Catastrophes en série et faillite de la politique climatique // Series of disasters and failure of climate policy

Le Népal vient de connaître ses pires inondations depuis des décennies. Les très fortes précipitations liées à la mousson ont fait gonfler les rivières dans les premiers jours d’octobre 2024 et inondé des quartiers entiers de Katmandou, la capitale, tuant au moins 236 personnes. Cette catastrophe est la dernière d’une série d’inondations catastrophiques à avoir frappé le pays cette année. Les climatologues népalais s’accordent tous à dire que ces événements extrêmes sont causés par le réchauffement climatique.
Dans un article précédent, j’expliquais que Thame, un village népalais situé au pied de l’Everest, avait été submergé en août 2024 par un lac glaciaire qui avait rompu la moraine qui le retenait. C’est dans ce village qu’habitait autrefois Tenzing Norgay Sherpa, la première personne à avoir gravi l’Everest avec le Néo-Zélandais Edmund Hillary. Les habitants du village ont peur de revenir chez eux car il y a la menace d’autres lacs glaciaires au-dessus du village.
Comme je l’ai expliqué précédemment, une crue glaciaire est la libération soudaine d’eau qui s’est accumulée dans d’anciens lits glaciaires. Ces lacs se forment suite au recul des glaciers, accélérée par la hausse des températures due au réchauffement climatique d’origine anthropique. Les lacs glaciaires sont souvent instables car ils sont retenus dans les amoncellements glace ou des débris morainiques.
Personne n’a été tué à Thame en août. En effet, pendant les pluies de la mousson, le village est en grande partie déserté, mais la crue a détruit la moitié des 54 maisons, une clinique et une auberge. Elle a également anéanti une école fondée par Edmund Hillary. Aujourd’hui, les habitants de Thame sont dispersés, certains vivent dans les villages voisins, d’autres à Katmandou.

Les scientifiques expliquent que la crue qui a détruit Thame fait partie d’une évolution glaciaire très inquiétante. Les glaciers reculent à un rythme alarmant. Des centaines de lacs glaciaires sont apparus au cours des dernières décennies. En 2020, plus de 2 000 lacs ont été cartographiés au Népal par des experts du ICIMOD basé à Katmandou ; 21 ont été identifiés comme potentiellement dangereux.
Le Népal a déjà vidangé certains lacs glaciaires et prévoit d’en vider au moins quatre autres. Les scientifiques insistent sur le fait que la fonte des glaciers aura un double impact. Dans un premier temps, elle déclenchera d’autres inondations destructrices. À terme, les glaciers reculeront et finiront par disparaître, avec une menace à une échelle beaucoup plus grande. Les glaciers de la chaîne himalayenne et de l’Hindu Kush fournissent une eau essentielle à environ 240 millions de personnes dans les régions montagneuses. 1,65 milliard d’autres personnes en dépendent dans les vallées fluviales d’Asie du Sud et du Sud-Est. Si cette eau vient à manquer, que deviendront ces populations ?
Source : Médias d’information internationaux.

Lacs glaciaires au Népal (Crédit photo: Wikipedia)

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Les inondations mortelles au Népal début octobre 2024 viennent s’ajouter à un cortège de catastrophes climatiques particulièrement long avec, ces derniers jours, le très lourd bilan (plus de 200 morts) laissé derrière lui par l’ouragan Helene dans le sud-est des États Unis, en sachant que la Floride est sur le point d’affronter une nouvelle fois la fureur de la Nature avec l’ouragan Milton.

