Galapagos (Equateur / Ecuador): Un écosystème en danger // An endangered ecosystem

drapeau francaisOn peut lire en ce moment une foule d’articles sur les Galapagos suite à l’éruption du volcan Wolf sur l’île Isabela. L’éruption a suscité pas mal d’inquiétude pour le fragile écosystème, en particulier une colonie d’iguanes roses unique au monde. Par chance, la population d’iguanes et de tortues vit dans le nord-est de l’île et est donc hors de danger.

En fait, l’activité volcanique n’est pas la plus grande menace pour la région. Les éruptions font partie de l’écologie évolutive des Iles Galapagos. Il y a beaucoup plus de menaces anthropiques pour les espèces qui y vivent. Les espèces envahissantes, la surpêche, la pollution, la surpopulation et le tourisme non durable sont les menaces les plus importantes.
Le dernier recensement montre que plus de 26 000 personnes vivent sur l’archipel, site du patrimoine mondial de l’UNESCO. Le World Wildlife Fund (WWF) fait remarquer que les îles ne disposent pas de systèmes de tout à l’égout. Les effluents s’infiltrent donc dans le sol et dans la mer. Avec l’afflux de touristes, le paysage exceptionnel de Galapagos pourrait se trouver bouleversé. Il y a eu une explosion du nombre d’hôtels et de restaurants, avec un nombre grandissant de touristes susceptibles d’introduire des espèces envahissantes sur les îles. Les plantes et les animaux introduits représentent une grande menace pour les espèces indigènes, qui n’ont pas de prédateurs naturels et seraient sans défense face à de nouveaux. À une époque, on a estimé que 100 000 chèvres sauvages vivaient sur l’île Isabela et dévastaient l’écosystème par le surpâturage. Les services du parc ont fini par adopter un plan d’éradication systématique qui a été considéré comme un succès en 2005, lorsque la dernière chèvre sauvage a été exterminée sur l’île.
Source: ABC Nouvelles.

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drapeau anglaisA lot of articles can be read in the news about the eruption of Wolf volcano on Isabela Island in the Galapagos archipelago. The eruption triggered concerns for the fragile ecosystem, especially a unique colony of pink iguanas. However, as this population of iguanas and land turtles are in the northeast of Isabela, they are out of danger

Volcanic activity isn’t the biggest threat to the region. Volcanism and eruptions are a normal part of the evolutionary ecology on the Galapagos Islands. There are far more human-induced threats to the species that live there. Invasive species, overfishing, pollution, overpopulation and unsustainable tourism are more significant threats.
The latest census data shows more than 26,000 people live on the islands, a UNESCO world heritage site. The World Wildlife Fund indicates the islands do not have widespread public sewage systems. Sewage is left to seep into the ground and the sea. With the spike in tourism, the Galapagos’ exceptional landscape is in danger of being transformed. There has been an explosion in the number of hotels and restaurants, with an influx of tourists which creates more chances for invasive species to reach the islands. Introduced plants and animals represent a huge threat to native species, which lack natural predators and are defenseless to invasive predators. At one point, an estimated 100,000 feral goats lived on Isabela Island and devastated the ecosystem through overgrazing. The park service eventually was forced to adopt a radical eradication plan which was deemed a success in 2005 when the last feral goat was removed from Isabela Island.

Source: ABC News.

Galapagos

Les Iles Galapagos vues depuis l’espace  (Crédit photo:  NASA)

Kilauea (Hawaii / Etats Unis): La lave menace Kaohe // Lava has become a threat to Kaohe

drapeau francaisLe HVO prévoit de faire passer le niveau d’alerte concernant la coulée du 27 juin de « vigilance » à « alerte » car la lave pourrait atteindre Kahoe d’ici une semaine. Jim Kauahikaua, responsable de l’Observatoire, a déclaré mardi à une foule de plus de 100 personnes rassemblée à Pahoa que la lave atteindra probablement ce secteur mercredi ou jeudi. Le changement du niveau d’alerte pourrait aussi entraîner une demande d’évacuation de Kaohe qui est à environ 2 km du front de coulée. La Protection Civile prévoit de promulguer l’avis d’évacuation au moins cinq jours avant que la lave atteingne la localité.
Lors de la réunion, certaines personnes ont suggéré de dévier la coulée. Ce n’est pas envisagé car une telle initiative pourrait menacer une autre communauté autrement épargnée par la lave. Il y a aussi des préoccupations culturelles à prendre en compte. Les tentatives visant à bloquer la coulée de 1960 à Kapoho ont échoué.
Les responsables de la Protection Civile viendront frapper aux portes des habitations de Kaohe mercredi pour informer les habitants de la situation et savoir combien d’abris temporaires seront nécessaires. Des efforts sont également en cours pour déplacer le bétail et d’autres animaux.
Sources: HVO & Hawaii Tribune Herald.

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drapeau anglaisThe Hawaiian Volcano Observatory plans to soon increase the lava threat level from a watch to a warning as a lava flow could be a week away from reaching Kaohe Homesteads. Jim Kauahikaua, HVO scientist-in-charge, told a crowd of over 100 people at Pahoa on Tuesday evening the change will likely occur either Wednesday or Thursday. The threat level change also could prompt an evacuation request for Kaohe, which is about 2 km from the flow. Civil Defense plans to provide an evacuation notice at least five days before lava hits the community.
During the meeting, a couple people asked about diverting the flow. It is not being considered since such actions may threaten another community. There are also cultural concerns to consider. Attempts to block the 1960 flow from Kapoho failed.
Civil Defense will be knocking on doors in Kaohe on Wednesday to inform residents of the situation and find out how many need temporary shelter. Efforts are also underway to relocate livestock and other animals.
Sources: HVO & Hawaii Tribune Herald.

