Ça s’agite sur le Mont Spurr (Alaska) // Unrest at Mount Spurr (Alaska)

L’USGS vient de m’envoyer un message indiquant que des signes d’activité volcanique sont observés sur le Mont Spurr, un volcan recouvert de glace et de neige situé dans la partie occidentale de Cook Inlet à environ 120 km à l’ouest d’Anchorage.

Source : Alaska Volcano Observatory (AVO)

Les volcanologues pensent que la cause la plus probable de cette activité est une nouvelle arrivée de magma sous le volcan. La durée (10 mois) et la nature de l’activité montrent qu’une éruption est possible. Une hausse de la sismicité à faible profondeur sous le mont Spurr a été observée pour la première fois en avril 2024 et se poursuit actuellement. Le séisme le plus significatif avait une magnitude de M2,9 le 2 janvier 2025. Le site le plus probable d’une éruption sera la bouche éruptive de Crater Peak, qui s’est manifestée en 1992 et 1953. Il est moins probable qu’une éruption se produise au sommet du Mont Spurr.

Vue du Mont Spurr (Crédit photo: AVO)

Les éruptions passées de Crater Peak étaient souvent explosives ; Des nuages ​​de cendres et des retombées de grande ampleur peuvent être observées en cas d’éruption. Il convient de noter (voir ma note précédente sur ce volcan) qu’au début de l’été 2024, un petit lac est apparu dans le cratère au sommet du Spurr, ce qui confirme la hausse de température observée sur le volcan. Le lac s’est formé lentement, accompagné de petits effondrements et de la fonte de la glace à l’intérieur du cratère. Le lac est partiellement recouvert de glace et reste de couleur bleu-vert. On observe des fumerolles dans la zone sommitale.

Source: AVO

Si une éruption doit se produire, l’USGS s’attend à voir une hausse de l’activité sismique, des émissions de gaz et de la température de surface, ainsi que des déformations de la surface. De tels événements peuvent se produire quelques jours à quelques semaines avant une éruption, mais l’USGS explique que ce n’est pas certain et qu’une éruption peut ne pas se produire. [NDLR : Cela montre, une fois encore, que nous ne savons pas vraiment prévoir les éruptions volcaniques. ]
Les seules éruptions historiques connues du mont Spurr se sont produites en 1953 et 1992 à partir de la bouche sur le flanc du Crater Peak, à 3,5 km au sud du sommet. Ces éruptions furent brèves, explosives et produisirent des colonnes de cendres qui s’élevèrent jusqu’à 20 km au-dessus du niveau de la mer ; elles entraînèrent de légères retombées de cendres dans le centre-sud de l’Alaska. La dernière éruption sommitale du mont Spurr remonte à plus de 5 000 ans.

Source: USGS.

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USGS has just sent me a message indicating that volcanic unrest continues at Mount Spurr (Alaska), an ice- and snow-covered volcano located on the west side of Cook Inlet approximately 120 km west of Anchorage.

Local volcanologists say that the most likely cause is new magma beneath the volcano. The duration (10 months) and nature of the unrest suggest that an eruption is possible. An increase in the number of shallow earthquakes underneath Mount Spurr was first observed in April 2024 and continues. The largest of these earthquakes had a magnitude M2.9 on January 2nd, 2025. The most likely site of an eruption will be the Crater Peak vent, which erupted in 1992 and 1953. It is less likely that an eruption will occur from Spurr summit, which last erupted several thousand years ago. Past Crater Peak eruptions were often explosive ; far-traveled ash clouds and ashfall can be expected if an eruption occurs. It should be noted (see my previous post about this volcano) that in early summer 2024, a small lake appeared in the crater at Spurr summit consistent with a modest increase in heat flow. The lake has grown slowly, accompanied by small collapses and melting of ice inside the crater. The lake is partially covered by ice and remains blue-green in color. Active steaming from summit area fumaroles continues.

