Péninsule de Reykjanes (Islande) : l’opinion de Páll Einarsson // Páll Einarsson’s opinion

Les volcanologues islandais dont persuadés qu’une éruption est susceptible de se produire à court terme sur la Péninsule de Reykjanes. C’est le point due vue du professeur Páll Einarsson, géophysicien islandais de renom.

Les scientifiques surveillent de près le dyke dont l’extrémité sud, près de Fagradalsfjall, se trouve à une profondeur de seulement un kilomètre. Páll Einarsson explique que si le magma orésente une pression et des conditions suffisantes pour atteindre la surface, il peut parcourir le kilomètre restant en peu de temps. Il fait remarquer qu’avant l’éruption dans l’Holuhraun en 2014, le dyke magmatique a continué de se déplacer pendant deux semaines avant que la lave perce la surface.

Einarsson ajoute que si une éruption se produit près de Fagradalsfjall, ce sera probablement une éruption fissurale. De telles éruptions peuvent être spectaculaires au début, mais perdent rapidement de leur intensité, comme on a pule voir avec les éruptions dans la région du Krafla. Le magma peut également se solidifier dans le dyke si l’alimentation s’arrête. Dans un tel cas, aucune éruption ne se produit.

Le dyke a une épaisseur de 1 à 2 mètres. Pour le visualiser, Einarsson le compare à un plateau de table, de 1 à 2 mètres en position verticale. Le bord supérieur se trouve à une profondeur de 1 à 1,5 km et le plateau descend à une profondeur de 4 à 5 km. On pense que le débit du magma dans le dyke est d’environ 10 à 20 m3 par seconde. Par conséquent, le dyke se dilate et s’épaissit. On pense que le volume total de magma à l’intérieur du dyke atteint 10 à 20 millions de mètres cubes. Si tout ce magma atteignait la surface, on aurait une éruption comparable à celle de Fimmvörðuháls (sud de l’Islande), qui fait partie des plus petites éruptions.

Les modèles montrent que le dyke s’est un peu rapproché de la surface. Les eaux souterraines peuvent refroidir le magma et donner naissance à une nouvelle zone géothermale dans le secteur.

Le Met Office indique qu’une nouvelle image satellite montre un flux assez régulier de magma dans le dyke de sorte que la possibilité d’une éruption ne cesse d’augmenter.

Source: Iceland Monitor..

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Icelandic volcanologists maintain that an eruption could occur on the Reykjanes Peninsula in the short term.That is the opinion of Professor Emeritus Páll Einarsson.

Scientists are closely monitoring the magma dyke whose south end, near Fagradalsfjall mountain, is at a depth of only one kilometre..

Páll Einarsson explains that if the magma has pressure and conditions to reach the surface, it can travel the remaining one kilometre in a short time. He notes that prior to the Holuhraun eruption in 2014, the magma dyke continued growing for two weeks before magma finally erupted.

Einarsson adds that if an eruption occurs near Fagradalsfjall mountain, it will likely be on a fissure. Such eruptions can be powerful to begin with, but quickly lose power, as could be seen in eruptions in the Krafla region. The magma may also solidify in the dyke if the flow of magma into the dyke stops. In such a case, no eruption occurs.

The thickness of the dyke is 1-2 metres. To visualize it, Einarsson describes it as a table top, with a thickness of 1-2 metres, which stands upright. The upper edge is at a depth of 1-1.5 km, and the table top extends to a depth of 4-5 km. About 10-20 m3 of magma is believed to flow into the dyke per second. Therefore, the magma dyke expands and grows thicker. The total volume of magma inside the dyke is thought to have reached 10-20 million cubic metres. Should all of it reach the surface, it would be comparable to one eruption at Fimmvörðuháls (South Iceland), which was among the smallest eruptions.

Models assume that the dyke has moved somewhat closer to the surface. Groundwater could cool the magma, potentially creating a geothermal area there.

The Met Office indicates that a new satellite picture suggests a rather steady flow of magma into the dyke so that the chance of eruption keeps increasing.

Source : Iceland Monitor.

Dernières nouvelles de la Péninsule de Reykjanes (Islande) // Latest news about the Reykjanes Peninsule (Iceland)

Comme je l’ai écrit précédemment, un séisme de magnitude M 5.1 a été enregistré à 3h14 le 10 mars 2021. C’est l’un des quelque 700 événements enregistrés sur la Péninsule de Reykjanes entre minuit et 8h00 le 10 mars. La majeure partie de l’activité sismique se produit au niveau de la montagne de Fagradalsfjall, à l’extrémité sud d’une intrusion magmatique qui s’est formée à une profondeur comprise entre 1 et 2 kilomètres. Selon le Met Office, l’activité sismique du 10 mars indique probablement que l’intrusion magmatique continue et qu’une éruption dans la région reste une possibilité.

