Datation des éruptions de Yellowstone // Dating the Yellowstone eruptions

Les scientifiques de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone (YVO) ont recensé au moins 28 éruptions au sein de la caldeira de Yellowstone depuis sa formation il y a 631 000 ans. Il s’agit d’une estimation minimale basée sur les vestiges géologiques préservés. Les travaux en cours visent à affiner ce décompte en identifiant les éruptions plus anciennes dont les dépôts ont été enfouis ou masqués par des coulées de lave plus récentes. Ces résultats ont été présentés dans les Yellowstone Caldera Chronicles, une publication hebdomadaire rédigée par des scientifiques et des collaborateurs de l’Observatoire. À noter qu’en janvier 2025, un numéro des Yellowstone Caldera Chronicles avait déjà été consacré au passé du super volcan :

Yellowstone (1) : le passé du super volcan // Yellowstone (1) : the past of the super volcano

L’histoire volcanique de Yellowstone comprend trois éruptions qui ont formé la caldeira au cours des 2,1 derniers millions d’années. La plus récente, il y a 631 000 ans, a créé la caldeira que nous connaissons actuellement et a marqué un tournant vers des coulées de lave rhyolitique de plus petite taille et des dômes confinés principalement à l’intérieur de la caldeira, et non plus vers des éruptions d’envergure continentale.
La cartographie géologique et la datation ont permis d’identifier au moins 28 éruptions au sein de la caldeira depuis sa formation. Il s’agit d’un décompte minimal basé sur les éruptions identifiables avec certitude dans les archives géologiques. Les dépôts éruptifs plus anciens sont souvent masqués par des coulées de lave plus récentes, et dans de nombreuses zones, seuls de petits affleurements isolés subsistent, ce qui limite notre compréhension de leur étendue et de leur âge. La glaciation et l’érosion ont par ailleurs modifié le paysage, en déplaçant ou en redistribuant les matériaux volcaniques.
Pour reconstituer l’histoire éruptive de Yellowstone, les géologues ont établi une relation entre une cartographie de terrain détaillée avec la géochimie, la géochronologie et le paléomagnétisme. La composition chimique permet de distinguer les différents types de de magmas ; la datation radiométrique précise le calendrier des éruptions, tandis que les signatures paléomagnétiques conservées lors du refroidissement de la lave permettent de différencier les éruptions survenues à des périodes différentes.
Les rhyolites du Plateau Central (Central Member Plateau) constituent l’une des séquences éruptives post-caldeira les mieux étudiées et recouvrent une grande partie du fond de la caldeira. De nouvelles datations avec la méthode 40Ar/39Ar divisent ces coulées en cinq groupes éruptifs informels, avec des âges moyens rapportés à un niveau de confiance de 95 %, ce qui améliore la résolution entre les éruptions rapprochées.
La région de West Thumb, au bord du lac Yellowstone, enrichit ce tableau. On pense qu’il s’agit de la zone d’émission d’une éruption explosive à l’origine du Tuf de Bluff Point. Cela prouve que le volcanisme post-caldeira ne s’est pas limité aux seules coulées de lave.

Le canyon de la Yellowstone River présente de beaux exemples de tufs rhyolitiques (Photo: C. Grandpey)

Une coulée de lave affleurant dans la vallée de Hayden (célèbre pour ses meutes de loups) était auparavant associée à une éruption datée d’environ 102 000 ans, mais les nouvelles données montrent que la lave pourrait être plus proche de 160 000 ans, ce qui laisse supposer une éruption jusqu’alors inconnue. Des scientifiques de l’USGS ont prélevé des échantillons de cette coulée en 2025 pour une datation à l’argon ; on attend les résultats.
Des travaux effectués sur le terrain en 2025 ont également permis d’identifier un petit affleurement de lave le long de la Gibbon River, près du ruisseau Nez Perce Creek, qui semble se situer sous une coulée connue. L’analyse géochimique et la datation à l’argon permettront de déterminer si cet affleurement correspond à une éruption distincte ou s’il fait partie d’une unité déjà identifiée.
Par ailleurs, des chercheurs de l’Université du Montana ont identifié des dépôts volcaniques au nord-ouest de la caldeira, près de la Madison Junction. Ces dépôts pourraient provenir d’éruptions survenues peu avant la formation de la caldeira, il y a 631 000 ans. Si c’est le cas, cela permettrait de combler le fossé entre l’activité de pré-caldeira et de post-caldeira.
Source : USGS, The Watchers.

