Nouvel effondrement glaciaire en Alaska // New glacial landslide in Alaska

Comme je l’ai écrit à propos des températures élevées au sommet du Mont-Blanc (France), la fonte de la glace et du permafrost de roche dans les Alpes est susceptible de provoquer des chutes de séracs, des éboulements ou des glissements de terrain. C’est ce qui s’est passé à l’Arête des Cosmiques en août 2018. La plus grande vigilance est demandée aux randonneurs qui s’aventurent en haute montagne.
De tels glissements de terrain, mais de plus grande ampleur, ont été observés en Alaska ces dernières années, notamment à Juneau, Glacier Icy Bay / Tyndall, Glacier Bay / Lamplugh et Sitka. Par exemple, un énorme glissement de terrain a été observé dans le parc national de Glacier Bay en Alaska le 28 juin 2016 (voir ma note à cette date), lorsqu’un pan de montagne de 1200 mètres de hauteur s’est effondré. L’événement a recouvert de débris le glacier Lamplugh sur plusieurs kilomètres.
Plus récemment, un très important glissement de terrain s’est produit sur les flancs du volcan Iliamna le 21 juin 2019. Les matériaux se sont répandus sur une longueur d’environ 6 km et plus de 3 km de largeur. Ils semblent provenir du sommet (voir image ci-dessous).
La dernière éruption connue de l’Iliamna a eu lieu en 1876, avec un VEI 3.
Les causes de ces spectaculaires glissements de terrain ne sont souvent pas claires, mais elles sont probablement liées au réchauffement de la planète ou à l’intensification des eaux de fonte. Les statistiques montrent que ces événements ont surtout lieu pendant les mois les plus chauds. En ce moment, l’Alaska traverse la plus intense vague de chaleur de son histoire.
Source: The Watchers.

Dans le même ordre d’idées, les glaciologues suisses sont inquiets pour le Cervin. En effet les très fortes chaleurs à répétition risquent de faire fondre le permafrost de roche qui assure la stabilité du sommet  Ce dernier est constitué d’un empilement de roches qui tient grâce à ce permafrost. Si le dégel intervient, le risque de chutes de blocs de pierres sera élevé.

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As I put it in my last post about the high temperatures on Mont Blanc (France), the melting of the ice and the rock permafrost in the Alps might trigger icefalls, rockfalls or landslides. This is what happenned at the Arête des Cosmiques in August 2018. Climbers should be very careful.
Similar large-scale landslids have been observed in Alaska in recent years, including Juneau, Icy Bay / Tyndall Glacier, Glacier Bay / Lamplugh, and Sitka, landslides. For instance, a massive landslide hit Alaska’s Glacier Bay National Park on June 28th 2016 (see my post at that date), when a 1,200-metre-high mountain collapsed. The event spread debris over kilometres across the Lamplugh glacier below. More recently, a very large landslide took place on the flanks of Iliamna volcano on June 21st, 2019.The slide is about 6 km long and appears to be originating near the summit. The debris field is more than 3 kilometres wide.
The last known eruption of this volcano took place in 1876, with a VEI 3.
What triggers giant landslides often isn’t clear but they are likely related to global warming. . Statistics show there tend to be more in warmer months, which may be related to warming temperatures or meltwater. Alaska is currently going through the most intense heatwave of its history.
Source: The Watchers.

In the same vein, Swiss glaciologists are worried about the Matterhorn. Indeed, the frequent heatwaves may melt the rock permafrost which ensures the stability of the summit. The latter consists of a stack of rocks that holds thanks to this permafrost. If the thaw occurs, the risk of falling stone blocks will be high.

Le glissement de terrain sur l’Iliamna (Crédit photo: USGS)

Vues de l’Iliamna (Photos: C. Grandpey)

Vue de l’effondrement sur le glacier Lamplugh le 28 juin 2016 (Crédit photo: Paul Swanstrom que je salue ici et dont je recommande l’agence basée à Haines)

Le Cervin risque-t-il de se déliter? Vue de la montagne en septembre 2018 (Photo: C. Grandpey)

Coup de chaud en Alaska (suite) // Heatwave in Alaska (continued)

Comme prévu, des records de chaleur viennent d’être battus en Alaska et ce n’est probablement pas terminé car les hautes pressions devraient se maintenir au-dessus de cet état pendant encore plusieurs jours.

