Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) et Mayotte (Archipel des Comores)

Dans son dernier bulletin mensuel, l’OVPF indique que « le mois de décembre 2018 a été marqué au Piton de la Fournaise par une faible sismicité sous les cratères sommitaux, une absence de déformation significative, et des flux de CO2 avec des valeurs faibles. Ceci témoigne de l’absence de transferts magmatiques – ou leur ralentissement – des  zones profondes vers les zones plus superficielles. »

Le niveau d’alerte est maintenu à « Vigilance » depuis le 8 novembre 2018.

Le dernier bulletin de l’OVPF consacre également un chapitre à la situation sur l’île de Mayotte. On n’apprend rien de très nouveau. Les essaims sismiques ont des épicentres regroupés en mer, 30 à 60 km à l’est de la côte de l’île. La grande majorité de ces séismes est de faible magnitude, mais plusieurs événements de magnitude modérée, avec un maximum de

M5,9, ont été fortement ressentis par la population et ont endommagé certaines constructions.

Depuis le mois de juillet l’activité sismique a diminué mais une sismicité persiste et s’est même intensifiée en décembre où on a enregistré plusieurs événements supérieurs à M 4,0 dont certains ont été ressentis par la population.

En  parallèle, les données des stations GPS du réseau Teria installées ur l’île de Mayotte indiquent depuis le mois de juillet un déplacement d’ensemble d’environ 11 cm vers l’est

et un affaissement d’environ 8 cm depuis le mois de juillet. Des calculs automatiques et journaliers ont été mis en place  à l’OVPF (via le logiciel Gipsy) afin de suivre ces déformations, ainsi que la source à leur origine. Ainsi pour les 3 derniers mois, la source à l’origine de ces déplacements a pu être localisée à une trentaine de kilomètres à l’est de Mayotte et à environ 39 km de profondeur. Cela laisse supposer que des transferts de fluides dans la croûte continuent.

Source : OVPF.

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In its last monthly bulletin, OVPF indicates that « the month of December 2018 was marked on the Piton de la Fournaise by a low seismicity under the summit craters, a lack of significant deformation, and CO2 emissions with low values. This testifies to the absence or the slowdown of magma transfer from the deep zones to shallow zones. »
The alert level has been maintained at « Watch » since November 8th, 2018.

The latest OVPF newsletter also devotes a chapter to the situation on the island of Mayotte. We do not learn anything very new. The seismic swarms have epicentres clustered at sea, 30 to 60 km east of the coast of the island. The vast majority of these earthquakes are of low magnitude, but several events of moderate magnitude, with a maximum of
M5.9, were strongly felt by the population and damaged some buildings.
Since the month of July the seismic activity has decreased but a seismicity persists and even intensified in December where there were several events higher than M 4.0, some of which were felt by the population.
In parallel, data from the Teria network GPS stations installed on the island of Mayotte indicate since July an overall displacement of about 11 cm to the east
and a subsidence of about 8 cm since the month of July. Automatic and daily calculations have been set up at the OVPF (via the Gipsy software) in order to follow these deformations, as well as the source at their origin. Thus for the last 3 months, the source at the origin of these displacements could be located about thirty kilometers east of Mayotte and about 39 km deep. This suggests that fluid transfers into the crust continue.
Source: OVPF.

Déplacements (en mètres) enregistrés sur 4 stations GPS localisées à Mayotte et au nord de Madagascar sur les composantes est (en haut), nord (au milieu) et vertical (en bas) entre avril et décembre 2018. (Source : OVPF)

Stromboli (Sicile)

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, l’activité du Stromboli s’est intensifiée au cours des derniers jours, en particulier dans le secteur nord-est où un nouveau cône de matériaux est en cours d’édification (voir l’image de la webcam ci-dessous). Je viens d’observer le Stromboli ce matin (7 janvier 2019) et le volcan présentait son activité strombolienne habituelle, sans événement significatif.
Selon le rapport quotidien publié par le Laboratorio Geofisica Sperimentale (LGS) dans la matinée du 6 janvier 2019, le nombre d’événements sismiques VLP (Very Long Period) était élevé, avec une moyenne de 16 événements par heure. L’amplitude des événements VLP était moyenne, tandis que l’amplitude du tremor était élevée. Cependant, l’analyse des inclinomètres ne montre aucune déformation significative de l’édifice volcanique. Certains observateurs pensent que cette activité plus intense pourrait se solder par des débordements de lave. Le niveau d’alerte est à la couleur Jaune depuis le 24 décembre 2018.