L’ouragan Milton dans le Golfe du Mexique (Source: NOAA)

Certains visiteurs de mon blog me reprochent d’alerter sans proposer de solutions. Désolé, mais ce n’est pas à moi de prendre les mesures qui permettront de réduire les émissions de gaz à effet de serre et leurs concentrations dans l’atmosphère. Ce sont nos gouvernants qui doivent prendre ces mesures…qui n’arrivent pas, et qui n’arriveront pas ! Nos politiques sont beaucoup plus préoccupés par leur avenir électoraliste que par le réchauffement climatique qui est devenu une patate chaude que l’on se passe d’un gouvernement à l’autre. Je souhaite bien du plaisir au gouvernement qui sera le dernier maillon de la chaîne ! Le budget Barnier ne fait aucune allusion aux mesures susceptibles de réduire nos émissions de CO2; pire, il parle d’austérité. Je n’entends guère parler du développement du ferroutage et des camions électriques. Le transport routier est pourtant une source majeure d’émissions polluantes sur nos routes. An prix où sont les camions électriques, il sera bien difficile de persuader les entreprises de transport de convertir leurs flottes à l’électrique !

Je pense sincèrement que les mesures visant à réduire les gaz à effet de serre sont l’affaire de tous les pays, et pas seulement de la France. J’attends de voir les COP (Conferences of the Parties) jouer enfin le rôle qui devrait être le leur. Jusqu’à présent, ces réunions n’ont servi à rien car elles se sont soldées par des échecs, avec une empreinte carbone désastreuse. La COP 29 aura lieu à Bakou en Azerbaïdjan, pays producteur de pétrole. Inutile de sire qu’il n’y a pas grand chose à en attendre…

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Nepal is reeling from its worst flooding in decades after ferocious monsoon rains swelled rivers in the first days of October 2024 and inundated entire neighbourhoods in the capital Kathmandu, killing at least 236 people. The disaster was the latest of several disastrous floods to hit the country this year. Nepalese climate scientists all agree to say that these extreme events are caused by global warming.

In a previous post, I explained that Thame, a village in the foothills of Mount Everest, was submerged in August by a glacial lake that burst high in the mountains above the small village. It was once home to Tenzing Norgay Sherpa, the first person to climb Mount Everest, along with New Zealander Edmund Hillary. Residents in the village are afraid to return bevcause there are still lakes above.

As I explained before, a glacial lake outburst flood (GLOF) is the sudden release of water collected in former glacier beds. These lakes are formed by the retreat of glaciers, with the warmer temperatures of human-caused global warming accelerating the melting of the icy reservoirs. Glacial lakes are often unstable because they are dammed by ice or loose debris.

No one was killed in Thame in August. During the monsoon rains, the village was largely empty, but the flood destroyed half of the village’s 54 homes, a clinic and a hostel. It also wiped out a school started by Hillary.

Today, Thame’s residents are scattered, some staying in neighbouring villages, others in Kathmandu. Experts say that the flood in Thame was part of a frightening pattern. Glaciers are receding at an alarming rate. Hundreds of glacial lakes formed from glacial melt have appeared in recent decades. In 2020, more than 2,000 were mapped across Nepal by experts from the Kathmandu-based International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD), with 21 identified as potentially dangerous.

Nepal has drained lakes in the past, and is planning to drain at least four more. Scientists warn of a two-stage impact. Initially, melting glaciers trigger destructive floods. Eventually, the glaciers will dry up, bringing even greater threats. Glaciers in the wider Himalayan and Hindu Kush ranges provide crucial water for around 240 million people in the mountainous regions. Another 1.65 billion people depend on them in the South Asian and Southeast Asian river valleys below. If this water runs out, what will these populations do?

Source : International news media.

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The deadly floods in Nepal in early October 2024 are added to a particularly long procession of climate disasters with, in recent days, the very heavy toll (more than 200 dead) left behind by Hurricane Helene in the southeastern United States, and Florida is about to face the fury of Nature once again in the coming days with Hurricane Milton..
Some visitors to my blog accuse me of warning without proposing solutions. Sorry, but it is not up to me to take the measures that will reduce greenhouse gas emissions and their concentrations in the atmosphere. It’s up to our leaders to take these measures… which are not happening, and which will not happen! Our politicians are much more concerned about their electoral future than about global warming which has become a hot potato that is passed from one government to another. I wish much pleasure to the government that will be the last link ! The latest Barnier budget makes no mention of measures likely to reduce our CO2 emissions; worse, it talks about austerity. I hear little talk of the development of rail transport and electric trucks, although road transport is a major source of polluting emissions on our roads. Looking at the price of electric trucks are, I think it will be very difficult to persuade transport companies to convert their fleets to electric!
I sincerely believe that measures to reduce greenhouse gases are the business of all countries, and not just France. I am waiting to see the COPs (Conferences of the Parties) finally play the role that they should. So far, these meetings have been useless because they have ended in failure, with a disastrous carbon footprint. COP 29 will take place in Baku, Azerbaijan, an oil-producing country. Needless to say, there is not much to expect from it…

À la fin, c’est toujours l’océan qui gagne !

