Fuego, Pacaya & Santiaguito (Guatemala)

drapeau francais   L’activité du volcan Fuego a connu une hausse au cours des dernières heures avec deux coulées de lave émises depuis le cratère. D’une longueur de 700 mètres, elles se sont dirigées vers les ravines Ceniza et Taniluya. Des avalanches de blocs incandescents atteignent la végétation. Cette activité génère des grondements de dégazage semblables au moteur d’un avion à réaction. La nuit, on observe une incandescence au niveau du cratère.
La sismicité est en hausse. L’INSIVUMEH indique qu’au cours des prochaines heures, il n’est pas impossible qu’on observe « une éruption effusive qui peut générer des écoulements pyroclastiques le long du flanc sud dans les ravines Ceniza, Taniluya et Trinidad ».  

Au vu de cette activité, l’INSIVUMEH recommande à la CONRED de maintenir l’alerte jaune et à l’aviation civile de prendre les précautions nécessaires pour le trafic aérien car il y a des risques de cendre sur les flancs sud, sud-ouest et ouest à une altitude de 4500 mètres, jusqu’à une distance de 12 km sous le vent.

L’activité reste stable (émissions fumerolliennes) sur le Pacaya et sur le Santiaguito (petites explosions).  

drapeau anglais   The activity of Fuego volcano has increased over the last hours with two lava flows emitted from the crater. With a length of 700 meters, they are travelling down the Ceniza and Taniluya drainages. Avalanches of incandescent blocks reach the vegetation. This activity generates rumblings of degassing similar to a jet engine. At night, a glow can be observed at the crater.
Seismicity is increasing. INSIVUMEH indicates that over the next few hours one could possibly observe « an effusive eruption generating pyroclastic flows along the southern flank in the Ceniza, Taniluya and Trinidad drainages. »
Given this activity, INSIVUMEH advises CONRED to maintain Yellow alert and the Civil Aviation to take the necessary precautions for air traffic as there are risks of ash on the south, southwest and west flanks at an altitude of 4500 meters, as far as 12 km downwind.

Activity remained stable (fumerolian emissions) on Pacaya and Santiaguito (small explosions).

Santiaguito (Guatemala): le volcan reste bien actif // The volcano remains quite active

drapeau francais   Les explosions au niveau du dôme génèrent des panaches de cendre qui s’élèvent jusqu’à 700 – 900 mètres au-dessus du sommet. Des retombées de cendre ont été observées à Calahuaché, El Faro et San José Patzulin, essentiellement au SO du Santiaguito. Ces retombées de cendre sont en général causées par des avalanches au niveau des fronts de coulées ou par des effondrements de certaines parties du dôme. L’INSIVUMEH indique que les coulées sont actives sur les flancs SO, S, SE et E du volcan.

Ne pas oublier que les éruptions du Santa Maria – au pied duquel est né le Santiaguito en 1922 – peuvent être très violentes. Celle de 1902, largement occultée par la catastrophe de la Montagne Pelée a entraîné la mort de quelque 6 000 personnes. Cet événement est décrit dans mon livre Killer Volcanoes.

 

drapeau anglais   Explosions at the dome – at a rate of 40 to 60 per day – produce ash plumes that rise up to 700-900 metres above the summit. Ashfall has been reported in Calahuaché, El Faro (SW flank), and San José Patzulin (SW flank). It is usually caused by avalanches from lava-flow fronts or by collapses of parts of the lava dome. INSIVUMEH indicates that lava flows are active on the SW, S, SE, and E flanks.

We should not forget that the eruptions of Santa Maria – Santiaguito was born at its base in 1922 – can be very violent. The 1902 eruption, largely left aside because of the disaster at the Montagne Pelée, caused the deaths of about 6,000 people. This event is described in my book Killer Volcanoes.

Santiaguito-sommet

(Photo:  C. Grandpey)

 

Volcans du Guatemala // Guatemala volcanoes

Le Pacaya montre une activité normale, essentiellement fumerollienne, avec des panaches qui atteignent au maximum 2700 mètres d’altitude.
Le Fuego connaît lui aussi une activité fumerollienne avec des panaches atteignant une altitude de 3900 mètres. Quelques explosions génèrent encore des panaches de cendre qui s’étirent sur environ 7 km. On observe toujours une coulée de lave d’environ 400 mètres de longueur dans la ravine Taniluya.
On observe de l’incandescence au niveau des fronts de coulées sur les flancs du Santiaguito quand des blocs se détachent et roulent sur la pente. L’activité fumerollienne génère des panaches qui s’élèvent en général jusqu’à 2700-2800 mètres d’altitude.
Source : INSIVUMEH.

