Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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À partir de 9h17 (heure locale) le 10 mars 2026, une fontaine de lave est apparue dans la bouche éruptive nord à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’ au sommet du Kilauea (Hawaï). La prévision du HVO était exacte.

L’Épisode 43 de l’éruption du Kilauea s’est terminé à 18h21 (heure locale) le 10 mars 2026 après 9 heures de fontaines de lave continues. L’événement a débuté au niveau de la bouche éruptive nord, suivi de la bouche sud peu avant 10h. La hauteur des fontaines de lave a été estimée à 350 mètres pour la bouche sud et à 300 mètres pour son homologue nord.

La hauteur maximale des fontaines a parfois dépassé 400 mètres. Les coulées de lave ont recouvert environ un tiers du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu. Des retombées de téphra, atteignant jusqu’à 8 centimètres de diamètre, ont affecté les zones sous le vent, notamment les localités proches de l’éruption et la route 11 qui a été partiellement fermée. Le Parc national des volcans d’Hawaï (HVNP) a fermé les points d’observation ouest vers 11 h 20 et a évacué les visiteurs de ces zones. Le parc a fermé ses portes peu après. Au fur et à mesure que l’éruption progressait, des cendres et des cheveux de Pélé ont été signalés jusqu’à Hilo où le trafic aérien a été perturbé à cause des téphras et de la cendre dans le secteur de l’aéroport.

Le débit effusif maximal a été estimé à 800 mètres cubes par seconde vers 10h30 (heure locale). L’Épisode 43 s’est terminé avec un débit effusif moyen de 300 mètres cubes par seconde. On estime à 12 millions de mètres cubes le volume de lave émis. Le volume total de lave émis depuis décembre 2024 avoisine désormais les 250 millions de mètres cubes.
Source : HVO, National Park Service.

Capture d’écran de l’éruption

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L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) qui a commencé le 13 février 2026 se poursuit. Presque un mois après la sortie de la lave sur le flanc sud-sud-est du volcan, les coulées actives se concentrent sur le bras sud. La lave s’écoule principalement par des tunnels, dont les propriétés restent mal connues, ce qui limite la fiabilité des prévisions.

Le 11 mars, suite à une baisse brutale du trémor éruptif, le front de coulée du bras sud s’était figé à 975 m de la RN2, à 325 m d’altitude.

Le 12 mars, le front de coulée actif a repris sa progression pendant la nuit. À 4h30 (heure locale) il se situait à environ 700 m de la RN2 qui a été fermée entre Saint-Philippe et Sainte-Rose et inversement. Les autorités ont prévu des points de retournement à ces endroits.

À 19h, le front de coulée se trouvait à une centaine de mètres de la route, mais sa progression avait fortement ralenti. Vers minuit, le front n’avançait plus, à la grande déception des badauds venus assister au spectacle. Pas sûr que la lave traverse la route… Ce serait un soulagement pour les habitants de Sainte Rose et Saint Philippe qui l’empruntent pour aller travailler !

L’accès à l’Enclos reste strictement interdit. La dernière fois qu’une coulée de lave a traversé la RN2 remonte à 2007.

Malheutreusemet pour les habitants de Sainte Rose et Saint Philippe, comme le 11 mars 2026, la pause dans la progression de la coulée en provenance des Grandes Pentes a été de courte durée et la lave a atteint la RN 2 ce 13 mars vers 6 heures du matin (heure locale), entre les deux localités. Comme je l’indiquais précédemment, cela fait 20 ans qu’un tel événement ne s’était pas produit pendant une éruption du volcan.

Vers 8h, le premier bras de coulée a fini par franchir entièrement la route, une traversée très rapide puisque, selon la presse locale, elle a duré une quinzaine de secondes seulement. Un second bras de coulée a coupé la RN2, une demi-heure plus tard.

Source : OVPF, presse locale.

Crédit photo: Ophélie Maraval / Réunion la 1ère

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L’IGP m’a envoyé plusieurs messages indiquant une activité explosive sur le Sabancaya (Pérou), avec des panaches de cendres atteignant 3000 mètres de hauteur. La couleur du niveau d’alerte volcanique reste Orange.

Panache du Sabancaya le 8 mars 2026

Source : IGP.

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L’éruption continue à Ambae (Vanuatu), mais différents paramètres indiquent un déclin. La sismicité a commencé à diminuer le 7 mars 2026, bien que le trémor volcanique soit resté élevé et que des événements volcano-sismiques aient continué d’être enregistrés. Les émissions s’élèvent à des altitudes plus faibles. Le VAAC de Wellington a signalé que, du 5 au 7 et du 10 au 11 mars, les panaches de cendres s’élevaient jusqu’à 4,6 km au-dessus du niveau de la mer. Cependant, aucune retombée de cendres n’a été observée depuis. De très fortes émissions de SO₂ continuent d’être détectées sur les images satellites. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5), et il est demandé au public de rester à l’extérieur d’un rayon de 3 km autour des bouches éruptives actives du lac Voui et de s’éloigner des ravines en cas de fortes pluies.
Source : VMGD.