USGS expects to see additional seismic activity, gas emissions, and surface heating, as well as changes to surface deformation prior to an eruption, if one were to occur. Such events may provide days to a few weeks of warning before an eruption, but USGS says that is not certain.

The only known historical eruptions from Mount Spurr occurred in 1953 and 1992 from the Crater Peak flank vent located 3.5 km south of the peak’s summit. These eruptions were brief, explosive, and produced columns of ash that rose up to 20 km above sea level and deposited minor ashfall in south-central Alaska. The last known eruption from the summit of Mount Spurr was more than 5,000 years ago.

Source: USGS.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Selon l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG), relayé par l’Agence Afrique, le Nyiamuragira (République Démocratique du Congo) est de nouveau entré en éruption le 12 octobre 2024. Le volcan était toujours en activité le 14 octobre au moment de la diffusion de l’information. La dernière éruption de ce volcan remonte au 14 mars 2023.

Selon l’OVG, les images satellite montrent un débordement de lave qui, depuis le cratère, se déverse en trois coulées sur les flancs nord, ouest et sud-ouest du volcan. La coulée la plus avancée a parcouru environ sept kilomètres. Une forte lueur est visible au niveau du sommet du volcan depuis la ville de Goma.

Crédit photo : OVG

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Dans une mise à jour publiée le 16 octobre 2024, l’AVO confirme l’augmentation progressive de l’activité volcanique au cours des derniers mois sur le Mont Spurr (Alaska). [Voir ma note de ce même jour.] Les capteurs GNSS ont enregistré une déformation verticale et latérale du sol depuis mars 2024. Un soulèvement atteignant jusqu’à 4 cm a été enregistré. Une augmentation de l’activité sismique a également été constatée depuis avril. D’autres indications d’une hausse d’activité incluent l’apparition d’un petit lac de fonte d’environ 3800 m2 dans le cratère sommital au début de l’été 2024.
Suite à la hausse notable de la sismicité, l’AVO a élevé la couleur de l’alerte aérienne au JAUNE et le niveau d’alerte volcanique à ADVISORY (surveillance conseillée). Cependant, l’Observatoire précise qu’il n’y a aucune indication qu’une éruption soit imminente. Souvent, ce type de sismicité et de déformation du sol diminue sans que survienne une éruption.

Vue du lac de cratère le 18 septembre 2024 (Source: AVO)

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Des événements éruptifs phréatiques se poursuivent périodiquement sur le Taal (Philippines). On observe toujours une remontée de fluides chauds dans le lac. Des émissions de vapeur et de gaz s’élèvent quotidiennement jusqu’à 3 km au-dessus du cratère. La sismicité reste significative. Les émissions de SO2 restent également à des niveaux élevés. Le niveau d’alerte volcanique reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5) et le PHIVOLCS rappelle au public que l’ensemble de Volcano Island est une zone de danger permanent (PDZ) interdite d’accès.

 

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Toujours aux Philippines, l’activité éruptive se poursuit sur le Kanlaon. Elle se caractérise par une sismicité élevée et des émissions de dioxyde de soufre. Les émissions de gaz et de vapeur s’élèvent de 400 à 750 m au-dessus du sommet. Les émissions de SO2 sont en moyenne de 1 919 à 6 011 tonnes/jour. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et le PHIVOLCS rappelle au public de rester en dehors de la zone de danger permanent d’un rayon de 4 km.

 

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L’Instituto Geofísico del Perú (IGP) indique que l’éruption du Sabancaya se poursuit avec une moyenne quotidienne de 11 explosions qui génèrent des panaches de gaz et de cendres s’élevant jusqu’à 1,5 km au-dessus du sommet. Des anomalies thermiques au niveau du dôme de lave dans le cratère sommital sont observées dans les images satellite. Le niveau d’alerte reste à Orange (niveau 3 sur une échelle de quatre couleurs) et le public est prié de rester à l’extérieur d’un rayon de 12 km autour du volcan.