Carte de la caldeira de Yellowstone avec la localisation et l’âge des éruptions rhyolitiques les plus récentes à Yellowstone, et appartenant au Central Plateau Member. La région de West Thumb est indiquée car elle est considérée comme le lieu d’une éruption explosive et la source du Tuf de Bluff Point. Les rhyolites du Central Plateau Member sont divisées en cinq groupes informels d’après les nouvelles datations effectuées avec la méthode 40Ar/39Ar. Chaque groupe informel est représenté par la même couleur. Les numéros figurant sur la carte et dans la légende indiquent l’emplacement des différentes coulées de lave. L’âge moyen par groupe et son intervalle de confiance à 95 % sont indiqués à côté de la liste des unités. (Source : USGS)

Carte de meilleure résolution à cette adresse :

https://www.facebook.com/USGSVolcanoes/posts/how-many-eruptions-has-yellowstone-had-simple-questioncomplex-answer-todays-yell/1300881892086276/

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Scientists at the Yellowstone Volcano Observatory (YVO) have identified at least 28 eruptions within the Yellowstone Caldera since it formed 631 000 years ago, a minimum estimate based on preserved geologic evidence. Ongoing work is focused on refining this count by identifying older eruptions whose deposits were buried or obscured by younger lava flows. The findings were presented in Yellowstone Caldera Chronicles, a weekly column written by scientists and collaborators of the Yellowstone Volcano Observatory. In January 2025, an issue of the Yellowstone Caldera Chronicles was already dedicated to the supervolcano’s past (see above).

Yellowstone’s volcanic history includes three caldera-forming eruptions over the past 2.1 million years. The most recent, 631 000 years ago, created the present-day caldera and marked a shift toward smaller rhyolite lava flows and domes confined largely within the caldera rather than continent-wide eruptions.

Geologic mapping and age dating identify at least 28 eruptions within the caldera since its formation. This is a minimum count based on eruptions that can be confidently recognized in the geologic record. Earlier eruptive deposits are often obscured by younger lava flows, and in many areas, only small, isolated outcrops remain, limiting insight into their extent or age. Glaciation and erosion have further modified the landscape, removing or redistributing volcanic material.

To reconstruct Yellowstone’s eruptive history, geologists combined detailed field mapping with geochemistry, geochronology, and paleomagnetics. Chemical compositions distinguish magma batches, radiometric ages constrain eruption timing, while paleomagnetic signatures preserved during lava cooling separate eruptions that formed at different times.

The Central Plateau Member rhyolites form one of the best-studied post-caldera eruptive sequences and cover much of the caldera floor. New 40Ar 39Ar dating divides these flows into five informal eruption groups, with mean ages reported at the 95 percent confidence level, improving resolution between closely spaced eruptions.

The West Thumb region of Yellowstone Lake adds another layer to this picture. It is thought to be the vent area for an explosive eruption that produced the Tuff of Bluff Point, showing that post-caldera volcanism was not limited to lava flows alone.

A lava flow exposed in Hayden Valley was previously linked to an eruption dated at about 102 000 years but the new data suggest the lava may be closer to 160 000 years old, suggesting a previously unrecognized eruption. USGS scientists collected samples from this flow in 2025 for argon dating, with results pending.

Field work in 2025 also identified a small lava exposure along the Gibbon River near Nez Perce Creek that appears to lie beneath a known flow. Geochemical analysis and argon dating will determine whether this exposure represents a distinct eruption or part of an already identified unit.

In addition, researchers from Montana State University have identified volcanic deposits northwest of the caldera near Madison Junction. The deposits may represent eruptions that occurred shortly before the caldera-forming event 631 000 years ago, helping overcome the gap between pre-caldera and post-caldera activity.

Source : USGS, The Watchers.

Etna (Sicile) : la Faille de Tremestieri rappelle qu’elle est active // Mount Etna (Sicily) : The Tremestieri Fault reminds us that it is active

Une étude de l’INGV et de l’Université de Catane, publiée en juillet 2025, a analysé la structure profonde de l’Etna et le lien entre l’activité sismique et la remontée du magma, révélant de nouveaux détails sur la dynamique interne du volcan. En analysant plus de 15 000 séismes sur une période d’une vingtaine d’années, les chercheurs ont retracé les structures qui entraînent la déformation de la croûte et leur interaction avec les mouvements du magma. Lors des événements éruptifs, la pression exercée par le magma dans les couches de la croûte peut activer des failles même à des distances et des profondeurs considérables des cratères sommitaux.