Selon les volcanologues islandais, l’intrusion magmatique a la forme d’un couloir horizontal qui s’étire sur environ 7 kilomètres entre les montagnes de Fagradalsfjall et Keilir. Le couloir se trouve à environ 2 km sous la surface près du Keilir mais à seulement 1 km sous la surface au niveau du Fagradalsfjall. Le magma est également plus chaud à hauteur du Fagradalsfjall qui est donc le site le plus probable pour une éventuelle éruption.

Les dernières observations tendent à montrer qu’une éruption sur la Péninsule de Reykjanes est de plus en plus probable. Cependant, il est difficile de prévoir quand elle se produira.

Source: Iceland Review.

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As I put it before, an M 5.1 earthquake was recorded at 3.14 am on March 10th, 2021. It was one of over 700 earthquakes registered on the Reykjanes peninsula between midnight and 8.00am on March 10th. Most of the seismic activity is occurring by Fagradalsfjall mountain, at the southern end of a magma intrusion that has formed at a depth between 1-2 kilometres. According to the Met Office, the March 10th seismic activity likely indicates the magma intrusion is growing, and an eruption in the area continues to be a possibility.

According to Icelandic volcanologists, the magma intrusion has the shape of a horizontal corridor stretching some 7 kilometres between Fagradalsfjall and Keilir mountains. The corridor is around 2 km below the surface by Keilir but 1 km below the surface at Fagradalsfjall. The magma is also hotter by Fagradalsfjall, making it the more likely site for a possible eruption.

The latest observations tend to reveal that an eruption on the Reykjanes Peninsula is more and more likely. However, it is difficult to predict when it will occur.

Source: Iceland Review.

Source : Icelandic Met Office

Péninsule de Reykjanes (Islande) : la sismicité reste intense // Seismicity is still intense

La sismicité est incroyablement intense ces jours-ci sur la Péninsule islandaise de Reykjanes. De nombreux événements sont au-dessus de M 3.0. Le 10 mars 2021, à 3h14, un séisme a atteint M 5.1. Son épicentre était situé à 2,4 km au SSO de Fagradalsfjall à une profondeur de 5,8 km.

Il semble bien qu’un dyke magmatique soit en train de se frayer un chemin sous la péninsule mais la lave ne perce pas la surface.

Comme je l’ai déjà écrit, le contexte géologique de la région est très complexe avec un mélange de tectonique, de sismicité et de volcanisme, un phénomène pouvant être la cause ou la conséquence de l’autre.

Plusieurs scénarios possibles ont été imaginés par des volcanologues islandais qui ne peuvent faire aucune prévision.

Le point positif est que la région compte peu d’habitants qui seront rapidement évacués en cas d’urgence.

La situation dans la Péninsule de Reykjanes confirme que la prévision volcanique aura encore un long chemin à parcourir avant de devenir fiable.

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Seismicity is incredibly intense these days on Iceland’s Reykjanes Peninsula. Many events are above M 3.0. On March 10th, 2021, at 3.14 am, a quake reached M 5.1. Its epicentre was located 2.4 km SSW of Fagradalsfjall at a depth of 5.8 km.

It seems a magmatic dyke is working its way beneath the Peninsula but lava is not piercing the surface. As I put it before, the geological context of the region is very complex with a mixture of tectonics, seismicity and volcanism, the one being the cause or the consequence of the other.

Several possible scenarios have been imagined by Icelandic volcanologists who are at a loss to make any prediction. The good point is that the region has few residents who will be rapidly evacuated in case of emergency. However, the situation in the Reykjanes Peninsula confirms that volcanic prediction still has a long way to go ro become reliable.

Source : IMO

L’histoire éruptive de la Péninsule de Reykjanes (Islande) // The eruptive history of the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Alors que la perspective d’une éruption dans la Péninsule de Reykjanes s’éloigne chaque jour un peu plus, les volcanologues islandais se tournent maintenant vers le passé pour essayer d’imaginer ce qui pourrait se passer dans le futur sur la péninsule.

Après avoir étudié les archives, ils pensent que si une éruption devait se produire, elle marquerait probablement le début d’une nouvelle période d’activité volcanique de quelques siècles. Ce type d’activité volcanique s’est produit trois fois dans le passé.