Crédit photo : IGP

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L’activité éruptive se poursuit sur le Stromboli (Sicile). Les images de la webcam montrent une activité strombolienne au niveau de deux bouches dans la zone Nord de la partie supérieure de la Sciara del Fuoco et d’au moins deux bouches dans la zone C-S (cratère centre-sud) sur la terrasse cratèrique. Les bouches éruptives de la zone N produisent des explosions de faible intensité à raison de 7 à 14 événements par heure. L’activité de spattering est parfois intense pendant de longues périodes. Les 8 et 9 octobre 2024, cette activité a donné naissance à une coulée de lave qui a descendu la Sciara del Fuoco et s’est arrêtée juste avant le littoral. Les explosions dans les bouches de la zone C-S éjectent des téphras à plus de 250 m de hauteur. Le niveau d’alerte reste au Jaune (niveau 2 sur une échelle à quatre niveaux).
Source : INGV.

Source: INGV

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En Islande, le soulèvement du sol se poursuit dans la région de Svartsengi, mais il n’y a actuellement aucun signe d’éruption imminente. Dans le même temps, l’accès à Grindavík sera de nouveau libre le 21 octobre 2024, mais les habitants et les visiteurs doivent rester conscients des risques toujours présents et des évacuations potentielles.
Depuis le 11 novembre 2023, l’accès à Grindavík est interdit, sauf aux services d’urgence, aux habitants, aux employés de la ville, aux entrepreneurs et aux personnes venant en aide à la population. La ville restera accessible sauf si une situation d’urgence est à nouveau décrétée en raison d’une éruption volcanique ou d’activité sismique.
La circulation à destination et en provenance de Grindavík continuera d’être surveillée électroniquement par mesure de sécurité, au cas où une évacuation deviendrait nécessaire. Les habitants et les visiteurs resteront dans la ville à leurs propres risques. Le but de la réouverture est de protéger Grindavik et ses activités économiques, bien qu’il soit trop tôt pour prévoir ce que deviendra la ville sur le long terme.
Conformément aux mesures de sécurité en vigueur, il est conseillé aux habitants de Grindavik de rester dans les rues et d’éviter les espaces ouverts et les propriétés privées. Il n’est pas prévu de rouvrir les écoles, les crèches ou les activités récréatives à Grindavík.
Source : Médias d’information islandais.

Malgré cette réouverture, Grindavik reste sous la menace d’une activicité sismique et éruptive (Source: presse islandaise)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

According to the Goma Volcanological Observatory (OVG), relayed by Agence Afrique, Nyiamuragira (Democratic Republic of Congo) erupted again on October 12th, 2024. The volcano was still active on October 14th at the time the information was released. The last eruption of this volcano dates back to March 14th, 2023.
According to the OVG, satellite images show an overflow of lava which, from the crater, gives birth to three flows on the northern, western and southwestern flanks of the volcano. The most advanced flow traveled about seven kilometers. A strong glow can be seen from Goma at the summit of the volcano.

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In an update released on October 16th, 2024, AVO confirms the gradual increase in volcanic unrest over the past months at Mount Spurr (Alaska). See my post of October 16th. GNSS receivers have detected sustained upward and outward ground deformation since March 2024. A total of 4 cm of uplift was recorded by the stations closest to the source of deformation. An increase in seismic activity has also been noted since April. Other indications of elevated activity include the development of a small melt lake about 3,800 square meters in area in the summit crater in early summer of 2024.

Because this is a notable increase in seismicity, AVO has raised the Aviation Color Code to YELLOW and the Volcano Alert Level to ADVISORY. However, the Observatory specifies that there are no indications that an eruption is imminent. Often this type of seismicity and ground deformation will decline without producing an eruption.

