Dernières nouvelles de la Péninsule de Reykjanes (Islande) // Latest news about the Reykjanes Peninsule (Iceland)

Comme je l’ai écrit précédemment, un séisme de magnitude M 5.1 a été enregistré à 3h14 le 10 mars 2021. C’est l’un des quelque 700 événements enregistrés sur la Péninsule de Reykjanes entre minuit et 8h00 le 10 mars. La majeure partie de l’activité sismique se produit au niveau de la montagne de Fagradalsfjall, à l’extrémité sud d’une intrusion magmatique qui s’est formée à une profondeur comprise entre 1 et 2 kilomètres. Selon le Met Office, l’activité sismique du 10 mars indique probablement que l’intrusion magmatique continue et qu’une éruption dans la région reste une possibilité.

Selon les volcanologues islandais, l’intrusion magmatique a la forme d’un couloir horizontal qui s’étire sur environ 7 kilomètres entre les montagnes de Fagradalsfjall et Keilir. Le couloir se trouve à environ 2 km sous la surface près du Keilir mais à seulement 1 km sous la surface au niveau du Fagradalsfjall. Le magma est également plus chaud à hauteur du Fagradalsfjall qui est donc le site le plus probable pour une éventuelle éruption.

Les dernières observations tendent à montrer qu’une éruption sur la Péninsule de Reykjanes est de plus en plus probable. Cependant, il est difficile de prévoir quand elle se produira.

Source: Iceland Review.

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As I put it before, an M 5.1 earthquake was recorded at 3.14 am on March 10th, 2021. It was one of over 700 earthquakes registered on the Reykjanes peninsula between midnight and 8.00am on March 10th. Most of the seismic activity is occurring by Fagradalsfjall mountain, at the southern end of a magma intrusion that has formed at a depth between 1-2 kilometres. According to the Met Office, the March 10th seismic activity likely indicates the magma intrusion is growing, and an eruption in the area continues to be a possibility.

According to Icelandic volcanologists, the magma intrusion has the shape of a horizontal corridor stretching some 7 kilometres between Fagradalsfjall and Keilir mountains. The corridor is around 2 km below the surface by Keilir but 1 km below the surface at Fagradalsfjall. The magma is also hotter by Fagradalsfjall, making it the more likely site for a possible eruption.

The latest observations tend to reveal that an eruption on the Reykjanes Peninsula is more and more likely. However, it is difficult to predict when it will occur.

Source: Iceland Review.

Source : Icelandic Met Office

Péninsule de Reykjanes (Islande) : la sismicité reste intense // Seismicity is still intense

La sismicité est incroyablement intense ces jours-ci sur la Péninsule islandaise de Reykjanes. De nombreux événements sont au-dessus de M 3.0. Le 10 mars 2021, à 3h14, un séisme a atteint M 5.1. Son épicentre était situé à 2,4 km au SSO de Fagradalsfjall à une profondeur de 5,8 km.

Il semble bien qu’un dyke magmatique soit en train de se frayer un chemin sous la péninsule mais la lave ne perce pas la surface.

Comme je l’ai déjà écrit, le contexte géologique de la région est très complexe avec un mélange de tectonique, de sismicité et de volcanisme, un phénomène pouvant être la cause ou la conséquence de l’autre.

Plusieurs scénarios possibles ont été imaginés par des volcanologues islandais qui ne peuvent faire aucune prévision.

Le point positif est que la région compte peu d’habitants qui seront rapidement évacués en cas d’urgence.

La situation dans la Péninsule de Reykjanes confirme que la prévision volcanique aura encore un long chemin à parcourir avant de devenir fiable.

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Seismicity is incredibly intense these days on Iceland’s Reykjanes Peninsula. Many events are above M 3.0. On March 10th, 2021, at 3.14 am, a quake reached M 5.1. Its epicentre was located 2.4 km SSW of Fagradalsfjall at a depth of 5.8 km.

It seems a magmatic dyke is working its way beneath the Peninsula but lava is not piercing the surface. As I put it before, the geological context of the region is very complex with a mixture of tectonics, seismicity and volcanism, the one being the cause or the consequence of the other.

Several possible scenarios have been imagined by Icelandic volcanologists who are at a loss to make any prediction. The good point is that the region has few residents who will be rapidly evacuated in case of emergency. However, the situation in the Reykjanes Peninsula confirms that volcanic prediction still has a long way to go ro become reliable.

Source : IMO

Islande : la prévision volcanique a du plomb dans l’aile ! // Iceland : volcanic prediction is in a bad way !

J’ai à l’esprit les paroles du regretté François Le Guern qui avait l’habitude de commencer ses conférences en disant: «Je ne sais pas, nous ne savons pas prévoir une éruption volcanique.» C’est ce que sont en train de se dire les volcanologues islandais en observant la situation actuelle sur la Péninsule de Reykjanes.

Aujourd’hui, il semble que la probabilité d’une éruption dans les prochaines heures soit en train de s’éloigner. Hier, le Met Office islandais avait imaginé cinq scénarios possibles (voir la note sur mon blog), dont l’un était une éruption qui ne menacerait pas les zones habitées ou le trafic aérien.

Au total, plus de 20 000 séismes ont été enregistrés depuis le début de l’essaim il y a une dizaine de jours. Aucun épisode de tremor n’est actuellement détecté mais l’activité sismique reste intense.

Après avoir analysé les dernières données, les volcanologues islandais estiment que rien n’indique qu’une éruption se produira dans les prochaines heures. Les images satellite InSAR sur la période du 25 février au 3 mars montrent la formation d’un dyke dans la zone située entre Fagradalsfjall et Keilir, mais le magma ne semble pas se déplacer.