Voici une vidéo montrant l’activité à Ambae début mars 2026.

https://youtu.be/6AgtuAjl55Q

Bouche éruptive dans le lac Voui (Crédit photo: GeoHazards)

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Selon le Met Office islandais, l’activité sismique ne semble pas s’intensifier et rien n’indique qu’une éruption sur la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar soit imminente.
La pause entre les éruptions est désormais la plus longue enregistrée depuis le début de la série éruptive en décembre 2023. Aujourd’hui marque le 219ème jour écoulé depuis la fin de la dernière éruption, le 5 août 2025.
Un soulèvement du sol est toujours observé et l’accumulation de magma a atteint des niveaux records. D’après les calculs de modélisation, environ 23 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous Svartsengi depuis la dernière éruption qui a débuté le 16 juillet 2025.
Aujourd’hui, le personnel du Met Office n’est plus certain qu’une nouvelle éruption se produise, mais les scientifiques précisent qu’elle ne peut être exclue. En d’autres termes, les volcanologues islandais sont incapables de prévoir la suite des événements. Ils ignorent également si la prochaine éruption – si éruption il y a – sera la dernière de la série. L’un d’eux a déclaré : « Nous risquons de traverser de longs mois d’incertitude. Il est difficile d’analyser la situation et de dire si cette série d’événements aboutira ou non à une éruption.»
Source : Met Office.

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Des panaches de cendres sont toujours observés périodiquement sur le Lewotobi Laki-laki (Indonésie). Une éruption a été enregistrée le 5 mars 2026, mais n’a pas pu être observée visuellement en raison de l’obscurité et de la couverture nuageuse. Ce même jour, un épais panache de cendres s’est élevé entre 800 et 1 200 m au-dessus du sommet. Un autre panache de cendres dense s’est élevé à 1 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 sur une échelle de 1 à 4, et la zone d’exclusion a un rayon de 4 km autour du centre du Laki-laki.

Source: CVGHM

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Toujours en Indonésie, une hausse de la sismicité est enregistrée sur le Tambora avec 267 séismes volcaniques profonds en janvier et 453 en février. Cette sismicité indique que le magma se déplace d’un réservoir profond vers une zone plus proche de la surface, sous le volcan. La sismicité est restée élevée du 1er au 9 mars avec neuf séismes indiquant des chutes de blocs, ainsi que 88 séismes volcaniques profonds et 40 séismes tectoniques locaux. Aucune émission n’a été observée. . Le niveau d’alerte a été relevé à 2 sur une échelle de 1 à 4 le 10 mars et il a été conseillé au public de se tenir à au moins 3 km du centre du cratère.

Source : PVMBG.

Crédit photo: Wikipedia

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D’après les données satellitaires, la température à l’intérieur du cratère sommital du Villarrica (Chili) a augmenté durant la seconde moitié de février 2026. Lors d’un survol du cratère le 6 mars, des observateurs ont constaté la présence d’une petite zone de lave active dans une bouche située profondément dans le plancher du cratère. Aucune lave n’a été observée en surface depuis février 2025. Le niveau d’alerte volcanique demeure au Vert, le niveau le plus bas sur une échelle de quatre.
Source : SERNAGEOMIN.

Crédit photo: Wikipedia

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De faibles émissions de cendres ont été observées à White Island (Nouvelle-Zélande). Un survol a indiqué qu’elles provenaient de la bouche active; aucune trace de téphra éruptif n’a été constatée au fond du cratère. De faibles émissions de SO₂ ont été identifiées par satellite et étaient parfois supérieures à la normale. Le 10 mars, un pilote a observé de faibles émissions de cendres provenant de la bouche principale, et des photos ont montré de légères retombées de cendres au fond du cratère. Ces observations indiquent une légère hausse de l’activité et une éruption mineure, mais sans explosion. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique a été relevé à 3 (sur une échelle de 0 à 5) et la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange (niveau 2 sur une échelle de 4 couleurs).
Source : GeoNet.

Photo: C. Grandpey

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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Starting at 9:17 a.m. (local time) on March 10, 2026, a lava fountain erupted from the north vent inside Halema’uma’u Crater atop Kilauea (Hawaii). The HVO’s prediction was accurate.

Episode 43 of the Kilauea eruption ended at 6:21 p.m. (local time) on March 10, 2026, after nine hours of continuous lava fountains. The event began at the north vent, followed by the south vent shortly before 10:00 a.m.

The lava fountains reached heights of 350 meters at the southern vent and 300 meters at the northern vent. The maximum height of the fountains sometimes exceeded 400 meters. The lava flows covered approximately one-third of the floor of Halema’uma’u Crater. Tephra fallout, reaching up to 8 centimeters in diameter, affected downwind areas, including communities near the eruption and Highway 11, which was partially closed. Hawaii Volcanoes National Park (HVNP) closed its western viewing areas around 11:20 a.m. and evacuated visitors from those areas. The park closed shortly thereafter. As the eruption progressed, ash and Pele’s hair were reported as far away as Hilo, where air traffic was disrupted due to tephra and ash in the airport area.
The peak effusive flow rate was estimated at 800 cubic meters per second around 10:30 a.m. (local time). Episode 43 ended with an average effusive flow rate of 300 cubic meters per second. The volume of lava ejected is estimated at 12 million cubic meters. The total volume of lava emitted since December 2024 is now approaching 250 million cubic meters.
Source: HVO, National Park Service.