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Phreatic eruptive events periodically continue at Taal (Philippines). The upwelling of hot fluids in the lake is permanently observed, and daily steam-and-gas emissions rise as high as 3 km above the crater rim. Seismicity is still significant. SO2 emissions remain at elevated levels. The Alert Level remains at 1 (on a scale of 0-5), and PHIVOLCS reminds the public that the entire Taal Volcano Island is a Permanent Danger Zone (PDZ) that should remain prohibited.

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Still in the Philippines, eruptive activity continues at Kanlaon Volcano. It is characterized by elevated seismicity and sulfur dioxide emissions. Gas-and-steam emissions rise 400-750 m above the summit. SO2 emissions average 1,919-6,011 tonnes/day. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5) and PHIVOLCS reminds the public to remain outside the 4-km-radius Permanent Danger Zone.

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The Instituto Geofísico del Perú (IGP) indicates that the eruption at Sabancaya continues with a daily average of 11 explosions that generate gas-and-ash plumes rising as high as 1.5 km above the summit. Thermal anomalies over the lava dome in the summit crater are identified in satellite data. The Alert Level remains at Orange (level 3 on a four-color scale) and the public is asked to stay outside a 12 km radius from the volcano.

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Eruptive activity continues at Stromboli (Sicily). Webcam images show Strombolian activity at two vents in Area N within the upper part of the Sciara del Fuoco and from at least two vents in Area C-S (South-Central Crater) on the crater terrace. The vents in Area N produce low-intensity explosions at a rate of 7-14 events per hour. Spattering activity is sometimes intense for long periods of time. On 8 and 9 October 2024, this activity was followed by the formation of a lava flow that descended the Sciara del Fuoco, stopping before the coastline. Explosions at the vents in Area C-S eject tephra over 250 m above the vent. The Alert Level remains at Yellow (level 2 on a four-level scale).

Source : INGV.

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In Iceland, ground uplift is continuing in the Svartsengi area but there are currently no signs of an impending eruption. Meantime, Grindavík will reopen to all visitors on October 21st, 2024, though people should remain aware of ongoing risks and potential evacuations.

Since 11 November 2023, Grindavík has remained closed to all except emergency responders, residents, town employees, businesses, contractors, and those assisting residents. The town will remain open unless an emergency phase is declared again due to volcanic eruptions or seismic activity.

Traffic to and from Grindavík will continue to be monitored electronically as a safety precaution, in case evacuation becomes necessary. Residents and visitors will remain in the risk zone at their own risk. The purpose of reopening is to protect the town and its valuable economic activities, though it is too early to predict the town’s long-term future.

According to safety measures in place in Grindavík, people are advised to stay on the town’s streets and avoid open spaces and private properties. There are no plans to reopen schools, kindergartens, or recreational activities in Grindavík.

Source : Icelandic news media.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Hausse de la sismicité sur le Mont Spurr (Alaska) // Increase in seismicity at Mount Spurr (Alaska)