Sur la côte ouest du Cotentin, la tempête Pierrick du 9 avril 2024 et le coup de vent qui l’a accompagnée ont malmené le cordon dunaire le long du littoral normand. Le sable n’a pas résisté aux assauts des vagues et la dune a de nouveau reculé, de trois à quatre mètres par endroits.

Pourtant, au mois de janvier 2023, la municipalité de Gouville-sur-Mer (Manche) pensait avoir trouvé la solution pour stabiliser les dunes. Elle avait récupéré les sapins de Noël fraîchement jetés pour les déposer au pied des dunes, une expérience qui s’était avérée concluante l’hiver précédent.

Les sapins avaient constitué une armature permettant au sable de s’accumuler et de stabiliser l’ensemble. Le 9 avril, patatras! Les espoirs de consolidation de la dune ont été balayés en quelques heures. La mer a tout disloqué et les sapins flottaient dans une mer démontée.  Les enrochements qui protègent Gouville ont tenu le coup, mais on sait qu’à la longue les vagues parviennent à les déloger en les sapant par en dessous.

Selon le maire de Blainville-sur-Mer, il faudrait pouvoir effectuer des travaux et recharger en sable immédiatement, une mesure qui se heurte à des raisons environnementales, pour la protection des nids, de la faune et de la flore. Selon lui, avec les tempêtes de plus en plus tardives, le cadre réglementaire n’est pas adapté. J’ajouterai à titre personnel qu’il est fort à parier qu’il ne le sera jamais car les tempêtes sont certes tardives, mais aussi de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes.

À Agon-Coutainville, un symbole côtier risque fort de disparaître. La Poulette, une petite cabane posée sur la dune est un marqueur de l’érosion côtière. Il y a quelques décennies, la mer était encore loin.  Aujourd’hui, la Poulette est cernée.et menace culbuter au pied de la dune. Le 9 avril, des enrochements ont été posés à la hâte. Si l’eau venait à créer une brèche, la mer pourrait prendre la digue à revers et menacerait le nord d’Agon-Coutainville.

Les prochaines grandes marées sont prévues après l’été. Il devrait donc y avoir quelques mois de répit, mais les scientifiques ont prévenu que la dune aurait disparu d’ici une dizaine d’années. Je vous l’ai dit : à la fin, c’est toujours l’océan qui gagne !

Source : France 3 Régions / Normandie.

Enrochements pour protéger la cabane de la Poulette (Crédit photo : Ouest-France)

Février 2024, le plus chaud de tous les temps // February 2024, the warmest ever

Selon l’agence européenne Copernicus – mais l’information est confirmée par d’autres agences comme la NOAA – le mois de février 2024 a été le mois de février le plus chaud jamais enregistré au niveau mondial. C’est la neuvième fois consécutive qu’un record mensuel est battu.

 

Copernicus alerte aussi sur des températures jamais mesurées à la surface des océans en février 2024. Elles dépassent celles enregistrées en plein été, en août 2023.

 

Selon Copernicus, la température au mois de février 2024 est de 0,81°C au-dessus de la moyenne de la période précédente (1991-2020) et de 1,77°C au-dessus de l’ère pré-industrielle. On est donc loin des objectifs de l’Accord de Paris sur le climat et la limite de 1,5°C de réchauffement climatique par rapport à l’ère pré-industrielle. Copernicus ajoute que la température moyenne au niveau mondial des 12 derniers mois (de mars 2023 à février 2024) est 1,56°C au-dessus de la moyenne de l’ère pré-industrielle, et la plus élevée jamais enregistrée.