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The eruption of Piton de la Fournaise (Réunion Island), which began on February 13, 2026, continues. Almost a month after lava flowed from the south-southeast flank of the volcano, active flows are concentrated on the southern branch. The lava flows primarily through tunnels, whose properties remain poorly understood, limiting the reliability of forecasts.
On March 11, following a sudden decrease in eruptive tremor, the lava flow front of the southern branch stalled 975 meters from the RN2 highway, at an altitude of 325 meters.
On March 12, the active lava flow front resumed its advance overnight. At 4:30 a.m. (local time), it was located approximately 700 meters from the RN2 highway, which was closed between Saint-Philippe and Sainte-Rose and vice versa. Authorities have designated turning points at these locations. At 7 p.m., the lava flow front was about 100 meters from the road, but its advance had slowed considerably.

As on March 11, 2026, the pause in the lava flow from the Grandes Pentes was short-lived, and the lava reached the RN2 highway on March 13 around 6:00 a.m. (local time), between Saint-Philippe and Sainte-Rose. As I mentioned earlier, such an event hadn’t occurred during a volcanic eruption for 20 years.
Around 8:00 a.m., the first lava flow completely crossed the road, a very rapid crossing, as, according to local press, it lasted only about fifteen seconds. A second flow cut across the RN2 half an hour later.

Access to the Enclos remains strictly prohibited.
Source: OVPF, regional press.

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The IGP sent me several messages indicating explosive activity at Sabancaya (Peru), with ash plumes reaching 3000 meters in height. The volcanic alert level remains at Orange.

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The eruption at Ambae (Vanuatu) continues but different parameters show that it is declining.. Seismicity began to decline on 7 March 2026, though volcanic tremor remained high and volcano-seismic events continued to be recorded. The emissions were rising to lower heights. The Wellington VAAC reported that during 5-7 and 10-11 March ash plumes were rising as high as 4.6 km a.s.l. However, ashfall was no longer observed. Very high amounts of SO2 emissions continued to be detected in satellite images.The Alert Level remains at 3 (on a scale of 0-5), and the public is asked to stay outside a 3-km radius around the active vents in Lake Voui, and to stay away from drainages during heavy rains.

Source : VMGD.

Here is a videao showing activity at Ambae in early March 2026 :

https://youtu.be/6AgtuAjl55Q

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According to the Icelandic Met Office, the seismic activity does not appear to be increasing, and nothing is happening that suggests an eruption on the Sundhnúkagígar crater row is getting closer,

The pause between eruptions has now become the longest since the eruption series began in December 2023. Today marks 219 days since the last eruption ended on August 5 2025..

Land uplift is still observed, and the magma accumulation has reached the highest levels ever recorded. According to model calculations, about 23 million cubic meters of magma have now accumulated beneath Svartsengi since the last eruption, which began July 16 2025.

Today, the Met Office is no longer certain that another eruption will occur, but it says it cannot be excluded. In other words, Icelandic volcanologists are not able to predict what will happen next.

They don’t know either whether the next eruption – if there is one – will be the last of the series. Said one of them : “ We may be facing many months of uncertainty. It is difficult to analyze the situation and say whether this sequence of events will end with an eruption or not.”

Source : Met Office.

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Periodic ash plumes are still observed at Lewotobi Laki-laki (Indonesia). An eruptive event was recorded on 5 March 2026 but not visually observed due to darkness and weather clouds. That same day, dense ash plu March. mes rose 800-1,200 m above the summit. Another dense ash plume rose 1 km above the summit. The Alert Level remains at 2 on a scale of 1-4, and the exclusion zone has a radius of 4 km from the center of Laki-laki.

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Also in Indonesia, increased seismicity was recorded at Mount Tambora, with 267 deep volcanic earthquakes in January and 453 in February. This seismicity indicates that magma is moving from a deep reservoir to a shallower area beneath the volcano. Seismicity remained elevated from March 1st to 9th, with nine earthquakes indicating rockfalls, as well as 88 deep volcanic earthquakes and 40 local tectonic earthquakes. No emissions were observed. The alert level was raised to 2 on a scale of 1 to 4 on March 10th, and the public was advised to stay at least 3 km away from the crater center.
Source: PVMBG.

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Temperatures inside Villarrica’s summit crater (Chile) increased during the second half of February 2026 based on satellite data. During an overflight of the crater on 6 March, observers noted that a small area of lava was visible within a vent deep within the crater floor. Lava hadn’t been seen at the surface since February 2025. The Volcanic Alert Level remains at Green, the lowest level on a four-level scale.

Source : SERNAGEOMIN.

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Minor ash emissions are observed at White Island (New Zealand). An overflight confirmed that they were rising from the active vent; there were no signs of erupted tephra on the crater floor. Minor amounts of SO2 emissions were identified in satellite data and were sometimes above background levels. On 10 March a pilot observed minor ash being emitted from the main vent, and photos showed minor ashfall on the crater floor. These observations indicate a slight increase in activity and a minor non-explosive eruption. The Volcanic Alert Level was raised to 3 (on a scale of 0-5) and the Aviation Color Code was raised to Orange (the second lowest level on a four-color scale).

Source : GeoNet.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Et si une super éruption se produisait aujourd’hui ? // What if a super eruption occurred today ?

Dans la conclusion de ma conférence « Volcans et risques volcaniques », j’explique que ce que je crains le plus aujourd’hui, c’est l’éruption d’un super volcan, autrement dit une éruption qui produirait plus de 1 000 kilomètres cubes de matériaux. Il existe des exemples de telles éruptions dans le passé : Long Valley et Yellowstone aux États-Unis, Taupo en Nouvelle-Zélande ou Toba en Indonésie. Sans aller aussi loin dans le volume de matériaux émis, une éruption comme celle du Tambora en 1815 serait une catastrophe pour notre société moderne.