L’Alaska Volcano Observatory (AVO) indique que l’activité sismique reste élevée sur le mont Spurr (Alaska) avec une vingtaine d’événements par semaine et plus de 900 secousses détectées jusqu’à présent en 2024. Cette hausse de la sismicité est observée depuis avril de cette année. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M 2,3 le 6 octobre 2024.
Les essaims sont enregistrés dans deux zones : l’une à une profondeur allant jusqu’à 10 km sous le volcan, et l’autre à 20-35 km au sud-est de la bouche éruptive dans le cratère sommital.
La déformation du sol enregistrée par le Global Navigation Satellite System (GNSS) près des flancs du volcan a commencé en mars et est à mettre en parallèle avec l’inflation continue du volcan. L’AVO a mesuré 4 cm de mouvement horizontal depuis mars.
L’Observatoire précise que l’augmentation actuelle de l’activité sismique présente des similitudes avec les épisodes déjà observés sur le mont Spurr, notamment d’août 1991 à juin 1992 ; ils ont précédé les éruptions de 1992, et de 2004 à 2006, lorsque la hausse de l’activité sismique a accompagné une élévation de la température au sommet, avec la fonte d’une partie importante de la calotte glaciaire. Les modélisations montrent que la pressurisation due à l’afflux de magma ou de fluides, ou à l’exsolution de gaz, se produit actuellement à une profondeur de 3 à 5 km et à environ 3 à 4 km à l’ouest du mont Spurr.
Un petit lac s’est formé à l’intérieur du cratère sommital du mont Spurr au début de l’été 2024 ; il est apparu pour la première fois entre le 15 mai et le 15 juin. Lors d’un survol de la zone le 23 juin, le lac avait à peu près la taille d’un terrain de football. Il a légèrement grossi au cours de l’été en raison d’effondrements mineurs et de la fonte de la glace à l’intérieur du cratère. Le lac est partiellement recouvert de glace et montre une belle couleur bleu-vert. Des fumerolles sont visibles le long de la rive nord-est du lac et de la paroi du cratère, ainsi que dans une cavité creusée dans la glace sur la lèvre nord-est du cratère. Aucune coulée de boue d’origine volcanique n’a été observée sur le volcan.
Le niveau d’alerte volcanique est actuellement Normal et la couleur de l’alerte aérienne est Verte.

Source : AVO, Smithsonian Institution.

Crédit photo: Wikipedia

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Le mont Spurr est un volcan actif situé près de l’extrémité nord-est de l’arc volcanique des Aléoutiennes, qui comprend également les monts Iliamna et Redoubt un peu plus au sud de la chaîne. La dernière phase éruptive du mont Spurr s’est produite dans la zone sommitale du 27 juin au 17 septembre 1992, avec un indice d’explosivité volcanique (VEI) estimé à 4.
La dernière éruption sommitale connue du mont Spurr remonte à plus de 5 000 ans. Le volcan est situé à environ 130 km à l’ouest d’Anchorage. Son sommet comporte un grand dôme de lave qui trône au centre d’un amphithéâtre d’environ 5 km de large, ouvert au sud. Il a été façonné par une avalanche de débris de la fin du Pléistocène ou du début de l’Holocène et des coulées pyroclastiques qui ont détruit une structure volcanique plus ancienne. La zone active la plus récente, Crater Peak, s’est formée à l’extrémité sud de cet amphithéâtre. Les éruptions de Crater Peak en 1953 et 1992 ont provoqué des retombées de cendres jusqu’à Anchorage.
Si de nouvelles éruptions se produisaient, les risques comprendraient des nuages ​​et des retombées de cendres, des coulées pyroclastiques et des lahars qui pourraient parcourir des ravines sur tous les flancs du volcan.
Source : AVO, Smithsonian Institution.

Source: AVO

Vue d’une partie de l’arc aléoutien avec le Mt Redoubt (Phorto: C. Grandpey)

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The Alaska Volcano Observatory (AVO) indicates that seismic activity at Mount Spurr (Alaska) remains elevated at a rate of 20 or so events per week, with over 900 earthquakes detected so far in 2024. The increase has been observed since April this year. The largest quake had a magnitude M2.3 on October 6th, 2024.

The swarms are located in two areas: one at a depth of up to 10 km beneath the volcano, and the other 20 – 35 km southeast of the crater peak vent.

Ground deformation measured by Global Navigation Satellite System (GNSS) near the flanks of the volcano began in March and has been consistent with the ongoing inflation of the volcano. AVO has measured 4 cm of horizontal movement since March.

The Observatory specifies that the current increase in seismic activity has similarities to past episodes at Mount Spurr, including August 1991 to June 1992, which preceded the 1992 eruptions, and 2004 to 2006, when increased seismic activity accompanied temperature increase at the summit that melted a substantial portion of the ice cap. Preliminary modeling suggests that pressurization due to magma or fluid inflow, or gas exsolution, is occurring at a depth of 3 – 5 km and about 3 – 4 km west of Mount Spurr.

