Tsunami du Krakatau: Une prévision difficile, voire impossible // A difficult, even impossible prediction

Après le tsunami dévastateur (dernier bilan de 429 morts, 1485 blessés et 154 disparus) provoqué pat un effondrement partiel de l’Anak Krakatau, les commentaires se multiplient sur les réseaux sociaux pour expliquer ce qui s’est passé. Malheureusement, si nous sommes en mesure d’analyser l’événement, nous ne sommes toujours pas capables de le prévoir. Il faut bien reconnaître qu’il en va de même pour un grand nombre d’événements naturels.

On peut lire un certain nombre de prévisions gratuites. Certains indiquent qu’un nouvel effondrement latéral du Krakatau peut se produire à nouveau car l’édifice est déstabilisé. Bien sûr, mais il se peut qu’un tel événement ne se produise que dans plusieurs mois, voire plusieurs années, et les populations littorales seront toujours autant démunies pour y faire face.

Il faut bien admettre que l’on ne peut pas faire grand-chose pour anticiper un effondrement ou un glissement de terrain sur un volcan actif et, qui plus est, qui se dresse au milieu de la mer. Installer des capteurs sur les pentes ? A quoi bon ? Ils seront vite recouverts par les projections éruptives et donc inutilisables. A l’occasion du tsunami de ces derniers jours, j’ai rappelé qu’un événement semblable, mais de moindre ampleur, avait eu lieu sur le Stromboli le 30 décembre 2002 quand un morceau de la Sciara del Fuoco avait glissé au fond de la mer, déclenchant un tsunami. Connaissant la Sciara del Fuoco, je ne vois pas comment on pourrait y installer des capteurs étant donné qu’elle reçoit toutes les projections du volcan.

Il faut malheureusement se rendre à l’évidence : nous ne sommes pas capables de prévoir le tsunami déclenché par un effondrement brutal sur un volcan, de la même façon que nous ne savons pas prévoir la vague provoquée par un événement sismique en mer. Si un tel événement se produit très loin des côtes, des balises en mer permettent de suivre sa progression et d’alerter les populations. En revanche, si le décrochement de faille a lieu à quelques encablures du rivage, toute forme de prévention devient impossible.

De temps à autre, on  voit apparaître des articles à propos du basculement du flanc E de l’Etna (Sicile) vers la Mer Ionienne. Certains scientifiques redoutent, à juste titre, une catastrophe majeure si un tel événement se produisait. Le flanc E du volcan est parcouru de failles qui sont bien connues et surveillées. Malgré cela, serons-nous en mesure d’anticiper suffisamment à temps un tel effondrement ? La question reste posée !

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After the devastating tsunami (latest toll: 429 dead, 1,485 injured and 154 missing) caused by a partial collapse of Anak Krakatau, comments are multiplying on social networks to explain what happened. Unfortunately, if we are able to analyze the event, we are still not able to predict it. We should admit that the same goes for a large number of natural events.
A number of forecasts can be read. Some say that a new lateral collapse of Krakatau can happen again because the volcanic edifice is destabilized. Of course, but such an event may happen in a few months or even years, and the seashore populations will still be destitute to deal with it.
We must admit that we can not do much to anticipate a collapse or a landslide on an active volcano and, what is more, that stands in the middle of the sea. Should we install sensors on the slopes? What’s the point ? They will be quickly covered by eruptive projections and therefore unusable. Concerning the tsunami of recent days, I recalled that a similar but smaller event took place at Stromboli on December 30th, 2002, when a chunk of the Sciara del Fuoco slid into the depths of the sea, triggering a tsunami. Knowing the Sciara del Fuoco, I do not see how we could install sensors because it receives all projections of the volcano.
Unfortunately, we are not able to predict the tsunami triggered by a sudden collapse on a volcano, in the same way that we do not know how to predict the wave caused by a seismic event at sea. If such an event occurs very far from the coasts, beacons at sea make it possible to follow its progress and to alert the populations. On the other hand, if the fault slip occurs a few miles from shore, any form of prevention becomes impossible.
From time to time, articles appear about the tilting of the eastern flank of Mt Etna (Sicily) towards the Ionian Sea. Some scientists fear, rightly, a major disaster if such an event occurred. The E flank of the volcano is slashed by faults that are well known and monitored. In spite of this, will we be able to anticipate enough in time such a collapse? The question remains!