Image satellite de la région du Toba (Source: NASA)

L’éruption du Tambora en avril 1815 est la plus puissante observée dans l’histoire moderne. Elle a atteint le niveau 7 sur l’indice d’explosivité volcanique (VEI). Les panaches éruptifs ont atteint une altitude de plus de 40 kilomètres. L’éruption a expulsé 100 kilomètres cubes de cendres, de ponces et d’aérosols ainsi que 60 mégatonnes de soufre. Avec les aérosols de SO2 dans l’atmosphère, moins de lumière solaire a atteint la surface de la Terre, et l’année 1816 a été appelée « l’année sans été » car la température moyenne de la planète a diminué de 0,53 °C. L’éruption initiale a tué 10 000 habitants. Les décès régionaux dus à la famine et aux maladies ont totalisé 80 000 personnes. La production agricole a été réduite et la famine a frappé le monde. Une pandémie de choléra a balayé le monde, faisant d’innombrables victimes.

Timbre indonésien commémorant les 200 ans de l’éruption de 1815.

Des siècles plus tard, la menace d’une éruption similaire reste présente. Les scientifiques affirment qu’une éruption majeure est inévitable, la seule question est de savoir quand elle se produira.
Selon un climatologue de l’Université de Genève, les preuves géologiques indiquent une probabilité de un sur six qu’une éruption volcanique dévastatrice se produise au cours de ce siècle. Cette fois, cependant, les conséquences seraient bien plus graves qu’en 1815. Le monde est désormais beaucoup plus peuplé et aux prises avec une crise climatique qui s’aggrave. Le climatologue a déclaré que l’humanité ne dispose actuellement d’aucun plan spécifique pour faire face à un événement aussi catastrophique.
Les éruptions volcaniques libèrent un mélange de matériaux et de gaz, notamment du dioxyde de carbone (CO2), qui réchauffe la planète. Cependant, la quantité de dioxyde de carbone émise par les volcans est nettement inférieure à celle produite par les activités humaines telles que la combustion de combustibles fossiles. Si le dioxyde de carbone est une préoccupation, les scientifiques se concentrent davantage sur l’impact d’un autre gaz volcanique : le dioxyde de soufre (SO2). Une puissante éruption volcanique peut éjecter du dioxyde de soufre de la basse atmosphère (la troposphère) vers la haute atmosphère (la stratosphère). Dans la stratosphère, le SO2 se transforme en minuscules particules d’aérosol qui renvoient la lumière du soleil dans l’espace, ce qui refroidit la Terre. Ces particules peuvent persister dans l’atmosphère pendant plusieurs années, comme on l’a vu à l’occasion de l’éruption du Pinatubo en 1991.
À l’heure actuelle, une éruption volcanique majeure présenterait des risques importants à court et à long terme. Environ 800 millions de personnes vivent à proximité de volcans actifs et sont confrontées à des conséquences potentiellement dévastatrices, y compris la destruction de villes entières. Par exemple, les Champs Phlégréens près de Naples, en Italie, pourraient constituer une menace grave pour le million d’habitants qui vivent autour du site volcanique.
Même une légère baisse de la température globale d’un degré Celsius peut avoir de graves conséquences régionales. Parmi les impacts, il y aurait des perturbations dans l’agriculture, une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes et des perturbations sociétales à grande échelle. On imagine facilement l’impact qu’aurait une éruption du Yellowstone sur les Grandes Plaines des États Unis, le grenier à blé de ce pays.
Une éruption majeure, similaire à celle du Tambora, pourrait entraîner des pertes économiques de plus de 3,6 billions de dollars au cours de la première année de l’éruption. Contrairement à ce que pensent certains scientifiques, l’effet de refroidissement temporaire d’une éruption volcanique n’atténuerait pas les impacts permanents du réchauffement climatique. La planète finirait par revenir à sa tendance de réchauffement d’avant l’éruption.
Le site de la prochaine éruption majeure reste un mystère ; elle est susceptible de se produire n’importe où sur Terre. Les zones particulièrement exposées comprennent les régions volcaniques actives comme l’Indonésie et le Parc national de Yellowstone aux États-Unis.

Une chose est sûre: l’homme n’est pas en mesure d’empêcher ces méga éruptions. Certes, grâce aux progrès de la technologie, nous sommes mieux armés pour prévoir le déclenchement d’un tel événement. Une nouvelle éruption de la Montagne Pelée (Martinique) sera forcément moins meurtrière, mais la Montagne Pelée n’arrive pas à la cheville du Yellowstone en matière de puissance volcanique.

Prévoir une éruption ne signifie pas être capable d’y faire face. La surveillance de l’activité volcanique est essentielle, mais il faut voir plus loin. Les scientifiques nous expliquent qu’il faudrait planifier une telle catastrophe, mettre en place des plans d’évacuation des populations, ainsi que des protocoles de crise pour garantir un approvisionnement en nourriture et en eau potable. De telles mesures devraient être envisagées à l’échelle mondiale, en coordonnant les efforts entre les États. Quand on voit l’inefficacité des COP pour lutter contre le réchauffement climatique, la partie est loin d’être gagnée en matière de gestion d’une éruption cataclysmale.

Source : Interesting Engineering via Yahoo News.