A small lake formed over the summit crater of Mount Spurr early in the summer 2024, first appearing between May 15th and June 15th. During an overflight of the area on June 23rd, the lake was roughly the size of a football field. It grew slightly over the summer due to minor collapses and melting of glacial ice inside the crater. According to the latest updates, the lake is partially covered by ice and remains blue-green. Active steaming from summit-area fumaroles is visible along and above the northeastern lake shore and crater wall, as well as from a pit in the ice on the northeast crater rim. No volcanic mudflows have been observed on the volcano.

The current Volcano Alert Level is Normal and the Aviation Color Code is Green.

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Mount Spurr is an active volcano located near the northeastern end of the Aleutian volcanic arc which also Includes mounts Iliamna and Redoubt a bit more to the south of the mountain range. The last eruptive phase of Mount Spurr occurred at the Crater Peak from June 27 to September 17, 1992, with a Volcanic Explosivity Index estimated at 4.

The last known eruption from the summit of Mount Spurr was more than 5 000 years ago. The volcano is located about 130 km west of Anchorage. Its summit features a large lava dome situated at the center of an amphitheater approximately 5 km wide, open to the south. It was shaped by a late-Pleistocene or early Holocene debris avalanche and pyroclastic flows that destroyed an older volcanic structure. The youngest vent, Crater Peak, formed at the southern end of this amphitheater. Eruptions from Crater Peak in 1953 and 1992 sent ashfall as far as Anchorage.

Should future eruptions occur, the hazards would include ash clouds and ashfall, pyroclastic flows, and lahars that could inundate drainages all sides of the volcano.

Source : AVO, Smithsonian Institution.

L’éruption du Mont Spurr (Alaska) en 1953 // The 1953 Mt Spurr eruption in Alaska

La Smithsonian Institution explique que le Mont Spurr est un stratovolcan de l’arc des Aléoutiennes en Alaska. Il tire son nom du géologue et explorateur Josiah Edward Spurr qui a conduit une expédition dans la région en 1898.
Le niveau d’alerte du Mt Spurr est actuellement Vert. Il a été porté à la couleur Jaune le 26 juillet 2004 en raison d’une hausse de la sismicité. L’AVO avait également détecté la présence d’un cratère d’effondrement occupé par un lac entouré par la glace et la neige qui recouvraient le sommet. Ce lac s’était peut-être formé suite à une augmentation du flux de chaleur à travers le dôme de lave sommital.
Le 3 mai 2005, une coulée de débris a été observée sur les images de la webcam et une grande partie du lac s’était vidée.
Les deux éruptions historiques du Mont Spurr en 1953 et 1992 ont déposé de la cendre sur la ville d’Anchorage. Le journal local, l’Anchorage Daily News a récemment publié un article sur l’événement de 1953, avec le «Jeudi des Cendres».
Le matin du 9 juillet 1953, la nuit a soudain envahi Anchorage lorsque la cendre est tombée du ciel. Un match de baseball a dû être annulé et reporté. La cause du phénomène était le Mont Surr qui était entré en éruption sans prévenir vers 5 heures du matin ce jour-là, en propulsant des tonnes de particules de cendres à des milliers de mètres de hauteur. Des témoins ont déclaré que la colonne de cendres avait atteint une hauteur d’environ 15 km et ressemblait à un champignon atomique. Des éclairs parcouraient cette colonne et les flancs de la montagne donnaient l’impression de vibrer.
Jusqu’ç ce jour de juillet 1953, on considérait que le Mt Spurr était un volcan en sommeil, bien qu’il y ait eu des signes d’activité. Ainsi, au cours du printemps, des pilotes indépendants avaient observé de la vapeur en train de s’échapper du sommet pour la première fois de mémoire d’homme. Bien que visible depuis Anchorage par temps clair, le volcan était une curiosité pour la plupart des habitants.
Les premières retombées de cendres à Anchorage ont commencé vers 10 heures du matin et ont poussé les propriétaires d’avions à les déplacer rapidement vers des sites en dehors de la zone touchée. À la base militaire d’Elmendorf, tous les pilotes et le personnel au sol ont fait une course contre la montre. Tous les aéronefs opérationnels ont été mis à l’abri dans l’intérieur de l’Etat, essentiellement à Fairbanks. Lorsque la visibilité est devenue nulle, les aéroports de la ville ont cessé leurs activités.
Vers 11 heures du matin, les capteurs des lampadaires ont mis en route l’éclairage public, mais les autorités les ont rapidement éteints, par crainte d’endommager les deux centrales électriques qui alimentent la ville et provoquer une panne d’électricité.

