La fonte de l’Adamello et des autres glaciers italiens // The melting of Adamello and the other Italian glaciers

Le glacier Adamello est le plus grand glacier des Alpes italiennes. On le trouve presque entièrement en Lombardie dans le haut Val Camonica. Il s’étend entre une altitude maximale de 3530 m et une altitude minimale de 2 550 m. Comme tous les autres glaciers des Alpes, il subit les assauts du réchauffement climatique. Les glaciologues lui donnant moins d’un siècle de survie.
À la fin du 19ème siècle, la superficie de l’Adamello dépassait 3 000 hectares. Dans les années 1920, elle avait chuté à moins de 2 500 hectares. Mesuré en 1997, le glacier présentait une superficie de 1 766 hectares, puis de seulement 1 630 hectares en 2007. Entre la fin du 19ème siècle et aujourd’hui, le glacier a reculé d’environ 2,7 kilomètres. Au cours des cinq dernières années, il a perdu en moyenne 15 mètres de longueur par an. La seule année 2022 a vu un recul de 139 mètres.

L’Adamello en 1820 (Source: Wikipedia)

L’Adamello en 1878 (Source: Wikipedia)

L’Adamello en 2019

Le glacier est victime à la fois de la hausse des températures estivales et, surtout, de la moindre accumulation de neige en automne et en hiver. Les chutes de neige ont diminué de 50 % en 2022. La couverture neigeuse est donc plus fine et les étés plus longs et plus chauds lui donnent moins de temps pour geler.
Chaque été depuis quatre ans, l’association environnementale italienne Legambiente organise une traversée des Alpes pour observer les effets du réchauffement climatique sur les glaciers. Le dernier voyage a révélé que l’Adamello se crevasse et, de ce fait, offre une plus grande surface à l’air chaud. Sa fonte a mis au jour des traces de l’histoire des montagnes qui furent le théâtre de batailles entre Italiens et Austro-hongrois pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, des fusils et des douilles d’obus émergent de la glace.
A cause du dégel du pergélisol, des blocs tombent sur le glacier qui se recouvre de débris. A la longue, cette situation déstabilisera également le flanc de la montagne.
Le voyage annuel organisé par Legambiente à travers les Alpes regroupe des scientifiques et des environnementalistes qui ont observé plusieurs glaciers au cours des quatre dernières années. En 2022, les participants souhaitaient revoir les glaciers qu’ils avaient observés deux ans auparavant. Le changement qu’ils ont vu les a laissés pantois. Par exemple, le glacier Forni, en Lombardie, a reculé de plus de 100 mètres. Cela montre parfaitement à quel point le réchauffement climatique s’est accéléré, ainsi que l’intensité des événements et à quel point tout évolue rapidement.
Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les températures dans cette partie des Alpes augmenteront entre un et trois degrés Celsius en 2050 et entre trois et six degrés d’ici la fin du siècle. [NDLR : Il convient de noter que l’accélération du réchauffement climatique est souvent plus rapide que les prévisions du GIEC.]
Au train où vont les choses, le glacier Adamello pourrait disparaître avant la fin du siècle.
Source : presse transalpine.

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The Adamello Glacier is the largest glacier in the Italian Alps. It lies almost entirely in Lombardy in the upper Val Camonica. It extends between a maximum altitude of 3530 m and a minimum altitude of 2550 m. Like all the other glaciers in the Alps, it is slowly being destroyed by global warming, with experts giving it less than a century to survive.
By the end of the 19th century, the glacier’s area exceeded 3,000 hectares, while by the 1920s it was reduced to less than 2,500 hectares. Measured in 1997, it amounted to 1,766 hectares, then reduced to 1,630 in 2007. From the end of the 19th century until today, the glacier has lost approximately 2.7 kilometres. In the last five years, there were average losses of 15 metres per year. 2022 alone saw a loss of 139 metres in a year.
The glacier is experiencing both the rise in summer temperatures, higher than in the past and, above all, the lesser accumulation of snow in autumn and winter. The snowfall was reduced by 50 percent in 2022.The snow cover is thinner, and longer and hotter summers give it less time to freeze.

Every summer for the past four years, Italian environmental association Legambiente has organised a journey across the Alps to illustrate the effects of climate change on glaciers. The last trip revealed that Adamello is also splitting, proving more surface area exposed to the hot air. It has also exposed traces of the mountains’ history, as the scene of battles between Italian and Austro-Hungarian fighters during World War II. Today, rifles and shell cases emerge from the melting ice.