Les données GPS confirment les données satellitaires et montrent un mouvement relativement constant du sol, qui semble toutefois avoir ralenti au cours des derniers jours. Les données GPS et les images InSAR indiquent qu’il n’y a pas eu d’augmentation significative du mouvement du magma pendant l’activité sismique du 3 mars.

Páll Einarsson, géophysicien islandais bien connu, a déclaré: «Cette série d’événements nous surprend chaque jour.» Il a ajouté qu’il n’y a aucun moyen de prévoir comment les choses vont évoluer, et les scientifiques sont toujours perplexes sur l’évolution de la situation suite à l’épisode de tremor.

Un nouveau modèle de prévision des coulées de lave, élaboré par des scientifiques de l’Université d’Islande, propose quatre sites éruptifs potentiels sur la péninsule, en sachant que ces quatre sites ne sauraient être le siège d’éruptions simultanées. Ces quatre zones sont la colline de Sýlingafell, située juste au nord de la ville de Grindavík, la vallée de Móhálsadalur, située juste à l’ouest du lac Kleifarvatn, Fagradalsfjall et ses environs, et la fissure de Hauksvörðugjá, située à l’ouest de Grindavík. Leur prévision ne se limite plus à la zone située entre les montagnes Keilir et Fagradalsfjall car l’activité sismique n’est plus concentrée uniquement dans cette zone.

Source: Iceland Review et Iceland Monitor.

En lisant la presse islandaise, on se rend compte que l’analyse de la situation repose sur les seuls scientifiques. Aucune allusion n’est faite au Huldufólk, le « peuple caché », au monde des elfes qui ont pourtant une grande importance dans la vie des Islandais. Et si c’était ce petit peuple qui, pour se venger de quelque comportement des scientifiques, s’amusait maintenant à leur mettre des bâtons dans les roues… ?

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 I have in mind the words of the late François Le Guern who used to start his conferences saying “I can’t, we can’t predict a volcanic eruption.” This is what Icelandic volcanilogists say when they observe the current situation on the Reykjanes Peninsula.

Today, it seems the likelihood of an eruption in the next few hours has diminished. Yesterday, the Icelandic Met Office had imagined five possible scenarios (see the post on this blog ), one of which was an eruption that would not threaten inhabited areas or air traffic.

Overall, more than 20,000 earthquakes have occurred since the earthquake swarm started about ten days ago. No tremor pulse is currently detected but there is still significant seismic unrest.

After reviewing new data, Icelandic experts estimate that there is no indication an eruption will occur in the next few hours. InSAR satellite images over the period of February 25th -March 3rd still show signs that a magma dyke is forming in the area between Fagradalsfjall and Keilir, without showing a considerable increase in the movement of magma accompanying the tremor pulse.

GPS data also support that theory, showing a relatively constant movement, although it seems to have slowed down in the past few days. The GPS data and the InSAR images indicate that there has not been a significant increase in magma movement during the seismic activity of March 3rd.

Páll Einarsson, a popular Icelandic geophysicist, said:  “This series of events surprises us every day.” He added there was no way to predict how things will develop, and scientists are still puzzled over what happened after the tremor pulse registered.

A new lava flow prediction model, created by scientists at the University of Iceland, assumes four potential locations of eruptions on the peninsula. They stress there is no chance all four would erupt simultaneously. These four areas are Sýlingafell hill, located just north of the town of Grindavík, Móhálsadalur valley, located just west of Kleifarvatn lake, Fagradalsfjall and vicinity, and Hauksvörðugjá fissure, located west of Grindavík. The reason their prediction is no longer limited to the area between Keilir and Fagradalsfjall mountains is that the seismic activity is no longer limited to that area.

Source: Iceland Review & Iceland Monitor.

Reading the Icelandic press, one realizes that the analysis of the situation rests on scientists alone. No allusion is made to the « hidden people », to the world of elves which are of great importance in the lives of Icelanders. What if it was these little people who, in revenge for some behaviour of scientists, now amused themselves by putting a spade in their wheels …?

Prévision de coulées de lave (zones claires) par l’Université d’Islande

Etna (Sicile) : Et maintenant ?

Que se passe-t-il sur l’Etna ? Depuis le rendez-vous manqué prévu le 26 février 2021 à la mi journée, le Cratère SE montre un calme remarquable et le tremor volcanique est redescendu à un niveau relativement bas.

Personnellement, je n’irais pas trop me promener sur la zone sommitale du volcan car une saute d’humeur soudaine et violente ne saurait être exclue. Il est étrange qu’aucune activité ne soit apparue depuis le 6ème paroxysme. Par sa durée et son intensité (belles fontaines de lave), il a prouvé que la pression des gaz (moteurs de toute éruption) était encore forte et que la chambre magmatique superficielle était encore bien approvisionnée.

On peut se poser plusieurs questions :

S’agit-il d’une simple pause et les paroxysmes vont-ils reprendre dans les prochaines heures ou les prochains jours ?

Des effondrements ont-ils généré un bouchon qui empêcherait toute activité. Je ne crois guère à cette hypothèse car les sismos en auraient rendu compte.

Le magma a-t-il emprunté un autre chemin et la lave sortira-t-elle ailleurs sur la volcan ?

Bien malin serait celui qui pourrait répondre à ces questions. Une éruption majeure n’est bien sûr pas à exclure. Cela fait pas mal de temps que l’Etna n’a pas offert une éruption de grande ampleur, différente des paroxysmes auxquels il vient de nous habituer.

Souvenir de l’éruption de 1991-94 (Photo : C. Grandpey)