Carte montrant les zones affectées par le tsunami du 22 décembre 2018 (Source: Jakarta Globe)

L’éruption du Krakatau a probablement provoqué un tsunami en Indonésie // The Krakatau eruption probably caused a tsunami in Indonesia

9 heures (heure française): Un tsunami a tué au moins 168 personnes (bilan très provisoire) et fait des centaines de blessés dans les îles indonésiennes de Java et de Sumatra à la suite d’un glissement de terrain sous-marin provoqué par l’éruption de l’Anak Krakatau.
Des centaines de maisons et d’autres bâtiments, tels que des hôtels, ont été lourdement endommagés lors du tsunami qui a frappé le littoral du Détroit de la Sonde en fin de journée le samedi 22 décembre 2018..
Les autorités ont demandé aux habitants et aux touristes des zones côtières de rester à l’écart des plages et un avis de marée haute a été maintenu jusqu’au 25 décembre.
Des images de télévision montrent des routes bloquées par les matériaux de maisons endommagées, des voitures renversées et des arbres à terre. La côte ouest de la province de Banten à Java semble être la région la plus touchée. Les secours et les ambulances ont du mal à atteindre les zones touchées car certaines routes sont bloquées par des débris.
Environ 250 employés de l’entreprise de la compagnie d’ »électricité PLN s’étaient réunis à Tanjung Lesung pour un événement de fin d’année. Au moins sept personnes ont été tuées et beaucoup souffrent de fractures. Un autre reportage télévisé a montré le moment où les vagues de tsunami ont frappé un concert et emporté la scène où se produisait le groupe de rock local Seventeen.
Selon l’agence nationale de gestion des catastrophes, le tsunami a été provoqué par « un glissement de terrain sous-marin résultant de l’activité volcanique de l’nak Krakatau et a été exacerbé par une marée anormalement haute en raison de la pleine lune ». Un géologue a déclaré que le tsunami a pu être causé par un « effondrement partiel » de l’Anak Krakatau, qui vomissait de la cendres et de la lave depuis plusieurs semaines (voir mes notes précédentes) et avait montré une hausse d’activité au cours de la semaine écoulée. Une éruption d’une durée de 13 minutes a eu lieu vers 16 heures le 22 décembre.
Les habitants du littoral ont déclaré ne pas avoir ressenti de signes avant-coureurs du tsunami, tels que le retrait de l’eau ou un séisme. Pourtant, des vagues pouvant atteindre deux mètres de hauteur ont frappé la côte. Les autorités indonésiennes ont d’abord déclaré que la vague n’était pas un tsunami, mais un effet de la marée montante, et ont demandé à la population de ne pas paniquer. Elles se sont ensuite excusées pour leur erreur d’appréciation de la situation.
Encore une fois, cette catastrophe montre notre incapacité à prévoir les éruptions, les séismes et les tsunamis.
Source: VSI et médias d’information internationaux.

Le dernier bilan en date du dimanche 23 décembre 2018 est de 222 morts, 843 blessés et une trentaine de disparus. Des centaines de maisons et de bâtiments ont été endommagés. Les données de l’agence de gestion des catastrophes révèlent que cinq des plages de la régence de Pandeglang ont été touchées, à savoir Tanjung Lesung, Sumur, Teluk Lada, Panimbang et Carita. Au moins 43 maisons et 10 hôtels ont été gravement endommagés.

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20 heures (heure française): Les autorités indonésiennes ont diffusé un document (voir ci-dessous) confirmant que c’est bien l’effondrement d’un flanc du Krakatau qui a déclenché le tsunami meurtrier.

