L’éruption du Kilauea (suite) // The Kilauea eruption (continued)

Comme on peut le voir sur les images de la webcam installée au sommet du Kilauea, plusieurs petites fontaines de lave s’agitent sur le plancher du cratère de l’Halema’uma’u. Une fissure reste active au pied de la paroi sud-ouest de la caldeira. La hauteur des fontaines a diminué depuis le début de l’éruption et varie maintenant d’environ 4 à 9 mètres. Les premières coulées de lave ont envahi le plancher du cratère et ajouté une dizaine de mètres d’épaisseur de nouvelle lave.
Comme je l’ai déjà écrit, aucune activité particulière n’a été observée le long de la zone de rift est ou de la zone de rift sud-ouest du Kīlauea. L’éruption se déroule uniquement à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u.
Le HVO rappelle que la dernière éruption du Kīlauea a duré 61 jours et s’est terminée le 7 mars 2023.
Les émissions de gaz dans la zone de l’éruption sont élevées. Les émissions de SO2 atteignent environ 65 000 tonnes par jour. Les habitants de Pāhala, à une trentaine de kilomètres du sommet du Kīlauea, ont signalé une très légère couche de cendres fines et de cheveux de Pélé.
Comme d’habitude lors d’une éruption du Kilauea, du dioxyde de soufre est émis au sommet. Il réagit avec l’atmosphère pour créer du vog (abréviation de volcanic smog), un brouillard volcanique qui peut devenir un danger pour la santé des habitants et des touristes. Il peut également endommager les cultures et d’autres plantes, et affecter le bétail
D’autres dangers incluent les cheveux de Pelé et autres fragments de verre volcanique léger provenant des fontaines de lave. Ils saupoudrent le sol à quelques centaines de mètres des bouches éruptives. Les vents forts peuvent transporter les particules les plus légères sur de plus grandes distances.
Une webcam (https://www.youtube.com/usgs/live) permet de voir l’éruption en direct. La nuit, les couleurs ne sont pas bonnes et on dirait que le Kilauea vomit du jus de framboise. Malgré tout, les images sont précieuses car elles permettent d’observer ce qui se passe au sommet.

—————————————————–

As can be seen on Kilauea’s summit webcam, multiple minor fountains are active on Halema‘uma‘u crater floor. One fissure remains active on the southwest wall of the caldera. Fountain heights have decreased since the eruption onset and are now about 4 – 9 meters high. Initial lava flows inundated the crater floor and added about a 10-meter depth of new lava.

As I put it before, no unusual activity has been noted along Kīlauea’s East Rift Zone or Southwest Rift Zone. The eruption is contained within Halemaʻumaʻu Crater..

HVO reminds us that Kīlauea’s last eruption lasted 61 days and ended on March 7th, 2023.

Volcanic gas emissions in the eruption area are elevated. SO2 emissions were measured at about 65,000 tonnes per day.  Residents of Pāhala, abiout 30 km downwind of Kīlaueaʻs summit have reported a very light dusting of fine ash and Peleʻs hair.

As usual during a Kilauea eruption, sulfur dioxide is released from the summit. It reacts in the atmosphere to create vog (short for volcanic smog) that may become a health hazard to residents and visitons. It may also damage agricultural crops and other plants, and affect livestock

Additional hazards include Pele’s hair and other lightweight volcanic glass fragments from the lava fountains that fall downwind of the fissure vents and dust the ground within a few hundred meters of the eruptive vents. Strong winds may waft lighter particles to greater distances.

A webcam (https://www.youtube.com/usgs/live) allows to see the eruption live. At night, the colours are not good and it looks as if Kilauea is emitting rasberry juice. However, the images are precious to observe what is hapeening at the summit.

Faut-il s’attendre à une reprise d’activité du Kilauea (Hawaii) ? // Should we expect a renewal of activity at Kilauea (Hawaii) ?

