Mise au point du Met Office islandais à propos du Katla // Icelandic Met Office’s clarification about Katla volcano

drapeau-francaisComme je l’ai écrit dans une note précédente, l’activité sismique du Katla est en hausse depuis la mi-juin, ce qui a provoqué la crainte de l’imminence d’une éruption. Le Met Office islandais n’est pas de cet avis et vient de publier une mise au point.
Depuis le 1er juin 2016, plus de 100 séismes superficiels ont été détectés dans la caldeira du Katla, ce qui représente près de quatre fois la moyenne mensuelle par rapport aux années précédentes. Ces séismes ont eu lieu sous forme de séquences de quelques minutes à quelques heures, souvent avec 20 événements ou plus. Leur magnitude maximale était M 3.2. Cette hausse de l’activité sismique pendant l’été est fréquente sur le Katla et l’activité de cette année est semblable à celle observée en 2012 et 2014. Elle se produit souvent en relation avec une vidange des eaux de fonte de plusieurs chaudrons de glace bien connus formés par l’activité hydrothermale.
Depuis la fin juin 2016, on a observé trois petites crues de la rivière Múlakvísl qui sort du Mýrdalsjökull, le glacier qui recouvre le Katla. Le niveau de l’eau et les mesures de conductivité électrique effectuées au niveau du pont sur la Múlakvísl révèlent une augmentation d’écoulement de l’eau de fonte en provenance du Mýrdalsjökull.
Dans le secteur du Katla proprement dit, aucune déformation significative du sol et aucun épisode de tremor n’a été enregistré. Cela signifie qu’il n’y a pas de mouvements de magma en profondeur.

L’intérêt des médias pour les volcans islandais reste très fort depuis l’éruption de l’Eyjafjallajökull en 2010.

Ce bulletin d’activité émanant d’une source officielle a pour but d’éviter les interprétations erronées et autres digressions au niveau des organes de presse.

Source: Icelandic Met Office.

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drapeau-anglaisAs I put it in a previous post, earthquake activity at Katla volcano has increased since mid-June, which has caused fear that an eruption might be imminent. The Iceland Met Office does not think so and has issued a report explaining why.

Since June 1st 2016, more than 100 shallow earthquakes have been detected in Katla caldera, which is almost four times the monthly average compared to previous years. Earthquakes occurred mainly in bursts ranging from minutes to hours, often with 20 events or more. Their largest magnitude was M 3.2. Such summertime increases in seismicity are common at Katla and this year’s activity is similar to summertime unrest observed in 2012 and 2014. It often occurs in association with drainage of meltwater from several known ice-cauldrons, formed by hydrothermal activity.

Since late June 2016 there have been three small floods in the Múlakvísl river, an outlet from Mýrdalsjökull, the ice-cap overlying Katla. Water level and electrical conductivity measurements at the bridge over Múlakvísl show increased drainage of geothermal meltwater from Mýrdalsjökull.

Around Katla, no signs of increased ground deformation or bursts of seismic tremor have been recorded. Had they been observed, they might have indicated movement of magma.   Media interest in Iceland’s volcanoes has remained high since the 2010 Eyjafjallajökull. The current activity summary is intended as an official monitoring statement, in case of diverging media reports.

Source: Icelandic Met Office.

Myrdalsjokull

Vue du glacier Myrdalsjökull qui recouvre le volcan Katla.

(Crédit photo: Wikipedia)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Vers une situation pré-éruptive?

drapeau-francaisDans son dernier bulletin en date du 28 juillet 2016, l’OVPF indique que, depuis la reprise de la sismicité le 13 juillet dernier, on a  enregistré 163 séismes volcano-tectoniques superficiels sous les cratères sommitaux; avec deux pics les 19 et 26 juillet, ainsi que 18 séismes sous l’île. 226 effondrements ont été observés dans le Cratère Dolomieu et sur la coulée d’août-octobre 2015.

S’agissant de la déformation de l’édifice volcanique, on note depuis le 13 juillet une reprise de l’inflation. Elle se poursuit à des taux semblables à ceux enregistrés avant les éruptions de 2015 et 2016, avec une élongation sommitale d’environ 1 mm/jour.

