Kilauea (Hawaii): L’éruption reste intense // The eruption is still intense

En ce jour de Fête nationale aux Etats Unis, l’éruption se poursuit sans relâche dans la Lower East Rift Zone. La lave a détruit sept autres maisons le 2 juillet à Kapoho. Selon la Protection Civile, trois ou quatre autres devaient disparaître le 3 juillet. Le nombre officiel de maisons détruites reste à 668, mais le nombre réel est plus élevé. Le décompte officiel est en cours de mise à jour. .
La Fracture n° 8 reste active. La lave avance en grande quantité et à grande vitesse dans le chenal, tandis que le front de coulée s’étale sur une grande largeur le long du littoral. La Fracture n° 22 reste également active mais la coulée qui s’en échappe ne présente pas de risque.
Les services météorologiques ont indiqué qu’il y avait eu environ 1 200 impacts de foudre entre 7 h et 14 h. au cours d’un orage survenu le 2 juillet. Selon le National Weather Service, le phénomène a été provoqué par «la combinaison d’absence de vent, l’humidité des panaches de brume volcanique, un système de basse pression en altitude et la source de chaleur créée par la lave.» Les impacts étaient concentrés presque directement sur la Fracture n°8 et ils ont ensuite suivi l’écoulement de la lave jusqu’à. Kapoho. C’est un phénomène encore jamais observé. »
Il y a une contradiction dans les informations données par USGS et celles communiquées par le HVO à propos des émissions de SO2 au sommet du Kilauea. D’une part, l’USGS indique que «les concentrations de SO2 semblent augmenter [avec] des émissions de 35 000 à 40 000 tonnes, soit dix fois plus qu’en avril. Les émissions dans la Lower East Rift Zone sont également très élevées. [On pense] que l’augmentation de SO2 est directement proportionnelle à l’intensité de l’éruption et à la vitesse d’affaissement du sommet. » De son côté, le HVO indique dans sa dernière mise à jour (4 juillet 2018) que « les émissions de dioxyde de soufre au sommet du volcan ont chuté à des niveaux qui sont environ la moitié de ceux mesurés avant le début de l’éruption actuelle. » Attendons les prochains bulletins pour voir qui a raison. Les concentrations de SO2 sont très importantes car elles sont liées à l’intensité de l’activité éruptive et au débit de la lave.
Source : Protection Civile, USGS, HVO.

NB: Une correction a été apportée par l’USGS qui précise que les concentrations de 35 000 à 40 000 tonnes de SO2 concernent l’East Rift Zone, pas le sommet. L’USGS s’excuse pour cette confusion.

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It is Independence Day in the U.S. today, but the eruption is going on unabatedly in the Lower East Rift Zone and lava destroyed seven homes on July 2nd in Kapoho. According to Civil Defense, three or four more were expected to be lost to the flow on July 3rd. The official tally of homes destroyed by lava remains at 668. The actual number of homes lost is higher, and the official count is being updates. .

Fissure No. 8 remains quite active. Lava is profusely and rapidly travelling in the channel and the flow front is producing a broad entry along the shoreline. Fissure No. 22 also remains active with a very small and harmless flow.

The National Weather Service (NWS) has indicated there were about 1,200 lightning strikes between 7 a.m. and 2 p.m. during a thunderstorm that occurred on July 2nd. According to NWS, it was caused by “a combination of no wind, moisture from laze plumes, low pressure aloft and a heat source from the lava.” The lighting strikes were focused almost directly over fissure 8 and they followed the lava track down to Kapoho. It was a phenomenon never observed before.”

There is a contradiction in the information given by USGS and HVO about the SO2 emissions at the summit. On the one hand, USGS indicates that “the rates of SO2 seem to be increasing [with] emissions of 35,000 to 40,000 tons, which is 10 times what it was in April. Emissions in the Lower East Rift Zone are at a quite high level, as well. [It is believed] that the increase of SO2 is directly proportional to the eruption level and to the subsidence rates at the summit.” On the other hand, HVO indicates in its latest update (July 4th, 2018) that “sulfur dioxide emissions from the volcano’s summit have dropped to levels that are about half those measured prior to the onset of the current episode of eruptive activity.”  Let’s wait for the next bulletins to see who is right. SO2 rates are very important as they are linked to the intensity of eruptive activity and the lava output.

Source: Civil Defense, USGS, HVO.

N.B.: USGS has apologized for its error. The very high SO2 concentrations concern the East Rift Zone, not the summit. HVO figures are right. .