Dans sa dernière mise à jour, le HVO indique que « l’inflation lente et régulière se poursuit sur le Kilauea. Globalement, l’inflation sommitale est plus significative que pendant les jours qui ont précédé l’éruption du 5 janvier 2023. De petites séquences sismiques se poursuivent de manière irrégulière sous l’Halemaʻumaʻu, le cratère Keanakākoʻi et la lèvre sud de Kaluapele (la caldeira du Kīlauea) depuis le 16 avril.La sismicité au sommet reste élevée et d’autres séquences sismiques sont possibles. Les émissions de SO2 atteignaient 135 tonnes par jour lors des dernières mesures effectuées le 3 mai 2023. ».

——————————————

In its latest update, HVO indicates that « slow, steady inflation continues t Kilauea Volcano. Overall, inflation at the summit is higher than conditions preceding the January 5th, 2023 summit eruption. Small flurries of earthquakes continue irregularly beneath Halemaʻumaʻu, Keanakākoʻi Crater, and the southern margin of Kaluapele (Kīlauea caldera) since April 16th. Rates of summit earthquakes remain elevated, and additional earthquake flurries are possible. The most recent SO2 emission rate of approximately 135 tonnes per day was measured on May 3rd, 2023. ».

Cratère de l’Halema’uma’u le 11 mai 2023 (Image webcam)

Le dioxyde de soufre du Mauna Loa (Hawaii) // Mauna Loa’s sulphur dioxide (Hawaii)

Lorsque le Mauna Loa est entré en éruption en novembre 2022, l’une des principales préoccupations des scientifiques du HVO a été de savoir quelle direction prendrait la lave. Les gaz émis ont été un autre souci pour les scientifiques. Comme cela se passa au cours de toutes les éruptions, des tonnes de gaz ont été émises par les bouches actives pendant l’éruption du Mauna Loa.
En général, les gaz volcaniques émis lors des éruptions comprennent de la vapeur d’eau, du dioxyde de carbone (CO2) et du dioxyde de soufre (SO2). Les quantités de SO2 émis par un volcan sont un paramètre important car elles peuvent donner une idée du débit effusif et de la quantité de vog – brouillard volcanique – susceptible d’affecter les zones sous le vent. Les scientifiques du HVO mesurent les émissions de dioxyde de soufre à l’aide d’un spectromètre ultraviolet monté sur un véhicule qu’ils conduisent jusque sous le panache volcanique.
Sur le Kilauea, les alizés ont tendance à envoyer le panache du sommet dans une seule direction. C’est pourquoi un réseau permanent de spectromètres a été mis en place pour mesurer le SO2 sur le volcan, et il n’est pas nécessaire de beaucoup se déplacer dans un véhicule. Malgré tout, le déplacement avec un véhicule sur la Chain of Craters Road pour l’éruption du Pu’uO’o et sur la route 130 pour l’éruption dans la Lower East Rift Zone en 2018 a permis à l’Observatoire de mesurer le panache émis par les sites éruptifs du Kilauea et poussé par les alizés.
Le Mauna Loa culmine à une altitude beaucoup plus élevée que le Kilauea et connaît des régimes de vent différents. Les vents ont été très variables lors de la dernière éruption. Parfois, les mesures des panaches à haute altitude peuvent être effectuées relativement facilement en dirigeant un avion ou un hélicoptère sous le panache. S’agissant du Mauna Loa, le panache contenait non seulement de fortes concentrations de gaz, mais également des particules, comme les cheveux de Pelé, qui pourraient nuire à un avion volant en dessous.
Au cours de l’éruption de deux semaines du Mauna Loa, les vents ont emporté le panache dans de nombreuses directions, notamment vers la Saddle Road, Ocean View, Pāhala, Puna, Hilo, Kailua-Kona et Captain Cook. Il a donc fallu que l’équipe scientifique parcoure environ 4 800 km ! En fin de compte, tous ces trajets ont porté leurs fruits car les scientifiques ont réussi à obtenir des mesures sur 10 jours. Cela a permis au HVO d’informer le public et aux prévisionnistes d’alerter sur la présence de vog pendant l’éruption.
Le traitement préliminaire des données montre que le Mauna Loa a émis plus de deux millions de tonnes de dioxyde de soufre entre le 28 novembre et le 12 décembre. Cela ne prend pas en compte un important volume de SO2 émis lors l’ouverture de la fissure dans la caldeira sommitale pendant la nuit entre le 27 et le 28 novembre, phénomène montré par les images satellitaires. La lumière ultraviolette est nécessaire pour effectuer ces mesures à partir d’un véhicule, ce qui signifie qu’elles ne peuvent être réalisées que pendant la journée.
On estime que les émissions quotidiennes de SO2 ont varié de 200 000 à 500 000 tonnes par jour au début de l’éruption et ont été légèrement supérieures à 100 000 t/j les jours suivants. Le 8 décembre, les émissions ont chuté de manière significative avec seulement 30 000 t/j. Environ 2 000 t/j étaient émises le 10 décembre et, le 12 décembre les émissions n’étaient pratiquement pas détectables, même au sol, près du cône de la Fissure 3.
Ces valeurs sont semblables à celles enregistrées lors de l’éruption dans la Lower East Rift Zone du Kilauea en 2018, qui a également émis du dioxyde de soufre à raison d’environ 200 000 t/j pendant une partie de l’éruption. Le total de SO2 émis par l’éruption de 2018 était environ cinq fois supérieur à celui émis pendant la dernière éruption du Mauna Loa, en partie à cause de la durée plus longue de l’éruption.
Les émissions de dioxyde de soufre pendant l’éruption du Mauna Loa en 1984 atteignaient environ 100 000 à 200 000 t/j, comme l’ont révélé les données satellitaires. Cependant, la technologie utilisée à l’époque n’était pas aussi performante que les spectromètres modernes et a probablement sous-estimé les émissions. En 1984, elles étaient vraisemblablement semblables à celles de 2022.
Source : USGS / HVO.