Yellowstone site de la prochaine super éruption? (Photo: C. Grandpey)

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In the conclusion of my conference « Volcanoes and volcanic hazards », I explain that what I fear most today is the eruption of a supervolcano. This means an eruption that produced more than 1,000cubic kilometers of materials. We have examples of such eruptions in the past : Long Valley and Yellowstone in the United States, Taupo in New Zealand, or Toba in Indonesia. Without going that far, an eruption like Tambora in 1815 would be a disaster for our modern society.

The Tambora eruption in April of 1815 is the largest observed eruption in recorded history. It reached level 7 on the volcanic explosivity index (VEI). Plumes from the eruption eached an altitude of more than 40 kilometers. The eruption expelled 100 cubic kilometers of ash, pumice, and aerosols into the air along with 60 megatons of sulfur. With the SO2 aerosols in the atmosphere,less sunlight reached Earth’s surface, and the year 1816 was called the “year without a summer” because the average global temperature was reduced by 0.53° C. The initial eruption killed 10,000 locals. Regional deaths due to starvation and disease totaled 80,000 people. In agriculture, crop production failed, and famine gripped the world. A cholera pandemic swept across the globe, claiming countless lives.

Centuries later, the threat of another similar eruption looms. Scientists assert that a massive eruption is inevitable, the question is solely when it will occur.

According to a climate expert at the University of Geneva, geological evidence indicates a 1-in-6 probability of a devastating volcanic eruption occurring within this century. This time, however, the consequences would be far more dire than in 1815. The world is now significantly more populated and grappling with the escalating climate crisis. The climatologist stated that humanity currently lacks any specific plan to address such a catastrophic event.

Volcanic eruptions release a mixture of materials, including planet-warming carbon dioxide (CO2). However, the amount of carbon dioxide emitted by volcanoes is significantly less than that produced by human activities such as burning fossil fuels. While carbon dioxide is a concern, scientists are more focused on the impact of another volcanic gas: sulfur dioxide (SO2). A powerful volcanic eruption can eject sulfur dioxide from the lower atmosphere (the troposphere) into the upper atmosphere (the stratosphere). Up in the stratosphere, SO2 turns into tiny aerosol particles that bounce sunlight back out into space, which makes the Earth cooler. These particles can persist in the atmosphere for several years.

In today’s time, a massive volcanic eruption would pose significant immediate and long-term risks. Roughly 800 million people reside within proximity to active volcanoes, facing the potential for devastating consequences, including the destruction of entire cities. For instance, the Phlegraean Fields near Naples, Italy, show signs of activity and could pose a severe threat to the one million inhabitants around the volcanic site.

Even a minor global temperature drop of 1 degree Celsius can have severe regional consequences. These impacts could include disruptions to agriculture, increased extreme weather events, and widespread societal disruption

A major eruption, similar to Tambora, could result in economic losses of over $3.6 trillion in the first year of the eruption. Contrary to what some scientists think, the temporary cooling effect of a volcanic eruption would not mitigate the ongoing impacts of global warming. The planet would eventually return to its pre-eruption warming trend.

The location of the next massive eruption remains uncertain, with the potential for it to occur anywhere on Earth. Areas of particular concern include volcanically active regions like Indonesia and Yellowstone National Park in the US.

One thing is certain: we are not able to prevent these mega eruptions. Of course, thanks to advances in technology, we are better equipped to predict the triggering of such an event. A new eruption of Mount Pelée (Martinique) will necessarily be less deadly, but Mount Pelée does not come close to Yellowstone in terms of volcanic power.

Predicting an eruption does not mean being able to deal with it. Monitoring volcanic activity is essential, but we should look further ahead. Scientists tell us that we should plan for such a disaster, put in place population evacuation plans, as well as crisis protocols to guarantee a supply of food and drinking water. Such measures should be considered on a global scale, by coordinating efforts between States. When we see the ineffectiveness of the COPs in combating global warming, the game is far from won in terms of managing a cataclysmal eruption.

Source : Interesting Engineering via Yahoo News.

Eruptions volcaniques, météo et climat // Volcanic eruptions, weather and climate

Suite à la publication de ma note sur l’éruption du Laki (Islande) en 1783, deux abonnés de mon blog m’ont demandé dans quelle mesure une éruption volcanique pouvait affecter la météo, voire le climat.
Lorsqu’un volcan entre en éruption, les volumineux panaches de cendres et de gaz envoyés dans l’atmosphère peuvent provoquer des variations de température à grande échelle et, à long terme, affecter les conditions météorologiques pendant plusieurs mois après une éruption. On a pu l’observer récemment avec les effets de l’éruption du volcan tongien Hunga Tong-Hunga Ha’apai. J’ai décrit les impacts de cette éruption dans plusieurs notes sur ce blog.

 

Panache éruptif du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (Source: NASA)

La conséquence la plus significative d’une éruption volcanique majeure est un refroidissement de la température, localement et même dans le monde entier, avec la présence d’importants nuages de dioxyde de soufre (SO2) dans la stratosphère. Ce phénomène a été observé après l’éruption du Pinatubo aux Philippines en 1991, avec un abaissement de la température mondiale. de quelques dixièmes de degrés (0,72°C) pendant plusieurs mois. Le nuage de SO2 du Pinatubo a été le plus important jamais observé dans la stratosphère depuis le début des observations par satellite en 1978. Il a probablement provoqué la plus grande perturbation par aérosols dans la stratosphère au 20ème siècle, même si ces perturbations ont probablement été moindres que celles provoquées par les éruptions du Krakatau en 1883 et du Tambora en 1815.