Because of the thawing permafrost, blocks are falling on the glaciert which is being covered with debris. This situation will also destabilise the side of the mountain.

Legambiente’s annual journey through the mountains, involves scientists and environmentalists. It has covered several glaciers in the past four years. In 2022, the participants wanted to return to the glaciers they had observed two years before. The change that they saw was incredible. The Forni glacier in Lombardy, for example, had retreated by more than 100 metres. It shows perfectly how climate change has accelerated, the intensity of events, and how everything is moving quickly.

According to the UN’s Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), temperatures in this part of the Alps will increase between one and three degrees Celsius in 2050 and between three and six degrees by the end of the century. [Editor’s note : It should be noted that global warming is often accelerating faster than the IPCC’s predictions.]

At this rate, the Adamello glacier could disappear before the end of the century.

Source : Italian news media.

2023 : encore un été de tous les records !

Alors que l’été météorologique est maintenant terminé et que des vagues de chaleur continuent d’affecter l’Europe, on peut tirer un bilan de l’été 2023. Il est particulièrement inquiétant et plusieurs signaux devraient attirer l’attention de nos gouvernants. Les dernier mois ont montré les conséquences radicales du réchauffement climatique.

Les indicateurs météorologiques se sont affolés partout dans le monde durant l’été 2023. Sur terre comme en mer, on a enregistré plusieurs événements climatiques extrêmes, d’une ampleur rarement observée. Alors que les températures ont atteint des records historiques en France et ailleurs dans le monde, des incendies dévastateurs ont ravagé des milliers d’hectares en Grèce et au Canada. La température de surface des océans et des mers est restée anormalement élevée.

« Canicule » a été la maître mot de l’été écoulé en France, avec de nouveaux records de températures. L’indicateur thermique (IT) a été mesuré à 27,8°C, le 24 août 2023, journée la plus chaude de cet épisode caniculaire, battant pour la quatrième fois d’affilée le record de la journée la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle nationale pour une seconde quinzaine d’août. Depuis sa création en 1947, l’IT n’avait jamais atteint de tels niveaux à cette période de l’année. Des villes proches des Alpes comme Grenoble et Chambéry sont restées pendant de longues périodes en « Vigilance canicule » ; on imagine facilement l’effet de ce dôme de chaleur sur les glaciers alpins et sur le permafrost de roche On a recensé de très nombreux effondrements au cours de l’été, avec des fermetures de refuges pour des raisons évidentes de sécurité (voir ma note du 28 août 2023).

La France n’est pas une exception. La température moyenne de la planète a atteint des niveaux record. Selon les relevés de l’agence européenne Copernicus, avec 16,95°C, la température moyenne relevée à travers le globe en juillet 2023 a été la plus élevée, tous mois confondus, depuis le début des mesures en 1940. De son côté, l’OMM précise que le mois a été environ 1,5 °C plus chaud que la moyenne de 1850-1900.

Le graphique ci-dessous, fourni par la NOAA, montre que la température moyenne en 2023 se situe largement au-dessus des années précédentes.

 

Source : NOAA

Comme ce fut le cas en 2022 en France avec le gigantesque incendie qui a détruit la forêt au sud d’Arcachon, des feux ont ravagé des milliers d’hectares de végétation en Grèce et au Canada. Selon un porte-parole de la Commission européenne, l’incendie en Grèce est « le plus grand jamais enregistré dans l’Union européenne. »

De l’autre côté de l’Atlantique, le Canada a vécu un été terrible sur le front des incendies. Les mégafeux de forêt qui ravagent le pays depuis le mois de mai 2023 ont brûlé 15,6 millions d’hectares, soit l’équivalent du territoire de la Grèce. Depuis le début de l’année 2023, 6 049 départs d’incendies ont été recensés au Canada, dont 1 063 toujours actifs. Parmi eux, 695 étaient toujours hors de contrôle le 31 août. Ces départs de feux ont été favorisés par un hiver particulièrement court et un printemps sec et venteux accompagné d’orages violents

Ces milliers de feux de forêt génèrent d’importantes quantités de dioxyde de carbone qui viennent s’ajouter à celles déjà présentes dans l’atmosphère. Les concentrations de CO2 atteignent actuellement plus de 418 ppm au sommet du Mauna Loa (Hawaii), ce qui est considérable. A eux seuls, les feux canadiens ont émis l’équivalent de plus d’un milliard de tonnes de dioxyde de carbone. Cela correspond pratiquement aux émissions annuelles du Japon, cinquième plus gros pollueur mondial.