On peut lire dans l’étude que la dynamique du flanc oriental de l’Etna, connu pour son glissement lent et régulier vers la mer Ionienne, est particulièrement intéressante. Les recherches montrent que ce mouvement n’est pas uniforme, mais se produit le long de structures diverses, déclenchées par une combinaison de failles anciennes, de pressions magmatiques et d’affaissements de surface.

Cette étude trouve sa confirmation avec la Faille de Tremestieri, qui traverse le flanc sud du volcan de Nicolosi à Tremestieri Etneo, et présente de nouveaux signes de « fluage asismique » expression qui fait référence au déplacement de surface, mesurable le long d’une faille en l’absence de séismes notables. Des mouvements de sol lents et constants, connus depuis des années par les scientifiques, se manifestent par de nouvelles fissures dans des zones densément peuplées. Ces mouvements, liés à l’interaction entre l’activité magmatique et la collision des plaques africaine et eurasienne, deviennent préoccupants lorsqu’ils affectent le tissu urbain, déformant rues, places et même réseaux d’alimentation en eau.

Des géologues de l’INGV ont mené une inspection à Tremestieri Etneo suite aux signalements des habitants. Les microséismes des 17 et 18 novembre 2025 ont suscité l’inquiétude. Neuf secousses ont été enregistrées, d’une magnitude comprise entre M1,5 et M2,5, localisées entre Pedara et Mascalucia. Les plus fortes ont été ressenties à Pedara, Mascalucia, Tremestieri Etneo, Sant’Agata li Battiati et Gravina di Catania ; elles ont fait trembler les maisons et réveillé plusieurs familles.

Source: INGV

Des relevés de terrain ont confirmé la réactivation du système de failles au cœur de Tremestieri. Sur la place du centre éducatif « Teresa di Calcutta », d’anciennes fissures se sont déplacées latéralement de 1,5 cm. Dans d’autres secteurs de la localité, un réseau de fissures étagées a déplacé le sol d’environ 1 cm, entraînant la rupture d’une canalisation d’eau, signe évident des contraintes sous-jacentes. La déformation sur la petite place de la Via Etnea est encore plus significative avec des affaissements verticaux allant jusqu’à 0,5 cm et horizontaux de 1 cm, accompagnés de compressions qui font onduler le revêtement. Plus en amont, le long de la route SP 3/II Tremestieri–Mascalucia, une autre fracture ancienne s’est réactivée, provoquant une nouvelle fuite d’eau et des mouvements d’extension d’environ 1 cm.
Les géologues expliquent que ce ne sont pas des événements inattendus, mais ils nous rappellent que même les failles silencieuses déforment le sol, affectant les bâtiments et les infrastructures. La déformation s’atténue progressivement en amont, où des irrégularités du plan de faille ralentissent le glissement.

Dans la conclusion du rapport des experts de l’INGV, on peut lire que pour les zones habitées de l’arrière-pays etnéen, le message est clair : « une surveillance continue et des évaluations sur le terrain sont indispensables à une planification urbaine éclairée et résiliente. Dans une région où volcanisme et tectonique sont intimement liés, chaque fissure devient un signal précieux pour atténuer les risques et prévenir des dommages plus importants. »

Source : La Sicilia, INGV.

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A study by the INGV and the University of Catania, published in July 2025, analyzed the deep structure of Mount Etna and the link between seismic activity and magma upwelling, revealing new details about the volcano’s internal dynamics. By analyzing more than 15,000 earthquakes over a period of about twenty years, the researchers traced the structures that cause crustal deformation and their interaction with magma movements. During eruptive events, the pressure exerted by magma in the crustal layers can activate faults even at considerable distances and depths from the summit craters.
The study notes that the dynamics of Mt Etna’s eastern flank, known for its slow and steady slide towards the Ionian Sea, is of particular interest. Research shows that this movement is not uniform, but occurs along various structures, triggered by a combination of ancient faults, magma pressures, and surface subsidence.
This study is confirmed by the Tremestieri Fault, which runs along the southern flank of the volcano, from Nicolosi to Tremestieri, and exhibits new signs of « aseismic creep, » a term that refers to surface displacement measurable along a fault in the absence of significant earthquakes. Slow, constant ground movements, known to scientists for years, are appearing as new fissures in densely populated areas. These movements, linked to the interaction between magmatic activity and the collision of the African and Eurasian plates, become a concern when they affect the urban fabric, deforming streets, squares, and even water supply networks.
INGV geologists conducted an inspection in Tremestieri Etneo following reports from residents. The micro-earthquakes of November 17 and 18, 2025, caused concern. Nine tremors were recorded, ranging in magnitude from M1.5 to M2.5, located between Pedara and Mascalucia. The strongest were felt in Pedara, Mascalucia, Tremestieri Etneo, Sant’Agata li Battiati, and Gravina di Catania; they shook houses and woke several families. Field surveys confirmed the reactivation of the fault system in the heart of Tremestieri. In the square of the “Teresa di Calcutta” educational center, old fissures had shifted laterally by 1.5 cm. In other parts of the town, a network of stepped cracks has displaced the ground by about 1 cm, causing a water pipe to burst—a clear sign of the underlying stresses. The deformation in the small square on Via Etnea is even more significant, with vertical subsidence of up to 0.5 cm and horizontal subsidence of 1 cm, accompanied by compression that is causing the pavement to undulate. Further upslope, along the SP 3/II Tremestieri–Mascalucia road, another old fracture has reactivated, causing a new water leak and extensional movements of about 1 cm. Geologists explain that these are not unexpected events, but they remind us that even silent faults deform the ground, affecting buildings and infrastructure. The deformation gradually diminishes upstream, where irregularities in the fault plane slow the sliding.