 

Panache éruptif et aérosols du Pinatubo (Source: Wikipedia)

Comme je l’ai écrit il y a quelques jours, l’éruption fissurale du Laki en Islande en 1783-1784 a libéré une énorme quantité de dioxyde de soufre, bien supérieure à celle émise par le Pinatubo (environ 120 millions de tonnes contre 20 millions de tonnes pour le volcan philippin). Bien que les deux éruptions aient été différentes en termes de durée et de style, le SO2 atmosphérique émis a provoqué un refroidissement du temps dans des proportions similaires, pendant des périodes de temps semblables, en Europe et en Amérique du Nord.

Lakagigar (Photo: C. Grandpey)

L’US Geological Survey affirme qu’une nouvelle éruption majeure de Yellowstone modifierait probablement les conditions météorologiques mondiales et aurait un impact sur la production agricole pendant de nombreuses années.

L’éruption du Tambora (Indonésie) en 1815 fut l’éruption la plus puissante enregistrée dans les temps historiques. Le nuage volcanique émis lors de l’événement a abaissé la température de la planète de 1,6°C. L’Europe et l’Amérique du Nord ont connu des températures plus basses que la normale tout au long de l’été 1816.

 

Caldeira du Tambora vue depuis l’ISS

On sait depuis longtemps que les volumineux nuages d’éruptions volcaniques, ou pyrocumulus, qui contiennent beaucoup de particules de cendres, peuvent produire des éclairs et des vortex – ou tourbillons de vent. Semblables aux nuages d’orages et leurs particules de glace, les nuages volcaniques contiennent des particules de cendre qui entrent en collision les unes avec les autres à grande vitesse. Ces collisions peuvent provoquer la séparation des charges dans les nuages et donner naissance à des éclairs.

Eclairs pendant l’éruption du Rinjani (Crédit photo: Wikipedia)

De plus, lors d’une éruption, les panaches peuvent également produire des événements météorologiques semblables à des tornades, mais qui ne sont pas de véritables tornades. L’air à l’intérieur du panache éruptif est si chaud et si léger qu’à mesure qu’il s’élève, il aspire davantage d’air du dessous. Au fur et à mesure que le vent éloigne le panache, davantage d’air est aspiré sur le côté, ce qui crée un vortex.

Vortex dans le cratère de l’Halema’umau ‘Source: HVO)

Il convient de noter que la poussière et le dioxyde de soufre provenant d’une éruption majeure peuvent également donner naissance à de spectaculaires couchers et levers de soleil car les particules diffusent la lumière à différentes longueurs d’onde. De tels événements ont inspiré des peintres célèbres comme Ashcroft et Turner qui ont peint les magnifiques couchers de soleil provoqués par l’éruption du Tambora en avril 1815.

Sunset (William Turner)

S’agissant du réchauffement climatique que nous connaissons actuellement, les volcans sont parfois tenus pour responsables, mais c’est faux. Selon l’USGS, toutes les études réalisées à ce jour sur les émissions volcaniques de CO2 indiquent que les volcans subaériens et sous-marins de la planète libèrent moins de 1 % du dioxyde de carbone actuellement rejeté par les activités humaines. Le dégazage volcanique global a été estimé entre 0,13 gigatonne et 0,44 gigatonne par an.

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Following the release of my post about the 1783 Laki eruption, two followers of my blog asked me how far a volcanic eruption can affect the weather or even the climate.

When a volcano erupts, the massive plumes of ash and gases sent high into the atmosphere can cause global temperature changes and, in the long term, affect weather for months after an eruption. This could be seen recently with the effects of the Hunga Tong-Hunga Ha’apai volcano in the Tonga archipelago. I have described the impacts of this eruption in several posts on this blog.

The most significant way a volcanic eruption can affect the weather is by cooling the temperature locally and worldwide with the giant clouds of sulfur dioxide sent into the stratosphere.This phenomenon was observed after the 1991 eruption of Mt Pinatubo in the Philippines which lowered the world temperature by a few tenths of degrees (0.72°C) for several months.The Pinatubo cloud was the largest SO2cloud ever observed in the stratosphere since the beginning of such observations by satellites in 1978. It caused what was probably the largest aerosol disturbance of the stratosphere in the 20th century, though probably smaller than the disturbances from eruptions of Krakatau in 1883 and Tambora in 1815.

As I put it a few days ago, the 1783-1784 Laki fissure eruption in Iceland released a huge amount more sulfur dioxide than Pinatubo (approximately 120-million tons vs. 20). Although the two eruptions were significantly different in length and style, the added atmospheric SO2 caused regional cooling of Europe and North America by similar amounts for similar periods of time.

The U.S. Geological Survey says another major Yellowstone eruption would probably alter global weather patterns and impact agricultural production for many years.

The eruption of the Tambora (Indonesia) in 1815 was the most powerful eruption recorded in history. The volcanic cloud emitted during the event lowered global temperatures by 1.6°C, and Europe and North America experienced cooler temperatures throughout the summer of 1816.

It is well known that massive volcanic eruption clouds, or pyrocumulus clouds with a lot of ash particles, can produce lightning and wind vortices. Similar to a thunderstorm with ice particles, volcanic ones collide with one another at high speeds. These collisions can cause the separation of charges in volcanic clouds, creating lightning.

Moreover, during an eruption, the plumes can also produce weather events that look like tornadoes, but are not true tornadoes. The air inside the eruption plume is so hot and buoyant that as it rises, it draws more air from underneath. As the wind blows the plume away, more air gets pulled in from the side, creating a vortex.