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Cet événement tragique me rappelle ce qui s’est passé à Stromboli (Sicile) le 30 décembre 2002, lorsqu’une partie de la Sciara del Fuoco s’est détachée et a plongé dans la mer. Une dizaine de millions de mètres cubes de roche volcanique se sont précipités dans la Méditerranée. Ce spectaculaire décrochement du flanc du volcan a généré un nuage de vapeur et de cendre et déclenché un tsunami qui a secoué les navires dans des ports situés à plus de 150 km. Sur les pages, la mer s’est retirée puis est revenue sous forme d’une vague de 6 mètres de haut qui a endommagé des maisons sur le littoral de l’île. Heureusement, à cette époque de l’année, il y a peu de touristes à Stromboli et une centaine d’habitants sont allés se réfugier à Lipari.

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9:00 a.m. (French time): A tsunami killed at least 168 people (this death toll will probably increase) and injured hundreds on the Indonesian islands of Java and Sumatra following an underwater landslide caused by the eruption of Anak Krakatau.

Hundreds of homes and other buildings like hotels were heavily damaged in the tsunami which struck along the rim of the Sunda Strait late on Saturday, December 22nd, 2018. .

Authorities warned residents and tourists in coastal areas around the Sunda Strait to stay away from beaches and a high-tide warning remains in place through till December 25th.

TV footage shows roads blocked by debris from damaged houses, overturned cars and fallen trees. The western coast of Banten province in Java is the worst-hit area so far. Rescue workers and ambulances are finding it difficult to reach affected areas because some roads are blocked by debris.

Around 250 employees of the state utility company PLN had gathered in Tanjung Lesung for an end-of-year event. At least seven people were killed and many suffered broken bones. Another TV footage showed the seconds when waves hit a concert and washed away the stage where local rock band Seventeen was performing.

According to the country’s disaster management agency, the tsunami was caused by « an undersea landslide resulting from volcanic activity on Anak Krakatau and was exacerbated by abnormally high tide because of the full moon.” A geologist said the tsunami may have been caused by a « partial collapse » of Anak Krakatau which had been spewing ash and lava for weeks (see my previous posts) and shown increased signs of activity during the past week. An eruption occurred at about 16:00 on December 22nd and lasted 13 minutes. .

Coastal residents reported not seeing or feeling any warning signs, like receding water or an earthquake, before waves of up to two metres washed ashore. Indonesian authorities had first declared the wave was not a tsunami, but caused by the rising tide, and ansked the population not to panic. They later apologised for having been wrong.

Again, this disaster shows our inability to predict eruptions, earthquakes and tsunamis.

Source: VSI and international news media.

The latest death toll as of Sunday, December 23rd. is 222 people, with 843 injured and about 30 reported missing. Hundreds of houses and buildings have been damaged. Data from Disaster Mitigation Agency (BPBD) reveals that a total of five beaches in Banten’s Pandeglang regency were affected by the disaster, namely Tanjung Lesung, Sumur, Teluk Lada, Panimbang and Carita. At least 43 houses and 10 hotels were severely damaged.

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Indonesian authorities have released a document confirming that the tsunami was triggered by a huge collapse of Kraratau’s flank (see below).

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This tragic event reminds me of what happened at Stromboli (Sicily) on December 30th, 2002 when a part of the Sciara del Fuoco detached itself and plunged into the sea. Around 10 million cubic metres of volcanic rock and boiling lava dropped into the Mediterranean, producing a cloud of steam and ash and a tsunami that rocked ships in ports more than 150 km away. The event sucked the sea from the beaches and then drove it back at them in a 6-metre-high wave, wrecking houses on the shores of the island. Fortunately, at that time of the year there are few tourists at Stromboli and around 100 residents sought the safety of neighbouring Lipari.

Activité éruptive sur le Krakatau (Photo: C. Grandpey)

Effets du tsunami du 30 décembre 2002 à Stromboli (Photo: C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes around the world

Voici un résumé de l’activité volcanique dans le monde, avec référence au Weekly Report de la Smithsonian Institution:

Ambrym (Vanuatu):
Comme je l’ai écrit précédemment, une éruption fissurale a débuté dans la partie ESE de la caldeira sommitale d’Ambrym près du cratère Lewlembwi le 15 décembre 2018, précédée par une sismicité élevée. On a pu observer des coulées et des fontaines de lave, ainsi que des explosions. Les fontaines de lave mesuraient environ 40 mètres de hauteur, tandis que les coulées avançaient vers la partie est de la caldera. L’éruption s’est poursuivie les 16 et 17 décembre, même si les rapports de ce dernier jour ne font état que d’émissions de cendre et de gaz.
Source: GeoHazards.