Le 4 juillet 2019 à 17 heures, l’aéroport international d’Anchorage a officiellement atteint 90 degrés Fahrenheit, soit 32,2 °C pour la première fois » depuis que des relevés y sont effectués. Le précédent record en Alaska avait été établi le 14 juin 1969, avec 85 degrés Fahrenheit, soit 29,4 °C. Cela signifie que les normales saisonnières sont dépassées de 14 °C

Selon les météorologues, la température maximale moyenne pour un 4 juillet à Anchorage est de 18,3 °C. Plusieurs autres records historiques ont été battus dans différents sites du sud de l’Alaska.

L’Alaska est particulièrement sensible au réchauffement climatique et avait déjà battu des records de douceur au printemps, surtout dans la zone arctique.

Source: Presse alaskienne.

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As expected, heat records have just been broken in Alaska and this is probably not over because high pressures are expected to remain above this State for several more days.
On July 4th, 2019 at 5 pm, Anchorage International Airport officially reached 90 degrees Fahrenheit, or 32.2 degrees Celsius for the first time since surveys were conducted there. The previous record in Alaska was set on June 14th, 1969, at 85 degrees Fahrenheit, or 29.4 degrees Celsius This means that the seasonal norms are exceeded by 14 degrees Celsius
According to meteorologists, the average maximum temperature for July 4th in Anchorage is 18.3 ° C. Several other historical records have been broken at various sites in southern Alaska.
Alaska is particularly sensitive to global warming and had already broken records in the spring, especially in the Arctic.
Source: Alaskan press.

Avec une telle chaleur, j’imagine la souffrance des glaciers! (Photo: C. Grandpey)

La situation glaciaire au Groenland en juin 2019 // The glacial situation in Greenland in June 2019

La situation glaciaire du Groenland reste préoccupante. Cette année encore, la fonte des glaces s’accélère et intervient plus tôt, avec trois semaines d’avance. Dans la seule journée du 13 juin 2019, 2 milliards de tonnes de glace ont fondu. Avant même l’arrivée de l’été, tous les feux du réchauffement climatique sont au rouge au Groenland. Les scientifiques n’excluent pas que 2019 soit une nouvelle annus horribilis pour le continent blanc.
Une photo en particulier a montré à quel point la fonte de la glace au Groenland était inquiétante. Un glaciologue danois a pris une photo de ses chiens de traîneau en train de progresser péniblement dans un fjord dont la banquise est recouverte par cinq ou six centimètres de glace fondue. L’attelage semble marcher sur l’eau et a dû rebrousser chemin. .
La veille, le 12 juin, la station météorologique de Qaanaaq, avait enregistré une température de 17,3°C, 0,3°C de moins que son record absolu du 30 juin 2012. Le dernier hiver a été sec et, récemment il y a eu des courants d’air chaud, un ciel dégagé et du soleil, donc toutes les préconditions pour une fonte précoce. Avec le réchauffement de l’atmosphère, le phénomène devrait aller s’aggravant, avec pour conséquence d’altérer le mode de vie de la population locale en réduisant les périodes de chasse et en perturbant tout l’écosystème. Selon l’USGS, le nombre d’ours polaires dans tout l’Arctique a diminué d’environ 40 % au cours de la décennie écoulée, et les narvals se trouvent de plus en plus privés de l’abri naturel que constitue pour eux la banquise contre l’orque, redoutable prédateur.
Outre la banquise, la fonte de la calotte glaciaire continentale et des glaciers a un impact plus direct encore sur la hausse des niveaux des mers. L’Institut Danois de Météorologie explique que la « Summit Station », qui domine la calotte à 3 000 mètres d’altitude, a mesuré le 30 avril 2019 la température la plus élevée de son histoire, à – 1,2°C. Comme je l’ai indiqué précédemment, le 17 juin, en une seule journée, le Groenland a perdu 3,7 milliards de tonnes de glace. Depuis début juin, la perte se monte à 37 milliards de tonnes!
Cette année, les météorologues danois ont annoncé le début de la période de fonte début mai, avec quasiment un mois d’avance, une précocité dépassée une seule fois – en 2016 – depuis la publication de ces données en 1980.
Le Groenland contribue à une élévation du niveau de la mer d’environ 0,7 mm annuellement, part qui pourrait augmenter si le rythme se poursuit. Une étude parue en avril dans les Proceedings (comptes rendus) de la National Academy of Sciences (PNAS) aux Etats Unis montre que la perte de glace enregistrée au Groenland à partir des années 1980 s’est brutalement accélérée à partir des années 2000 et surtout depuis 2010. La glace fond six fois plus vite aujourd’hui que dans les années 1980, et les prévisions sont alarmantes. La dernière estimation de référence réalisée par le GIEC en 2014 estimait le pire des scénarios à juste en dessous d’un mètre d’élévation du niveau des océans à la fin du 21ème siècle, par rapport à la période 1986-2005.
Source: Institut Danois de Météorologie, Le Point.