Le mois de février 2024 dépasse aussi de 0,12°C le dernier record de température enregistré pour un mois de février, et qui datait de 2016.

Plus globalement, l’hiver 2023/2024, incluant les mois de décembre, janvier et février, a été le plus chaud de l’histoire mondiale avec 0,78°C de plus que la température moyenne de la période précédente (1991-2020). Cet hiver a été marqué par une sécheresse persistante et plus importante que la moyenne notamment dans le sud et l’est de l’Espagne, le sud de la France, en Sicile et au Maghreb, mais aussi dans une grande partie de la Scandinavie, dans le nord-ouest de la Russie et dans les régions situées à l’ouest de la mer Noire.

Ne pas oublier que l’été 2023 avait été le plus chaud jamais mesuré dans le monde.

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Le mardi 5 mars 2024, je me trouvais à Royan à l’occasion d’une conférence sur les volcans et les risques volcaniques dans cette ville. J’ai profité de ce séjour en Charente-Maritime pour me rendre de long de la côte atlantique au nord de la ville où j’ai pu constater les dégâts occasionnés par les dernières tempêtes hivernales. C’est spectaculaire et inquiétant. Les effets des assauts des vagues sur la dune littorale sont impressionnants. Le trait de côte a carrément reculé d’une dizaine de mètres. C’est dans de tels lieux que l’on se rend parfaitement compte de l’impact du réchauffement climatique sur les océans.

Des arbres ont été déracinés et culbutés au pied de la dune . Des branches jonchent les plages et font le bonheur des enfants qui construisent des cabanes.

Les oyats censés retenir la dune n’ont pas pesé lourd et leurs racines sont souvent à l’air libre.

Dans le secteur, des blockhaus, vestiges de la Seconde Guerre Mondiale, gisent à plusieurs dizaines de mètres de distance du rivage, au milieu de l’océan. Cette situation n’est pas la conséquence des dernières tempêtes, mais elle permet de se rendre compte du travail de sape effectué par l’océan au cours des dernières décennies.

Photos : C. Grandpey

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According to the European Copernicus agency – but the information is confirmed by other agencies such as NOAA – February 2024 was the hottest February ever recorded globally. This is the ninth consecutive time that a monthly record has been broken.
Copernicus also warns of temperatures never before measured on the ocean surface in February 2024. They exceed those recorded in midsummer, in August 2023.

According to Copernicus, the temperature in February 2024 was 0.81°C above the average of the previous period (1991-2020) and 1.77°C above the pre-industrial era. We are therefore far from the objectives of the Paris Agreement on climate and the limit of 1.5°C of global warming compared to the pre-industrial era. Copernicus adds that the global average temperature for the last 12 months (March 2023 to February 2024) was 1.56°C above the pre-industrial average, and the highest on record.
The month of February 2024 also exceeds by 0.12°C the last temperature record recorded for a month of February, which dates back to 2016.
More generally, the winter of 2023/2024, including the months of December, January and February, was the warmest in world history with 0.78°C higher than the average temperature of the previous period (1991-2020). ). This winter was marked by persistent and greater than average drought, particularly in the south and east of Spain, the south of France, Sicily and the Maghreb, but also in a large part of Scandinavia, in the north-west of Russia and in the regions west of the Black Sea.
We should not forget that the summer of 2023 was the hottest ever measured in the world.

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On Tuesday March 5th, 2024, I was in Royan for a conference on volcanoes and volcanic risks in this city. I took advantage of this stay in Charente-Maritime to travel along the Atlantic coast to the north of the city where I was able to see the damage caused by the latest winter storms. It is spectacular and disturbing. The effects of the assaults of the waves on the coastal dune are impressive. The coastline has actually retreated by around ten meters. One prefectly realises the impact of global warming on the oceans.

Trees were uprooted and overturned at the foot of the dune. Branches litter the beaches and delight children who build cabins. The oyats supposed to hold the dune could not resist and their roots are often in the open air.