La température de surface des mers et des océans ne cesse d’augmenter, avec un record absolu enregistré le 21 août 2023 : 21,1°C ! Sur la période 1982-2011, la moyenne la plus haute atteignait à 20,29°C, soit 0,81°C degré de moins. Ces hausses de la température marine ont des conséquences désastreuses pour les écosystèmes. On observe en particulier des migrations de poissons vers des zones plus froides.

 

Source: NOAA

La hausse de température des océans a forcément des effets sur la banquise. Celle de l’Antarctique a connu une fonte historique en février 2023. La glace a alors atteint son étendue la plus faible depuis 45 ans, date du début des mesures par satellite. Entre le mois de juin et d’août, période qui correspond à l’hiver dans l’hémisphère Sud, la banquise n’a pas réussi à se reconstituer. Le 26 août, son étendue s’élevait à seulement 16,17 millions de km2, contre 18,54 millions de km2 pour la moyenne de référence.

Source : NSIDC

Cette réduction de la banquise a de graves conséquences sur la reproduction des manchots empereurs. Sur cinq colonies surveillées dans la région de la mer de Bellingshausen, à l’ouest de l’Antarctique, toutes sauf une ont subi une perte catastrophique de 100% de poussins. Ces derniers se sont noyés ou sont morts de froid (voir ma note du 26 août 2023 sur cet événement).

Sources : France Info, Copernicus, NOAA.

Le Groenland hier, la Terre demain // Yesterday’s Greenland, tomorrow’s Earth

On sait depuis longtemps qu’il y a environ 400 000 ans, une grande partie du Groenland était dépourvue de glace. La toundra baignait dans la lumière du soleil sur les hautes terres du nord-ouest de l’île. On sait aussi qu’une forêt d’épicéas, bourdonnant d’insectes, couvrait la partie sud du Groenland. Le niveau de la mer dans le monde était alors beaucoup plus élevé qu’aujourd’hui, entre 6 et 12 mètres au-dessus du niveau actuel. Des terres qui abritent aujourd’hui des centaines de millions de personnes étaient sous l’eau.
Les scientifiques savaient depuis un certain temps que la calotte glaciaire du Groenland avait pratiquement disparu à un moment donné au cours du dernier million d’années, mais ils ne savaient pas précisément quand. Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Science, des scientifiques des universités du Vermont et de l’Utah ont déterminé cette date en analysant des carottes de sol gelé extraites d’une section d’un kilomètre d’épaisseur de la calotte glaciaire du Groenland.
L’histoire commence en juillet 1966 quand des scientifiques américains et des ingénieurs de l’armée américaine ont réussi, au bout de 6 années d’efforts, à forer la calotte glaciaire du Groenland. Le forage a eu lieu à Camp Century, une base militaire dans le nord-ouest du pays, dotée d’une série de tunnels creusés dans la calotte glaciaire. Le site de forage se trouvait à 220 km de la côte et reposait sur 1370 mètres de glace. Une fois atteint le soubassement rocheux, l’équipe a continué à forer 3,60 mètres supplémentaires.
En 1969, le travail d’un géophysicien sur la carotte de glace de Camp Century a montré pour la première fois que le climat de la Terre avait radicalement changé au cours des 125 000 dernières années. Des périodes glaciaires froides prolongées avaient alterné avec des périodes interglaciaires chaudes, avec fonte de la glace et hausse du niveau de la mer, et inondations de zones côtières dans le monde entier.
Pendant près de 30 ans, les scientifiques ont prêté peu d’attention aux 3,60 mètres de sol gelé de Camp Century. Une étude avait analysé les galets dans la carotte pour comprendre le substrat rocheux sous la calotte glaciaire. Une autre avait montré que le sol gelé conservait la preuve d’une époque plus chaude qu’aujourd’hui. Toutefois, sans aucun moyen de dater ces matériaux, peu de gens ont prêté attention à ces études.

Dans les années 1990, la carotte de sol gelé prélevée à Camp Century a disparu.
Il y a quelques années, des scientifiques danois l’ont retrouvée au fond d’un congélateur de Copenhague. Ils ont alors formé une équipe internationale pour analyser cette archive climatique unique.