L’Etna: Et maintenant? // Mount Etna: What next?

drapeau francais   A l’issue du 13ème paroxysme de l’Etna, j’ai eu un échange d’idées avec Boris Behncke (INGV Catane). Après avoir plaisanté en disant que les paroxysmes devenaient monotones, nous avons abordé des sujets plus graves.
Boris m’a dit qu’il commençait à se concentrer de plus en plus sur l’impact de cette activité sur les gens qui vivent autour de l’Etna, impact qui est de plus en plus visible et spectaculaire. «Beaucoup de villes et villages, notamment dans les secteurs du sud-est, est et nord-est de l’Etna ont reçu à plusieurs reprises d’importantes retombées de tephra et, lorsque l’on traverse ces secteurs en voiture, on est peu à peu envahi par une sensation de tristesse. Tout est noir et poussiéreux, il y a des quantités incroyables de scories et cendre entassées le long des routes, les couleurs du printemps sont anéanties et les gens n’ont plus tellement envie de nettoyer parce que trop de fois ce qu’ils viennent de nettoyer est recouvert quelques heures plus tard d’une nouvelle couche noire de lapilli. »
Boris ajoute que les derniers paroxysmes sont différents de la plupart de ceux du passé : un grand nombre d’entre eux ont été beaucoup plus explosifs et aussi beaucoup plus intenses que ceux, par exemple, de l’année 2000. […] «On attend avec une certaine inquiétude de voir comment les choses vont évoluer ; l’Etna ne semble pas vouloir changer son comportement dans un avenir prévisible … »
J’ai répondu à Boris que « aussi longtemps que le volcan se comportera de cette façon, ce sera une bonne chose pour les gens qui vivent à Santa Venerina, Zafferana, Nicolosi etc. Certes, le volcan est sale et oblige les gens à balayer la cendre et nettoyer leurs maisons, mais ce serait bien pire si une éruption se produisait sur les basses pentes du volcan! La situation actuelle confirme la conclusion de mes observations à la fin des années 1990. J’étais alors convaincu qu’il y avait une chambre magmatique peu profonde sous la partie SE de la zone sommitale. Ce que je crains le plus aujourd’hui, c’est que l’activité actuelle fragilise le flanc SE du volcan et réactive, par exemple, la fracture qui traverse la route SP 92. Si c’était le cas, la situation serait très différente.» Croisons les doigts pour que les paroxysmes ou les éruptions restent concentrés dans la zone sommitale. Ce serait un vrai problème si des bouches ou des fissures s’ouvraient à des altitudes inférieures. Les coulées de lave pourraient rapidement devenir une menace pour les zones habitées. L’Etna a une histoire éruptive qui montre que de tels événements ne doivent pas être exclus. Il suffit de penser à l’éruption de 1928 qui a détruit Mascali, ou bien celle de 1991-1994 qui a commencé sur la paroi supérieure de la Valle del Bove et entraîné des journées de peur et d’angoisse pour les habitants de Zafferana Etnea …

 

 

drapeau anglais   After Mount Etna’s 13th paroxysm, I had an exchange of ideas with Boris Behncke (INGV Catania). After I had joked that the paroxysms were becoming monotonous, we tackled more serious matters.

Boris told me he was starting to focus increasingly on the impact of this activity on the people living around Etna, which is getting more and more dramatic. “Many towns and villages, especially in the southeastern, eastern and northeastern sectors of Etna have repeatedly received heavy tephra fallout, and driving through these areas you are gradually invaded by a sensation of sadness, it’s all black and dusty, there are incredible amounts of scoriae and ash piled up along roads, the colours of spring are suppressed, and people are reluctant to put much effort into cleaning up because too many times they had just cleaned up and a few hours later, everything was covered with a fresh layer of black pyroclastics.”

Boris added that the latest paroxysms have been different from most of those of the past, many of them have been much more explosive and also much more voluminous than those, for example, of the year 2000. […] “There is quite some concern about how things will go on, Etna is not showing the least sign of changing her behaviour in the foreseeable future …”

I answered Boris that “as long as the volcano behaves this way, it is a good thing for the people who live in Santa Venerina, Zafferana , Nicolosi and so on. The volcano is dirty and forces people to sweep away the ash and clean their houses but it would be much worse if an eruption occurred on the lower slopes of the volcano! The current situation confirms what I concluded from my observations in the late 1990s. I was then convinced there was a shallow magma chamber beneath the SE part of the summit area. What I fear most today is that the current activity weakens the SE flank of the volcano and reactivates the fracture that crosses the SP 92 road. If it did, the situation would be quite different. » Let’s cross our fingers that the paroxysms or the eruptions remain concentrated in the summit area. It would be a real problem if vents or fissures opened at lower altitudes. The lava flows would rapidly become a threat to populated areas. Mount Etna has an eruptive history which shows that such events should not be excluded. We just need to remember the 1928 eruption that destroyed Mascali or the 1991-1994 eruption that started on the upper wall of the Valle del Bove and caused days of fear and anxiety to the inhabitants of Zafferana Etnea…

Etna-1992

Au cours de l’éruption 1991-94, la lave était venue flirter avec les pieds de vigne à quelques centaines de mètres au-dessus de Zafferana Etnea.

(Photo:  C. Grandpey)