In the area, blockhouses, remnants of the Second World War, lie several tens of meters away from the shore, in the middle of the ocean. This situation is not the consequence of the last storms, but it allows us to realize the undermining work carried out by the ocean over the last decades.

Groenland : Les Inuits face aux réchauffement climatique // Greenland : Inuits and global warming

Avec une hausse des températures plus rapide qu’ailleurs sur Terre, la calotte glaciaire arctique fond à une vitesse incroyable et les populations indigènes du Groenland sont confrontées à de nombreux problèmes.
Dans le village d’Ittoqqortoormiit, qui abrite l’une des dernières communautés de chasseurs inuits du Scoresby Sound, les 350 habitants se demandent où ils trouveront de l’eau. La calotte glaciaire du Groenland contient un douzième de l’eau douce de la planète, ce qui serait suffisant pour faire monter le niveau de la mer de sept mètres si elle venait à fondre. Malgré cela, le réchauffement climatique menace l’approvisionnement en eau du village.
Des hivers froids, une glace solide et une neige abondante sont indispensables pour assurer la nourriture et l’approvisionnement en eau des Inuits de Scoresby Sound qui vivent en relation étroite avec la Nature. Aujourd’hui, les températures dans l’Arctique augmentent jusqu’à quatre fois plus vite qu’ailleurs dans le monde.
Jusqu’à présent, les habitants d’Ittoqqortoormiit tiraient leur eau douce d’une rivière alimentée par un glacier qui fond rapidement et qui n’existera plus dans quelques années. À l’avenir, les Inuits devront probablement puiser l’eau potable dans l’océan. D’autres communautés isolées du Groenland se tournent déjà vers le dessalement de l’eau de mer.
Le Scoresby Sound, où se trouve Ittoqqortoormiit, n’est libre de glace que pendant un mois par an et les habitants dépendent de la viande apportée par les chasseurs pour survivre à la longue nuit polaire. Les navires d’approvisionnement ne jettent l’ancre à Ittoqqortoormiit qu’une fois par an en raison du danger causé par les énormes icebergs dans le fjord. C’est pourquoi le village dépend essentiellement de la viande apportée par les chasseurs.
La hausse des températures fragilise la glace, et la chasse traditionnelle au phoque, qui consiste à traquer leurs trous de respiration sur la glace, est devenue plus difficile et plus dangereuse. La faible quantité de neige rend également difficile l’utilisation des traîneaux à chiens dont dépendent les chasseurs.
Les humains ne sont pas les seuls à être confrontés à des défis. La disparition de la glace de mer pousse de plus en plus les ours polaires affamés à chercher de la nourriture dans le village. Les gens doivent donc être prudents.
Avec les montagnes voisines en toile de fond, les glaciers qui avancent dans la mer dans les territoires de chasse des Inuits sont essentiels à l’écosystème, mais il est à craindre que leur recul appauvrisse l’écosystème du Scoresby Sound. En effet, avec leur eau de fonte froide, les glaciers qui viennent vêler dans la mer déclenchent des remontées d’eaux riches en nutriments. Le problème, c’est qu’à mesure que les glaciers fondent, ils reculent vers l’intérieur des terres et l’écosystème perd ces nutriments qui alimentent le plancton qui nourrit la morue polaire, qui à son tour nourrit le phoque et l’ours dont dépendent les Inuits d’Ittoqqortoormiit.
Avec la hausse des températures et le retrait des glaciers, il y a moins de morues polaires dans la région. Cela signifie que la chaîne alimentaire sera bientôt rompue et qu’il n’y aura plus de nourriture pour les phoques, puis pour les ours polaires. La disparition de la morue polaire, et avec elle celle des phoques et des ours, pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour la population locale qui dépend de ces espèces pour se nourrir grâce à la pêche et la chasse. Un mode de vie unique pourrait disparaître.
Les dernières études scientifiques donnent des résultats pessimistes quant à l’avenir des glaciers de la région. Dans le fjord qui se réchauffe, une teinte rougeâtre est apparue sur la glace ; elle a été baptisée « neige de sang ». (voir ma note du 21 juin 2021 à ce sujet). Le problème est que ce pigment rouge diminue la réflectivité de la neige et accélère sa fonte. Les chercheurs affirment que la « neige de sang » est responsable de 12 % de la fonte annuelle de la calotte glaciaire du Groenland, soit l’équivalent de 32 milliards de tonnes de glace.
Alors que les algues ont tendance à se propager, les scientifiques expliquent que nous serons pris dans un cercle vicieux également appelé « boucle de rétroaction » : la hausse des températures accélère la fonte de la glace et favorise la croissance des algues qui, à son tour, accélère encore davantage la fonte de la glace.
Source : médias d’information internationaux.