Dans la partie supérieure de l’échantillon, les chercheurs ont trouvé des plantes fossilisées parfaitement préservées, preuve irréfutable que la terre en dessous de Camp Century, avait été libre de glace à une certaine époque, mais on ne savait pas quand.
Avec des échantillons prélevés au centre de la carotte de sédiments et analysés dans l’obscurité afin que le matériau conserve une mémoire précise de sa dernière exposition au soleil, les observations ont révélé que la calotte glaciaire couvrant le nord-ouest du Groenland – elle fait près de 1,6 km d’épaisseur aujourd’hui – avait disparu pendant la période chaude connue des climatologues sous le nom de Marine Isotope Stage 11, ou MIS 11, il y a entre 424 000 et 374 000 ans.
Pour déterminer plus précisément quand la calotte glaciaire avait fondu, l’un des chercheurs a utilisé la datation par luminescence. Au fil du temps, les minéraux accumulent de l’énergie lorsque des éléments radioactifs comme l’uranium, le thorium et le potassium se désintègrent et libèrent des radiations. Plus le sédiment est enfoui longtemps, plus le rayonnement s’accumule sous forme d’électrons piégés. Dans le laboratoire, les instruments mesurent de minuscules particules d’énergie, libérés sous forme de lumière par ces minéraux. Ce signal peut être utilisé pour calculer combien de temps les grains ont été enterrés puisque la dernière exposition au soleil aurait libéré l’énergie piégée.
Les modèles de calotte glaciaire obtenus grâce à ces expériences montrent que la calotte glaciaire du Groenland a probablement rétréci considérablement à cette époque. Au minimum, les scientifiques pensent que la bordure de glace s’est retirée de dizaines à centaines de kilomètres autour d’une grande partie de l’île au cours de cette période. L’eau de fonte a fait s’élever le niveau de la mer dans le monde d’au moins 1,50 mètre et peut-être même 6 mètres par rapport à aujourd’hui.

L’ancien sol gelé sous la calotte glaciaire du Groenland donne de bonnes indications sur les problèmes qui nous attendent. Pendant l’interglaciaire MIS 11, la Terre était chaude et les calottes glaciaires se limitaient aux hautes latitudes, un peu comme aujourd’hui. Le niveau de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère est resté entre 265 et 280 parties par million (ppm) pendant environ 30 000 ans. Le MIS 11 a duré plus longtemps que la plupart des interglaciaires en raison de l’impact de la forme de l’orbite terrestre autour du soleil et son effet sur le rayonnement solaire atteignant l’Arctique. Au cours de ces 30 millénaires, le niveau de dioxyde de carbone a provoqué un réchauffement suffisant pour faire fondre une grande partie de la glace du Groenland.
Aujourd’hui, notre atmosphère contient 1,5 fois plus de dioxyde de carbone qu’au MIS 11, soit environ 420 parties par million, une concentration qui augmente chaque année. Le dioxyde de carbone emprisonne la chaleur et réchauffe la planète. Une trop grande quantité dans l’atmosphère augmente la température globale, comme on peut le constater actuellement.
Au cours de la dernière décennie, alors que les émissions de gaz à effet de serre continuaient d’augmenter, nous avons connu les huit années les plus chaudes jamais enregistrées. Juillet 2023 a vu la semaine la plus chaude jamais enregistrée. Une telle chaleur fait fondre les calottes glaciaires et réduit l’albédo, la faculté de la glace à réfléchir la lumière du soleil.
Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, même si nous arrêtions soudainement de brûler des combustibles fossiles, le niveau de dioxyde de carbone dans l’atmosphère resterait élevé pendant des siècles, voire des millénaires. En effet, il faut beaucoup de temps au dioxyde de carbone pour être absorbé par les sols, les plantes, l’océan et les roches. Nous créons des conditions propices à une très longue période de chaleur, tout comme lors du MIS 11.
Nos efforts pour réduire les émissions de carbone et séquestrer le carbone qui est déjà dans l’atmosphère augmenteront les chances de survie d’une plus grande partie de la glace du Groenland. Si nous ne faisons pas ces efforts, nous serons confrontés à un monde qui pourrait ressembler beaucoup au MIS 11, ou même être plus extrême : une Terre chaude, des calottes glaciaires qui disparaissent, le niveau de la mer qui monte et des vagues qui viennent déferler sur Miami, Mumbai et Venise.
Source : The Conversation, Yahoo Actualités,

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It has been known for quite a long time that about 400,000 years ago, large parts of Greenland were ice-free. The tundra basked in the Sun’s rays on the island’s northwest highlands. Evidence suggests that a forest of spruce trees, buzzing with insects, covered the southern part of Greenland. Global sea level was much higher then, between 6 and 12 meters above today’s levels. Around the world, land that today is home to hundreds of millions of people was under water.