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The glacial situation in Greenland remains worrying. This year again, ice melting is accelerating and occurs earlier, three weeks ahead. On June 13th 2019 alone, 2 billion tonnes of ice melted. Even before the arrival of summer, everything is negative and preoccupying in Greenland. According to scientists, 2019 might be a new annus horribilis for the white continent.
One photo in particular showed how worrying the melting of ice in Greenland is. A Danish glaciologist took a picture of his sled dogs making hard progress in a fjord where the ice sheet is covered by five or six centimetres of melted ice. The team seems to be walking on the water and had to turn back. .
The day before, on June 12th, the Qaanaaq weather station recorded a temperature of 17.3°C, 0.3°C lower than its all-time record of June 30th, 2012. The last winter was dry and recently there were warm air currents, clear skies and sunshine, so all preconditions for early melting. With the warming of the atmosphere, the phenomenon is expected to worsen, altering the lifestyles of the local population by reducing hunting periods and disrupting the entire ecosystem. According to the USGS, the number of polar bears across the Arctic has decreased by about 40% over the past decade, and narwhals are increasingly being deprived of the ice which is their natural shelter against the killer whales, their main predators.
In addition to the sea ice, the melting of the continental ice cap and glaciers has a more direct impact on rising sea levels. The Danish Institute of Meteorology explains that the « Summit Station », which dominates the landscape 3000 metres above sea level, measured on April 30th, 2019 the highest temperature of its history, at – 1,2°C. As I put it previously, on June 17th, in a single day, Greenland lost 3.7 billion tonnes of ice. Since early June, the loss amounts to 37 billion tons!
This year, Danish meteorologists announced the start of the melting season in early May, almost a month early, an early precocity beaten only once – in 2016 – since the publication of these data in 1980.
Greenland contributes to a sea level rise of about 0.7 mm annually, which could increase if the pace continues. A study published in April in the Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) in the United States shows that the loss of ice recorded in Greenland from the 1980s has accelerated sharply from the 2000s and especially since 2010. The ice melts six times faster today than in the 1980s, and the forecasts are alarming. The latest IPCC baseline estimate in 2014 estimated the worst-case scenario at just under one metre of sea-level rise at the end of the 21st century, compared to the period 1986-2005.
Source: Danish Institute of Meteorology, Le Point.

Photo: C. Grandpey

 