The conclusion of the INGV experts’ report states that for inhabited areas of the Etna hinterland, the message is clear: « Continuous monitoring and on-the-ground assessments are essential for well-informed and resilient urban planning. In a region where volcanism and tectonics are closely linked, every fissure becomes a valuable signal for mitigating risks and preventing more significant damage. »
Source: La Sicilia, INGV.

La plus puissante éruption jamais observée sur Io // The largest eruption ever seen on Io

Un article publié sur le site space.com le 29 janvier 2026 nous apprend que la plus puissante éruption volcanique jamais observée dans notre système solaire a eu lieu sur Io, la lune de Jupiter, grâce à la sonde Juno de la NASA. Des éruptions simultanées ont recouvert une vaste surface de 65 000 kilomètres carrés. Cette éruption, survenue le 27 décembre 2024, a été détectée par l’instrument JIRAM (Jovian InfraRed Auroral Mapper) de Juno, conçu pour capter les émissions thermiques de l’atmosphère de Jupiter et rechercher des aurores boréales. Le système infrarouge de JIRAM permet également de repérer les points chauds volcaniques sur Io. Cet événement volcanique a coïncidé avec un survol rapproché d’Io par Juno, alors que la sonde se trouvait à 74 400 kilomètres au-dessus de la surface de la lune. Io, d’un diamètre de 3 643 km, héberge environ 400 volcans actifs répartis sur sa surface. Cette colossale éruption est décrite dans un article publié le 10 janvier 2026 dans le Journal of Geophysical Research: Planets.

Source: NASA

Les éruptions synchrones observées en décembre 2024 révèlent l’existence d’un réseau jusqu’alors inconnu de réservoirs magmatiques interconnectés, situés juste sous la surface de Io.
Ces éruptions ont libéré une énergie estimée entre 140 et 260 térawatts (un térawatt équivaut à mille milliards de watts). L’éruption la plus puissante jamais enregistrée sur Io jusqu’à présent avait libéré environ 80 térawatts ; il s’agissait de l’éruption du volcan Surt en 2001. À titre de comparaison, l’éruption du mont Saint Helens en 1980, avait libéré une énergie estimée à 52 térawatts.

Données brutes communiquées par JIRAM et recueillies le 27 décembre 2024 à une distance d’environ 100 000 km. La sonde observait le pôle Sud d’Io ; le pic d’activité est clairement visible à droite du pôle.

Les scientifiques insistent sur le fait que cet événement est d’autant plus extraordinaire qu’il n’impliquait pas un seul volcan, mais plusieurs sources actives. Cette parfaite synchronisation laisse supposer qu’il s’agissait d’une seule et même éruption colossale, se propageant sur des centaines de kilomètres dans le sous-sol.

Coupe conceptuelle montrant le système de chambres magmatiques souterraines proposé.

Les auteurs de l’étude pensent que le sous-sol et le manteau d’Io sont comparables à une éponge, c’est-à-dire qu’ils regorgent de pores gorgés de magma. Fait intéressant, tous les volcans connus de la région n’ont pas connu d’éruptions, ce qui laisse supposer que ceux qui sont restés inactifs n’étaient pas connectés à ce réseau magmatique particulier, mais plutôt à d’autres.