——————————————

When Mauna Loa erupted in November 2022, one of the main concerns for HVO scientists was the lava and to know where it would flow. Another concern was the gases. As with all other volcanic eruptions, many tonnes of volcanic gases were emitted from the active vents during the Mauna Loa eruption.

Volcanic gases emitted during eruptions include water vapor, carbon dioxide (CO2) and sulfur dioxide (SO2). SO2 emission rates are a key parameter to measure because they can be used as a proxy for lava effusion rate and they dictate how much vog, or volcanic smog, there is downwind. HVO scientists measure sulfur dioxide emission rates using a vehicle-mounted ultraviolet spectrometer, which they drive beneath the plume.

At Kilauea, the trade winds tend to blow the summit plume in a single direction. This why a permanent array of spectrometers has been set up to measure SO2 on the volcano, and there is no need to drive a lot. Driving on Chain of Craters Road for the Pu’uO’o eruption and on Highway 130 for the 2018 Lower East Rift Zone eruption were the Observatory’s common means of measuring the plume in the trade wind direction for the Kilauea eruptive sites.

Mauna Loa, however, is at a much higher altitude than Kilauea and experiences different wind patterns. Winds were very variable during the eruption. Sometimes measurements of high-altitude plumes can be made relatively easily by flying an airplane or a helicopter beneath the plume instead of driving. But the Mauna Loa plume had not only high concentrations of gases, but also contained particles, like Pele’s hair, which could adversely affect an aircraft flying under it.

Over the course of the two-week eruption, the winds took the plume in many directions, including over Saddle Road, Ocean View, Pāhala, Puna, Hilo, Kailua-Kona and Captain Cook. This meant that the gas team had to drive about 4,800 km ! Ultimately, all the driving paid off and the scientists succeeded in measuring emission rates on 10 days. This allowed HVO to report these emission rates to the public and to vog forecasters during the eruption.

Preliminary data processing suggests that Mauna Loa emitted more than two million tonnes of sulfur dioxide between November 28th and December 12th. This does nott include a large volume of SO2 that satellite images show was emitted with the initial fissure opening between Nov.ember 27th and 28th. Ultraviolet light is needed to make these driving measurements, which means they can only be conducted during daylight hours.

Daily SO2 emission rates are estimated to have ranged from 200,000 to 500,000 tonnes per day early in the eruption and were just over 100,000 t/d lin the following days. By December 8th, emissions dropped significantly to only about 30,000 t/d. Only about 2,000 t/d were emitted on December 10th, and by December 12th emissions were essentially not detectable, even on the ground near the Fissure 3 cone.