La fonte des glaciers de l’Himalaya // Glaciers are melting in the Himalayas

Ce n’est pas un scoop mais un nouveau rappel d’une situation inquiétante. Un rapport qui vient d’être publié fin juin 2019 dans la revue Science Advances indique qu’en quarante ans, la chaîne de l’Himalaya a perdu un quart de sa glace qui fond deux fois plus vite que sur la période 1975-2000. Selon les auteurs du rapport, ce phénomène alarmant lié au réchauffement climatique devrait s’aggraver.et aura un impact direct et dangereux sur les populations voisines de la chaîne montagneuse.
En 40 ans, les températures dans la région ont augmenté d’un degré Celsius par rapport à celles enregistrées entre 1975 et 2000t. Au milieu de la dernière période glaciaire, la température annuelle moyenne était de 3 degrés Celsius plus froide.
L’équipe de chercheurs qui a rédigé le rapport a analysé quarante années d’observations satellites de l’Inde, de la Chine et du Bouthan. Les images de satellites espions américains, de meilleure qualité, ont notamment été d’une aide précieuse. Les scientifiques ont ensuite pu comparer les données de la première période avec les données plus récentes récoltées via les satellites de la NASA.
Cette fonte accélérée des glaciers himalayens n’est pas sans conséquences sur les populations locales, réparties de part et d’autre des 2000 kilomètres de la chaîne montagneuse. Quelque 800 millions de personnes dépendent directement des eaux de ruissellement pour l’irrigation, l’hydroélectricité ou l’eau potable. On se retrouve exactement dans la même situation qu’au Pérou où la population dépend directement de l’eau des glaciers.
Comme je le fais remarquer pendant ma conférence « Glaciers en péril », lorsque la glace fond, elle forme de grands lacs glaciaires retenus souvent par des moraines fragiles qui menacent de se rompre en provoquant d’énormes inondations. Pour le moment, la fonte provoque ce type de dégâts, mais à terme les scientifiques prévoient une diminution progressive et constante de la masse des glaciers. Cela signifie qu’à long terme la région subira des périodes de sécheresses au fur et à mesure que le réservoir glaciaire s’épuisera.
Partout dans le monde, les scientifiques alertent sur la fonte des glaces. Une des régions les plus touchées est l’Arctique. Le 18 juin 2019, une fonte inhabituelle au Groenland a de nouveau été enregistrée : La calotte glaciaire a perdu 2 milliards de tonnes de glace en deux jours seulement.
Il est donc urgent d’agir. On parle beaucoup d’écologie et d’environnement en France en ce moment, mais je pense que l’on a trop souvent tendance a confondre environnement et réchauffement climatique, même si les deux choses sont parfois liées. Ce n’est pas en réduisant les pesticides, herbicides et autres matières toxiques que l’i=on fera face au réchauffement climatique. Les mesures à prendre concernent les émissions polluantes, celles qui contiennent, entre autres, du CO2. Bien sûr, cela suppose de s’attaquer à des pans entiers de l’économie: usines, transports routiers, etc Les lobbies pétroliers, industriels, de transporteurs, etc.veillent et aucun gouvernement n’a – et n’aura – le courage de les affronter. Les décisions efficaces ne sont pas pour demain. Les glaciers peuvent continuer à fondre…
Source: LCI.

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This is not a scoop but a new reminder of a worrying situation. A report published in late June 2019 in the journal Science Advances indicates that in forty years, the Himalayan chain has lost a quarter of its ice; it is melting twice as fast as over the period 1975-2000. According to the report’s authors, this alarming phenomenon linked to global warming is expected to worsen and will have a direct and dangerous impact on the neighbouring populations of the mountain range.
In 40 years, temperatures in the region have increased by one degree Celsius compared to those recorded between 1975 and 2000t. In the middle of the last ice age, the average annual temperature was 3 degrees Celsius colder.
The research team that drafted the report analyzed forty years of satellite observations from India, China and Bhutan. The images of American spy satellites, of better quality, have been particularly helpful. The scientists were then able to compare the data from the first period with the more recent data collected via NASA satellites.
This accelerated melting of the Himalayan glaciers is not without consequences on the local populations, distributed on both sides of the 2000 kilometres of the mountain range. Some 800 million people depend directly on runoff for irrigation, hydropower or drinking water. The situation is exactly the same as in Peru where the population depends directly on glacial water.
As I point out during my conference « Glaciers en peril » conference, when the ice melts, it forms large glacial lakes often held by fragile moraines that threaten to break up causing huge floods. For the moment, the melting causes this type of damage, but in the long term the scientists foresee a progressive and constant diminution of the mass of the glaciers. This means that in the long term the region will experience periods of drought as the ice reservoir runs out.
Scientists around the world are alerting about ice melting. One of the most affected areas is the Arctic. On June 18th, 2019, an unusual melting in Greenland was recorded again: The ice sheet lost 2 billion tonnes of ice in just two days.
It is therefore urgent to act. There is a lot of talk about ecology and the environment in France right now, but I think that we too often tend to confuse environment and global warming, even if the two things are sometimes linked. It is not by reducing pesticides, herbicides and other toxic materials that we will face global warming. The measures to be taken concern polluting emissions, those containing, among others, CO2. Of course, this means tackling whole areas of the economy: factories, road transport, etc. Oil, industrial, transport, and other lobbies are controlling the situation and no government has, and will have, the courage to confront them. Effective decisions are not for tomorrow. Glaciers can continue to melt …
Source: LCI.

Glaciers de l’Himalaya vus depuis l’espace (Source: NASA)