Cleveland (Alaska):
Une petite explosion a été enregistrée sur le Cleveland par le réseau sismique le 8 décembre 2018 à 11h55. Une seconde petite explosion avec une amplitude supérieure a été détectée à 12h53 le 12 décembre, ce qui conduit l’AVO à élever la couleur de l’alerte aérienne à Orange et le niveau d’alerte volcanique à Vigilance.
Source: AVO.

Planchon-Peteroa (frontière Chili-Argentine):
Des informations font état d’une augmentation de l’activité sur le Planchón-Peteroa à partirr du 16 décembre 2018 au matin. Des épisodes de tremor de faible intensité ont été détectés et associés à des émissions de gaz s’élevant à 800 mètres au-dessus du cratère. Les webcams ont enregistré de l’incandescence au niveau du cratère. Le niveau d’alerte reste au Jaune, sur une échelle de trois couleurs.
Source: SERNAGEOMIN.

Soputan (Indonésie):
L’activité sismique du Soputan a rapidement augmenté à 17h00 le 15 décembre 2018. Une éruption a débuté à 16h02 le 16 décembre, bien que l’obscurité et le brouillard aient empêché l’observation des émissions. L’événement a duré près de 10 minutes, accompagné de forts grondements. Les conditions se sont améliorées environ deux heures plus tard et on pouvait voir un panache de cendre dense s’élevant à 3 km au-dessus du sommet. L’incandescence sommitale était également visible. Un autre événement a débuté à 05h40 avec des panaches de cendre denses qui s’élevaient à 7 km au-dessus du sommet. L’événement a duré environ 6 minutes. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1-4).
Source: VSI.

Krakatau (Indonésie):
Plusieurs événements explosifs ont été enregistrés sur l’Anak Krakatau les 14 et 18 décembre 2018, avec des panaches de cendre s’élevant à 200 et 300 mètres au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1-4).
Source: VSI.

Merapi (Indonésie):
Entre le 7 et le 13 décembre 2018, le dôme de lave dans le cratère sommital du Merapi a augmenté de 2 200 mètres cubes par jour. Le 13 décembre, le volume du dôme était estimé à 359 000 mètres cubes. Le niveau d’alerte reste à 2.

Pacaya (Guatemala):
Dans un bulletin spécial publié le 13 décembre 2018, l’INSIVUMEH a signalé que les grondements du Pacaya étaient perceptibles dans un rayon de 8 km et que de faibles explosions stromboliennes au cratère Mackenney éjectaient des matériaux jusqu’à 50 mètres au-dessus du cratère. Les coulées de lave actives mesuraient 200 à 300 mètres de long et avançaient sur le flanc nord-ouest, générant des avalanches de blocs atteignant un mètre de diamètre. Le rapport explique également que le cône dans le cratère continue de croître ;il remplit le cratère et son sommet se situe à 75 mètres au-dessus de la lèvre.
Source: INSIVUMEH.

Sabancaya (Pérou):
L’activité est stable sur le volcan avec une moyenne de 18 explosions par jour entre le 10 et le 16 décembre 2018. Les panaches de gaz et de cendre atteignent 2,2 km au-dessus du cratère.
Source: INDEMMET, IGP.

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Here is a summary of volcanic activity at some volcanoes around the world as reported in the Weekly Report of the Smithsonian Institution :

Ambrym (Vanuatu):

As I put it before, a fissure eruption in the ESE part of the Ambrym summit caldera near the Lewlembwi crater began on December 15th, 2018, heralded by elevated seismicity. Lava flows and lava fountains could be observed, together with explosions. The lava fountains were about 40 metres high, while lava flows spread to the E part of the caldera. The eruption continued on December 16th and 17th, though reports on this last day only described ongoing ash-and-gas emissions.

Source: GeoHazards.