These emission rates are very similar to those measured during the 2018 Lower East Rift Zone eruption of Kilauea, which also emitted sulfur dioxide at a rate of nearly 200,000 t/d for a portion of the eruption. The total SO2 emitted by the 2018 eruption was roughly five times more than Mauna Loa’s total, owing in part to the longer eruption duration.

Sulfur dioxide emission rates reported for the 1984 eruption of Mauna Loa were roughly 100,000 to 200,000 t/d, as revealed by satellite data. However, the technology used at the time was not as sophisticated as our modern spectrometers and likely underestimated those emission rates. So Mauna Loa’s 1984 SO2 emissions were probably similar to those in 2022.

Source : USGS / HVO.

Panaches de gaz pendant l’éruption du Mauna Loa en 2022 (Photos: HVO)

Nouvelles de Vulcano (Iles Eoliennes) // News of Vulcano (Aeolian Islands)

Personne n’en parle, mais l’accès à la Fossa di Vulcano (Iles Eoliennes) reste interdit au public, avec de fortes amendes aux personnes qui braveraient l’interdiction.

Photo: C. Grandpey

S’agissant des mesures effectuées par l’INGV, la situation n’a guère évolué par rapport aux semaines précédentes. Voici le bilan proposé le 20 décembre 2022 concernant les mesures effectuées entre le 12 et le 18 de ce même mois ;

– Température des fumerolles au niveau du cratère : elles restent stables à des valeurs élevées, autour de 370°C.

– Emissions de CO2 dans la zone du cratère : Elles se situent à des valeurs élevées avec une moyenne quotidienne de 2781 g/m2 pour le mois de décembre en cours.
Emissions de CO2 à la base du cône de La Fossa et dans la zone de Vulcano Porto : Les émissions enregistrés sur le site de Camping Sicilia montrent des valeurs supérieures à la normale. Le site Palizzi montre des valeurs moyennes, tandis que des valeurs proches de la normale sont enregistrées sur le site de Faraglione.

Source: INGV

– Emissions de SO2 dans la zone du cratère : elles demeurent à un niveau moyen-élevé mais en diminution.

Source: INGV

Sismicité : Faible à l’échelle locale. En revanche l’activité sismique se poursuit dans un secteur de la mer à l’ouest de l’île.
Déformations : Rien de significatif.

S’agissant des prévisions, l’INGV n’écarte aucune possibilité et énumère les risques observés généralement sur ce type de volcan : augmentation du dégazage fumerollien ; élévation de la température des gaz ; augmentation de la sismicité et des déformations ; apparition de phénomènes explosifs tels que des explosions phréatiques. Persistance du danger lié aux émissions de CO2 au niveau des sols dans les zones les plus vulnérables où le gaz est susceptible de s’accumuler.

————————————-

Nobody is talking much about it, but access to the Fossa di Vulcano (Aeolian Islands) remains forbidden to the public, with heavy fines for those who defy the ban.
With regard to the measurements carried out by INGV, the situation has hardly changed compared to the previous weeks. Here is the report suggested on December 20th, 2022 concerning the measurements carried out between the 12th and the 18th of this month;
Temperature of the fumaroles at the crater: they remain stable at high values, around 370°C.
CO2 emissions in the crater area: they are at high values with a daily average of 2781 g/m2 for the current month of December.
SO2 emissions in the crater area: they remain at a medium-high level but are decreasing.
CO2 emissions at the base of the La Fossa cone and in the Vulcano Porto area: the emissions recorded at Camping Sicilia show values higher than normal. The Palizzi site shows medium values, while values close to normal are recorded at the Faraglione site.
Seismicity: Low locally. On the other hand, seismic activity continues in a sea area to the west of the island.
Deformation: Nothing significant.

As far as predictions are concerned, INGV does not rule out any possibility and lists the risks generally observed on this type of volcano: increase in fumarollian degassing; rise in gas temperature; increased seismicity and deformation; occurrence of explosive phenomena such as phreatic explosions. Persistence of the danger related to CO2 emissions at ground level in the most vulnerable areas where the gas is likely to accumulate.