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With temperatures rising faster than anywhere else on Earth, the Arctic ice sheet is melting at an incredible speed and the native populations of Greenland are confronted with numerous problems.

In the village of Ittoqqortoormiit — home to one of the last Inuit hunting communities on the Scoresby Sound – the 350 residents worry where they will get water. Greenland’s ice sheets are said to hold one 12th of the world’s fresh water — enough to raise the sea level up seven metres if they were to melt — but global warming is already threatening the village’s watersupply.

Cold winters, robust ice and snow are vital for both food and water for the Inuit of the Scoresby Sound, who live deeply intertwined with the natural world. But temperatures in the Arctic are rising up to four times faster than the global average.

Up to now, the residents of Ittoqqortoormiit got their fresh water from a river fed by a glacier that is melting fast and that will no longer exist in a few years. In the future, the Inuits will probably have to get drinking water from the ocean. Other isolated Greenland communities are already turning to desalination.

The Scoresby Sound where Ittoqqortoormiit is located is only free of ice for a month a year, with the locals within it relying on the meat provided by the hunters to survive the long polar night. Cargo ships only get to Ittoqqortoormiit only once a year because of the danger caused by the huge icebergs in the fjord. This is why the village mainly depends on the meat brought by the hunters.

But as rising temperatures weaken the ice, traditional seal hunting by stalking their breathing holes on the ice has become more difficult and dangerous for the local hunters. Less snow also makes it difficult for the dog sleds the hunters rely on.

It is not only humans who are facing challenges. The weakening sea ice is also increasingly pushing hungry polar bears to search for food within the village, so people need to be careful.

Framed by nearby mountains, the blue walls of glaciers that rise from the sea in the Inuit hunting grounds are vital to the ecosystem. It is feared that the receding glaciers will make the Scoresby Sound a less rich ecosystem. Indeed, glaciers that terminate in the sea trigger « upwelling » which pushes the nutrient-rich water from the bottom of the fjord upwards with their cold meltwater. But as the glaciers melt, they recede inland and the ecosystem loses these nutrients for the plankton that feed the polar cod, which in turn feed the seal and bear that the Inuit of Ittoqqortoormiit rely on.

With the rising temperatures and the retreat of the glaciers, there is less polar cod in the area. This means the food chain will soon be broken with no more food for the seals and then the polar bears. The potential collapse of polar cod could have catastrophic consequences for the local population that relies on both for their food from hunting. A unique way of life might disappear.

New research gives pessimistic results about the future of the glaciers. In the warming fjord, a reddish hue is spreading across the ice ; it has been dubbed « blood snow ». (see my post of 21 June 2021 about this topic). The problem is that this red pigment lowers the reflectivity of the snow and speeds up its melting. Researchers say that the « blood snow » is responsible for 12 percent of the total annual surface melt of the Greenland ice sheet, the equivalent of 32 billion tons of ice.

With the algae seemingly spreading, scientists say we will be caught in a vicious circle also called a « feedback loop » : rising temperatures speed glacier melting and promote the growth of the algae,which further accelerates the melting.

Source : international news media.

La flèche rouge sur la carte montre l’emplacement du village de Ittoqqortoormiit

Le village d’Ittoqqortoormiit en août 2007. (Crédit photo :Hannes Grobe / Wikipedia)