Cleveland (Alaska):

A small explosion at Cleveland was recorded by the seismic network at 11:55 on December 8th, 2018. A second small explosion with a higher peak amplitude was detected at 11:53 on December 12th, prompting AVO to raise the aviation colour code to Orange and the Volcano Alert Level to Watch.

Source: AVO.

Planchon-Peteroa (Chile-Argentina border):

There are reports of increased activity at Planchón-Peteroa beginning in the morning of December 16th, 2018. Low-intensity pulses of tremor were detected and associated with gas emissions rising 800 metres above the vent rim. Webcams recorded crater incandescence. The alert level remains at Yellow on a three-color scale.

Source: SERNAGEOMIN.

Soputan (Indonesia):

Seismic activity at Soputan rapidly and significantly increased at 17:00 on December15th, 2018. An eruption began at 01:02 on December 16th, though dark and foggy conditions prevented views of emissions. The event lasted for almost 10 minutes, accompanied by thunderous sounds. The conditions improved about two hours later, and a dense ash plume was visible rising 3 km above the summit. Incandescence from the summit was also visible. An event that began at 05:40 produced dense ash plumes that rose as high as 7 km above the summit. The event lasted about 6 minutes. The alert level remains at 3 (on a scale of 1-4).

Source : VSI.

Krakatau (Indonesia):

Several explosive events were recoreded at Anak Krakatau on December 14th and 18th, 2018, producing ash plumes that rose 200 and 300 metres above the summit. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source : VSI.

Merapi (Indonesia):

Between December 7th and 13th, 2018, the lava dome in Merapi’s summit crater grew at a rate of 2,200 cubic metres per day. By December 13th, the volume of the dome was an estimated 359,000 cubic metres. The alert level remains at 2.

Pacaya (Guatemala):

In a special notice posted on December 13th, 2018, INSIVUMEH reported that rumbling at Pacaya was heard within a radius of 8 km, and weak Strombolian explosions at Mackenney Crater ejected material as high as 50 metres above the crater. Active lava flows were 200-300 metres in length and travelled down the NW flank, generating avalanches of blocks that were as large as 1 metre in diameter. The report also noted that the cone in the crater continued to grow, filling the crater, and was 75 metres above the crater rim.

Source: INSIVUMEH.

Sabancaya (Peru):

Activity is stable on the volcano with an average of 18 explosions per day during 10-16 December, 2018. Gas-and-ash plumes rose as high as 2.2 km above the crater.

Source: INDEMMET, IGP.

Vue de l’éruption du Soputan le 16 décembre 2018 (Credit photo: Sutopo Purwo Nugroho)

Volcans autour du monde // Volcanoes around the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde, résumées dans le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution.

Les 8 et 12 novembre 2018, de petits panaches de cendre brunâtre ont été observés au sommet du Mayon (Philippines), associés à des épisodes de dégazage. Aucun signal sismique correspondant à ces événements n’a été enregistré. Le matin du 11 novembre, un séisme volcanique a accompagné une fontaine de lave qui a duré 36 secondes et a généré un panache de cendre gris-brunâtre qui s’est étiré vers le SO. Une incandescence était visible au niveau du cratère presque toutes les nuits du 7 au 13 novembre. Le niveau d’alerte du Mayon reste à 2 sur une échelle de 1 à 5. Les habitants doivent rester à l’écart de la zone de danger permanente de 6 km de rayon et de 7 km sur les flancs SSO et ENE.
Source: PHIVOLCS.

Entre 7 et 18 explosions ont été détectées chaque heure sur le Fuego (Guatemala) du 8 au 12 novembre 2018. Les panaches de cendre provoqués par les explosions atteignaient 1,1 km au-dessus du cratère avant de s’étirer sur 8 à 20 km vers l’ouest et le sud-ouest. Des retombées de cendre ont été signalées dans des zones sous le vent. Des matériaux incandescents étaient éjectés à une hauteur de 150 à 300 mètres de hauteur et provoquaient des avalanches qui ont parcouru de grandes distances, atteignant des zones de végétation dans de nombreuses ravines. Les coulées de lave ont progressé de 1,2 km dans la ravine Ceniza, mais l’activité effusive avait fortement diminué le 12 novembre.
Source: INSIVUMEH.

