Stromboli : Renforcement des mesures de sécurité // Strengthening security measures

Dans ma dernière note concernant l’éruption du Stromboli le 28 août 2019, je mettais en garde contre le risque de tsunami en cas d’effondrement de la partie sous-marine de la Sciara del Fuoco, comme cela s’est déjà produit dans le passé, en particulier le 31 décembre 2002. Le président de l’INGV a fait aujourd’hui une déclaration dans ce sens : « Il existe également le danger d’un tsunami plus important que celui qui s’est produit hier et qui a généré vague de 20 centimètres suite à l’arrivée dans la mer des matériaux pyroclastiques produits par l’éruption. Dans le cas où une partie du flanc de la Sciara del Fuoco s’effondrerait ou dans laquelle se produirait une nouvelle éruption majeure, l’entrée de ces volumes de matériaux dans la mer pourrait entraîner le déclenchement d’un tsunami plus important. » En conséquence, la Protection Civile a décidé de faire passer d’un kilomètre à un mille marin (1852 mètres) l’interdiction de navigation sur l’étendue de mer située en face de la Sciara del Fuoco. A noter que l’interdiction d’un kilomètre ordonnée par l’autorité portuaire de Milazzo le 5 juillet dernier était déjà une extension ; en effet, depuis 2003, la navigation est interdite jusqu’à 400 mètres de la côte. Le maire de Lipari a également émis le 29 août 2019 une ordonnance d’interdiction visant les navires non réguliers (embarcations privées ou de mini croisières). Seuls les aliscaphes et les ferries réguliers peuvent accoster à Stromboli. Le maire a en outre prolongé l’ordonnance interdisant l’amarrage des bateaux-bus qui font transiter chaque jour 3 à 4 mille personnes entre la Sicile et la Calabre. Comme je l’écrivais précédemment, les excursions vers le sommet du volcan avec l’accompagnement de guides sont reportées sine die.

Source : La Sicilia.

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In my last note about the eruption of Stromboli volcano on August 28th, 2019, I sent a warning about the risk of tsunami in case of a collapse of the submarine part of Sciara del Fuoco, as this happened in the past, for instance on December 31st, 2002. Today, the INGV president made a statement that echoed my words: « There is also the danger of a larger tsunami than the one which occurred yesterday and which generated a 20-centimetre wave following the arrival in the sea of ​​the pyroclastic materials produced by the eruption. Should a part of the Sciara del Fuoco flank collapse or a new major eruption occur, the entry of these volumes of material into the sea could trigger a larger tsunami. »As a result, the Civil Protection has decided to extend from one kilometre to one nautical mile the ban on navigation on the expanse of sea in front of the Sciara del Fuoco. Note that the one-kilometre ban ordered by the port authority of Milazzo on July 5th was already an extension; indeed, since 2003, navigation has been prohibited up to 400 metres from the coast. The mayor of Lipari also issued a prohibition order on 29 August 2019 for non-scheduled vessels (private boats or mini-cruises). Only aliscaphs and regular ferries can dock at Stromboli. The mayor has also extended the ordinance prohibiting the mooring of the boats which transfer daily 3 to 4 thousand people between Sicily and Calabria. As I put it previously, trips to the summit of the volcano with the guides are postponed indefinitely.
Source: La Sicilia.

Capture d’écran de la webcam Skyline dans la soirée du 29 août 2019

Le nouveau périmètre de sécurité de La Soufrière (Guadeloupe)

Comme je l’indiquais précédemment, le préfet de la Guadeloupe a pris un nouvel arrêté de délimitation du périmètre de sécurité au sommet de la Soufrière. Comme il fallait s’y attendre, l’accès est très sensiblement restreint.

Le nouvel arrêté fait suite aux recommandations de l’Observatoire qui a constaté au cours des derniers mois une augmentation de l’activité sismique et fumerollienne sur le volcan. Il n’y a pas de risque d’éruption à très court terme, mais la déformation du dôme due à des phénomènes hydrothermaux en profondeur provoque des événements à la surface. L’activité des fumerolles est plus importante sur une zone élargie avec l’apparition de nouveaux centres d’émission, avec risque de projections de boues brûlantes et acides. De plus, toujours selon l’Observatoire, les zones d’instabilité avec des risques d’effondrement augmentent ainsi que les risques d’émanations toxiques.

Après concertation avec la mairie de Saint-Claude, l’OVSG, le Parc national, Routes de Guadeloupe, la DEAL et les services de sécurité et de secours, un nouveau périmètre a été défini. Il s’étend sur le territoire des communes de Saint-Claude et de Capesterre-Belle-Eau. Il sera rapidement matérialisé par le Parc National de la Guadeloupe, par la pose de barrières et l’affichage de l’arrêté.

L’arrêté est censé concilier des exigences de sécurité et celles résultant de l’intérêt scientifique et touristique du volcan. Son élaboration a donné lieu à des échanges, notamment avec les accompagnateurs en moyenne montagne et le Parc national. Il ressort que l’accès au périmètre demeure possible pour tout agent public ou professionnel exerçant une mission d’intérêt général, à condition qu’il ait à franchir le périmètre dans le cadre de l’exercice de ses fonctions. Même chose  pour les accompagnateurs en moyenne montagne et leurs groupes, sous réserve du respect strict de plusieurs conditions.