À 13 heures, l’obscurité était totale, rompue uniquement par les lumières des bâtiments et les phares des voitures.
Selon les estimations, jusqu’à 10 000 tonnes de cendres volcaniques sont tombées sur Anchorage. Une couche de cendre enveloppait la ville où les arbres pliaient sous son poids. La presse locale a baptisé cette journée Ash Thursday – « Jeudi des Cendres » – et «Spurrs Day».
Pendant le déluge de cendres, les personnes qui possédaient des parapluies et des imperméables les ont utilisés. Certains habitants portaient des masques pour se protéger contre la poussière. La plupart du temps, les habitants se sont mis à l’abri jusqu’au moment où le ciel commence à s’éclaircir.
Certaines personnes âgées ont comparé l’événement à l’éruption du Novarupta-Katmai en 1912. Ils se sont souvenus de trois jours de complète obscurité, d’eau contaminée et de cadavres d’oiseaux au sol. Cependant, l’éruption du Mt Spurr était breaucoup moins inquiétante que celle du Novarupta

L’éruption du mont Spurr en 1953 n’a tué personne. À Anchorage, une seule personne a été blessée lorsque les cendres et l’obscurité ont envahi la ville. Il s’agit d’une femme qui a voulu traverser une rue dans l’obscurité et a été renversée par un camion.
La vie à Anchorage est rapidement revenue à la normale. Le temps était à nouveau clair et ensoleillé le lendemain, et le match de baseball annulé a pu être joué normalement. Le jour suivant, les avions ont pu à nouveau décoller et atterrir dans l’aéroport international. Par la suite, le vent soulevait encore la cendre, ce qui gênait la visibilité pour les petits avions, mais c’était un problème relativement mineur et sporadique.
Anchorage avait des vendeurs de journaux dans les rues à cette époque, et l’éruption a généré les meilleures ventes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale! Les vols touristiques à destination du Mont Spurr ont brièvement connu du succès, avec un nombre record de décollages et d’atterrissages.
Un photographe local a filmé le moment où Anchorage s’est retrouvée dans l’obscurité, ainsi que le nouveau cratère du Mont Spurr, pour Pathè News. La séquence été diffusée dans les cinémas Empress et Fourth Avenue du centre-ville. Ce petit film d’une minute est disponible sur YouTube.
https://www.youtube.com/watch?v=1JIeLwXuUpQ

Huit jours a près l’éruption, la pluie a nettoyé la ville en emportant une grande partie de la cendre. Toute la poussière n’est pas tombée uniquement en Alaska. Moins d’une semaine plus tard, des pilotesqui passaient au-dessus des Grands Lacs ont repéré des nuages ​​de cendres du Mont Spurr qui avaient dérivé vers l’est, atteignant le Canada et l’Océan Atlantique. Fin juillet et début août, des nuages ​​de poussière volcanique étaient visibles sur l’Europe, comme un cadeau envoyé par l’Alaska…
Source: Anchorage Daily News.

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The Smithsonian Institution explains that Mount Spurr is a stratovolcano in the Aleutian Arc of Alaska, named after geologist and explorer Josiah Edward Spurr who led an expedition to the area in 1898.