Scientists have known for some time that the Greenland ice sheet had mostly disappeared at some point in the past million years, but not precisely when. In a new study in the journal Science, scientists from the Vermont and Utah universities determined the date, using frozen soil extracted from beneath a one kilometer-thick section of the Greenland ice sheet.

In July 1966, American scientists and U.S. Army engineers completed a six-year effort to drill through the Greenland ice sheet. The drilling took place at Camp Century, a military base in the northwestern part of the country, made up of a series of tunnels dug into the Greenland ice sheet. The drill site was 220 km from the coast and underlain by 1370 meters of ice. Once they reached the bottom of the ice, the team kept drilling 3.6 more meters into the frozen, rocky soil below.

In 1969, a geophysicist’s analysis of the ice core from Camp Century revealed for the first time the details of how Earth’s climate had changed dramatically over the last 125,000 years. Extended cold glacial periods when the ice expanded quickly gave way to warm interglacial periods when the ice melted and sea level rose, flooding coastal areas around the world.

For nearly 30 years, scientists paid little attention to the 3.6 meters of frozen soil from Camp Century. One study analyzed the pebbles to understand the bedrock beneath the ice sheet. Another suggested that the frozen soil preserved evidence of a time warmer than today. But with no way to date the material, few people paid attention to these studies. By the 1990s, the frozen soil core had vanished.

Several years ago, Danish scientists found the lost soil buried deep in a Copenhagen freezer, and they formed an international team to analyze this unique frozen climate archive. In the uppermost sample, they found perfectly preserved fossil plants, proof positive that the land far below Camp Century had been ice-free some time in the past, but when?

Using samples cut from the center of the sediment core and analyzed in the dark so that the material retained an accurate memory of its last exposure to sunlight, observations revealed that the ice sheet covering northwest Greenland – nearly 1.6 km thick today – vanished during the extended natural warm period known to climate scientists as Marine Isotope Stage 11, or MIS 11, between 424,000 and 374,000 years ago.

To determine more precisely when the ice sheet melted away, one of the researchers used a technique known as luminescence dating. Over time, minerals accumulate energy as radioactive elements like uranium, thorium, and potassium decay and release radiation. The longer the sediment is buried, the more radiation accumulates as trapped electrons. In the lab, specialized instruments measure tiny bits of energy, released as light from those minerals. That signal can be used to calculate how long the grains were buried, since the last exposure to sunlight would have released the trapped energy.

The ice sheet models obtained through the experiments show that Greenland’s ice sheet must have shrunk significantly then. At minimum, the edge of the ice retreated tens to hundreds of kilometers around much of the island during that period. Water from that melting ice raised global sea level at least 1.50 meters and perhaps as much as 6 meters compared to today.

The ancient frozen soil from beneath Greenland’s ice sheet warns of trouble ahead. During the MIS 11 interglacial, Earth was warm and ice sheets were restricted to the high latitudes, a lot like today. Carbon dioxide levels in the atmosphere remained between 265 and 280 parts per million for about 30,000 years. MIS 11 lasted longer than most interglacials because of the impact of the shape of Earth’s orbit around the sun on solar radiation reaching the Arctic. Over these 30 millennia, that level of carbon dioxide triggered enough warming to melt much of the Greenland’s ice.

Today, our atmosphere contains 1.5 times more carbon dioxide than it did at MIS 11, around 420 parts per million, a concentration that has risen each year. Carbon dioxide traps heat, warming the planet. Too much of it in the atmosphere raises the global temperature, as the world is seeing now.

Over the past decade, as greenhouse gas emissions continued to rise, humans experienced the eight warmest years on record. July 2023 saw the hottest week on record, based on preliminary data. Such heat melts ice sheets, and the loss of ice further warms the planet as dark rock soaks up sunlight that bright white ice and snow once reflected.

As I put it in previous posts, even if everyone stopped burning fossil fuels tomorrow, carbon dioxide levels in the atmosphere would remain elevated for hundreds and even thousands of years. Indeed, it takes a long time for carbon dioxide to move into soils, plants, the ocean and rocks. We are creating conditions conducive to a very long period of warmth, just like MIS 11.

Everything we can do to reduce carbon emissions and sequester carbon that is already in the atmosphere will increase the chances that more of Greenland’s ice survives. The alternative is a world that could look a lot like MIS 11, or even more extreme: a warm Earth, shrinking ice sheets, rising sea level, and waves rolling over Miami, Mumbai and Venice.