Crédit photo: USGS

Kilauea (Hawaii) : Le cratère de l’Halema’uma’u // Halema’uma’u Crater

Le cratère de l’Halema’uma’u a subi des changements très profonds depuis le début de l’éruption dans la Lower East Rift Zone. Le lac de lave à l’intérieur de l’Overlook Crater a maintenant complètement disparu. On observe fréquemment des effondrements des parois internes de la bouche. La zone sommitale du Kilauea s’affaisse, en raison de l’évacuation du magma vers l’East Rift Zone. Cela confirme que la source de l’éruption actuelle se trouve sous le sommet du Kilauea et non sous le Pu’uO’o qui semble avoir cessé définitivement toute activité. Le HVO indique que la partie occidentale de l’Halema’uma’u est en train de s’affaisser vers le centre du cratère et de nouvelles fractures sont également en formation sur le plancher dans cette même partie ouest.

Remarque personnelle: La situation doit être contrôlée attentivement car un effondrement majeur de l’ensemble du plancher de l’Halema’uma’u ne saurait être exclue.

L’activité sismique est fluctuante et de petites explosions sont parfois observées. On peut raisonnablement penser que ces explosions sont provoquées par la libération des gaz qui s’accumulent sous les matériaux au fond de  l’Overlook Crater.

Remarque personnelle: Comme je l’ai indiqué précédemment, cette obturation de l’Overlook Crater par des accumulations de matériaux me rappelle la situation de la Bocca Nuova de l’Etna en 1979. Le cratère était lui aussi rempli de matériaux et une violente explosion provoquée par la libération brutale des gaz avait tué 7 touristes qui se trouvaient à proximité.

Les émissions de SO2 ont diminué, mais demeurent suffisamment élevées pour avoir une incidence sur la qualité de l’air dans les régions sous le vent. La plupart du temps, l’Halema’uma’u émet des panaches de gaz et de vapeur, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous.
Source: HVO.

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Halema’uma’u Crater has undergone very deep changes since the start of the eruption in the Lower East Rift Zone. The lava lake in the Overlook Crater has now completely disappeared. Collapses of the inner walls of the vent are frequently observed. The summit area of the volcano is subsiding, due to the withdrawal of magma to the East Rift Zone. This confirms that the source of the eruption is the summit of Kilauea, and not Pu’uO’o which seems to be definitely inactive. . HVO indicates that the western portion of Halema’uma’u has moved down and toward the centre of the crater as new cracks form on the caldera floor to the west.

Personal remark: The situation should be closely monitored as a huge collapse of the whole Halema’uma’u crater floor cannot be excluded.

Earthquake activity is fluctuating and small explosions are occasionally observed. One may reasonably think that these explosions are caused by the release of the gases that are accumulating below the debris within the Overlook vent.

Personal remark: As I put it before, the clogging of the Overlook Crater with an accumulation of materials reminds me of the situation on Mt Etna’s Bocca Nuova in 1979. A violente explosion triggered by the sudden release of gases killed 7 tourists who were standing nearby.

SO2 emissions have decreased but emission rates remain high enough to impact air quality in downwind regions. Most of the time, Halema’uma’u is emitting gas and steam plumes, as can be seen in the photo below.

Source: HVO.

Crédit photo: USGS / HVO

Sabancaya (Pérou / Peru)

L’activité du volcan péruvien est relativement stable, avec toutefois quelques variations au gré du temps. On observe en moyenne une trentaine d’explosions par jour, avec des panaches de cendre qui montent au maximum à 4000 mètres au-dessus du cratère. Les émissions de SO2 oscillent entre 2000 et 2500 tonnes par jour, avec un maximum de 5500 tonnes le 30 mai. Le tableau ci-dessous montre l’évolution des différents paramètres de mesures.

Source : INGEMMET.

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Activity at the Peruvian volcano is relatively stable, with some fluctuations over time. On average, one observes about 30 explosions a day, with ash plumes rising at most 4,000 metres above the crater. SO2 emissions are ranging from 2,000 to 2,500 tons per day, with a maximum of 5,500 tons on May 30th. The graphs below show the evolution of the different parameters.
Source: INGEMMET.

