Nouvelles de Martinique et de Guadeloupe

Avec le réchauffement climatique et la hausse de la température des océans, on assiste à une prolifération d’algues qui viennent s’échouer sur les rivages. Le problème est particulièrement sérieux en Guadeloupe et en Martinique qui sont envahies régulièrement par des bancs de sargasses. Lorsque ces algues se décomposent sur les rivages, elles dégagent de l’hydrogène sulfuré (H2S) qui présente des menaces sanitaires pour la population qui habite sur et à proximité des côtes. J’ai écrit deux articles sur ce blog le 12 juillet et le 28 août 2018 visant à attirer l’attention sur ce problème. Des mesures timides ont été prises par les autorités pour essayer de faire face à l’invasion de sargasses, mais sans grand succès jusqu’à présent.

A la Martinique, la municipalité du Robert, l’une des communes les plus affectées par l’odeur nauséabonde de la décomposition des sargasses, vient de faire l’acquisition d’une nouvelle arme contre ces algues. Il s’agit du Sargator, un navire collecteur d’algues brunes, commercialisé par une entreprise guadeloupéenne. Ce bateau au nom évocateur est équipé pour collecter les algues encore en mer. Les premiers tests (sans la présence de sargasses) de ce nouveau bateau se sont déroulés le 2 janvier 2019 sur le front de mer de la commune.

Le Sargator  présente une longueur d’une douzaine de mètres ; il est doté d’un moteur hors bord qui permettra, grâce à un tapis roulant, de collecter jusqu’à 10 tonnes d’algues, très près des côtes à moins d’1,80 m de profondeur, avant leur échouage. Cet outil a coûté près de 300 000 euros. Si les tests s’avèrent concluants, il sera piloté par trois agents ayant reçu une formation adéquate. A voir maintenant si les tests sont concluants et si le Sargator réussira a rendre la vie agréable aux Martiniquais. Si la phase d’essai est positive, les autorités locales envisagent déjà l’achat d’une deuxième machine.

Source : France Antilles.

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Pendant que les Martiniquais s’attaquaient aux sargasses, les Guadeloupéens – eux aussi concernés par ce problème – s’inquiétaient car le volcan de la Soufrière montrait une hausse de la sismicité  Les sismographes mis en place par l’Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe ont enregistré plusieurs essaims sismiques de très faible magnitude. Ces événements ont été localisés à une profondeur inférieure à 2,5 km, sous le sommet du dôme de la Vieille Dame.

Le dernier communiqué de l’Observatoire, émis le 24 décembre 2018 à 19 heures, se veut rassurant. On peut lire que « la séquence de séismes volcaniques qui avait débuté dans la zone du volcan de La Soufrière le 21 décembre à 21h25, heure locale a pris fin le dimanche 23 décembre. Lors de cette séquence, 88 séismes ont été enregistrés. Les séismes ont été de très faible magnitude (M < 1). Les événements sont localisés à une profondeur inférieure à 2.5 km sous le sommet du dôme de La Soufrière. Aucun séisme n’a été ressenti par la population. »

Le dernier bulletin global d’activité a été émis au mois de novembre 2018. Il nous explique que depuis 1992, l’activité sismique, fumerollienne, thermique, et de déformations superficielles poursuit un régime fluctuant mais globalement en augmentation, qui se traduit par une forte activité du système hydrothermal. La sismicité observée ces derniers mois n’est donc guère surprenante, avec un séisme de magnitude M 4.1 le 27 avril 2018, le plus fort enregistré depuis 1976.

L’Observatoire conclut son bulletin du mois de novembre en indiquant que « si ces phénomènes incitent l’Observatoire à la vigilance instrumentale, ils ne sont pour l’instant pas clairement associés à une anomalie des autres paramètres de surveillance qui pourrait indiquer une éventuelle remontée de magma. »

Les émanations gazeuses au niveau des fumerolles principales du sommet (Cratère Sud, Tarissan, Gouffre 1956) présentent depuis 1998 des risques avérés d’irritation et de brûlures (yeux, peau, voies respiratoires) et de projection de boue brûlante et acide. En raison de la présence de ces gaz toxiques, l’accès à certaines zones du sommet est interdit au public.

Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à la couleur Jaune (Vigilance).

Source : OVSG).

Les sargasses: un poison pour la Martinique (Photo: C. Grandpey)

Vue de La Soufrière (Crédit photo: Wikipedia)

La Sicile continue de trembler // Sicily keeps trembling

L’INGV a enregistré plusieurs nouvelles secousses ces dernières heures dans l’est de la Sicile, en particulier dans la région de Catane. Cinq événements ont été détectés par les instruments dans la soirée du 3 janvier 2019 entre 22 h et 00 h 20, avec une magnitude comprise entre M 2,3 et M 3,0. Une nouvelle secousse de M 3,0 a ensuite été enregistrée à 4h54 le 4 janvier. Les épicentres ont été localisés dans les secteurs de Ragalna, Biancavilla et Adrano. Un autre séisme de magnitude M 3,5 a été enregistré à 5h10 dans cette même région..
Parallèlement, le nombre de personnes déplacées suite à cette sismicité dans la région de Catane a augmenté. 1115 ont été contraintes d’abandonner leur domicile. Selon les informations communiquées par la Protection Civile sicilienne, 319 personnes ont eu recours à un hébergement indépendant et 794 dans des hôtels affiliés à la région sicilienne. Deux personnes sont hébergées dans des installations publiques.
En ce qui concerne la vérification des bâtiments, 551 maisons ont été déclarées inutilisables et 589 partiellement accessibles. S’agissant des bâtiments scolaires 60 des 90 écoles ont été contrôlées. 42 ont été déclarées accessibles, 14 partiellement inhabitables 4 non accessibles.

Source : La Sicilia.

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INGV has recorded several new earthquakes in recent hours in eastern Sicily, particularly in the Catania region. Five events were detected by the instruments on the evening of January 3rd, 2019 between 22:00 and 00:20, with magnitudes between M 2.3 and M 3.0. A new M 3.0 quake was recorded at 4:54 am on January 4th. The epicentres were located in the areas of Ragalna, Biancavilla and Adrano. Another M 3.5 earthquake was recorded at 5:10 am in the same region.
At the same time, the number of people displaced by this seismicity in the Catania region has increased. 1115 were forced to leave their homes. According to the information provided by the Sicilian Civil Protection, 319 people resorted to independent accommodation and 794 to hotels affiliated to the Sicilian region. Two people are housed in public facilities.
With regard to the verification of the buildings, 551 houses were declared unusable and 589 partially accessible. With regard to school buildings 60 out of the 90 schools were controlled. 42 were declared accessible, 14 partly inaccessible and 4 not accessible.
Source: La Sicilia.

Source: INGV

Anak Krakatau (Indonésie) : Nouvel épisode éruptif // New eruptive episode

Selon le VAAC de Darwin, l’Anak Krakatau a repris du service après plusieurs jours de calme relatif. Des panaches de cendre ont été observés en début de journée le janvier 2019, avec des hauteurs de 12 km et 15 km au-dessus du niveau de la mer.
L’éruption est visible sur un sismogramme de l’Observatoire. Elle se présente sous la forme d’un tremor continu d’une amplitude maximale de 11 mm. L’activité sismique reste relativement faible, mais a augmenté après la période calme de fin d’année 2018.
La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange.

Le bilan du tsunami du 22 décembre 2018 s’élève à 437 morts, 14 059 blessés et 16 disparus.
Source: The Watchers, Darwin VAAC.

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According to the Darwin VAAC, Anak Krakatau has become active again, after several days of relative calm. Ash plumes were observed on early January 2nd, 2019 rising up to12 km and 15 km a.s.l.

The eruption was recorded on a seismogram as continuous tremor with a maximum amplitude of 11 mm. Seismic activity is still relatively low, but has increased after a calm period at the end of 2018.

The Aviation colour code remains at Orange.

The death toll of the December 22nd, 2018 tsunami now stands at 437. 14 059 people were injured and 16 are still missing.

