the seismic swarm, the dangers are very real. The island of Mayotte sank by 15 to 20 cm in one year following the evacuation of magma on the ocean floor. Scientists explain that it is considerable; it’s like making a leap of 700 years, and today the infrastructure is no longer usable as originally planned.
There is the problem of information and communication with the inhabitants. The prefecture systematically forgets that 50% of people can’t read French, 50% do not have Internet, and that it is therefore necessary to go to the towns and villages to meet the population to inform about these phenomena. The Mayor of Mamoudzou explains that we should explain what a tsunami is, and what to do if it happens.
In this context, the Mayotte MP asked the Overseas Minister for the implementation of a coastal protection plan and an adaptation plan for transport and airport infrastructure in Mayotte. He expects the government to take full measure of the particular situation of rising water on the island and consider all the necessary investments.
A « wave submersion plan » will be implemented in 2020. The problem is that it takes time for the state and municipalities to implement the necessary means against possible risks. We have seen that it took French scientists a year to discover – with a useless boastfulness – the cause of seismicity in Mayotte. I was explained that it takes time to organize a Marion Dufresne mission and to complete all the administrative and technical red tape. Yet, Mayotte is a French department and should be treated like its counterparts on the continent …!
The next missions of the French scientific ship in Mayotte (MAYOBS) are scheduled for the first half of May and the second half of July 2020.
Source: Le Journal de Mayotte.

Localisation du volcan sous-marin et de la source de la sismicité à Mayotte (Google Maps)

Quatre bonnes adresses sur l’Ile de la Réunion: 3) Un vol en ULM avec PLANETAIR 974

Basée à l’aéroport de Pierrefond, pas très loin de Saint Pierre, la compagnie Planetair 974 propose des survols de l’île de la Réunion à bord d’ULM, appareils dotés de moteurs de 100 CV et qui ressemblent à de petits avions. Il y a plusieurs avantages par rapport à un survol en hélicoptère: les vols sont beaucoup moins onéreux (moitié prix) et on voyage en solo avec les pilotes qui sont particulièrement sympathiques et compétents chez Planetair 974. Il est vrai que l’on a affaire à d’anciens pilotes de chasse de l’armée de l’air. Les ULM sont en parfait état et la sécurité est le maître mot dans cette agence. Plusieurs formules sont proposées. J’avais personnellement opté pour un survol du Piton de la Fournaise et des trois cirques. Bruno a tout de suite compris mon attirance pour les volcans et en a rajouté un peu lors du survol du volcan. Quand je vous disais qu’ils sont très sympa…!

Vous trouverez tous les renseignements à cette adresse :

www.planetair974.fr

Voici quelques images glanées au cours de ce périple d’une heure au-dessus de la Réunion…

Photos: C. Grandpey