Sismicité dans les Samoa américaines // Seismicity in American Samoa

L’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le HVO, m’a envoyé un message faisant état d’une hausse de la sismicité depuis fin juillet dans les îles Manuʻa des Samoa américaines (voir carte ci-dessous). Les Samoa américaines sont un territoire non incorporé des États-Unis situé dans l’océan Pacifique Sud, au sud-est de l’État indépendant des Samoa.
Selon le HVO, les secousses sismiques sont probablement dues à une activité magmatique sous les îles. L’Observatoire essaie de comprendre la source de cette sismicité et ses implications potentielles.
Les volcans des Samoa américaines sont du même type que ceux d’Hawaï, avec la plaque Pacifique qui se déplace vers le nord-ouest au-dessus du point chaud (hotspot) des Samoa. Le phénomène donne naissance à des volcans sous-marins qui finissent par émerger de l’océan sous forme d’îles. Ces îles sont les sommets de grands volcans boucliers basaltiques s’élevant à plus de 4 500 mètres au-dessus du plancher océanique
Le point chaud samoan est actuellement centré sur le volcan sous-marin (seamount) Vailuluʻu, qui a connu plusieurs éruptions historiques. Les îles Manuʻa d’Ofu, Olosega et Ta’ū, ainsi que l’île principale de Tutuila, sont toutes considérées comme potentiellement actives car elles ont connu des éruptions au cours des 10 000 dernières années.
Tutuila est l’île la plus peuplée des Samoa américaines et c’est là que se trouve la capitale Pago Pago. La plus récente éruption émergée des Samoa américaines a eu lieu sur l’île de Tutuila il y a environ 1400 à 1700 ans. Cependant, de nombreuses éruptions sous-marines se sont produites plus récemment sur les volcans à l’est de Tutuila.
Les îles Manu’a, situées à environ 100 km à l’est de Tutuila, comprennent Ofu, Olosega et Ta’ū. Ofu et Olosega, et sont séparées de Tutuila par l’étroit détroit d’Asaga. Ce sont les sommets de deux volcans boucliers. Taʻū, le plus volumineux du groupe Manuʻa, est un volcan bouclier avec des zones de faille au nord-est et au nord-ouest. En 1866, une éruption sous-marine a formé un cône entre Taʻū et Olosega.
Le volcan sous-marin Vailuluʻu, le plus jeune volcan samoan, est situé à environ 40 km à l’est de Taʻū. Son sommet se trouve à environ 600 m sous le niveau de la mer. Vailuluʻu est entré en éruption à plusieurs reprises au cours des 50 dernières années. Au cours des vingt dernières années, un jeune cône s’est édifié dans la caldeira sommitale.
Si l’on se réfère aux rapports concernant les événements sismiques ressentis et à l’activité historique, on pense que Taʻū et Vailuluʻu sont des sources probables de la sismicité récente. Il était jusqu’à présent difficile d’identifier cette source car il n’y avait pas de sismomètres suffisamment proches. Les dernières données, obtenues à partir de microsismomètres rapidement déployés, indiquent que la source est proche de Taʻū qu’Olosega, mais éloignée de Vailuluʻu. L’essaim sismique est très probablement dû au mouvement du magma sous les volcans et non à des failles tectoniques.
On ne sait pas si cette dernière activité sismique débouchera sur une éruption volcanique. Si cette dernière se produit, elle présentera très probablement des coulées de lave lentes ou des explosions de faible intensité se limitant à une petite zone. D’autres risques pourraient inclure des gaz volcaniques, des séismes et des tsunamis locaux. Une éruption comme celle du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai début 2022 est extrêmement improbable car il s’agit d’un type de volcan très différent. Les volcans des Tonga entrent en éruption de manière beaucoup plus explosive que ceux des Samoa américaines et d’Hawaï.
Source : USGS, HVO.

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The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has sent me a message about an increase in seismisity since late July in the Manuʻa Islands of American Samoa (see map below). American Samoa is an unincorporated territory of the United States located in the South Pacific Ocean, southeast of the independent state of Samoa.

The earthquakes are likely associated with magmatic activity beneath the islands. The Observatory is trying to better understand the source and potential hazard implications of these ongoing earthquakes.

Volcanoes in American Samoa are similar to those in Hawaii, with the Pacific Plate moving to the northwest over the Samoa hotspot and building submarine volcanoes that eventually emerge from the ocean as islands. These islands are the tops of large basaltic shield volcanoes rising over 4,500 meters from the surrounding seafloor.