Source : The Watchers, Darwin VAAC.

La morphologie de l’Anak Krakatau a été profondément modifiée par le dernier effondrement d’un flanc du volcan (Source: BPPT)

Sismicité à Mayotte (Archipel des Comores) : Ça continue ! // Seismicity continues at Mayotte (Comoro Islands)

La sismicité continue à Mayotte où les habitants vivent dans l’inquiétude. J’ai détaillé la situation à plusieurs reprises dans ce blog (voir mes notes du 4 juillet, du 4 et du 21 décembre 2018). Il semble malheureusement qu’aucun progrès n’ait été fait dans l’étude du phénomène qui persiste depuis plusieurs mois. Je sais bien que pour beaucoup Paris est le centre du monde, mais il ne faudrait pas oublier que Mayotte est un département d’outre-mer (DOM) qui mérite autant de considération que l’Ile-de-France.

Dans la nuit du 29 au 30 décembre 2018, vers 2h30 du matin, un séisme de magnitude M 4,7 a de nouveau été ressenti par la population. Il a été localisé à 10 km de profondeur, à 18 km au sud-est de Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte. Plusieurs témoins font état d’« un tremblement soutenu. » D’autres personnes parlent de « verres qui ont tremblé fortement dans le salon. » Des habitants s’étonnent de la magnitude qui leur semble faible au regard de ce qu’ils ont ressenti :

Depuis plusieurs mois, Mayotte est régulièrement secouée par des séismes qui se présentent souvent sous forme d’essaims. Le plus fort a été enregistré le 15 mai 2018 avec une magnitude de M 5,8. Comme je l’ai indiqué dans ma dernière note à propos de Mayotte, le BRGM a lancé des études pour tenter de déterminer les causes de ces séismes à répétition. Le 11 novembre dernier, les sismographes du monde entier ont enregistré un signal atypique à très basse fréquence, détecté par les réseaux du monde entier. Le signal se répétait sous forme d’onde toutes les 17 secondes environ et durait une vingtaine de minutes.

Depuis la mi-juillet, les stations GPS installées sur l’île de Mayotte ont enregistré son comportement et enregistré un glissement de plus de 61 mm à l’est et de 30 mm au sud. Ces mesures semblent montrer qu’une poche magmatique d’environ 1,4 km3 se fraye un chemin sous la surface près de Mayotte, mais ce n’est qu’une simple hypothèse.

Source : France Info et presse locale.

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Seismicity continues at Mayotte where residents are worried. I have detailed the situation several times in this blog (see my notes of 4 July, 4 and 21 December 2018). Unfortunately, it seems that no progress has been made in the study of the phenomenon that has persisted for several months. I know that for many Paris is the centre of the world, but it should not be forgotten that Mayotte is an overseas department (DOM) that deserves as much consideration as Ile-de-France.
On the night of December 29th – 30th, 2018, at about 2.30 am, an M 4.7 earthquake was again felt by the population. It was located at a depth of 10 km, 18 km southeast of Mamoudzou, the capital of Mayotte. Several witnesses reported “a sustained tremor”. Other people talked about “glasses that shook in the living room”. People are surprised by the low magnitude compared to what they felt:
For several months, Mayotte has been regularly struck by earthquakes often in the form of swarms. The strongest was recorded on May 15th, 2018 with a magnitude of M 5.8. As I indicated in my last note about Mayotte, the BRGM has launched studies to try to determine the causes of these repeated earthquakes. On November 11th, seismographs around the world recorded an atypical signal at very low frequency, detected by networks around the world. The signal was repeated in the form of a wave every 17 seconds and lasted about twenty minutes.
Since mid-July, the GPS stations installed on the island of Mayotte have recorded its behaviour and recorded a slip of more than 61 mm in the east and 30 mm in the south. These measurements seem to show that a magma pocket of about 1.4 cubic kilometres is making its way under the surface near Mayotte, but this is only a hypothesis.
Source: France Info and local press

Epicentre du dernier séisme (Source : France Info)