Source : The Conversation, Yahoo News,

 

Evolution des concentrations de CO2, avec leur accélération au cours des dernières décennies.

La calotte glaciaire du Groenland réussira-t-elle à survivre aux assauts du réchauffement climatique ? (Photo : C. Grandpey)

Le ski de fond fortement impacté par le réchauffement climatique

Avec le réchauffement climatique, la neige se fait de plus en plus rare dans nos montagnes et la saison de ski alpin se réduit comme peau de chagrin. L’impact de la hausse des températures est encore plus sévère sur le ski de fond qui se pratique à des altitudes plus basses. Depuis plusieurs années, certaines stations comme Bessans (Savoie) ou Le Grand-Bornand (Haute-Savoie) stockent la neige de l’hiver précédent sous une couverture de sciure afin de pouvoir en disposer en début de saison. En effet, aujourd’hui,les premières chutes de neige ont tendance à se produire plus tard et la saison se termine souvent plus tôt qu’auparavant.

En 2022, la station du Grand-Bornand, située à environ 1000 mètres d’altitude, accueillait du 15 au 18 décembre la troisième étape de la Coupe du monde de biathlon. Faute de neige naturelle suffisante, les organisateurs ont dû acheminer par camions des substituts en partie artificiels. La neige provenait d’une réserve à proximité. La méthode a été décriée par les défenseurs de l’environnement mais est amenée à se reproduire de plus en plus souvent à ces altitudes.

Le problème du manque d’enneigement en altitude, bien que très variable d’une année sur l’autre, est de plus en plus visible et inquiétant. Dans un rapport du WWF publié en juillet 2021, on peut lire que dans les Alpes, à une altitude de 1500m en moyenne, « une hausse des températures globales de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels correspond à une réduction de 30% de l’épaisseur moyenne du manteau neigeux en hiver d’ici à 2055 environ. « Dans un monde à +4°C, cette réduction pourrait s’élever à 80% à l’horizon de la fin du siècle. »

Les scientifiques ajoutent que si l’on regarde les enregistrements de l’évolution de l’enneigement dans les Alpes depuis le début des années 70, on remarque qu’on a perdu de l’ordre d’un mois de durée d’enneigement [20 jours sur la date de fonte, 10 jours sur le début de l’enneigement] en basse et moyenne altitude, Les effets pourront toutefois être différents selon les massifs, mais au final aucune station de ski ne présente un enneigement naturel fiable dans les Alpes et dans les Pyrénées d’ici 2090. Il est évident que des massifs de moindre altitude comme le Jura, les Vosges ou le Massif Central seront encore davantage impactés par le manque de neige.

Face à la pénurie de neige, les stations se tournent de plus en plus vers la neige de culture. Ce recours est même imposé par les organisateurs d’étapes de Coupe du monde de biathlon ou de ski de fond. En France, 32 % de la surface des pistes dans les stations sont équipés pour produire de la neige de culture, un chiffre en constante augmentation. Là encore, cette solution est limitée et la fabrication de la neige artificielle sera de plus en plus complexe sur une planète qui se réchauffe.

Tout le monde de la montagne se pose des questions pour savoir quelles solutions peuvent être adoptées pour sauver l’or blanc. Certains optent pour la conservation sous la sciure de la neige de l’année précédente, et pour une adaptation du calendrier des compétitions. D’autres pensent qu’il faudrait réfléchir à relocaliser l’ensemble de la saison dans les pays du Nord de l’Europe comme la Suède, la Norvège ou la Finlande. Leurs stations sont moins hautes en altitude, mais leur latitude devrait les épargner, du moins dans un premier temps, car il tombe aussi moins de neige dans le nord de l’Europe.

Une autre conséquence du réchauffement climatique inquiète le monde de la montagne. Le phénomène continuera d’affecter l’intensité et la fréquence de certains risques naturels déjà présents en montagne, comme les crues qui gagneront en importance avec les changements de régime de précipitation, les avalanches de neige humide, les glissements de terrain, ou encore la déstabilisation des parois rocheuses ». Les débats ne font que commencer. Les polémiques aussi.

Source: France Info.

Au Grand Bornand (Haute-Savoie) et à Bessans (Savoie), on conserve la neige de l’hiver précédent sous une couche de sciure, au cas où, mais les canicules n’arrangent pas les choses…. (Photo: C. Grandpey)