It should be noted that the dust and sulfur dioxide from a major eruption can also create vibrant sunsets and sunrises as the particles scatter light at different wavelengths. Such events inspired famous painters like Ashcroft and Turner who painted vivid sunsets caused by the April 1815 eruption of Tambora.

As far as the current global warming is concerned, volcanoes are sometimes held responsible for contributing to it, which is totally wrong. According to USGS, all studies to date about global volcanicCO2 emissions indicate that today’s subaerial and submarine volcanoes release less than one percent of the carbon dioxide released currently by human activities. The global volcanic degassing has been estimated between 0.13 gigaton and 0.44 gigaton per year.

Eclipses de Lune, éruptions volcaniques et climat // Lunar eclipses, volcanic eruptions and climate

Plusieurs études ont été faites dans le passé sur l’influence possible de phénomènes naturels tels que les marées océaniques sur l’activité volcanique J’ai personnellement essayé de comprendre si les fluctuations de la pression atmosphérique pouvaient affecter l’activité strombolienne Vous trouverez le résumé de mon étude sous le titre de ce blog.
Une nouvelle étude publiée le 6 avril 2023 dans la revue Nature explique que les observations de la Lune pendant les éclipses ont pu fournir des indices importants sur le rôle joué par les éruptions volcaniques dans le déclenchement du Petit Age Glaciaire en Europe.
On sait que les éruptions volcaniques peuvent avoir des impacts majeurs sur la Terre avec leurs émissions des cendres, de gaz et de poussière qui peuvent bloquer la lumière du soleil, et provoquer des « hivers volcaniques ». C’est ce qui s’est produit en 1815 lorsque le Tambora (Indonésie) a explosé, avec dans son sillage l’année sans été en 1816. Les mauvaises récoltes dans le monde ont tué plus de 100 000 personnes à cause des famines qui en ont résulté.
Les scientifiques ont étudié les effets des éruptions volcaniques sur le climat en analysant la quantité de cendres volcaniques dans des carottes de glace polaire. Ils ont également observé la croissance – ou le manque de croissance – des cernes des arbres.
Cependant, la nature complexe de la circulation atmosphérique a conduit à des incertitudes ou des erreurs concernant le lieu précis, la date et l’intensité des éruptions volcaniques en se référant aux seules carottes de glace polaire et aux anneaux de croissance des arbres. C’est pourquoi certains chercheurs ont cherché des outils alternatifs et des méthodologies qui pourraient compléter les techniques existantes.
Une équipe de scientifiques suisses explique aujourd’hui que les archives médiévales à travers le monde donnent des détails sur les éclipses lunaires et pourraient donc aider à faire la lumière sur les effets climatiques des éruptions volcaniques. Un auteur de l’étude a déclaré : « Il est remarquable de penser que les observations faites par les moines il y a des siècles sont toujours valables aujourd’hui et peuvent nous aider à comprendre l’impact des éruptions volcaniques sur le climat. »
Les scientifiques ont étudié la période du Haut Moyen Âge, qui va de 1100 à 1300 après J.C. Des recherches antérieures ont laissé entendre que le volcanisme pendant cette période pourrait avoir contribué à déclencher le Petit Age Glaciaire. Les chercheurs se sont concentrés sur les récits historiques d’éclipses lunaires totales, lorsque la lune est entièrement dans l’ombre de la Terre. Normalement, lors d’une éclipse lunaire totale, la lune prend une teinte rougeâtre en raison de la diffusion par l’atmosphère terrestre de la lumière du soleil sur la zone à l’ombre.
Cependant, les éruptions volcaniques peuvent envoyer des quantités importantes de cendres et de gaz dans la stratosphère. Ces voiles peuvent bloquer la lumière du soleil et faire apparaître la lune beaucoup plus sombre lors d’une éclipse lunaire totale. Ces voiles auraient également des effets climatiques beaucoup plus puissants que les émissions volcaniques dans la troposphère, la couche atmosphérique sous la stratosphère. Certaines des éclipses lunaires totales les plus sombres observées dans le passé ont suivi de grandes éruptions volcaniques, comme celles du Krakatau en 1883, de l’Agung en 1963, d’El Chichon en 1982 et du Pinatubo en 1991.
Les scientifiques ont examiné 180 documents médiévaux en Europe, 10 du Moyen-Orient et 199 d’Asie de l’Est. Ils ont respectivement décrit 51, 7 et 61 éclipses lunaires totales. La date des éclipses lunaires est très précis, ce qui en fait un excellent point de référence pour déterminer la fenêtre de temps pendant laquelle une éruption volcanique s’est produite.