Les mesures de gaz révèlent depuis le 21 juillet, une augmentation modérée des concentrations moyennes en H2S au sommet. D’autre part, la baisse des concentration en CO2 au niveau du sol sur les stations lointaines pourraient marquer des épisodes de transfert magmatique profond vers de plus faibles profondeurs.

Le niveau d’alerte pour le Piton de la Fournaise est maintenu à Vigilance

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drapeau-anglaisIn its latest update (July 28th, 2016), OVPF indicated that since the resumption of seismicity on July 13th, there have been 163 shallow volcano-tectonic earthquakes beneath the summit craters; with two peaks on 19 and 26 July, as well as 18 earthquakes beneath the island. 226 collapses were observed in the Dolomieu Crater and along the August-October 2015 lava flow.
Regarding the deformation of the volcanic edifice, there has been a pickup in inflation since July 13th . It is going on at rates that are similar to those recorded before the 2015 and 2016 eruptions, with a summit elongation of about 1 mm / day.
Since July 21st, gas measurements have revealed a moderate increase in average concentrations of H2S at the summit. Moreover, lower CO2 concentration at ground level at the distant stations could reveal deep magmatic transfer episodes to lower depths.
The alert level for the Piton de la Fournaise is kept at “Vigilance.”

Déformation Piton

Illustration de la déformation sommitale depuis l’éruption du 26-27 mai 2016 (en jaune). Le graphique montre une ligne de base (distance entre deux récepteurs GPS) traversant le cratère Dolomieu d’est en ouest (en noir les données brutes, en bleu les données lissées sur une semaine). Une hausse est synonyme d’élongation et donc de gonflement du volcan. (Source : OVPF)

Katla (Islande): Pas d’éruption en vue // No eruption in the short term

drapeau-francaisLe Katla est connu pour être l’un des volcans les plus dangereux d’Islande. A la moindre augmentation de la sismicité et à la moindre crue glaciaire, les volcanologues locaux le surveillent encore plus étroitement.
Une petite crue glaciaire est partie du glacier Mýrdalsjökull il y a quelques jours. Le niveau de la rivière glaciaire Múlakvísl a augmenté en même temps que l’on observait une intensification de l’activité sismique sur le Katla. Les deux phénomènes sont très souvent liés et ne sont pas inquiétants. Il est probable que l’eau de fonte des chaudrons de glace présents sur le Mýrdalsjökull  s’est écoulée dans la Múlakvísl qui naît sous le glacier, hypothèse soutenue par une augmentation de la conductivité dans la rivière. En l’état actuel des choses, la crue glaciaire est insignifiante par rapport celle survenue sur la Múlakvísl en 2011 et qui avait détruit un pont sur la route n°1. Il se peut que l’inondation causée par la crue détruise des passerelles sur les sentiers de randonnée dans la région. Un autre risque est la présence de gaz soufrés qui accompagnent la crue glaciaire et qui pourraient se concentrer dans les zones basses. Malgré tout, il n’y a rien de vraiment inquiétant. Ce type de crue est fréquent en été ; il correspond à une libération de l’eau hydrothermale sous le glacier et se produit tous les deux ans et parfois même tous les ans.
Il n’y a aucune indication d’une prochaine éruption du Katla dont la dernière colère remonte à 1918, avec des inondations et des retombées de cendre.
Sources: Iceland Rewiew & Iceland Geology, le site web de Jón Frímann.

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drapeau-anglaisKatla is known to be one of the most dangerous volcanoes in Iceland. At the slightest increase in seismicity and at the slightest glacial flood, local volcanologists monitor the volcano even more closely.

A small glacier flood started from Mýrdalsjökull glacier few days ago. The water level of the glacial river Múlakvísl has risen in line with increased seismic activity at Katla volcano. It is likely that melt water from cauldrons in Katla has flowed into Múlakvísl from underneath the glacier, a hypothesis supported by increased conductivity in the river. At the current stage, the glacial outburst flood is insignificant compared to the massive flood which occurred in Múlakvísl in 2011 and destroyed a bridge on the Ring Road. There is a minor risk of the flood destroying footpath bridges in the area it goes over Another risk is from sulphur gases from the glacier flood that might be concentrated in lower areas. However, this is a normal summer release of hydrothermal water from the glacier. It happens every other year and sometimes every year.

There are currently no indications of an upcoming volcanic eruption. Katla last erupted in 1918, causing flooding and ashfall.