Source: IGP / INGEMMET

Le « vog » du Kilauea perturbe la vie jusqu’à Kona // Kilauea’s « vog » disturbs life as far as Kona

Le Hualalai est le volcan le plus proche de Kona dans l’ouest de la Grande Ile d’Hawaï mais il est inactif en ce moment. Malgré cette inactivité, la ville est enveloppée d’un voile de vog, ou brouillard volcanique, produit par l’éruption du Kilauea dans la Lower East Rift Zone. En conséquence, la qualité de l’air a atteint un niveau «malsain» dans la région de Kona.
Selon les services sanitaires, Kona a connu une journée «rouge» le 29 mai 2018. Depuis l’installation d’un capteur de qualité de l’air à Kona en 2009, les autorités disent que c’est la première fois que la région de West Hawaii atteint un niveau « malsain » qui signifie que la population peut commencer à ressentir des effets sur la santé et que les personnes sensibles peuvent être davantage incommodées.
Depuis le début de l’éruption le 3 mai, la condition de l’air est devenue préoccupante dans les districts de Puna et de Ka’u à cause des gaz nocifs et des nuages de cendre. Maintenant, c’est au tour de la région de West Hawaii d’être envahie par le vog.
Selon le Département des Sciences de l’Atmosphère de l’Université d’Hawaï, 2 500 tonnes d’émissions gazeuses étaient enregistrées quotidiennement dans l’atmosphère avant l’activité volcanique de ce mois-ci. Depuis le 3 mai, ce chiffre est passé à 35 000 ou 40 000 tonnes. Malgré le fait que les concentrations chutent rapidement loin de sa source, Kona reçoit en ce moment 15 à 20 fois la quantité normale de gaz.
La fluctuation de la concentration de gaz est liée aux conditions météorologiques. Un léger changement de direction ou de vitesse du vent peut faire varier considérablement les concentrations de SO2 dans l’air et il n’est pas impossible que l’île d’Oahu soit, elle aussi, affectée par le vog.
Les instruments mesurent deux types de particules: les PM2,5 et les PM10, qui dépendent de la taille des particules. Les PM2.5 sont contenues dans la brume ou la fumée, tandis que les PM10 sont des particules plus grosses dans les nuages de cendre ou de poussière.
La qualité de l’air à Kona au cours de la semaine dernière a été particulièrement médiocre et beaucoup de gens qui ne sont généralement pas gênés par le vog en ressentent les effets en ce moment. Les services sanitaires sont en train de recenser les sites propices à l’installation de capteurs de particules à Kona. Ils essayent aussi de trouver des solutions pour alerter la population les jours où la qualité de l’air est mauvaise.
Les participants à plusieurs événements sportifs comme la course de qualification à l’ Ironman 70.3 ou la King Kamehameha Day Regatta  qui auront lieu dans les prochaines semaines sont inquiets.
Les récits de la situation à Hawaii dans les médias ont eu un impact négatif sur l’île, en particulier quand il s’est dit que les navires de croisière comme Pride of America avaient annulé les escales à Hilo et à Kona.
Source: Presse hawaiienne.

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Hualalai is the nearest volcano to Kona in West Hawaii but it is inactive at the moment. Despite this inactivity, the town is covered with a shroud of vog, or volcanic fog, produced by the current Kilauea eruption in the Lower East Rift Zone. As a consequence, air quality has reached “unhealthy” levels in the area.

According to the Department of Health, Kona was a “red” air day throughout May 29th, 2018. Since the installation of the air quality monitor in Kona in 2009, health officials say this is the first time they have seen West Hawaii reach these unhealthy levels. “Unhealthy” means that people may begin to experience health effects and members of sensitive groups may experience more serious health effects.

Since the beginning of the eruption on May 3rd, conditions have become hazardous in areas of Puna, the Ka‘u District because of noxious gases and ashfall. Now, it is up to West Hawaii to be bombarded with clouds of vog.

According to the University of Hawaii’s Department of Atmospheric Sciences, 2,500 tons of emissions were released into the atmosphere daily before this month’s volcanic activity. Since May 3rd, between 35,000 and 40,000 tons have been released. Concentrations drop down quickly away from its source, but Kona is getting 15-20 times the amount of normal.

Concentration fluctuation has to do with weather patterns. A small shift in wind direction or speed can cause very different outcomes whenever it comes to the concentrations of SO2 in the air. There is a chance of vog-related air making its way to Oahu.

There are two types of particulate matter measured: PM2.5 and PM10, which relate to the size of the particles. PM2.5 is haze or smoke, while PM10 are bigger particles such as ash or dust.

Conditions in Kona during the past week have been severe and there are a lot of people feeling the effects who are not usually bothered by the vog. The Health Department is looking at sites to set up more particle sensors in Kona, as well as trying to figure out how they can alert the community when these poor air quality days occur.

Participants in several sporting events like the Ironman 70.3 Hawaii qualifier race or the King Kamehameha Day Regatta due to take place in the coming weeks are worried.

The media exposure has had a negative impact on the island, especially when they said that cruise ships like Pride of America had cancelled stops in Hilo and Kona.

Source : Local newspapers.

Crédit photo: USGS