The alert level for Mt Spurr is currently Green. It was raised to Yellow on July 26th, 2004 due to an increase in seismicity. There was also the presence of a collapse pit, filled with water forming a new crater lake in the ice and snow that covered the summit. This lake may have been caused by an increase in heat flow through the summit lava dome.

On May 3rd, 2005, a debris flow was observed in webcam images andmuch of the lake had drained away.

Mount Spurr’s two historical eruptions in 1953 and 1992, deposited ash on the city of Anchorage. The local newspaper Anchorage Daily News has recently published an article about the 1953 event and “Ash Thursday”.

It was the morning of July 9th, 1953, everything got suddenly pitch black when ash fell from the sky. A baseball game had to be cancelled and rescheduled. The culprit was Mount Surr which had unexpectedly started erupting at about 5 a.m. that day, ejecting tons of ash particules thousands of metres into the air. Witnesses said the ash column reached a height of about 15 km and looked like an atomic bomb’s mushroom cloud. Lightning flashed within that column, and the sides of the mountain visibly shook.

Mount Spurr was previously listed as dormant, though there had been warning signs. That spring, civilian pilots observed steam venting from the peak for the first time in living memory. Though visible from Anchorage on clear days, the volcano was just a curiosity to most residents.

The first dustings in Anchorage began around 10 a.m. and caused civilian pilots to rapidly relocate their planes to sites outside the affected area. At Elmendorf’s military base, all pilots and ground personnel raced against time. All operational aircraft were dispersed into the Interior, most to Fairbanks. When visibility dropped to zero, the city’s airports ceased operations.

Around 11 a.m., the sensors on the streetlights triggered tham on, but officials soon switched them off, fearing damage to the city’s two power plants and a resulting electricity shortage. By 1 p.m., there was complete darkness, broken only by building and car lights.

According to estimates, as much as 10,000 tons of volcanic ash fell on Anchorage. A layer of ash draped the city, with shrubs and smaller trees bending under the weight.  Local newspapers had their fun renaming the day as “Ash Thursday” and “Spurrs-Day”.

During the ashy deluge, those with umbrellas and raincoats used them. Some residents donned masks to filter out the dust. Otherwise, most residents sought shelter and stayed there until the sky began to lighten.

Some elder residents compared the event with the 1912 Novarupta-Katmai eruption and remembered three days of pure darkness, poisoned water, and birds that fell dead to the ground. However, compared to Novarupta, the Mount Spurr eruption was nothing to worry about.

No one died from the 1953 Mount Spurr eruption. In Anchorage, the ash and darkness contributed to just one injury. A woman who had stepped into a street in the darkness was struck by a passing truck.

Life in Anchorage quickly returned to normal. The next day was clear and sunny and the cancelled baseball game could be played normally.The following day, planes were again able to fly in and out of the International Airport. In the following days, the wind sometimes kicked up the ash again, hampering visibility for small planes, but that was a relatively minor and sporadic issue.

Anchorage had newspaper street salesmen at this time, and the eruption edition was the best seller since the end of World War II ! Sightseeing flights to Mount Spurr became briefly popular, with a a record month of takeoffs and landings.

A local photographer captured footage of the blackout and cleanup in Anchorage, as well as Mount Spurr’s new crater, for Pathè News, which aired at the downtown Empress and Fourth Avenue theaters. This minute-long newsreel is available on YouTube.

https://www.youtube.com/watch?v=1JIeLwXuUpQ

Eight days later, it finally rained, washing away some of the dirt. Not all the dust fell in Alaska. Within a week, pilots over the Great Lakes spotted clouds of ash from Mount Spurr, which carried eastward across Canada and the Atlantic Ocean. In late July and early August, dust clouds from Mount Spurr were visible over Europe, a kind of gift sent by Alaska…

Source: Anchorage Daily News.

Images extraites du film (Source : You Tube)

Le Mont Spurr aujourd’hui (Crédit photo : Wikipedia)