Sources : Iceland Rewiew & Jón Frímann’s Iceland Geology.

Katla1918

Source: Wikipedia.

La surveillance de l’Hekla (Islande) // The monitoring of Mt Hekla (Iceland)

drapeau francaisL’Hekla est l’un des volcans les plus actifs d’Islande. Au cours du dernier millénaire, il est entré en éruption à 23 reprises. L’éruption la plus récente a eu lieu en février 2000, avec l’émission d’un panache de cendre, de gaz et de vapeur d’eau jusqu’à 10-12 km de hauteur pendant environ deux heures. L’éruption majeure la plus récente s’est produite en 1947 ; elle a généré un panache qui est monté à une trentaine de kilomètres dans la stratosphère. Selon les conditions météorologiques au moment de l’éruption, les nuages de cendre peuvent monter à une altitude élevée et affecter le trafic aérien international.
Depuis 1970, l’Hekla est entré en éruption à peu près tous les 10 ans (1970, 1980-1981, 1991 et 2000). C’est la raison pour laquelle le volcan est aujourd’hui considéré comme «en retard», vu que la dernière éruption a eu lieu il y a plus de 16 ans. Il convient toutefois de remarquer qu’avant 1970, l’Hekla se manifestait moins fréquemment, avec des périodes de repos allant jusqu’à 120 ans. Comme je l’ai écrit précédemment, j’ai de grands doutes quant à l’activité cyclique d’un volcan. S’agissant de l’Hekla, un laps de temps de 30 ans est loin d’être suffisant pour décider qu’un volcan a un cycle éruptif.

Le Met Office islandais (IMO) est en charge de la surveillance de l’Hekla. Depuis le début de la surveillance instrumentale du volcan dans les années 1970, les signaux pré-éruptifs ont été détectés seulement quelques dizaines de minutes avant le démarrage d’une éruption. De gros efforts sont faits pour mettre en place un réseau de surveillance efficace sur et autour du volcan afin de détecter les premiers signaux éruptifs. Le but est d’optimiser l’observation et l’interprétation des signaux disponibles et de donner, en temps opportun, des informations sur l’activité volcanique. Comme en 1991 et 2000, la prochaine éruption de l’Hekla sera probablement précédée d’un épisode mesurable d’ascension du magma vers la surface. Les séismes qui accompagnent cette ascension du magma peuvent et doivent être détectés en temps quasi réel. Le réseau sismique a été amélioré en 2012 avec l’installation de deux sismomètres temporaires à large bande à 11 km du volcan; ils viennent s’ajouter au réseau permanent. Le réseau sismique actuel est capable de détecter des séismes beaucoup plus faibles que ceux détectés automatiquement avant l’éruption de l’an 2000; de plus, il devrait pouvoir localiser ces événements avec plus de précision.
Une augmentation de l’activité sismique de l’Hekla entraînerait automatiquement l’apparition de signaux radio dans la salle de contrôle de l’IMO à Reykjavík, qui est opérationnelle 24 heures sur 24, tous les jours de l’année. Le système d’alerte, utilisé pour toutes les régions d’Islande, est basée sur la magnitude et le nombre de séismes, ainsi que sur l’énergie libérée, en fonction de seuils prédéfinis. En plus de l’alerte audio, une alerte est envoyée par sms au personnel de surveillance de l’IMO et aux autorités de la protection civile. Le tremor éruptif est également surveillé et une alerte est transmise chaque fois que le tremor enregistré à l’une des stations dépasse un seuil qui pourrait indiquer une éruption à court terme.
Trois paramètres principaux sont actuellement contrôlés par l’IMO: sismicité, déformation de surface, et émissions de gaz. Les plupart des mesures de déformation récentes montrent une tendance globale d’inflation sur le long terme. Le niveau de l’éruption de l’an 2000 a même été dépassé à certains moments entre 2007 et 2009.
Les mesures de gaz n’ont révélé aucune concentration détectable de SO2 sur l’Hekla depuis le début des mesures en 2014.
Il est clair que, depuis l’éruption de l’an 2000, d’importantes améliorations ont été apportées aux réseaux de surveillance du volcan. Toutefois, en raison des conditions environnementales difficiles, ainsi que des problèmes pouvant survenir lors du transfert et du traitement des données, une prévision précise à court terme ne peut pas être garantie. La prochaine éruption de l’Hekla pourrait se produire avec peu ou pas de préavis, en dépit de tous les systèmes de surveillance et d’alerte actuellement opérationnels. Compte tenu de l’amélioration des capacités de surveillance, et en se référant au comportement de l’Hekla en 1991 et 2000, l’imprévisibilité du volcan est telle que l’IMO pourrait disposer de moins d’une heure pour la mise en place des alertes dans des conditions optimales.
Source: Icelandic Met Office