Un scientifique islandais a rassemblé des données sur les trois dernières périodes éruptives dans la péninsule de Reykjanes. Elles ont eu lieu il y a 3000 à 3500 ans, 1900 à 2400 ans, et enfin entre les années 800 et 1240 après JC. Ces informations s’appuient sur des cartes géologiques de la Péninsule de Reykjanes et sur un livre qui décrit les éruptions volcaniques en Islande ; il est intitulé Náttúruvá á Íslandi, eldgos og jarðskjálftar.

Les écrits montrent qu’au cours de la dernière partie de l’Holocène (période qui a commencé il y a environ 11700 ans), les systèmes volcaniques de la Péninsule de Reykjanes sont entrés en éruption tous les 900 à 1100 ans. On dispose de moins d’informations sur la première partie de l’Holocène.

Chaque période éruptive semble avoir duré environ 500 ans ; pendant ces périodes, la plupart des systèmes volcaniques ont probablement été actifs, mais pas simultanément. L’activité volcanique a été marquée par des éruptions qui ont chacune duré quelques décennies. Les coulées de lave émises par des fissures ont parfois atteint 12 km.

Sur la Péninsule de Reykjanes, il y a six systèmes volcaniques, alignés du sud-ouest au nord-est. Le plus à l’ouest est celui de Reykjanes, puis viennent ceux de Svartsengi, Fagradalsfjall, Krýsuvík, Brennisteinsfjöll et enfin Hengill.

La dernière période éruptive a commencé vers l’an 800 dans les montagnes de Brennisteinsfjöll et dans le système de Krýsuvík, en donnant naissance aux champs de lave de Hvammahraun et Hrútafellshraun. Au 10ème siècle, le système de Brennisteinsfjöll a de nouveau connu une éruption, créant au moins cinq champs de lave différents. Cet événement a été suivi par une interruption de l’activité volcanique pendant 150 ans. Puis, très probablement en 1151, une éruption a commencé dans le système volcanique de Krýsuvík. Selon certains écrits, elle s’est terminée en 1188. Trois champs de lave se sont formés au cours de cette période d’activité. Ensuite, il y a eu une interruption de l’activité volcanique pendant 20 ans, jusqu’en 1210 quand une éruption a commencé près de l’océan. Elle a duré jusqu’en 1240 et a marqué la fin de 450 ans d’activité volcanique.

Reste à savoir si l’histoire se répétera… Les volcans ne lisent pas les archives!

Source: Iceland Monitor.

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With the prospect of an eruption in the Reykjanes Peninsula getting farther and farther, Icelandic volcanologists are now turning to the past to try and imagine what could happen in the future on the Reykjanes Peninsula.

After studying the archives, they think that if an eruption should occur, it would probably mark the beginning of a new volcanic period lasting a few centuries. This kind of volcanic activity happened three times in the past.

An Icelandic scientist assembled data on the past three volcanic periods in the Reykjanes Peninsula. These were 3,000-3,500 years ago, 1,900-2,400 years ago, and finally between the years 800 and 1240 AD. His information is based on geological maps of the Reykjanes peninsula and on a comprehensive book on volcanic eruptions in Iceland called Nátt­úru­vá á Íslandi, eld­gos og jarðskjálft­ar.

Research reveals that during the latter part of Holocene (the period that began about 11,700 years ago) the volcanic systems on the Reykjanes Peninsula have erupted every 900 to 1100 years. Less is known about the first part of Holocene.

Each eruption period appears to have lasted about 500 years, and during that time most of the volcanic systems appear to have been active, although not simultaneously. The volcanic activity was characterized by eruptions that each lasted a few decades. Lava flows from volcanic fissures that could be as long as 12 km.

On the Reykjanes peninsula, there are six volcanic systems, lined up side by side, pointing from southwest to northeast. Farthest west is that of Reykjanes, then those of Svartsengi, Fagradalsfjall mountain, Krýsuvík, Brennisteinsfjöll mountains and, finally, Hengill mountain.

The last volcanic period began around the year 800 in Brennisteinsfjöll mountains and in the Krýsuvík system, creating the lava fields of Hvammahraun and Hrútafellshraun.

During the 10th century, the Brennisteinsfjöll system erupted again, creating at least five different lava fields. This was followed by a 150-year-long break in volcanic activity. Then, most likely in 1151, an eruption began in the Krýsuvík volcanic system. According to written sources, it ended in 1188. Three lava fields were formed during that period of activity. .

Next, there was a 20-year break in volcanic activity, until 1210 when an eruption began near the ocean. It lasted until 1240, marking the end of 450 years of volcanic activity.

Whether history will repeat itself remains to be seen… Volcanoes do not read the reports of the past!

Source: Iceland Monitor.

Carte montrant les champs de lave apparus lors de la dernière période éruptive sur la Péninsule de Reykjanes (800 – 1240) [Source : Iceland GeoSurvey]