Suite à cette augmentation de l’activité éruptive, une ordonnance émise par la municipalité de Lipari le 4 janvier 2019 interdit l’accès au Stromboli au-dessus de 400 mètres d’altitude. Le maire de Lipari indique que le niveau d’activité « élevé » du volcan à l’heure actuelle motive cette décision. Les guides accrédités – uniquement dans le cadre d’opérations de surveillance – ainsi que les scientifiques ne sont pas concernés par l’interdiction. Cela signifie que les touristes, même accompagnés par les guides, ne peuvent plus accéder, jusqu’à nouvel ordre, à la zone sommitale du volcan.

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As I put it in a previous post, activity at Stromboli volcano intensified during the past days, especially in its northeastern vents where a new cinder cone is growing (see webcam image below). I have just observed this activity this morning (January 7th, 2019) and the volcano had its usual strombolian activity, with no significant events.

According to the Stromboli Daily Report published by the Laboratorio Geofisica Sperimentale (LGS) in the morning of January 6th, 2019, the number of VLP seismic events was high, with an average of 16 events per hour. The amplitude of VLP events was medium while the amplitude of seismic tremor was high. However, tiltmeters analysis shows no significant deformation of the volcanic edifice. Some observers think that this increased activity might lead to lava overflows. The alert level was raised from Green to Yellow on December 24th, 2018.

Due to this increased activity, an ordinance issued by the Municipality of Lipari on January 4th, 2019 prohibits access to Stromboli above 400 metres above sea level. The Mayor of Lipari indicates that the « high » level of activity of the volcano at the moment motivates this decision. Authorised guides – only in the context of monitoring operations – as well as scientists are not affected by the interdiction. This means that tourists, even accompanied by guides, are not allowed to climb to the summit area of ​​the volcano until further notice..

Vue du Stromboli vers 9 heures le 7 janvier 2019, avec un événement explosif d’intensité moyenne. Au premier plan, on distingue dans la partie NE du cratère le petit cône de matériaux en cours d’édification.

Activité sismique sur le Stromboli le 7 janviers 2019 (Source: INGV)

Nouvelles de Martinique et de Guadeloupe

Avec le réchauffement climatique et la hausse de la température des océans, on assiste à une prolifération d’algues qui viennent s’échouer sur les rivages. Le problème est particulièrement sérieux en Guadeloupe et en Martinique qui sont envahies régulièrement par des bancs de sargasses. Lorsque ces algues se décomposent sur les rivages, elles dégagent de l’hydrogène sulfuré (H2S) qui présente des menaces sanitaires pour la population qui habite sur et à proximité des côtes. J’ai écrit deux articles sur ce blog le 12 juillet et le 28 août 2018 visant à attirer l’attention sur ce problème. Des mesures timides ont été prises par les autorités pour essayer de faire face à l’invasion de sargasses, mais sans grand succès jusqu’à présent.

A la Martinique, la municipalité du Robert, l’une des communes les plus affectées par l’odeur nauséabonde de la décomposition des sargasses, vient de faire l’acquisition d’une nouvelle arme contre ces algues. Il s’agit du Sargator, un navire collecteur d’algues brunes, commercialisé par une entreprise guadeloupéenne. Ce bateau au nom évocateur est équipé pour collecter les algues encore en mer. Les premiers tests (sans la présence de sargasses) de ce nouveau bateau se sont déroulés le 2 janvier 2019 sur le front de mer de la commune.

Le Sargator  présente une longueur d’une douzaine de mètres ; il est doté d’un moteur hors bord qui permettra, grâce à un tapis roulant, de collecter jusqu’à 10 tonnes d’algues, très près des côtes à moins d’1,80 m de profondeur, avant leur échouage. Cet outil a coûté près de 300 000 euros. Si les tests s’avèrent concluants, il sera piloté par trois agents ayant reçu une formation adéquate. A voir maintenant si les tests sont concluants et si le Sargator réussira a rendre la vie agréable aux Martiniquais. Si la phase d’essai est positive, les autorités locales envisagent déjà l’achat d’une deuxième machine.

Source : France Antilles.

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Pendant que les Martiniquais s’attaquaient aux sargasses, les Guadeloupéens – eux aussi concernés par ce problème – s’inquiétaient car le volcan de la Soufrière montrait une hausse de la sismicité  Les sismographes mis en place par l’Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe ont enregistré plusieurs essaims sismiques de très faible magnitude. Ces événements ont été localisés à une profondeur inférieure à 2,5 km, sous le sommet du dôme de la Vieille Dame.