Malgré ces nouvelles restrictions d’accès, le touriste lambda pourra tout de même accéder au point culminant du volcan. Ouf ! En fait, c’est tout le périmètre des gouffres (Dupuy et Tarissan en particulier), autrement dit la zone la plus susceptible d’engendrer des projections, qui est interdit.

S’agissant des accompagnateurs en moyenne montagne, ils devront  détenir le diplôme d’État d’alpinisme accompagnateur en moyenne montagne, option « moyenne montagne tropicale et équatoriale » à jour de l’obligation de recyclage. Ils devront disposer d’équipements individuels de protection respiratoire. Ils doivent être assurés pour l’ensemble du groupe et laisser visible un système d’identification visuelle (étiquette, badge…) identique pour chaque membre du groupe.

Source : France Antilles.

Reste à savoir comment réagiront lesdits accompagnateurs si une brutale éruption phréatique semblable à celle qui a surpris Tazieff ; Le Guern et Allègre en 1976 se produit au moment d’une visite de La Soufrière. Pas sûr que les équipements mentionnés ci-dessus soient d’une grande utilité dans le cas d’une douche de boue bien chaude…. ! J’avais formulé une remarque semblable à propos du Stromboli. Je ne suis pas certain que la présence d’un guide auprès d’un groupe d’une vingtaine de personnes ou plus empêche un mouvement de panique si une forte explosion envoie des matériaux incandescents sur la Cima ! Je suis conscient que mes remarques ne feront pas plaisir aux autorités (qui seront moins responsables en cas de pépin !), mais mon expérience du milieu volcanique me conduit à les formuler…

Vue du nouveau périmètre de sécurité

La Soufrière (Guadeloupe) [suite]

Suite à l’intensification de l’activité sismique et fumerollienne récemment observée sur la Soufrière, la zone interdite d’accès vient d’être étendue par les autorités locales, sur recommandation de l’OVSG. Ce dernier indique dans son dernier bulletin du 13 janvier 2019 que la séquence de séismes volcaniques qui a débuté le mardi 8 janvier dans la zone du volcan, continue avec l’enregistrement de quelque 600 séismes depuis son début. Ils sont de très faible magnitude (M < 1) et aucun événement n’a été signalé ressenti par la population.

Selon les géologues, on a affaire à un regain d’activité de « processus cyclique d’injection de gaz magmatiques profonds, à la base du système hydrothermal à une profondeur de 2 à 3 km sous le sommet ». L’Observatoire considère a conseillé aux autorités locales d’établir une distance de sécurité d’au moins 50 mètres de rayon autour des principaux centres d’émission de gaz fumerolliens.

Un périmètre de sécurité existe depuis une vingtaine d’années car les émanations gazeuses, aux abords et sous le vent des principales fumerolles du sommet de la Soufrière qui présentent des risques d’irritation et de brûlures pour les yeux, la peau ou les voies respiratoires. Les lieux les plus concernés sont le cratère sud, le Tarissan, et le gouffre de 1956. Il existe également un risque de projection de boue brûlante et acide. On a observé des phénomènes violents de ce type au cours de la célèbre crise de 1976. En raison des gaz toxiques, un arrêté municipal, du 29 octobre 2001, modifié le 27 janvier 2015, interdit l’accès du public à certaines zones du sommet de la Soufrière.

Après le Stromboli, l’Etna ou le Kilauea, voici un nouveau volcan dont l’accès va être restreint. Dans le même temps le hors piste n’est pas interdit dans les stations de ski, malgré les dangers qu’il comporte pour les skieurs et les sauveteurs !

Source: France Antilles, OVSG.

Crédit photo: Wikipedia

 

Réouverture du Parc National du Poás (Costa Rica) // Reopening of Poás Volcano National Park (Costa Rica)

Enfin une bonne nouvelle dans le monde des volcans. Après la plate-forme d’observation qui n’a jamais existé pour admirer l’éruption du Kilauea (Hawaii), le Costa Rica a de nouveau ouvert au public le Parc National du Volcan Poás qui était resté fermé pendant 16 mois en raison de l’activité volcanique. Il y a maintenant un nouveau système de sécurité pour les touristes. Il comprend des abris, des équipements de sécurité tels que des casques et des masques, ainsi que des systèmes de mesure des gaz en temps réel.
Les visiteurs seront autorisés à se rendre au point de vue sur le cratère en groupes, avec un maximum de 50 personnes et pour une durée de 20 minutes.
Source: Inside Costa Rica.

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At last a good piece of news in the world of volcanoes. After the observation platform that never existed to see the eruption of Kilauea (Hawaii), Costa Rica has reopened visits to the Poás  Volcano National Park that was closed for 16 months due to volcanic activity. There is now a new security system for tourists. It includes shelters, safety equipment such as helmets and masks, as well as gas meters in real time.

Visitors will be allowed to go to the crater viewpoint in groups, with of maximum 50 people and for a period of 20 minutes.

Source : Inside Costa Rica.

Crédit photo: Wikipedia