Pacaya is showing a normal activity, mostly fumarolic, with plumes that reach an altitude of 2,700 metres a.s.l.
Activity is also fumarolic on Fuego, with plumes up to 3,900 metres a.s.l. A few occasional explosions produce ash plumes which drift over 7 km or so. A 400-metre-long lava flow is still observed down the Taniluya drainage.
Incandescence can be seen along the lava fronts on the slopes of Santiaguito when blocks break free and roll down the flanks of the volcano. Fumarolic activity produces plumes that rise 2700-2800 metres a.s.l.
Source: INSIVUMEH.

Fuego-blog

Image du Fuego (4 janvier 2013) où l’on aperçoit la coulée de lave mentionnée dans la note.

(Avec l’aimable autorisation de l’INSIVUMEH)

Une année volcanique finalement très calme!

Dans quelques jours, l’année 2012 prendra fin et, qui sait, peut-être le monde avec elle !! D’un point de vue volcanique, les douze mois qui viennent de s’écouler ont été remarquablement calmes car aucun événement majeur n’est à signaler. J’ai parfois été bien embarrassé pour mettre à jour quotidiennement les notes de mon blog !

Si l’on fait un bilan rapide, on se rend compte que l’activité est restée concentrée sur un petit nombre de volcans qui figurent au hit parade depuis pas mal de temps. En tête de liste figure le Kilauea qui déverse sa lave de manière quasi permanente depuis janvier 1983. Ce sera donc le 30ème anniversaire le mois prochain!.

Les volcans du Kamchatka (Karymsky, Shiveluch et Kizimen en particulier) sont restés la plupart du temps en vigilance Orange. Seul le Plosky Tolbachik a attiré l’attention avec une belle éruption fissurale qui a commencé à la fin du mois de novembre.  Les coulées de lave sont impressionnantes et il sera peut-être le volcan de l’année…

Le Popocatepetl reste bien actif même s’il est moins virulent qu’au début de l’éruption en cours.

Le Fuego a souvent attiré mon attention par ses coulées de lave, ses avalanches incandescentes ou ses panaches de cendre. Son voisin Santiaguito est resté stable et son activité n’a guère varié en 2012, malgré une certaine intensification ces dernières semaines.

En Amérique du Sud, le Reventador et le Tungurahua doivent être surveillés car leur réveil est parfois brutal comme le prouvent ces derniers jours sur le Tungurahua.

Au Japon, le Sakurajima montre une belle activité, sans pour autant être vraiment menaçant pour les zones urbaines à proximité.

Le Cleveland et les autres volcans de la chaîne des Aléoutiennes ne menacent pas les populations car ces îles sont pour la plupart inhabitées. En revanche, les éruptions peuvent poser des problèmes au trafic aérien, particulièrement dense entre l’Amérique et l’Asie.

On pourrait mentionner aussi Santorin et le Nevado del Ruiz, mais ils n’ont montré qu’une hausse de la sismicité sans suite volcanique digne d’intérêt.

Pour terminer, il ne faudrait pas oublier l’Etna et son Cratère SE qui a connu de beaux paroxysmes en début d’année. L’activité a par la suite migré vers la Bocca Nuova avant de revenir vers le Cratère SE, mais le volcan est capable de beaucoup mieux faire !

On me fait souvent remarquer lors de mes interventions en public que les éruptions et les séismes sont plus fréquents qu’auparavant. Ce n’est en fait qu’une impression due aux nouveaux moyens de communication. Grâce à Internet, les nouvelles se propagent à la vitesse de la lumière. Cela me permet de vous tenir au courant – pratiquement en temps réel – de  l’activité volcanique dans le monde, ce qui n’était pas le cas il y a seulement une vingtaine d’années. Il en va de même des séismes. La Terre ne tremble pas plus qu’avant, mais ses moindres soubresauts sont signalés sur le Web quelques minutes après leur apparition.

PuuOo-blog

La lave du Pu’O’o en juillet 2006 (Photo: C. Grandpey)

(Image extraite du CD/DVD « Kilauea, le Feu de la Terre)