Source : space.com

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An article published on the space.com website on January 29, 2026 informs us that the most violent volcanic cataclysm ever seen in our solar system has been witnessed on Jupiter’s moon Io by NASA’s Juno spacecraft, with simultaneous eruptions covering an enormous surface of 65,000 square kilometers. The volcanic outburst (see image above), which took place on December 27, 2024, was detected by Juno’s JIRAM (Jovian InfraRed Auroral Mapper) instrument which was designed to probe thermal emissions in Jupiter’s atmosphere and look for aurorae, but JIRAM’s infrared system also makes it suitable for spotting volcanic hotspots on Io. The volcanic event coincided with one of Juno’s close fly-bys of Io, when the spacecraft was 74,400 kilometers above the moon’s surface. Io, which has a diameter of 3,643 km, harbors approximately 400 active volcanoes scattered across its surface. It is described in a paper published on January 10, 2026 in the Journal of Geophysical Research: Planets.

The synchronous eruptions point to a hitherto undetected network of interconnected magma reservoirs just beneath the volcanic moon’s lava-encrusted surface.

The eruptions released an amount of energy estimated to be between 140 and 260 terawatts (one terawatt is a trillion watts). The previous most energetic volcanic eruption seen on Io was about 80 terawatts, from a volcano called Surt in 2001. For comparison, the Mount St Helens eruption in Washington state in 1980 had a power of 52 terawatts.

Scientists insist that what makes the event even more extraordinary is that it did not involve a single volcano, but multiple active sources. This perfect synchrony suggests that it was a single enormous eruptive event, propagating through the sub-surface for hundreds of kilometers (see image above).

The authors of the study suggest that the sub-surface and mantle of Io may be like a sponge, in the sense that it is filled with pores filled with magma. Interestingly, not all the known volcanoes in the region erupted, suggesting that those that did not erupt were not connected to this particular magma network, but may be linked to others instead.

Source : space.com.

Mesures de déformation de la Montagne Pelée (Martinique)

Suite à la hausse de l’activité sismique observée depuis 2019 sur la Montagne Pelée, une campagne est aujourd’hui organisée pour voir dans quelle mesure l’édifice volcanique s’est déformé.

Photo: C. Grandpey

Le volcan a connu une période d’activité sismique intense entre septembre et octobre 2025 avec près de 9 000 secousses, une situation qui n’a jamais été observée depuis 2012. Afin d’obtenir une bonne image de la situation dans sa globalité, une campagne de mesure étudie la déformation de la Vieille Dame depuis le 5 janvier 2026. Elle doit durer dix jours pendant lesquels les scientifiques vont vérifier la vingtaine de stations sur et autour de la Montagne Pelée. Les mesures sont effectuées à l’aide du GNSS (Système de positionnement par satellites).

Sur la station « Petit Bonhomme » situé à 1123 mètres d’altitude, sur la façade ouest du volcan, l’équipe de chercheurs va fixer le dispositif à un rocher pendant 4 jours. Toutes les 30 secondes, son positionnement sera enregistré, ce qui permettra de vérifier s’il y a eu un début de déformation liée à l’activité sismique de septembre 2025.

Photo: C. Grandpey

L’activité sismique est l’un des quatre paramètres à prendre en compte dans la prévision éruptive avec la température des fumerolles, l’évolution de la la chimie des gaz et le gonflement de la montagne. Comme l’avait expliqué le regretté Maurice Krafft, un volcan en phase pré-éruptive est comme un malade ou un blessé : il a de la fièvre et des frissons, sa blessure enfle et il a mauvaise haleine. C’est un peu la même chose pour un volcan. ,

C’est la déformation de l’édifice volcanique qui est au cœur de la campagne annuelle menée par l’IPGP qui gère l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de la Martinique ((OVSM). Les mesures seront par la suite modélisées à l’Observatoire et viendront compléter celles prises de façon permanentes par neuf autres stations positionnées sur la Montagne Pelée.

Les scientifiques expliquent que sur les stations situées au sommet de la Montagne Pelée, les mesures traduisent une légère inflation de la partie sommitale du volcan, de quelques millimètres par an. Il ne s’agit pas d’une remontée de magma des profondeurs. Si c’était le cas, l’ensemble des flancs du volcan gonfleraient. On a davantage affaire à un phénomène superficiel. La campagne de mesures effectuée dans les quinze prochains jours devrait confirmer que l’inflation très légère du sommet est toujours en cours,et que le volcan est toujours dans une phase de reprise d’activité.

 

Carte des vecteurs de déplacement calculés à partir des mesures du réseau permanent et du réseau de répétition entre Janvier 2021 et Décembre 2023 · ©J.-B. de Chabalier, IPGP, rapport annuel de l’OVSM-IPGP, 2023.

Source : Martinique la 1ère.