The Samoan hotspot is currently centered on Vailuluʻu seamount, which has had several historic eruptions. The Manuʻa Islands of Ofu, Olosega, and Ta‘ū, along with the main island of Tutuila, are all considered potentially active as they have erupted within the last 10,000 years.

Tutuila is the most populous island in American Samoa and is where the capital city of Pago Pago is located. The youngest dated eruption in American Samoa on land is on Tutuila and occurred approximately 1400–1700 years ago. However, numerous submarine eruptions have occurred more recently at volcanoes east of Tutuila.

The Manu‘a Islands, located about 100 km east of Tutuila, include Ofu, Olosega and Taʻū. Ofu and Olosega, separated by the narrow Asaga Straight. They are the tops of two shield volcanoes. Taʻū, the largest of the Manuʻa group, is a shield volcano with rift zones to the northeast and northwest. In 1866, a submarine eruption formed a cone between Taʻū and Olosega.

The Vailuluʻu seamount, the youngest Samoan volcano, is located about 40 km east of Taʻū. It is a submarine volcano with a summit about 600 m below sea level. Vailuluʻu has erupted multiple times over the past 50 years. During the past twenty years, a young cone has grown within the summit caldera.

Based on felt reports and historic activity, Taʻū and Vailuluʻu were identified as likely possible sources for the recent seismicity. It was initially difficult to confirm the source because, until a few days ago, there were no seismometers close enough to determine the distance to the source of the earthquakes. The latest data, obtained from rapidly deployed microseismometers, indicate that the source is closer to Taʻū than Olosega and not close to Vailuluʻu. The earthquake swarm is most likely due to magma movement beneath the volcanoes and not tectonic faulting.

It is unclear if this seismic unrest will escalate to a volcanic eruption. If an eruption does occur, it will most likely include slow-moving lava flows or low-level explosions that are localized to a small area. Other hazards could include volcanic gases, ground shaking, and local tsunami. An eruption like Hunga Tonga–Hunga Ha’apai in Tonga earlier this year is extremely unlikely as it is a different type of volcano. Volcanoes in Tonga erupt much more explosively than ones in American Samoa and Hawaii.

Source: USGS, HVO.

Source: USGS

Islande : le lent déclin de l’éruption // Iceland: the slow decline of the eruption

L’éruption continue de décliner dans la Meradalir ce 20 août 2022 au matin. Les projection ont disparu au niveau de la bouche active d’où s’échappe juste un panache de gaz bleutés. On ne voit pas, non plus, de coulées actives sur la champ de lave. Le tremor continue de décliner. La sismicité reste faible sur le péninsule de Reykjanes, même si un événement de M 3,2 a été enregistré à 5h45 le 20 août à une profondeur de 5,3 km. Comme je l’ai écrit précédemment, rien n’annonce un sursaut d’activité éruptive, mais rien ne dit, non plus, qu’un nouvel épisode éruptif ne sera pas observé d’ici quelques semaines. Ce n’est qu’une hypothèse car la prévision éruptive actuelle ne permet pas d’en savoir plus. Ce n’est pas très grave dans cette région de l’Islande où la population est clairsemée. En cas d’urgence, il serait facile de procéder à des évacuations.

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The eruption continues to decline in Meradalir on August 20th, 2022 in the morning. The projections have disappeared at the active vent that only emits a plume of bluish gases. One cannot see, either, active flows on the lava field. The tremor continues to decline. Seismicity remains low on the Reykjanes Peninsula, although an M 3.2 event was recorded at 5:45 a.m. on August 20th at a depth of 5.3 km. As I put it previously, nothing announces a new outbreak of eruptive activity, but a new eruptive episode might be observed within a few weeks. It is only a hypothesis because the current eruptive predictions do not allow to know more. It is not a problem in this region of Iceland where the population is sparse. In the event of an emergency, it would be easy to carry out evacuations.

Image webcam le 20 août 2022 au matin

Source: Met Office islandais

Islande : l’éruption le 14 août 2022 // Iceland : the eruption on August 14th, 2022

Spectacle étonnant sur le site de l’éruption le 14 août 2022 sur le coup de midi: des voitures (4X4 probablement) garées et l’arrivée d’un hélicoptère. Difficile de dire ce que tous ces gens sont venus faire en véhicule motorisés, pendant que de milliers d’autres n’avaient pas d’autre choix que d’emprunter le sentier de 7 km conduisant au spectacle.