Quatre événements significatifs ont été enregistrés sur l’Anak Krakatau (Indonésie) le 9 novembre 2018. Chaque événement a duré de 42 à 55 secondes et a produit des panaches de cendre s’élevant à 300-500 mètres au-dessus du cratère. Un événement dans la matinée du 10 novembre a généré un panache de cendre de 500 mètres de hauteur. Le 12 novembre, 10 événements ont été enregistrés, d’une durée de 38 à 117 secondes chacun, avec des panaches de cendre montant jusqu’à 200 à 700 mètres de hauteure. Quatre événements ont été enregistrés le 13 novembre, d’une durée de 44 à 175 secondes chacun, avec des panaches de cendre atteignant 800 mètres de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 2. Il est demandé aux habitants et aux touristes de ne pas s’approcher du volcan à moins de 2 km du cratère.
Source: VSI.

Entre le 2 et le 8 novembre 2018, le dôme de lave dans le cratère sommital du Merapi (Indonésie) a augmenté lentement à un rythme de 3500 mètres cubes par jour, soit une vitesse supérieure à celle de la semaine précédente. Le 7 novembre, le volume du dôme était estimé à 273 000 mètres cubes. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source: VSI.

Des émissions mineures de cendre et de gaz continuent sur le Turrialba (Costa Rica), avec de temps en temps de puissantes explosions et des panaches de cendre atteignant 500 mètres au-dessus du cratère. Des retombées de cendre ont été signalées dans plusieurs zones sous le vent
Source: OVSICORI.

L’éruption du cône dans la caldeira sommitale du Veniaminof (Iles Aléoutiennes / Alaska) se poursuit tranquillement. Les données satellitaires et les images de la webcam révèlent des températures de surface élevées dues à des projections et des coulées de lave. Les panaches de vapeur et de cendre s’élèvent jusqu’à 3 km d’altitude. Des données satellitaires récentes montrent que les coulées de lave ont parcouru jusqu’à 1,2 km de la bouche éruptive. Des fractures continuent à s’ouvrir dans la glace à proximité de la coulée de lave en raison des eaux de fonte qui s’enfoncent sous la couche de glace. La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange et le niveau d’alerte volcanique est maintenu à Vigilance.
Source: AVO.

Dans sa dernière mise à jour du 13 novembre 2018, le HVO indique que Kilauea (Hawaii) n’est pas en éruption. La sismicité, la déformation et les émissions de gaz n’ont pas évolué au cours de la semaine écoulée.
Les instruments du HVO montre un faible niveau de sismicité au sommet et sur l’East Rift Zone (ERZ). La sismicité est surtout enregistrée au sommet du Kilauea et sur le flanc sud, avec de petites répliques de l’événement de M 6.9 enregistré le 4 mai 2018. La sismicité reste faible dans Lower East Rift Zone (LERZ).
Dans l’ERZ, les tiltmètres installés près du Pu’uO’o et plus à l’est ne révèlent aucune évolution dans la déformation du sol.
Les émissions de SO2 au sommet étaient en moyenne de 50 tonnes par jour le 24 octobre et de 75 tonnes par jour sur le Pu’uO’o le 23 octobre. Aucune émission de SO2 n’a été détectée dans la LERZ.
En dépit de cette situation volcanique très calme, des dangers sont toujours présents dans la LERZ et au sommet du Kilauea. Les habitants et les touristes qui se trouvent à proximité de fractures et de coulées de lave récemment actives doivent rester informés et être prêts à évacuer la zone en cas de reprise – improbable – de l’activité. L’ensemble du champ de lave est interdit d’accès, sauf autorisation de la Protection Civile.

Source : HVO.
Même si tous les paramètres montrent que l’activité s’est arrêtée au sommet et le long de l’ERZ, même si une reprise de l’activité éruptive est considérée comme «improbable», le HVO continue à affirmer que l’éruption fait «une pause» et refuse d’admettre qu’elle est terminée. Cela devient ridicule.

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Here is some news about volcanic activity around the world, as summarized in the Smithsonian Institution’s weekly report.