Les archives chrétiennes se sont avérées les plus informatives pour la nouvelle étude car elles ont fourni des données sur la couleur et la luminosité de la lune pour 36 éclipses. Les chercheurs pensent que la couleur de l’éclipse lunaire avait une grande importance pour les observateurs chrétiens, peut-être en raison de textes tels que le Livre de l’Apocalypse de Jean dans lequel une lune rouge sang, ainsi que des séismes et des éclipses solaires, présageaient la fin de la monde.
En examinant la couleur et la luminosité des éclipses lunaires totales dans les textes anciens, les chercheurs ont pu estimer la force de l’effet des éruptions volcaniques sur la stratosphère et donc sur le climat de la planète. Les chercheurs ont indiqué qu’ils seraient en mesure d’estimer l’année et, dans certains cas, même le mois des éruptions volcaniques.
Les scientifiques ont comparé ces découvertes historiques avec les études modernes sur la durée entre les éruptions et leurs effets sur l’atmosphère et le climat. Ils ont établi une relation entre cinq éclipses lunaires sombres et deux rougeâtres et des éruptions majeures au cours du Haut Moyen-Age. Des éclipses lunaires sombres ont été observées pendant trois à 20 mois après une éruption. Les chercheurs ont ensuite comparé ces estimations avec les enregistrements de cernes d’arbres dans l’hémisphère nord où des étés exceptionnellement froids ont entraîné une réduction de la formation de bois. Ils ont constaté que cinq de ces éruptions en 1110, 1172, 1229, 1258 et 1276 après J.C. avaient eu un fort impact sur le climat, tandis que les autres éruptions semblaient avoir eu moins d’effet.
Les scientifiques ont cependant noté que cette nouvelle technique n’est pas sans faille. Seules les descriptions sur la couleur de la lune lors des éclipses totales sont pertinentes. Les récits d’éclipses partielles ne peuvent pas être pris en compte car, pour la plupart, ils ne traitent pas de l’atmosphère.
A partir d’une meilleure compréhension du moment où ont eu lieu ces éruptions, les scientifiques pourront désormais se concentrer sur l’étude de leur impact sur le climat et les sociétés.
Source : space.com.

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Several,studies have been made in the past about the possible influence of natural phenomena such as ocean tides on volcanic activity I have peronally tried to understand if the fluctautions of atmospheric pressure might affect Strombolian activity You will find the abstract of my study beneath the title of this blog.

A new study oublished on April 6th, 2023 in the journal Nature explains that needieval observations of the Moon during eclipses may have revealed vital clues about the volcanic eruptions that may have triggered the Little Ice Age in Europe.

It is well known that volcanic eruptions can have major impacts on Earth by spewing out ash, gas and dust that can block light from the sun, triggering « volcanic winters. » This happened in 1815 when Mount Tambora (Indonesia) exploded, leading to the Year Without a Summer in1816. Crop failures worldwide killed more than 100,000 people from the resulting famines.

Scientists have investigated the effects of volcanic eruptions on the climate by analysing the amount of volcanic ash in polar ice core samples. They also have deduced such changes from the amount of growth, or lack thereof, in tree rings.

However, the complex nature of atmospheric circulation has led to substantial uncertainty in the precise location, timing and intensity of volcanic eruptions based on both polar ice core samples and tree ring data. This is why some researchers began searching for alternative tools, methodologies that could supplement existing techniques.

A team of Swiss scientists now suggests that medieval tomes from around the world that recorded details about lunar eclipses may help shed light on the climate effects of volcanic eruptions. One author of the study said : »It’s remarkable to think that observations made by monks hundreds of years ago are still valuable today and can shed light on our understanding of how volcanic eruptions impact the climate. »

The scientists investigated the High Medieval Period, ranging from 1100 to 1300 AD. Previous research suggested volcanism during this time may have helped trigger the Little Ice Age. The researchers focused on historical accounts of total lunar eclipses,when the moon is fully in Earth’s shadow. Normally, during a total lunar eclipse, the moon takes on a reddish hue because of the way

However, volcanic eruptions can send substantial amounts of ash and gas into the stratosphere. These veils in the stratosphere can block sunlight, causing the moon to appear significantly darker during a total lunar eclipse. They would also have much stronger climate effects than volcanic emissions in the troposphere, the atmospheric layer below the stratosphere. Some of the darkest total lunar eclipses ever recorded followed large volcanic eruptions, such as the 1883 Krakatau, the 1963 Agung, the 1982 El Chichon and 1991 Pinatubo eruptions.

The scientists examined a total of 180 European, 10 Middle Eastern and 199 East Asian medieval records. These respectively described 51, 7 and 61 total lunar eclipses. The timing of lunar eclipses is highly precise, which makes them an excellent reference point for determining the time window during which a volcanic eruption occurred.

Christian records proved the most informative for the new study, providing data on the color and brightness of the moon for 36 eclipses. The researchers suggested that lunar eclipse color was imbued with great significance for Christian observers, perhaps due to Christian texts such as the Book of Revelation of John, in which a blood-red moon, along with earthquakes and solar eclipses, portended the end of the world.

By examining the color and brightness of total lunar eclipses in ancient texts, the researchers could estimate the strength of the effect volcanic eruptions had on the stratosphere and therefore global climate. The research team’s findings suggested they could estimate the year and, in some cases, even the month of volcanic eruptions.

The scientists compared these historical findings with modern research of the amount of time between eruptions and resulting effects on the atmosphere and climate. They linked five dark and two reddish lunar eclipses to major eruptions during the High Medieval Period. Dark lunar eclipses were observable for three to 20 months after an eruption.

The researchers then compared these estimates with tree-ring records in the Northern Hemisphere, in which unusually cold summers are linked to reduced wood formation. They found that five of these eruptions in 1110, 1172, 1229, 1258 and 1276 AD had a strong impact on the climate, while the remaining eruptions seemed to have had less effect.

The scientists noted, however, that this new technique is not flawless. Only comments on the color of the moon are relevant, and accounts of partial eclipses cannot be used, since they essentially do not discuss what the atmosphere was like.

With a better understanding of the timing of these eruptions, we can now focus on investigating how these eruptions impacted both climate and societies.

Source : space.com.

Photos : C. Grandpey