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drapeau anglaisMount Hekla is one of the most active volcanoes in Iceland. During the last millennium, it has erupted 23 times. The most recent eruption was in February 2000, when the volcano emitted a 10 to 12-km-high plume of ash, gas and water vapour that lasted a couple of hours. The most recent major eruption of Hekla in 1947 generated a plume that rose to about 30 km in the stratosphere. Depending on weather conditions at the time of the eruption, the ash clouds can rise to high elevation and affect international air travel.

Since 1970, Mt Hekla has erupted roughly every 10 years (1970, 1980-81, 1991 and 2000). This is one reason why the volcano is now considered to be ‘overdue’, as the last eruption occurred more than 16 years ago. However, it should be noted that before 1970, Hekla erupted less frequently, with repose intervals up to 120 years in past centuries. This is the reason why – as I put it previously – I have great doubts about the cyclical activity of this volcano. Besides, a time span of 30 years is by no means sufficient to decide that a volcano has an eruptive cycle.

The Icelandic Met Office (IMO) is in charge of the monitoring of Mt Hekla. Since instrumental monitoring of the volcano began in the 1970s, pre-eruptive signals have been detected only tens of minutes before an eruption commenced. Great efforts are made to expand a robust monitoring network on and around the volcano for the purpose of detecting precursory eruptive signals. The goal is to optimize the observation and interpretation of the available signals to allow a timely warning about volcanic activity. As in 1991 and 2000, the next eruption of Hekla should be preceded by the measurable propagation of magma towards the Earth’s surface. Earthquakes accompanying the ascent of magma should be detected in near-real-time. The seismic network was improved in 2012 with the installation of two temporary broadband seismometers within 11 km of the volcano; they were added to the permanent network. The present network is able to detect much smaller earthquakes than would have been detected automatically immediately before the 2000 eruption; moreover, their location and accuracy is expected to be greatly improved.

Increased earthquake activity at Hekla results in an automated audio warning in IMO’s monitoring room in Reykjavík, which is staffed around the clock every day of the year. The warning system, which is used for all regions in Iceland, is based on earthquake size, earthquake rate and energy release relative to predefined thresholds. In addition to an audio alert for Hekla, an SMS alert is sent to IMO monitoring coordinators and Civil Protection authorities. Seismic tremor is also monitored and a warning is issued every time the tremor at any station exceeds a threshold which might indicate an eruption in the short term.

Three main parameters are currently monitored by IMO: seismicity, surface deformation, and gas emissions. The most recent deformation measurements show a broadly constant, long-term inflation trend signal. The 2000 eruption level was exceeded sometime between 2007 and 2009.

Gas measurements have seen no detectable concentrations of SO2 at Mt Hekla since measurements began in 2014.

It is clear that since the 2000 eruption of Hekla, significant improvements have been made to IMO’s monitoring networks around the volcano. However, due to harsh environmental conditions around the volcano, together with the potential for data-transfer and handling problems, a definite, short-term forecast cannot be guaranteed. The next eruption of Mt Hekla could occur with little or no forewarning, despite having all monitoring and warning systems fully functional. Taking into account IMO’s improved monitoring capabilities, and based on the behaviour of Hekla in 1991 and 2000, the unpredictability of the volcano is such that the warning-time under optimal conditions could be less than an hour.

Source : Icelandic Met Office.

Hekla-blog

Crédit photo: Wikipedia.

Hekla tilt

Graphique montrant l’évolution de la déformation de l’Hekla entre 1985 et aujourd’hui. On remarquera la déflation de l’édifice qui a accompagné les éruptions de 1991 et 2000 lorsque le magma s’est évacué. Le tilt présente une hausse globale depuis 2000 et a même dépassé le niveau d’avant cette dernière manifestation du volcan. (Source: Icelandic Met Office)