Comme je l’ai indiqué précédemment, l’éruption semble en perte de vitesse. La hauteur des gerbes de lave dépasse de moins en moins souvent la lèvre du cratère (il est vrai que les parois sot plus hautes) qui s’est formé dans la Meradalir, et on n’observe plus les rideaux de lave des jours derniers.

La lave continue à s’écouler par l’échancrure ouverte dans la bouche active, mais le débit semble, lui aussi, moins impressionnant. D’ailleurs, plus personne ne parle d’un possible débordement dans une vallée adjacente et d’une éventuelle menace de la lave pour la route côtière.

Il n’est donc pas certain que l’éruption dure encore très longtemps, à moins que le magma trouve une autre porte de sortie, mais cette hypothèse me semble peu probable au vu de la faible sismicité sur la péninsule de Reykjanes. Dans le même temps, le tremor éruptif se maintient à un niveau relativement stable.

Personnellement – mais je peux avoir tout faux – je reste persuadé que cette éruption a lieu dans la continuité e celle de 2021 au Fagradalsfjall. Il serait vraiment intéressant d’avoir une comparaison chimique des laves émises sur les deux sites qui ne sont pas très éloignés l’un de l’autre.

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Amazing pictures on the site of the eruption on August 14th, 2022 around noon: cars (probably 4-wheel drive) parked on the site and the arrival of a helicopter. Hard to say what all these people came to do in motorized vehicles, while thousands of others had no choice but to take the 7 km path leading to the show.
As I put it before, the eruption seems to be losing momentum. The height of the lava projections exceeds less and less often the rim of the crater (whose walls are higher) which formed in Meradalir, and we no longer observe the lava fountains of the last days.
Lava continues to flow through an opening into the active vent, but the flow also seems less impressive. Moreover, no one is talking about a possible overflow in an adjacent valley and a possible threat of lava to the coastal road.
It is therefore not certain that the eruption will last very long, unless magma finds another way out, but this hypothesis seems unlikely to me given the low seismicity on the Reykjanes peninsula. At the same time, the eruptive tremor remains at a relatively stable level.
Personally – but I may be completely wrong – I remain convinced that this eruption takes place in the continuity of that of 2021 at Fagradalsfjall. It would be really interesting to have a chemical comparison of the lavas amitted on the two sites which are not very far from each other.

 Le site éruptif cet après-midi

Gros plan sur le cratère en fin d’après-midi le 14 août 2022 (Images webcam)

Essaim sismique sur la Péninsule de Reykjanes (suite) // Seismic swarm on the Reykjanes Peninsula (continued)

La sismicité reste intense en ce 1er août 2022 sur la péninsule islandaise de Reykjanes. Plusieurs événements montrent des magnitudes supérieures à M 3,0, voire M 4,0. Les hypocentres se maintiennent à des profondeurs entre 3,6 et 4,7 km.

En regardant la carte du Met Office, on se rend compte que la hausse de la sismicité affecte une zone relativement vaste, même si les secousses les plus significatives restent concentrées dans la partie de centrale de la péninsule. Les événements avec la plus forte intensité ont été localisés à l’ENE de Fagradalsfjall (le site de la dernière éruption), au SE de Keilir, au NO de Grindavik, ou encore au NE de Krysuvik.

Comme je l’ai indiqué avant que se produise la dernière éruption,, la péninsule de Reykjanes est une zone complexe. Son histoire montre qu’elle a été exposée aussi bien à des événements sismiques que volcaniques. La prévision éruptive est donc difficile. Heureusement, la région ne présente pas une grande densité de population et il serait relativement facile de procéder à des évacuations si une éruption devait se produire.

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Seismicity remains intense on August 1st, 2022 on the Icelandic Reykjanes Peninsula. Several events had magnitudes greater than M 3.0, even M 4.0. The hypocenters have been located at depths between 3.6 and 4.7 km.
Looking at the Met Office map, one can see that the increase in seismicity affects a relatively large area, although the most significant tremors remain concentrated in the central part of the peninsula. The events with the strongest intensity were located ENE of Fagradalsfjall (the site of the last eruption), SE of Keilir, NW of Grindavik, or NE of Krysuvik.
As I stated before the last eruption, the Reykjanes Peninsula is a complex area. Its history shows that it has been exposed to both seismic and volcanic events. Eruptive prediction is therefore difficult. Fortunately, the area does not have a high population density and it would be relatively easy to carry out evacuations if an eruption were to occur.

Source: IMO