On November 8th and 12th, 2018, small, short-lived brownish ash plumes were observed on Mayon (Philippines), associated with a degassing events. There was no accompanying seismic record from these events. In the morning of November 11th, a volcanic earthquake was associated with a short-lived lava fountaining. The event lasted 36 seconds and produced a brownish-gray ash plume that drifted SW. Crater incandescence was visible most nights between November 7th and 13th.. The alert level for Mayon remains at 2, on a scale 1 – 5. Residents are asled to stay away from the 6-km-radius Permanent Danger Zone and the 7-km Extended Danger Zone on the SSW and ENE flanks.

Source: PHIVOLCS.

Between 7 and 18 explosions per hour were detected at Fuego (Guatemala) during 8-12 November, 2018. Ash plumes from the explosions rose as high as 1.1 km above the crater rim and drifted 8-20 km W and SW. Ashfall has been reported in areas downwind areas. Incandescent material was ejected 150-300 metres high and caused avalanches that travelled far, reaching vegetated areas in multiple drainages. Lava flows as long as 1.2 km advanced in the Ceniza drainage, though lava-flow activity had greatly decreased by November 12th.

Source: INSIVUMEH.

Four significant events were recorded at Anak Krakatau (Indonesia) on November 9th.. Each event lasted 42-55 seconds and produced ash plumes that rose 300-500 metres above the crater. An event in the morning of November 10th generated an ash plume that rose 500 metres. There were 10 events recorded on November 12th, each lasting 38-117 seconds, and producing ash plumes that rose 200-700 metres. Four events were recorded on November 13th, each lasting 44-175 seconds, and producing ash plumes that rose as high as 800 metres. The alert level remains at 2; residents and visitors are warned not to approach the volcano within 2 km of the crater.

Source: VSI.

Between November 2nd and 8th, 2018, the lava dome in Merapi’s summit crater (Indonesia) grew slowly at a rate of 3,500 cubic metras per day, faster than the previous week. By November 7th, the volume of the dome was an estimated 273,000 cubic metres. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source : VSI.

Minor ash-and-gas emissions continue at Turrialba (Costa Rica), though occasionally punctuated by energetic explosions which plumes as high as 500 metres above the crater. Ashfall has been reported in several downwind areas

Source: OVSICORI.

The eruption from the cone in Veniaminof’s ice-filled summit caldera (Aleutians / Alaska), continues at low levels. Satellite and webcam data show elevated surface temperatures from minor lava spattering and lava effusion. Steam and ash plumes rise as high as 3 km a.s.l. Recent satellite data show that the lava flows have travelled as far as 1.2 km from the vent. Fractures in the ice sheet adjacent to the lava flow continue to grow due to meltwater flowing beneath the ice sheet. The aviation colour code remains at Orange and the volcanic alert level is kept at Watch.  Source: AVO.

In its latest update (November 13th, 2018), HVO indicates that Kilauea (Hawaii) is not erupting. Rates of seismicity, deformation and gas emissions have not changed significantly over the past week.

HVO monitoring shows low rates of seismicity at the summit and East Rift Zone (ERZ). Earthquakes continue to occur primarily at Kilauea’s summit area and south flank, with continued small aftershocks of the M 6.9 event of May 4th, 2018. Seismicity remains low in the Lower ERZ.

In the ERZ, tiltmeters near Pu’uO’o and farther east reveal no change over the last week.

SO2 emissions at the summit averaged 50 tonnes/day on Oct. 24th and 75 tonnes/day at Pu’uO’o on October 23rd. There was no SO2 detected in the Lower ERZ.

Despite this very quiet volcanic situation, hazards are still present in the lower East Rift Zone (LERZ) and at the summit. Residents and visitors near recently active fissures and lava flows should stay informed and be prepared, if necessary, to self-evacuate in the UNLIKELY event of renewed activity. The entire flow field and the vents are closed to the public, unless authorized through Civil Defense.

Source: HVO.

Even though all parameters show that activity has stopped both at the summit and along the ERZ, even tough renewed activity is said to be “unlikely”, HVO still says the eruption is going through “a lull” and refuses to admit it is over. This is becoming quite ridiculous.

Activité éruptive sur le Krakatau (Photo: C. Grandpey)