Le dernier communiqué de l’Observatoire, émis le 24 décembre 2018 à 19 heures, se veut rassurant. On peut lire que « la séquence de séismes volcaniques qui avait débuté dans la zone du volcan de La Soufrière le 21 décembre à 21h25, heure locale a pris fin le dimanche 23 décembre. Lors de cette séquence, 88 séismes ont été enregistrés. Les séismes ont été de très faible magnitude (M < 1). Les événements sont localisés à une profondeur inférieure à 2.5 km sous le sommet du dôme de La Soufrière. Aucun séisme n’a été ressenti par la population. »

Le dernier bulletin global d’activité a été émis au mois de novembre 2018. Il nous explique que depuis 1992, l’activité sismique, fumerollienne, thermique, et de déformations superficielles poursuit un régime fluctuant mais globalement en augmentation, qui se traduit par une forte activité du système hydrothermal. La sismicité observée ces derniers mois n’est donc guère surprenante, avec un séisme de magnitude M 4.1 le 27 avril 2018, le plus fort enregistré depuis 1976.

L’Observatoire conclut son bulletin du mois de novembre en indiquant que « si ces phénomènes incitent l’Observatoire à la vigilance instrumentale, ils ne sont pour l’instant pas clairement associés à une anomalie des autres paramètres de surveillance qui pourrait indiquer une éventuelle remontée de magma. »

Les émanations gazeuses au niveau des fumerolles principales du sommet (Cratère Sud, Tarissan, Gouffre 1956) présentent depuis 1998 des risques avérés d’irritation et de brûlures (yeux, peau, voies respiratoires) et de projection de boue brûlante et acide. En raison de la présence de ces gaz toxiques, l’accès à certaines zones du sommet est interdit au public.

Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à la couleur Jaune (Vigilance).

Source : OVSG).

Les sargasses: un poison pour la Martinique (Photo: C. Grandpey)

Vue de La Soufrière (Crédit photo: Wikipedia)

La Sicile continue de trembler // Sicily keeps trembling

L’INGV a enregistré plusieurs nouvelles secousses ces dernières heures dans l’est de la Sicile, en particulier dans la région de Catane. Cinq événements ont été détectés par les instruments dans la soirée du 3 janvier 2019 entre 22 h et 00 h 20, avec une magnitude comprise entre M 2,3 et M 3,0. Une nouvelle secousse de M 3,0 a ensuite été enregistrée à 4h54 le 4 janvier. Les épicentres ont été localisés dans les secteurs de Ragalna, Biancavilla et Adrano. Un autre séisme de magnitude M 3,5 a été enregistré à 5h10 dans cette même région..
Parallèlement, le nombre de personnes déplacées suite à cette sismicité dans la région de Catane a augmenté. 1115 ont été contraintes d’abandonner leur domicile. Selon les informations communiquées par la Protection Civile sicilienne, 319 personnes ont eu recours à un hébergement indépendant et 794 dans des hôtels affiliés à la région sicilienne. Deux personnes sont hébergées dans des installations publiques.
En ce qui concerne la vérification des bâtiments, 551 maisons ont été déclarées inutilisables et 589 partiellement accessibles. S’agissant des bâtiments scolaires 60 des 90 écoles ont été contrôlées. 42 ont été déclarées accessibles, 14 partiellement inhabitables 4 non accessibles.

Source : La Sicilia.

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INGV has recorded several new earthquakes in recent hours in eastern Sicily, particularly in the Catania region. Five events were detected by the instruments on the evening of January 3rd, 2019 between 22:00 and 00:20, with magnitudes between M 2.3 and M 3.0. A new M 3.0 quake was recorded at 4:54 am on January 4th. The epicentres were located in the areas of Ragalna, Biancavilla and Adrano. Another M 3.5 earthquake was recorded at 5:10 am in the same region.
At the same time, the number of people displaced by this seismicity in the Catania region has increased. 1115 were forced to leave their homes. According to the information provided by the Sicilian Civil Protection, 319 people resorted to independent accommodation and 794 to hotels affiliated to the Sicilian region. Two people are housed in public facilities.
With regard to the verification of the buildings, 551 houses were declared unusable and 589 partially accessible. With regard to school buildings 60 out of the 90 schools were controlled. 42 were declared accessible, 14 partly inaccessible and 4 not accessible.
Source: La Sicilia.

Source: INGV